Le Grand Magazine de bande dessinée européenne : l’agonie de Super As !

Après avoir réussi à remplir une vingtaine de numéros de Super As – ou Super J pour la vente par courtage -, hebdomadaire en langue française sous-titré Le Grand Magazine de bande dessinée européenne puisqu’édité aussi en Allemagne ou au Danemark (sous le titre de Zack), aux Pays-Bas (Wham !) et en Finlande (Zoom), ses responsables vont encore pouvoir intégrer quelques nouvelles séries créées pour l’occasion… Avant que le puissant groupe germanique d’Axel Springer, dont ils dépendent, décide de leur couper les vivres…

Dans les précédentes parties de ce dossier, nous avons expliqué comment les éditeurs allemands du magazine Zack ont pu créer un journal de BD pour la jeunesse diffusé sur le plan européen (voir : Le Grand Magazine de bande dessinée européenne : à l’origine était Zack !) et disséqué le contenu des vingt-cinq premiers numéros (voir : Le Grand Magazine de bande dessinée européenne : et Super As arriva !).

Jusqu’au n° 55, quelques autres séries originales supplémentaires apparaissent encore au sommaire de cette revue publiée par les éditions Fleurus en France (plus précisément par leur filiale parisienne Unide) et par le groupe d’éditions de Femmes d’aujourd’hui en ce qui concerne la vente par courtage ; ceci afin de compléter les premiers sommaires préparés par l’agent belge Jacques De Kezel (qui fait office de rédacteur en chef) et l’éditeur Ralf Kläsener, responsable de Koralle-Verlag (filiale du groupe Springer qui édite le bimensuel Zack en Allemagne).

Publicités pour des autocollants avec les héros du journal publiées du n° 36 au n° 40.

Nous avons vu qu’ils se sont d’abord appuyés sur des figures incontournables du 9e art francophone (à l’instar du scénariste Jean-Michel Charlier ou des dessinateurs Hermann, Jean Graton, Albert Weinberg, Raymond Reding, Guy Bara, Édouard Aidans…) et ils vont continuer dans cette même veine qui a pour conséquence immédiate de « déshabiller », peu ou prou, le catalogue du Lombard, l’éditeur du journal Tintin. En effet, plusieurs de leurs grandes séries classiques (« Michel Vaillant », « Dan Cooper », « Les Cro-Magnons » ou encore « Tanguy et Laverdure » et « Blueberry » qui y avaient fait escale lors du passage de Charlier au poste de directeur de la version française) sont désormais publiées dans Super As/Super J. C’est d’ailleurs à partir de ce moment-là que le journal Tintin et Le Lombard entament une lente agonie qui va aboutir au rachat du Lombard par le groupe Ampère en 1986 : un regroupement de différentes maisons d’édition religieuses alors en difficulté (Edifa, Fleurus, Mame, etc.), lequel va servir de socle à ce groupe rebaptisé Media-Participations à cette occasion ; Ampère ayant été créé l’année précédente par Rémy Montagne, avocat d’affaires et ancien ministre qui n’était autre que le père de Vincent Montagne, l’actuel directeur du groupe.

Autocollants publiés dans les n° 38 à 40 de Super As.

Ainsi, au n°28 de Super As/Super J (daté du 21 août 1979), va-t-on voir d’abord débouler « Silas Finn » : un amusant western, dans la lignée de « Lucky Luke » (rappelons que Morris, le créateur du cow-boy qui tire plus vite que son ombre avait refusé de participer à l’aventure du Grand Magazine de bande dessinée européenne et que cette création d’origine italienne était certainement destinée à le remplacer), qui y est publié jusqu’au n° 83 du 9 septembre 1980. Il s’agit des péripéties, souvent délirantes, d’un reporter à la découverte de l’Ouest américain (« Peter O’Pencil » dans Zack), dessinées par le génial Giorgio Cavazzano et écrites par le non moins inspiré Tiziano Sclavi (voir Le scénariste de « Dylan Dog » : Tiziano Sclavi) qui signe  ici  du pseudonyme Quasimodo.

Après un long épisode de vingt-neuf pages et six autres plus courts (entre huit et dix-neuf pages chacun), le scénario est repris, au n° 56 du 4 mars 1980, par le Français François Corteggiani, le temps de douze autres récits de sept ou huit planches : huit d’entre eux seront compilés dans un album édité par le Taupinambour en 2011 et la série sera également proposée en Italie dans le Messaggero dei Ragazzi, à partir de 1985.

Toujours du côté des comiques, mais cette fois-ci en gags en une ou deux pages, signalons aussi la traduction des sunday pages de « Tiger » par Bud Blake, sous le nom de « Placide », à partir du n° 36 du 16 octobre 1979 (jusqu’au n° 80 du 19 août 1980) : des gags basés sur l’univers d’une bande de gosses composée de trois garçons, deux filles et un chien. Ainsi que ceux du courrier du désert « Abou Dsoufl’ » dus à Hervé Lacoste (dessinateur entrevu dans Tintin version française, alors dirigée par Charlier) : des situations absurdes et un dessin quelque peu minimaliste publiés entre le n° 45 du 18 décembre 1979 et le n° 84 du 16 septembre 1980

L’humour est aussi présent dans la bande animalière « Big Joe » de Malik, laquelle apparaît au n° 67 du 20 mai 1980. Cette série créée pour le journal Spirou, en 1978, met en scène un gorille et son ami Antoine : la version Super As/Super J (destinée aux jeunes lecteurs) propose huit récits de sept pages – jusqu’au n° 87 du 7 octobre 1980 – dessinés dans un style plus aéré par le responsable graphique d’« Archie Cash » ou de « Cupidon », autres séries que Malik publiait dans Spirou.

La dernière série humoristique proposée par l’équipe éditoriale de Zack pour ses équivalents européens, en 1980, est encore d’origine italienne : il s’agit de cinq épisodes de sept ou huit pages des « Frères Flanagan » (« Karlemann & Co » dans Zack), des gangsters minables dessinés par Claudio Onesti alias Clod et scénarisés par Garofalo, publiés entre le n° 74 du 8 juillet 1980 et le n° 84.

En ce qui concerne l’aventure avec un grand A, on a encore droit à des transfuges de séries ou d’auteurs installés auparavant chez Tintin.

C’est le cas pour « Tounga », série des âges préhistoriques qui est certainement la plus connue d’Edouard Aidans (déjà présent dans Super As/Super J avec « Tony Stark »), dont l’épisode de quarante-six pages « Le Faiseur de feu » est publié entre le n°40 du 13 novembre 1979 et le n° 46 du 25 décembre de la même année.

Créé en 1961 dans le journal Tintin en Belgique (et en 1962 dans la version française), cette bande dessinée vaut surtout pour le dessin d’Aidans.

Après seize albums publiés au Lombard entre 1974 et 1995 et un inédit aux éditions Joker en 2004, une intégrale en six volumes est proposée chez Joker, entre 2002 et 2007.

« Yalek » n’est pas un transfuge de Tintin, mais cette série crée pour le quotidien Le Soir en octobre 1969 (dessinée alors par Christian Denayer) est scénarisée par André-Paul Duchâteau.

Or, ce dernier est bien l’un pilier du Journal des jeunes de 7 à 77 ans, ne serait-ce qu’avec son célèbre « Ric Hochet » qui fut aussi publié dans Zack, comme les premiers épisodes de « Yalek » mis en images par le futur dessinateur d’« Alain Chevallier » ou des « Casseurs ».

Quant aux albums, ils ont été édités par Rossel jusqu’en 1977;

Sachant qu’un huitième épisode, inédit sous cette forme (prépublié seulement dans Le Soir illustré en 1978 et co-écrit avec Stephen Desberg), a été proposé par les éditions Hibou en 2013.

Pour illustrer les nouvelles aventures de ce reporter de télévision de souche indienne flanqué de son assistant-photographe-caméraman gaffeur dans Super As/Super J, il est fait appel à l’un des membres du studio d’Edouard Aidans : le pourtant excellent et trop méconnu Jacques Géron (1950-1993) qui, hélas, ne sera guère convaincant sur cette série un brin trop classique.

Elle comportera deux histoires de quarante-six pages (reprises en albums chez Fleurus/EDI 3 en 1979 et 1980) et quatre récits complets de sept ou huit pages proposés entre le n° 41 du 20 novembre 1979 et le n° 84.

Les histoires courtes seront compilées tardivement (en 2011) dans un recueil pirate au dos toilé chez Super Scoop. La série se poursuivra avec sept albums inédits publiés aux éditions Novedi, entre 1981 et 1985.

Dos des albums Novedi.

Duchâteau est aussi l’auteur des textes de « Pharaon » : une histoire d’espionnage illustrée par Daniel Hulet (1945-2011).

Voici encore un dessinateur qui a fait ses premières armes dans Tintin et dont le style de l’époque évoque ceux d’Hermann, de William Vance ou d’Édouard Aidans.

Il y aura quatre courts récits de sept à neuf pages publiés entre les n° 66 et 74 de Super As/Super J et compilés dans un album chez Novedi, en 1984.

Car la série va se poursuivre chez cet éditeur belge, avec cinq albums inédits publiés entre 1981 et 1985.

Contre toute attente, en 1996 et en 1999, le personnage ressuscite le temps de deux autres albums dus aux mêmes auteurs et publiés dans la collection Grafica des éditions Glénat, sans obtenir le succès escompté.

Signalons aussi les trois récits écologiques en huit pages chacun de « Ken et Romain », publiés aux n° 79, 80 et 82, dus à Raymond Fernandez, lequel signait Fraymond ou F. Raymond.

Né en 1953, ce publicitaire a travaillé trois ans dans un atelier de soierie à Lyon avant de devenir coloriste pour Dany (notamment sur « La Trompette du silence », une aventure d’Olivier Rameau), pour Cosey (sur « Neal et Sylvester », un superbe « Jonathan »)…

Et surtout pour Hermann dont il illuminera somptueusement des épisodes de « Comanche », de « Jeremiah » ou des premiers « Tours de Bois-Maury ».

Cet exceptionnel metteur en couleurs réalisera aussi  quelques rares bandes dessinées dans Tintin (en 1978 et 1979).

Hermann appréciait tellement son travail de coloriste qu’il en aurait modifié sa façon de dessiner : en utilisant le rotring et en affinant de plus en plus son trait, afin de laisser un maximum de place à la couleur.

Les dernières bandes dessinées réalistes destinées au Grand Magazine de bande dessinée européenne seront « Les Compagnons d’Atlantis » (une aventure d’explorations maritimes en huit pages due aux Espagnols Alfonso Font – pour le dessin – et Victor Mora – pour le scénario -, publiée au n° 79) et « Johnny Focus » : traduction d’une série italienne du grand dessinateur Attilio Micheluzzi mettant en scène un journaliste qui vit des aventures aux quatre coins du monde.

Si un seul épisode est publié dans Super As/Super J (au n° 86), plusieurs récits de cette bande dessinée créée en 1974 pour l’hebdomadaire transalpin Corriere dei Ragazzi seront proposés dans Zack.

Notons qu’il en existe trois compilations publiées en langue française en 1985 : deux albums chez Kesselring et un autre chez Artefact (en espérant que nos amis des éditions  Mosquito aient un jour la possibilité d’en réaliser une intégrale ?).

Ces tentatives peu concluantes et autres recyclages sentent, évidemment, la fin de l’aventure…

Comme nous l’avons déjà dit, la création coûte cher et les bénéfices attendus ne seront jamais au rendez-vous : les coûts de production générés par les responsables de Koralle-Verlag étaient trop élevés et les ventes obtenues trop faibles, le lectorat visé se trouvant de plus en plus sollicité par la télévision ou même par les premiers jeux vidéo, donc de moins en moins intéressé par un magazine basé uniquement sur quelques vedettes (« Blueberry », « Barbe-Rouge », « Tanguy et Laverdure », « Jeremiah »…) ; lesquelles, il faut bien le reconnaître, se faisaient de plus en plus rares.

Par ailleurs, même si des dessinateurs comme Graton et Aidans, voire Weinberg ou Reding, ont embauché des assistants-collaborateurs, à divers niveaux, pour les aider à maintenir l’important rythme de production promis, le géant groupe de presse Springer Verlag (dont dépendent Zack et donc ses émanations comme Super As /Super J) est aussi agacé par les retards incessants de certains auteurs francophones, ceux de l’incorrigible scénariste Jean-Michel Charlier (toujours autant débordé par ses travaux pour la télévision)  en tête !

Ayant dépensé beaucoup d’argent pour mener à bien cette entreprise, Axel Springer décide de couper les vivres et il en informe les éditeurs de Koralle dès les premiers mois de 1980. Zack, qui était resté bimensuel, liquide quant à lui son stock de planches inédites (à l’exception des courts épisodes de « Ken et Romain » ou des  « Compagnons d’Atlantis » qui ne seront qu’au sommaire de Super As /Super J) pour terminer sa carrière après deux cent quatre-vingt-onze parutions : au n° 32 de juillet-août 1980 (1).

Aux Pays-Bas, Wham ! s’arrête aussi après soixante-douze numéros (le dernier étant daté du 24 juin 1980) et, en Belgique, l’agent Jack De Kezel reprend tous ses actifs. Fort de ses trente  années passées sur la scène BD franco-belge et de la confiance que lui accordent encore les auteurs, le dynamique intermédiaire va contribuer à la création, en novembre 1980, d’une nouvelle maison d’édition : Novedi. Il en sera même le directeur et pourra ainsi assurer, directement, l’exploitation de toutes les séries qu’il avait produites pour Zack et dont il avait récupéré les droits ; ceci afin de pouvoir les proposer désormais directement en albums. Au décès de Jean-Michel Charlier, principal pourvoyeur du fonds Novedi, cette petite structure finira pourtant par être rachetée par les éditions Dupuis (2).

Quelques albums du catalogue Novedi.

On aurait alors pu croire que l’édition du magazine de bandes dessinées européen en resterait là, mais pourtant, en France, Super As et Super J vont encore survivre quelque temps en ne se contentant pas de l’édition mère allemande.

Rappelons que Super As est édité par Unide, filiale de l’éditeur catholique Fleurus (pas encore repris par le groupe Ampère), et que le futur rédacteur en chef de Spirou et éditeur chez Dupuis Philippe Vandooren fût momentanément nommé responsable de cette version française. Fleurus est à la tête d’un important département de documentaires pratiques et de revues pour les enfants principalement vendues dans les églises ou par abonnement dans les cours de catéchisme : Perlin et Pinpin, Fripounet ou Djin et Formule 1 qui sont les successeurs de Cœurs vaillants et Âmes vaillantes. Hélas pour eux, leur clientèle de fidèles se réduisait alors à une peau de chagrin et l’éditeur avait espéré se remettre à flot avec l’opération du Grand Magazine de bande dessinée européenne. Lorsque leurs responsables apprennent que Springer ne veut plus financer la création dans l’hebdomadaire, ils tentent de sauver ce qu’il reste à sauver en fusionnant une partie de Super As avec leur revue Formule 1 destinée principalement aux jeunes garçons, ceci afin de prolonger encore un peu l’aventure.

Ainsi, entre le n° 56 et le n° 59 des 4 et 25 mars 1980, quelques pages de séries de gags  ou courts récits issus des revues du groupe Fleurus sont présentées aux lecteurs de Super As afin de les amadouer et de les préparer à une éventuelle transformation : « Chafouin et Baluchon » par Pierre Tranchand (dessinateur qui signera plus tard Pica) et François Corteggiani (aux scénarios), « Plumoo » par Michel Douay, « Caroline Chipie » de Wolff (dont le vrai nom est Jean-Loup Hubert et qui deviendra metteur en scène de films célèbres comme « L’Année prochaine si tout va bien » ou « Le Grand Chemin »), « Géraldine » par Jac L. (pseudonyme de Jacques Lelièvre),les « Histoires vraies » illustrées par Robert Bressy, Joëlle Savey, Pierre Brochard ou Chica…

Une « Histoire vraie » illustrée par Pierre Brochard.

Tandis que les lecteurs de Djin ou de Formule 1, étonnés, découvrent dans leur magazine préféré les nouvelles aventures de Michel Vaillant, Dan Cooper, Silas Finn, Tony Stark, Colin Colas, Éric Castel, Yalek and Co.

Au n° 60 du 1er avril 1980, la coédition se fait plus précise puisque seules les pages 1 à 8 et 41 à 48 ne sont pas communes à Super As et Formule 1.

Par ailleurs, la couverture illustrée du premier devient une photographie pour le second.

À noter que « Jeremiah », toujours jugé trop violent pour les bons pères de Fleurus ne paraît que dans Super As sur deux pages et est remplacé dans Formule 1 par « Prémolaire » de Guy Mouminoux.

Par ailleurs, certaines séries made in Fleurus comme « Yann le migrateur » (voyageur interplanétaire dessiné par Claude Lacroix, sur scénario de Robert Génin), « Balthazar le mille-pattes » par Jac L., « The Gang » par Wolff

ou « Bouchou, athlète complet » par Bélom sont proposées conjointement dans les deux hebdomadaires

Hélas, le magazine continue à mal se vendre : au lieu de se multiplier par deux comme espéré, les lecteurs, souvent décontenancés, désertent les deux magazines.

D’autant plus qu’à partir du n° 85, Super As commence à publier des bandes dessinées mettant en scène des héros de feuilletons animés diffusés à la télévision.

En effet, les deux derniers numéros de Super As sont envahis par des séries comme « Mightor », « Capitaine Caverne » (pourtant adapté par Érik Arnoux), « Les Fous du volant » (par Norbert Fersen) ou « Shazzan », lesquelles n’intéresseront guère les lecteurs de base du magazine désormais pris en charge par Télé junior, du moins en ce qui concerne les abonnements (3).

C’est ainsi qu’après quatre-vingt-sept parutions (compilés également en sept recueils de onze ou treize numéros chacun), Super As va tristement tirer sa révérence, le 7 octobre 1980.

Quant à Super J (qui était, rappelons-le vendu principalement par courtage), il fusionnera carrément avec Télé junior.

Il se poursuivra jusqu’au 7 septembre 1982, le temps de quatre-vingt-dix-neuf numéros supplémentaires qui n’auront plus aucun rapport avec le Grand Magazine de bande dessinée européenne des origines : journal peut-être trop ambitieux qui pratiquait des prix trop élevés (à en croire certains, il payait deux à trois plus que chez Tintin) et qui n’a pas réussi à convaincre le public potentiel, lequel commençait, déjà, à se raréfier.

Gilles RATIER

(1) Contre toute attente, Zack va renaître de ses cendres en juin 1999, le magazine étant désormais publié par Mosaik Steinchen für Steinchen Verlag. S’adressant à un public un peu plus adulte qu’autrefois, le nouveau Zack, qui paraît toujours en étant tiré autour de 10 000 exemplaires, est aujourd’hui  mensuel.

Il continue de traduire nombre de séries franco-belges classiques – telles que « Michel Vaillant », « Cubitus », « Soda », « Dan Cooper », « Blueberry », « L’Épervier », « Mélusine », « Luc Orient », « Spoon & White », « Biggles », « WIII », « Jeremiah », « Wayne Shelton »,  « Double M », « Lucky luke », Spirou et Fantasio », « Lady S », « Dantès », « Il était une fois en France », « Cassio » ou « Black Crow » -, tout en proposant quelques créations made in Germany, d’autres traductions comme la série néerlandaise « Franka » de Henk Kuijpers, et diverses interviews, critiques ou informations sur le 9ème art (voir : http://www.zack-magazin.com).

« Die Frühreifen » par Ralph Ruthe, un exemple de création autochtone dans le nouveau Zack.

(2) Notons qu’en France, alors que les albums Novedi vont être diffusés par Hachette dès avril 1981, une petite structure intitulée Éditions Presses Internationales ou (EPI) sème quelque peu la confusion en lançant, entre janvier et juillet 1983, quatre mensuels de poche intitulés BlueberryDan CooperMichel Vaillant et Gigantik.

Diffusés en kiosques, ils reprennent des récits, inédits ou non en langue française, déjà publiés dans les Zack Parade en Allemagne, et donc aussi dans Tintin Sélection ou Super Pocket Pilote en France.

Ces quatre bimestriels connurent trois numéros chacun, lesquels contenaient, outre des récits complets des héros-titres, des épisodes courts des « Gentlemen », « Barbe-Rouge », « Silas Finn », « Cro-Magnons », « Barracuda », « Turi et Tolk », « Colin Colas », « Julie Wood »… (voir http://www.comicbd.fr/Ed-Epi.html).

(3) En octobre 1980, la nouvelle société Junior Productions (éditeur de Télé junior) va lancer la deuxième série de ce magazine avec des héros de la télévision en bandes dessinées, sur le même modèle que la précédente.

Junior Productions saute donc sur l’occasion en récupérant le listing des abonnements de Super As et le réseau de distribution de Super J dont les lecteurs vont se retrouver abonnés à cette version de Télé junior sans avoir rien demandé. Notons aussi que la première série de Télé junior (mensuelle, puis bimensuelle, éditée par Franklin Loufrani) avait connu quarante-deux numéros publiés entre septembre 1977 et octobre 1980 et que la deuxième, hebdomadaire, s’étalera sur quarante-six numéros, entre le 14 octobre 1980 et septembre 1981.

Il existera même une troisième version, hebdomadaire puis à nouveau mensuelle : quarante-cinq numéros publiés entre octobre 1981 et mars 1983.

Les trois n° 1 des trois versions de Télé junior.

Galerie

13 réponses à Le Grand Magazine de bande dessinée européenne : l’agonie de Super As !

  1. Gipo dit :

    C’était donc ça ! (Formule 1 transformé)
    Encore merci pour ce dossier très complet et très instructif.
    Une compétition devenue de plus en plus âpre à mesure que les ventes (et la qualité des BD) s’amenuisaient.

  2. Franck BIancarelli. dit :

    Désolé mais je n’ ai pas compris qui fait Shazzan … ça a l’ air très beau pour le peu que j’ en vois.

    • Gilles Ratier dit :

      Bonjour Franck, je n’ai pas mis l’auteur, car je ne le connait pas (contrairement à ceux des autres séries), c’est pourquoi tu n’a pas compris qui c’était. Désolé ! Si certains de nos lecteurs en savent plus, qu’ils n’hésitent pas à combler nos lacunes…
      Bien cordialement
      Gilles Ratier

      • Marcel dit :

        Même question pour Mightor.

        Ne serait-ce pas tout simplement du matériel américain ?… Je dis ça parce que le lettrage ressemble vraiment à une adaptation, avec ce côté un peu trop rempli et pas harmonieux de l’époque (au contraire des versions françaises d’Arnoux ou Fersen présentées dans cet article, où on voit bien qu’il s’agit du lettrage original). Ceci expliquerait également l’absence du nom des auteurs.
        En effet, dès 1968-69, ces deux séries ont été adaptées en BD dans « Super TV heroes », édité par Gold Key.
        Pour Shazzan, le créateur du design des dessins animés était Alex Toth (mais sur cette planche là, je ne pense pas que ce soit lui, même si le jeu des ombres est bien maîtrisé).
        Comme Les fous du volant et Capitaine Caverne, ces séries venaient du studio Hanna-Barbera. Alors, à supposer que les deux premières soit bien des reprises de matériel US, pourquoi faire adapter les deux autres par des français ?… Mystère.

        Pour info, selon ce que j’ai pu trouver dans sa bio, Brice Goepfer a signé sous le pseudo de Brice Toll des aventures de Mightor (entre autres), mais plutôt sur la période Télé Junior/Télé Parade.

  3. 3 articles vraiment super intéressants, qui répondent à plein de questions que je me posais depuis des années !

    !!! MERCI !!!

  4. Frédéric dit :

    C’est vraiment génial, grâce à vous, de revivre un peu de cette époque et de pouvoir enfin un peu mieux la comprendre. J’ignorais ainsi que Morris aurait pu faire partie de cette aventure. Ironie de l’histoire, Lucky Luke serait finalement publié dans les tous derniers numéros de Super J, lorsque Télé Junior n’aura plus assez de matériel à publier autour de la télé ;-) Encore merci pour votre article et pour votre travail passionnant.

  5. Je me dis que finalement, le déclin des revues de BD pour jeunes était impossible à éviter en dépit des initiatives marketing européennes. Mais ce fut aussi la même débandade pour la BD adulte. Où sont les Pilote Charlie, Circus et Métal d’antan???

  6. joel dit :

    bel article très enrichissant sur ce journal que je ne connaissais que de nom. est ce possible de faire un petit article du même genre sur la magasine Gomme de Glénat?

    • Gilles Ratier dit :

      Bonjour Joël
      Pourquoi pas ? Le mieux placé pour l’écrire étant Henri Filippini qui en fut le rédacteur en chef et qui, aujourd’hui, alimente notre rubrique « actualité », ainsi que certains « Coins du patrimoine ». Je vais voir si cela l’intéresse !
      Bien cordialement
      Giles Ratier

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