Le Grand Magazine de bande dessinée européenne : et Super As arriva !

Dans la première partie de ce dossier (voir : Le Grand Magazine de bande dessinée européenne : à l’origine était Zack !) nous avons vu comment les éditeurs allemands du magazine Zack en sont venus à avoir l’idée de créer un journal avec les meilleures bandes dessinées pour la jeunesse du moment, en le diffusant le plan européen. C’est ce qui va aboutir, le 13 février 1979, à la création de Super As en kiosques (ou Super J pour la vente par courtage), un hebdomadaire en langue française sous-titré Le Grand Magazine de bande dessinée européenne puisqu’édité aussi au Danemark (sous le titre de Zack), aux Pays-Bas (Wham !) et en Finlande (Zoom).

Ralf Kläsener, éditeur chez Koralle-Verlag, a donc repris les rênes de l’édition de Zack, assumant désormais, seul, le poste de rédacteur en chef depuis le début de l’année 1978. Jusqu’à lors, les responsables de ce bimensuel germanique continuaient d’acheter très cher les séries issues des journaux franco-belges Tintin et Pilote : une véritable aubaine pour les éditions Le Lombard et Dargaud (mais aussi pour les auteurs) qui parvenaient à leur vendre ce matériel déjà amorti en France, en Belgique ou en Italie, d’autant plus que, la plupart du temps, suivaient des albums édités en Allemagne par  Koralle-Verlag.

Or, Ralf Kläsener, qui est avant tout un homme d’affaire, se rend compte qu’il serait plus rentable de produire son propre magazine en ayant l’exclusivité de certaines séries vedettes qu’il revendrait ensuite aux éditeurs franco-belges.

S’appuyant sur les bonnes relations qu’a l’agent belge Jack De Kezel avec certains auteurs déjà publiés dans Zack (Hermann, Jean Graton ou le scénariste Jean-Michel Charlier, par exemple), il commence à débaucher, dès le début de 1978, certaines de ces grandes signatures. De Kezel (secondé par l’ancien directeur financier du Lombard, Jacques De Meester) profite des prix très bas pratiqués par Le Lombard et du trou éditorial laissé par Pilote (lequel a délaissé son public traditionnel pour devenir un journal qui s’amuse à réfléchir destiné principalement aux jeunes adultes), et leur propose des salaires plus élevés, une meilleure visibilité et, surtout, une liberté artistique que l’éditeur du journal Tintin ne pouvait plus leur offrir.

Le meilleur exemple de la réussite de cette politique d’expansion est certainement la bande dessinée « Jeremiah » d’Hermann. En effet, le dessinateur de « Bernard Prince » et de « Comanche », séries déjà traduites en langue allemande dans Zack, était de plus en plus insatisfait par les scénarios que Greg lui proposait et voulait s’émanciper en écrivant ses  propres textes sur une nouvelle saga plus adulte où deux jeunes gens s’acharnent à vivre dans un monde post-atomique plutôt violent.

Ainsi, le premier épisode de « David Walker » (le nom allemand de « Jeremiah ») démarre-t-il dans Zack au n° 20 de septembre 1978 et sera-t-il curieusement traduit en français dans le mensuel Métal hurlant, dans les n° 39 à 44, entre mars et septembre 1979 : ayant été jugé trop violent par la filiale Unide de l’éditeur catholique Fleurus, responsable de la version française de Zack : Super As. Finalement, les trois aventures suivantes de quarante-quatre ou quarante-six pages seront quand même publiées dans Super As/Super J (du n° 18 au n° 82) et ces quatre histoires seront aussi proposées en albums chez Fleurus en France ou EDI-3 en Belgique, avant que la série soit reprise par les éditions Novedi en 1981 (diffusion Hachette, en France), puis par Dupuis en 1988.

 Il ne sera pas difficile, non plus, de convaincre Jean Graton dont les séries sportives « Michel Vaillant » et « Julie Wood » sont ou vont être aussi régulièrement traduites dans Zack. La première, qui se déroule dans le monde des courses automobiles, n’a plus guère les faveurs de Raymond Leblanc, le patron des éditions du Lombard. Ni de Greg, le rédacteur en chef du journal Tintin (dans lequel elle avait été créée en 1957), lequel décide d’ailleurs d’arrêter de l’y pré-publier en 1976. Engageant un procès contre Le Lombard qui durera plusieurs années, le créateur de « Michel Vaillant » doit quand même produire des albums qui seront alors publiés directement en albums chez Dargaud, entre 1977 et 1979.

Son principal collaborateur, Christian Denayer, ayant été, de son côté, débauché pour dessiner une autre série automobile destinée à remplacer « Michel Vaillant » dans les pages de Tintin (« Alain Chevallier » qui sera également traduit dans Zack), Jean Graton engage alors plusieurs jeunes dessinateurs, comme Daniel Bouchez, Christian Lippens et Claude Viseur alias Clovis pour le seconder sur le graphisme des décors ou des voitures, ceci afin de maintenir ainsi son infernal rythme habituel.

Page inédite en album : publiée dans le n° 1 de Super As, elle résumait les épisodes précédents pour les nouveaux lecteurs.

Dès octobre 1978, des aventures inédites de Michel Vaillant sont alors proposées par Zack (ou Zack Parade) et traduites, un peu plus tard et de façon quasi continue, dans Super As/Super J : cinq histoires de quarante-six pages (dont quatre reprises en albums chez Fleurus en France ou EDI-3 en Belgique, entre 1979 et 1980, et une chez Novedi en Belgique – diffusion Hachette en France -, en 1981) et une de seize (rééditée dans l’intégrale « Michel Vaillant » tome 13, aux éditions Le Lombard, en 2011).

Ensuite, l’auteur décide de créer lui-même sa structure, Graton éditeur, pour pouvoir s’occuper pleinement de la production de ses albums à partir de 1982. Finalement, il intégrera les éditions Dupuis en 2012, avec la création d’une nouvelle saison réalisée par des auteurs différents (voir : « Michel Vaillant : nouvelle saison » T1 (« Au nom du fils ») par Marc Bourgne, Benjamin Benéteau, Philippe Graton et Denis Lapière).

Illustration pour un rédactionnel, publié dans le n° 1 de Super As.

Quant à la sympathique motarde Julie Wood, dont les aventures initialement prévues pour le mensuel Lucky Luke des éditions Dargaud (voir : Le journal de Lucky Luke !) sont publiées directement en albums aux éditions Dargaud à partir de 1975 – un épisode a quand même été pré-publié dans le mensuel spécialisé Plein Pot, en 1978 -, elle sera aussi au sommaire de Zack dès 1977, puis des petits formats Zack Parade, à partir du début de 1978,  avec des épisodes inédits.

En France et en Belgique, on la retrouve dans Super As/Super J, du n° 9 au n° 40 : il s’agit de ses trois dernières aventures en quarante-quatre ou quarante-six pages en tant qu’héroïne à part entière, lesquelles seront reprises en albums chez Fleurus/EDI-3, en 1979 et 1980.

À noter qu’une intégrale de « Julie Wood » est annoncée aux éditions Dupuis, pour le mois de juin 2015.

L’autre grand coup de De Kezel et Kläsener, c’est de réussir à convaincre le célèbre scénariste Jean-Michel Charlier de les rejoindre dans l’aventure. Méfiant et déçu par sa précédente expérience en tant que responsable éditorial de la version française du journal Tintin, par ailleurs très affairé par sa nouvelle passion télévisuelle, Charlier vient toutefois de se libérer des contrats qui le liaient encore aux éditions Dargaud. La proposition des responsables de Koralle-Verlag, filiale du puissant groupe de presse allemand Axel Springer, tombe donc à point nommé en cette année 1978. Ainsi, ses principales séries vont-elles trouver un nouvel asile dans l’hebdomadaire européen Super As/Super J en  France et en Belgique, à partir de 1979.

Dès juillet 1978, un nouvel épisode en quarante-six pages de la fameuse série d’aviation « Tanguy et Laverdure » est proposée dans Zack : « La Mystérieuse Escadre Delta » dessiné par Jijé, avant son décès en 1980 (album Fleurus/EDI-3 en 1979).

Ce sera la seule aventure inédite de nos « Chevaliers du ciel » a être pré-publiée dans Zack, puis dans Super As/Super J (entre le n°1 et le n° 8). Les autres courts récits avec ces deux pilotes de chasse français publiés dans ces magazines sont des remontages en huit ou seize pages d’histoires complètes déjà proposées en petit format dans le trimestriel Super Pocket Pilote, à partir de 1968. Rappelons que cette série a été créée dans Pilote en 1959, dès le n° 1, et qu’elle était alors dessinée par Albert Uderzo. Ce dernier, surchargé de travail, laisse la place à Joseph Gillain alias Jijé en 1966, peu de temps avant qu’un feuilleton télévisé, inspiré de cette bande dessinée, déboule avec succès sur les petits écrans. En 1973, lorsque l’hebdomadaire se transforme en un journal destiné clairement aux jeunes adultes, « Tanguy et Laverdure » passe dans Tintin, mais les dix-huit premières histoires sont compilées en albums aux éditions Dargaud qui proposent, depuis le début de l’année, une belle intégrale de la série, respectueuse de la chronologie.

Les deux premières pages de « Tanguy et Laverdure » publiées dans le n° 1 de Super As : la première est un résumé des épisodes précédents inédit en album.

Dès décembre 1978, un épisode inédit de quarante-sept pages du western « Blueberry » (« Nez cassé », proposé ensuite en album chez Dargaud en 1980) est pré-publié dans Zack, en Allemagne. Il sera repris, avec les quarante-six pages de sa suite directe (« La Longue Marche », album Fleurus/EDI-3 en 1980) entre le n°1 et le n° 87 de Super As/Super J. Ce western de grand renom dessiné par Jean Giraud (qui prendra Michel Rouge comme assistant sur « La Longue Marche ») a été créé dans Pilote en 1963, mais le précédent épisode avait été replacé dans Tintin en 1975. Notons que « Nez cassé » est publié simultanément dans Métal hurlant : mensuel destiné à un lectorat plus adulte. Par la suite, la série multipliera les supports de prépublication (L’Écho des savanes en 1981, Le Matin en 1983, Libération ou Télé-Moustiqueen 1986…), alors que les albums seront assurés par les éditions Novedi (diffusion Hachette en France) entre 1982 et 1990, avant de passer chez Alpen, puis de revenir au bercail chez Dargaud en 1994.

Les deux premières pages de « Blueberry » publiées dans le n° 1 de Super As : c'est un résumé des épisodes précédents inédit en album.

Autre grande série d’aventure créée par Charlier – avec son ami Victor Hubinon – pour le n° 1 de Pilote (en 1959), « Barbe-Rouge » revient elle aussi pour l’occasion, en exclusivité, dans le n° 1 de Super As/Super J (et dans Zack un mois après, en mars 1979).

Autocollant proposé dans un n° de Super As.

Ceux sont deux grands récits de quarante-six pages dessinés désormais par Jijé et son fils Laurent Gillain (qui signe Lorg) - suite au décès de celui qui fut aussi le créateur graphique de « Buck Danny » – qui y sont pré-publiés jusqu’au n° 42.

Ils seront repris en albums chez Fleurus/EDI-3, en 1979 et 1980.

Deux autres courtes histoires complètes du démon des Caraïbes dus à Hubinon, déjà parues en petit format dans le trimestriel Super Pocket Pilote, en 1968 et 1969, sont également proposées, remontées en huit pages (alors qu’elles en faisaient seize à l’origine), dans les n° 85 et 86.Pour Super As/Super J (à partir du n° 11 du 24 avril 1979 ) et pour Zack (un mois après), Charlier va même remettre sur rails un projet de nouvelle série – prévu à l’origine pour Tintin France – où il réutilisera sa documentation sur Pancho Villa et la révolution mexicaine du début du XXe siècle : « Los Gringos », avec des dessins de Victor de la Fuente : « En réalisant deux émissions de télévision sur les vingt années révolutionnaires qui mirent ce magnifique pays à feu et à sang, j’ai découvert que cette période constitue le western le plus fabuleux, le plus fascinant et le plus délirant de tous les temps. Aucun scénariste n’oserait inventer les péripéties qui s’y sont passées ! Ces anecdotes étaient tout à fait dignes de servir pour des bandes dessinées, et c’est ce qui m’a donné l’idée de faire « Les Gringos »… » (1)

Deux de ces aventures réalistes de quarante-six pages, mettant en scène un mercenaire spécialiste des explosifs et un pilote dandy forcé de le suivre contre son gré, sont pré-publiées jusqu’au n° 68, puis reprises en albums chez Fleurus/EDI-3, en 1979 et 1980, sous le titre générique de « Les Gringos » (et non plus « Los »).

Hélas, le scénariste n’aura le temps d’écrire que deux épisodes des « Gringos » pour Super As et d’en commencer un troisième que finira Guy Vidal dans un album proposé chez Alpen-Publishers, en 1992.

Voilà encore une palpitante série, (reprise ensuite chez Dargaud par Vidal pour le scénario) qu’il serait opportun de rééditer aujourd’hui dans une belle intégrale !

Pour équilibrer le contenu du futur magazine européen, lequel s’annonce principalement réaliste (comme Zack !), De Kezel impose les gags absurdes, qui se déroulent en des temps préhistoriques – en une, deux, trois, cinq ou six pages -, des « Cro-Magnons » de Guy Bara : auteur belge au style très dépouillé, mais né en Lettonie, qu’il apprécie particulièrement. La série, publiée dans Super As/Super J entre le n° 2 et le n° 86, est née dans les pages de Tintin en 1974.

Dans le même genre, on trouvera dans Super As/Super J, les traductions des strips de « Nilus » dus aux frères Agostino et Franco Origone (série italienne, créée en 1976, traitant avec philosophie de la vie en Égypte aux temps des pharaons) – dans les n° 4 à 40 à raison de quatre strips par page -, ainsi que ceux de la fameuse BD américaine « The Wizard of Id » de Brant Parker et Johnny Hart (créée en 1964) traduite ici « Marlin l’enchanteur », entre les n°15 et 56.

Enfin, « Sigma-Gigantic » (« Gigantik » en langue française) est la dernière nouvelle série importante mise en chantier par les responsables éditoriaux de Zack pour pouvoir démarrer l’aventure d’un « premier vrai hebdomadaire destiné à toute la jeunesse de l’Europe ! », comme l’écrira Jean-Michel Charlier quand il signera l’éditorial du premier numéro de  Super As/Super J. Surfant sur le grand succès obtenu par le film « Star Wars » à cette époque, cette histoire de science-fiction est publiée dans Zack à partir de février 1979 et dans Super As/Super J entre le n° 10 et le n° 82.

Ces deux longues aventures de quarante-quatre/quarante-six pages (reprises dans deux albums Fleurus/EDI-3, en 1979 et 1980) et neuf courts récits de sept, huit, douze ou seize pages (compilés dans huit recueils Novedi/Hachette ou EPI, entre 1981 et 1984) sont dessinées par l’Espagnol José Maria Cardona Blasi (vu précédemment dans Zack – pendant la période coéditée avec Rolk Kauka – sur l’adaptation du feuilleton télévisé britannique « Mondbasis Alpha 1 ») et scénarisées par son compatriote Victor Mora, lequel réutilise ici des idées qu’il avait eues pour son excellente série « Dani Futuro » créée avec Carlos Giménez et publiée en France dans Tintin, à partir de 1971.

En attendant la fin de la validité des contrats qui liaient encore les auteurs débauchés à leurs éditeurs respectifs (notamment Le Lombard et Dargaud), Ralf Kläsener et Jacques De Kezel ont donc accumulé de nombreuses pages, dès 1977. Ceci leur a permis de préparer, sans problème, le contenu des vingt-cinq premiers numéros de leur Grand Magazine de bande dessinée européenne, auquel il ne restait plus qu’à trouver un titre : il fut d’abord question de Lucky (pour « Lucky Luke ») – mais finalement le créateur du cow-boy, Morris, refusa de participer au projet allemand -, puis pendant un certain temps de Tilt.

C’est ainsi que, le 13 février 1979, le premier numéro d’un nouvel hebdomadaire put apparaître, pour la première fois dans l’histoire des magazines de bandes dessinées européens, simultanément dans les kiosques de France/Belgique (Super As, car Super J, sous-titré Le Journal des super-jeunes, était, lui, vendu par courtage, en tant que supplément de l’hebdomadaire féminin Femmes d’aujourd’hui), du Danemark (Zack), des Pays-Bas (Wham !) et de Finlande (Zoom). Le Zack allemand poursuivant, quant à lui, sa numérotation et son rythme bimensuel.

Planche résumé parue dans le n° 1 de Super As.

Malgré la minceur du papier de mauvaise qualité et un rédactionnel sans originalité (même si le courrier des lecteurs était animé par l’animatrice vedette, à l’époque, Dorothée !!!), les solides bandes dessinées proposées, sous forme de grands chapitres de cinq à huit pages, vont immédiatement attirer les aficionados. En effet, dès le n° 1, les lecteurs de Super As/Super J peuvent découvrir de nouvelles aventures de Blueberry, Michel Vaillant, Tanguy et Laverdure ou Barbe-Rouge, et des nouvelles séries comme :

- « Colin Colas » (quatre histoires longues de quarante-quatre/quarante-six pages et quatorze récits plus courts d’une dizaine de pages, publiées entre le n° 1 et le n° 74, puis reprises en albums Fleurus/EDI-3 en 1979 et 1980 ; suivis par deux autres chez Novedi/Hachette en 1981 et 1983),

- « Les Gentlemen » (deux histoires longues de quarante-six pages et dix-huit récits plus courts d’une dizaine de pages entre le n° 1 et le n° 81 pour cette série italienne créée en 1973 dans le Corriere dei ragazzi ; le tout proposé en deux albums Fleurus/EDI-3 en 1979 et 1980 ; plus quatre autres chez Novedi/Hachette en 1981 et 1982)

- ou  « Éric Castel » (trois histoires longues de quarante-six pages, entre le n° 1 et le n° 76, reprises en albums Fleurus/EDI-3 en 1979 et 1980 ; plus onze autres chez Novedi/Hachette entre 1981 et 1990 et un dernier chez Dupuis en 1992).

Des piliers de la BD pour la jeunessse qui seront bientôt suivis par « Cro-Magnons », « Nilus », « Dan Cooper », « Julie Wood », « Tony Stark », « Marlin l’enchanteur », « Gigantik », « Los Gringos », « Jeremiah », « Turi et Tolk », « Barracuda »… (2)

Planche résumé parue dans le n° 1 de Super As.

À suivre…Gilles RATIER

(1) Extraits d’interviews de Jean-Michel Charlier réalisées par Gilles Ratier et François Defaye dans le cadre du portrait vidéo « Un Réacteur sous la plume ». Cette série d’entrevues a été ensuite remise en forme par Gilles Ratier pour le n°44 de Hop ! spécial Jean-Michel Charlier (en 1988), puis pour l’ouvrage « Jean-Michel Charlier vous raconte… » aux éditions Le Castor astral, en 2013.

(2) Pour « Dan Cooper », il s’agit de trois longues aventures de quarante-quatre pages et de neuf récits plus courts d’une dizaine de pages publiés entre le n° 9 et le n° 87, puis repris en albums Fleurus/EDI-3 en 1979 et 1980 ; la série se poursuivant chez Novedi/Hachette entre 1981 et 1987, puis chez Dargaud entre 1989 et 1994, avant de revenir au Lombard pour une série d’intégrales entre 2000 et 2004.

Pour « Tony Stark », il s’agit de cinq histoires longues de quarante-six pages, publiées entre le n° 9 et le n° 68, reprises en trois albums Fleurus/EDI-3 en 1979/1980 et deux chez Novedi/Hachette en 1981 (avec un titre supplémentaire en 1982) ; sachez qu’il reste encore deux histoires inédites non traduites en français (les épisodes 4 et 6) et que les textes des épisodes 1 et 6 ne sont pas de Jean Van Hamme, mais de Jean-Charles Francotte pour « Une valise en enfer » et d’un certain Tilmanne pour « Die Diamanten des Mr. D », l’un des inédits en langue française.

Pour « Turi et Tolk », il s’agit d’une histoire de quarante-quatre pages et de huit récits d’une dizaine de pages publiés entre les n° 18 et 83.Enfin, pour « Barracuda », il s’agit d’une histoire de quarante-quatre pages et un récit de onze pages, publiés entre les n° 27 et 42, lesquels seront repris dans deux  albums Fleurus/EDI-3 en 1979.

Galerie

13 réponses à Le Grand Magazine de bande dessinée européenne : et Super As arriva !

  1. Gipo dit :

    Abonné au magazine FORMULE 1 des éditions Fleurus, en ces années-là, j’avais eu la surprise de voir toutes mes BD préférées (Gloesener, Hempay, Dufossé, Lacroix…) remplacées par… hé bien celles de ZACK, on dirait !
    Je me souviens de : Blueberry (« la Longue Marche », je crois), Yalek (« Vicking Puissance 1000″), Gigantik, Colin Colas… et peut-être aussi « Les Gentlemen » ou « Eric Castel »…

    Vous allez en toucher deux mots, histoire que j’ai enfin une explication à ce bouleversement, quelques 35 ans plus tard ? ;-)

    • Gilles Ratier dit :

      Hello Gipo, tout cela sera raconté dans la troisième partie de ce gros dossier… La semaine prochaine, si tout va bien…
      Bien cordialement…
      Gilles Ratier

      • Gipo dit :

        Merci de confirmer ce que j’espérais. Je vous lirai avec plaisir. ^^

        Merci aussi pour tous ces articles qui racontent l’histoire des auteurs et des périodiques d’antan. Je redécouvre une période que je n’ai connue qu’en tant que lecteur, et c’est passionnant.

    • Marcel dit :

      Justement, vos articles étant toujours passionnants et très complets, peut-on espérer un jour un article sur Coeurs Vaillants/J2 Jeunes/Formule 1/Triolo (et l’équivalent pour les filles Ames Vaillantes/J2 Magazine/Djin) ?… Ca serait bien parce que je m’interesse beaucoup à la presse BD mais il y a finalement assez peu d’ouvrages sur la maison Bayard.
      D’ailleurs, je n’ai jamais bien compris pourquoi cette maison avait finalement eu une politique de publication d’albums aussi peu ambitieuse (aussi mauvaise que Vaillant/Pif, en fait) et également pourquoi on en trouve si peu en solderies/bouquinistes (alors que Tintin/Spirou/Pilote/Pif se trouvent très facilement). Peut-être parce que la BD n’y avait finalement qu’une part secondaire ?…

      • Gilles Ratier dit :

        Bonjour Marcel, vous voulez dire Fleurus ? En effet, c’est Fleurus qui éditait Cœurs vaillants/J2 jeunes/Formule 1/Triolo (et l’équivalent pour les filles Ames vaillantes/J2 magazine/Djin ! Pas Bayard, autre éditeur catholique qui, lui, éditait Record, Nade… et aujourd’hui Okapi, Astrapi, J’aime lire… Cela serait intéressant, car il n’y a pas grand chose sur le sujet, mais c’est un immense boulot auquel je ne peux m’atteler actuellement : peut-être dans quelques années, quand sera venu l’heure de la retraite ?
        En attendant, merci pour vos compliments…
        Bien cordialement
        Gilles Ratier

        • Marcel dit :

          Voui, j’ai fait un mélange entre religieux de la même chapelle, je parlais bien sûr de Fleurus !
          J’ai vu vos articles sur Brochard ou Gaudelette ou Dermaut, qui contiennent déjà quelques informations, mais je pense aussi qu’il serait intéressant de se pencher sur les débuts de Dethorey, Convard, Juillard, etc. qui bossaient pour ces éditions. Même un site très complet comme BDOubliees ne contient que très peu d’informations sur ce que publiait ces magazines à partir de la fin des années 60 !
          Et puisqu’on parlait des éditions Bayard, je pourrais dire la même chose d’Okapi, qui à mon avis a publié de nombreuses choses inédites en album.

          • Gilles Ratier dit :

            Oui, oui, entièrement d’accord, mais comme je vous l’ai dit, c’est le temps qui me manque le plus…
            Désolé de ne pouvoir faire ça dans un temps assez proche…
            Bien cordialement
            Gilles

          • Marcel dit :

            Oh, je me doute bien que c’est un boulot de dingue !
            En tout cas, une nouvelle fois merci pour tous vos dossiers.

  2. Franck BIancarelli. dit :

    Bonjour Gilles,
    votre article aurait mérité d’ âtre agrémenté aussi par une page de Silas Finn, tant le travail de Cavazzano y était formidable. mais c’ est un détail.
    Bien à vous.

    • Gilles Ratier dit :

      « Silas Finn », c’est pour la troisième partie de cet article (mardi prochain), mon cher Frank !
      Ne soyez pas impatient (rires) !!!
      En effet, dans cette deuxième partie, je me suis cantonné au contenu des 25 premiers n° (« Silas Finn » n’arrive qu’au n° 28), lesquels ont été préparé d’avance, dans l’euphorie des débuts, par l’équipe de Zack… Avant que les choses ne commencent à se gâter.
      Rendez-vous, donc, mardi prochain pour la suite des aventures du Grand Magazine de bande dessinée européenne !!!
      Bien cordialement
      Gilles Ratier

  3. Duvivier dit :

    Bonjour,
    J’ai les 87 numéros dans un super état. Cela a-t’il de la valeur et est ce que cela pourrait interresser qqu.

    merci

    • Michel Denni dit :

      Bonjour,
      Super AS est noté dans le BDM 2009-2010 en page 1016 avec pour cote 1 € le n°.
      Ce n’était pas grand chose il y a 6 ans. Ce l’est encore moins maintenant, où ce journal est devenu quasi invendable.
      A noter que les reliures éditeur et les numéros ont été soldés à bas prix au début des années 80. D’où le fait qu’on les retrouve encore à l’état neuf de nos jours.
      Vous pouvez toujours essayer de les vendre sur le Bon Coin.
      Bien à vous,
      Michel Denni

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