Les premières « Belles Histoires de l’Oncle Paul »…

Les éditions Dupuis viennent de regrouper, en une seule intégrale, toutes les « Belles Histoires de l’Oncle Paul » que Jean Graton dessina, bien avant la naissance de son célèbre champion de courses automobiles Michel Vaillant : trente-sept récits en quatre pages proposés, à l’origine, dans le beau journal de Spirou, entre 1951 et 1954, et repris sous forme de trois albums chez Graton éditeur, entre 2004 et 2006, sous le titre générique « Jean Graton illustre l’Oncle Paul ». Ces courtes aventures historiques et didactiques ont charmé et éduqué des générations de lecteurs et, sous la houlette de Jean-Michel Charlier, elles ont aussi permis à de futurs grands noms du 9e art franco-belge, comme Jean Graton, de se former. Ce sera aussi le cas pour Eddy Paape, Dino Attanasio, Octave Joly, MiTacq, René Follet, Pierre-Léon Dupuis, Gérald Forton, Liliane et Fred Funcken, Francisco Hidalgo, Pierre Le Goff… Et même Albert Uderzo et René Goscinny.

Leur ami Victor Hubinon se contentant, quant à lui, de dessiner les têtes de l’Oncle Paul et de ces deux neveux dans le titre de la rubrique… Du moins dans un premier temps (1).

Cette compilation est précédée d’un dossier assez bien documenté de Morgan Di Salvia, lequel tente de mettre les œuvres concernées dans le contexte de l’histoire de la bande dessinée franco-belge : l’enfance nantaise de Graton, son exil vers Bruxelles, son travail d’illustrateur dans la publicité et de dessinateur de bandes dessinées à la World’s Publicity Press [qui s’appellera ensuite World’s Presse, puis World Presse (2)] : une entreprise dirigée par Georges Troisfontaines qui fournissait des bandes dessinées, des rubriques et même de la publicité aux éditions Dupuis, propriétaires des hebdomadaires Les Bonnes Soirées, Le Moustique et Spirou.

Le chroniqueur, plus spécialisé dans les chroniques de la production alternative du 9e art (qu’il met d’ailleurs souvent en valeur avec habileté pour notre confrère actuabd.com), ne pouvait, hélas, pas connaître tous les détails de la genèse de cette rubrique éducative qui fut, jusqu’en 1980, l’un des piliers de l’hebdomadaire de Marcinelle.

En effet, ma biographie « Jean-Michel Charlier vous raconte… » (qui vient d’être éditée par le Castor astral), qu’il aurait pu consulter pour en savoir plus, n’était pas encore paru quand il a écrit son texte ; quant à l’article de Thierry Martens, véritable spécialiste de cette période, publié dans le fanzine L’Âge d’or n° 34 de janvier 1995 et sur lequel je m’étais en partie basé, il est complètement introuvable depuis des lustres… (3)

Profitons donc de ces nombreuses zones d’ombre pour éclairer un peu mieux la lanterne de nos lecteurs.

L'une des « Belles Histoires de l’Oncle Paul » dessinée par Jean Graton.

Embauché comme dessinateur et, éventuellement comme donneur d’idées, Jean-Michel Charlier, à qui Jijé avait conseillé d’abandonner le dessin pour se consacrer exclusivement au scénario (le réduisant ainsi à la portion congrue), va très vite assumer également, à la demande de Troisfontaines, les fonctions de directeur artistique et éditorial de la World’s. Or, au seuil des années 1950, les éditions Dupuis, inquiètes de la situation en France — où la nouvelle Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse censure allègrement les bandes dessinées étrangères d’aventures —, cherchent de nouvelles rubriques éducatives illustrées. Notre jeune scénariste et responsable éditorial est alors sollicité pour trouver un concept offrant un débouché aux collaborateurs de l’agence, lequel pourrait servir, aussi, de banc d’essai aux nouveaux venus.

Charlier se souvient alors que son ami Victor Hubinon avait illustré dans Spirou, quelques années auparavant (précisément dans le n° 464 du 6 mars 1947), un texte de Troisfontaines, signé Georges Cel, où un oncle américain imaginaire contait, à ses deux neveux, un épisode de la Guerre du Pacifique : « Quand l’Oncle Ted raconte une histoire ». S’inspirant de ce principe, il propose alors de lancer une série de récits documentaires de quatre pages, relatant des faits historiques en bandes dessinées : de « Belles Histoires » où l’Oncle Ted va devenir l’Oncle Paul ! Ceci pour faire plaisir à Paul Dupuis, le maître de l’imprimerie des éditions de Marcinelle, dont le physique massif inspirera l’ami Victor pour le portrait de ce personnage apparaissant dans les cases des premiers récits ou dans le bandeau titre de la série.

Une fois le principe adopté par les Dupuis et Troisfontaines, Jean-Michel Charlier, toujours passionné par la marine et les prouesses militaires, travaille sur l’évocation de la fuite du cuirassé “Jean Bart” de la cale de Saint Nazaire, en juin 1940 : épopée qu’Eddy Paape accepte aussitôt d’illustrer. (4)

Dessin de Jean-Michel Charlier lui-même pour représenter le cuirassé français "Jean Bart".

Premier récit réalisé de la série, « L’Odyssée du “Jean Bart” » – dessiné par Paape — ne sera, néanmoins, que la onzième des « Belles Histoires de l’Oncle Paul » à paraître dans Spirou : les récits historiques de Charlier alternant avec des contes proposés par Dino Attanasio récemment engagé par l’agence pour animer « Fanfan et Polo » (encore un scénario de Charlier) dans La Libre Junior, le supplément jeunesse du quotidien La Libre Belgique.

album n° 3.

Curieusement, c’est une autre histoire dessinée par Paape et scénarisée par Charlier (« Cap plein sud ») qui inaugure, le 1er février 1951, cette rubrique prévue bimensuelle où l’Histoire et le fait divers authentique l’emportent rapidement sur les légendes. Son succès la rendra hebdomadaire, six mois plus tard, et la concurrence, notamment le journal Tintin, en reprendra le concept, dès 1953 avec les histoires vraies écrites par Yves Duval : « La structure même du récit, qu’elle soit en quatre pages [comme dans les « Oncle Paul »] ou qu’elle soit bien plus longue, découle de l’histoire qu’on s’est racontée à soi-même et que l’on va bien évidemment améliorer, perfectionner [même si dans le cas des "Oncle Paul", le récit est surtout tributaire des informations historiques]. Quel que soit le genre auquel on s’adonne, il faut trouver un bon sujet. À partir de là, comme les deux sont liés, il est rare qu’on ne découvre pas assez rapidement la structure qui va s’imposer presque inévitablement au récit. », m’avait confié le célèbre scénariste lors de nos entretiens pour la réalisation du reportage télévisé « Un réacteur sous la plume », en 1987 (voir Jean-Michel Charlier, un réacteur sous la plume — YouTube).

Album n° 7.

Jean-Michel Charlier va rédiger, de 1951 à 1954, au moins vingt-neuf « Belles Histoires de l’Oncle Paul » pour les dessinateurs Eddy Paape, Charly Delhauteur, Jean Graton, Dino Attanasio, MiTacq, Francisco Hidalgo et même, anonymement, pour Albert Uderzo. Très vite débordé par ses nombreuses activités d’écriture, il laissera la place à un autre rédacteur de la World’s : Octave Joly, journaliste indépendant, globe-trotteur pendant l’entre-deux-guerres et scénariste de centaines de courts-métrages publicitaires. La série, titrée plus tard « Les Plus Belles Histoires de l’Oncle Paul » ou « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » (notamment pour les albums édités chez Dupuis), puis « L’Histoire en mille morceaux », deviendra un pilier de l’hebdomadaire et initiera à l’Histoire, ainsi qu’à ses grands personnages, plusieurs générations de lecteurs.

Dans la monumentale biographie que je lui ai consacrée récemment, « Jean-Michel Charlier vous raconte… », je n’ai pas pu, par manque de place et parce que cela aurait pu être rébarbatif pour le grand public, donner la liste précise des « Belles Histoires de l’Oncle Paul » écrites par Charlier dans le beau journal Spirou. J’avais établi, avec la complicité de Louis Cance, un premier recensement publié dans le n° 44 de la revue Hop ! (au troisième trimestre 1988), mais il s’est vite révélé incomplet (5).

Voici donc, dans l’état des connaissances actuelles (suite à l’intuition du spécialiste Jean-Yves Brouard — voir son site http://www.jmcharlier.com/oncle_paul.php — et, surtout, à la découverte de tapuscrits originaux dans les archives familiales par Philippe Charlier, fils et ayants droit du célèbre scénariste),

Album n° 12.

la liste exhaustive des vingt-neuf « Oncle Paul » de quatre pages dus à la plume imaginative et documentée à la fois de Jean-Michel Charlier.

-       « Cap plein sud », dessins d’Eddy Paape, au n° 668 du 1er février 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 3 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Martyrs du Pôle Sud », dessins d’Eddy Paape, au n° 670 du 15 février 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 3 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Gouverneur malgré lui », dessins de Charly Delhauteur alias Hope, au n° 678 du 12 avril 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 12 aux éditions Dupuis en 1955]

Album n° 4.

-       « Les Sacrifiés du Canal Albert », dessins d’Eddy Paape, au n° 682 du 10 mai 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 4 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Le Diable noir », dessins d’Eddy Paape, au n° 684 du 31 mai 1951

-       « Le Sculpteur de Florence », dessins d’Eddy Paape, au n° 686 du 7 juin 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 12 aux éditions Dupuis en 1955]

-       « L’Odyssée du “Jean Bart” », dessins d’Eddy Paape, au n° 688 du 21 juin 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 1 aux éditions Dupuis en 1953]

Album n° 2.

-       « Messager du Roy », dessins d’Eddy Paape, au n° 690 du 5 juillet 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 2 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Médecin des Noirs », dessins d’Eddy Paape, au n° 692 du 19 juillet 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 3 aux éditions Dupuis en 1953]

Album n° 1.

-       « Le Regulus malouin », dessins d’Eddy Paape, au n° 694 du 2 août 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 1 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Le Naufrage du “Titanic” », dessins d’Eddy Paape, au n° 698 du 30 août 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 1 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Prisonniers des Espagnols », dessins d’Eddy Paape, au n° 699 du 6 septembre 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 2 aux éditions Dupuis en 1953]

Album n° 5.

-       « Barbe-Noire », dessins d’Eddy Paape, au n° 702 du 27 septembre 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 1 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « La Vierge de la “Grand’Porte” », dessins de Jean Graton, au n° 709 du 15 novembre 1951 [repris dans les albums « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 5 aux éditions Dupuis en 1953, « Jean Graton illustre l’Oncle Paul » n ° 1 chez Graton éditeur en 2004 et l’intégrale « Belles Histoires de l’Oncle Paul » aux éditions Dupuis en 2013]

-       « Paix sur la terre… », dessins d’Eddy Paape, au n° 714 du 22 décembre 1951 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 9 aux éditions Dupuis en 1954]

Première page du « Héros de Budapest » nettoyée par le studio Graton pour l'intégrale.

Album n° 9.

-       « Le Héros de Budapest », dessins de Jean Graton, au n° 716 du 3 janvier 1952 [repris dans les albums « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 3 aux éditions Dupuis en 1953, « Jean Graton illustre l’Oncle Paul » n ° 1 chez Graton éditeur en 2004 et l’intégrale « Belles Histoires de l’Oncle Paul » aux éditions Dupuis en 2013]

-       « Seul contre la barbarie », dessins de Jean Graton, au n° 717 du 10 janvier 1952 [repris dans les albums « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 3 aux éditions Dupuis en 1953, « Jean Graton illustre l’Oncle Paul » n ° 1 chez Graton éditeur en 2004 et l’intégrale « Belles Histoires de l’Oncle Paul » aux éditions Dupuis en 2013]

-       « L’Ange de la Cordillère », dessins de Dino Attanasio, au n° 718 du 17 janvier 1952 [repris dans les albums « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 4 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Madame mère », dessins de MiTacq, au n° 719 du 24 janvier 1952 [repris dans les albums « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 2 aux éditions Dupuis en 1953]

« Le Roi de l’évasion » ou l’histoire de Latude dessinée par Eddy Paape.

-       « Guillaumet, chevalier des espaces », dessins de Dino Attanasio, au n° 720 du 31 janvier 1952 [repris dans les albums « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 4 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Comment mourut Amundsen », dessins d’Eddy Paape, au n° 724 du 28 février 1952 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 3 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Le Roi de l’évasion », dessins d’Eddy Paape, au n° 736 du 22 mai 1952 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 2 aux éditions Dupuis en 1953]

-       « Le Fils du proscrit », dessins de Dino Attanasio, au n° 791 du 11 juin 1953

-       « Noël sous la mer », dessins d’Eddy Paape, au n° 816 du 3 décembre 1953 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 10 aux éditions Dupuis en 1954]

-       « Le Hussard de la “Mors” », dessins de Francisco Hidalgo, au n° 843 du 10 juin 1954 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 12 aux éditions Dupuis en 1955]

-       « L’Oiseau blanc », dessins de Francisco Hidalgo, au n° 844 du 27 juin 1954 [repris dans l’album « Les Histoires vraies de l’Oncle Paul » n° 12 aux éditions Dupuis en 1955]

-       « Révolte en Flandre », dessins de MiTacq, au n° 846 du 1er juillet 1954

-       « La Bataille des Éperons d’or », dessins de MiTacq, au n° 847 du 8 juillet 1954

-       « Le Fils du tonnelier », dessins d’Albert Uderzo, au n° 866 du 18 novembre 1954

Dans l’un des courriers des éditions Dupuis adressé à Jean-Michel Charlier et reproduit ici, il est fait mention d’un accord pour un autre « Oncle Paul » titré « La Peau de l’ours » que nous n’avons, pour le moment, pas identifié (le titre a peut-être changé à parution) et dont Philippe Charlier n’a pas encore retrouvé le tapuscrit original…

Certes, ces récits éducatifs sont, aujourd’hui, considérés comme un brin surannés et trop didactiques ; mais le charme opère encore, surtout pour les plus nostalgiques d’entre nous. Et puis, ces édifiantes histoires en quatre pages ont permis à Charlier de renouer, une fois de plus, avec ses thèmes favoris que sont la marine (avec « L’Odyssée du « Jean–Bart » », « Le Régulus malouin », « Le Naufrage du « Titanic » », « La Vierge de la “Grand’Porte” » ou « Noël sous la mer » dont il donnera une autre version en trois pages avec textes sous images dessinées par Claude Pascal dans Pilote, au n° 164 du 13 décembre 1962) et l’aviation (avec « Les Sacrifiés du Canal Albert », « L’Ange de la Cordillère », « Guillaumet, chevalier des espaces », « Comment mourut Amundsen », « Le Hussard de la “Mors” » et « L’Oiseau blanc ») ou de poser les bases de futures grandes épopées : « Barbe noire » ayant directement inspiré le scénariste lors de la création de la série « Barbe-Rouge » pour Pilote, en 1959…

Gilles RATIER

(1) En fait, comme Hubinon, Paape, Attanasio, MiTacq, Graton et les autres travaillaient en atelier pour la World’s de Troisfontaines, ils se donnaient mutuellement des coups de main pour esquisser ou encrer certaines cases ou planches. Ainsi, comme le signale François Deneyer sur le forum de bdgest.com, la première planche du récit « La Terre tremble », publiée dans le journal Spirou au n° 733 du 1er mai 1952, qui est attribuée à Dino Attanasio est clairement encrée par Victor Hubinon ; alors qu’un autre forumeur reconnait la patte du créateur graphique de « Buck Danny » sur l’histoire « La Fillette héroïque » dessinée par Graton, publiée dans le Spirou n° 792 du 18 juin 1953 et rééditée dans cette intégrale : on y précise, d’ailleurs, que cette histoire a bien été mise en scène au crayonné par Hubinon, puis mise au net à l’encrage par Graton. Ceci dit, comme le confirme ensuite sur le même forum l’érudit Jean-Yves Brouard, le pilier de la World’s qu’était Hubinon signait toutes les histoires dont il assumait l’essentiel des dessins et, dans la période considérée (c’est-à-dire de 1951 à 1954), ce dernier n’a manifestement illustré entièrement aucun « Oncle Paul ». Or, tout récemment, une planche originale d’Hubinon (manifestement réalisée beaucoup plus tard) est passée dans les salles de ventes, chez Artprecium. Inconnue des spécialistes, elle était destinée à un « Oncle Paul » sur Charles Lindbergh, mais qui n’est, effectivement, jamais paru dans Spirou.

Une page d'un « Oncle Paul » inédit sur Charles Lindbergh dessinée par Victor Hubinon.

(2) Dans cet ouvrage, Morgan Di Salvia a pris le parti d’unifier le nom de cette agence en World Presse, ce qui n’est pas vraiment justifié, car cette appellation ne sera effective qu’en 1955 : un an après la fin de la collaboration de Graton. En effet, c’est à l’occasion de l’installation de la World’s dans de nouveaux locaux, plus spacieux, à la Galerie du Centre de Bruxelles (il s’agissait de deux plateaux de bureaux qu’elle venait alors d’acquérir avec sa société jumelle, l’International Press, et dont l’un abritera les rédactions des magazines édités par les Dupuis) que l’agence de Troisfontaines en profite pour alléger son intitulé du ‘s final et ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’on ne la désignera plus que sous l’appellation de World Presse.

(3) Autre petit regret : l’absence de précision sur la paternité des scénarios. Si la plupart ont été écrits par Octave Joly, trois l’ont été par Jean-Michel Charlier (voir le détail à la fin de notre article) et au moins un par le dessinateur Dino Attanasio : « Gutenberg », publié dans le n° 739 de Spirou, daté du 12 juin 1952.

(4) Sans les signer, le scénariste évoquera à nouveau « L’Évasion du cuirassé “Jean Bart” » dans deux pages mises en images par Robert Gigi, au n° 1 de Pilote, daté du 29 octobre 1959.

(5) Il contenait même une erreur. Faisant trop confiance au seul recensement connu et hélas bien incomplet (celui de Philippe Brun, réalisé avec l’aide de Thierry Martens et publié dans l’« Histoire de Spirou et des publications Dupuis », aux éditions Glénat, en 1980), nous avions attribué à Charlier le récit « Le Radeau de la Méduse » dessiné par René Follet au n° 696 du 16 août 1951 ; en fait, le scénario est dû à Octave Joly, comme on peut le constater dans sa réédition en album dans le tome 12 des « Belles Histoires de l’Oncle Paul », chez La Vache qui médite, en novembre 2010 (tirage limité à trois cents exemplaires).

Un beau dessin récent de René Follet représentant l'Oncle Paul.

Sur cette période et ce sujet, voir aussi nos différents « Coin du patrimoine » :

« Michel Vaillant »

« Buck Danny » et la World’s Presse

Les coups de main d’Albert Weinberg

Des scénarios inconnus de Jean-Michel Charlier dans Bonnes Soirées !

Albert Uderzo chez les Belges 1ère partie : « Oumpah-Pah »

Albert Uderzo chez les Belges 2ème partie : Bonnes Soirées

Albert Uderzo chez les Belges 3ème partie : La Libre Junior

MiTacq » hors patrouille » !

Les « Spirou » de Jijé (2ème partie)

Gérald Forton

Et merci à Jean-Yves Brouard pour nous avoir autorisé à reprendre trois images de son site http://www.jmcharlier.com et à Gregory Shaw du Centre Belge de la Bande Dessinée pour nous avoir scanné de nombreuses pages des « Oncle Paul » dans Spirou.

Les trois autres albums des « Oncle Paul » première période chez Dupuis, sans scénarios de Charlier (sauf nouvelles découvertes)...

Galerie

6 réponses à Les premières « Belles Histoires de l’Oncle Paul »…

  1. jacques guillerm dit :

    LE ROI DE MA BIBLIOTHEQUE

    Bravo pour l’article de cette immense saga  » ONCLE PAUL », je reviendrai bientôt dessus.

    Si certain ont surnommé à juste titre J. M. Charlier « le Alexandre Dumas de la BD » pour ma part, ce colosse au sourire à décrocher la lune, à la culture encyclopédique, dont la boulémie d’écrire était insassiable, est le roi de ma bibliothéque.

    Loin devant Hergé, Jacobs, Martin, Franquin, Gir et les autres, c’est lui dont le nom revient le plus souvent dans ma bibliothéque, et pour cause !
    Blueberry, Buck Danny, Marc Dacier, Barbe Rouge et j’en passe! c’est Charlier encore Charlier et toujours Charlier.

    Pour s’attaquer à une biographie de l’oeuvre de ce géant il fallait un certain courage, c’était comme s’attaquer à l’Everest.
    C’est le pari qu’a osé et réussi Gilles Ratier.

    Quel travail il a fallut pour rassembler et sélectionner les meilleurs documents, quel énergie il a fallut pour imposer son idée auprés des éditeurs, que de tentatives pour réaliser la meilleur mise en page, pour rédiger le texte le plus approprié et quel parcour du combattant pour faire imprimer ce livre dans des délais raisonnables.

    Bravo encore bravo et surtout pas de honte pour ce splendide ouvrage.

    Je ne suis pas un collectioneur pointu de BD , mais plutôt un esthéte qui adore la belle BD.
    Aussi je me garderai bien de savoir si telle ou telle information sur une date ou un numéro est absolument exacte, je m’en moque, ce qui compte pour moi c’est l’hommage rendu à ce monstre sacré de la BD, pas assez connu à mon gout.

    Et si nous étions au Moyen age, le héraut du roi aurait pu crier :

    Oyez, oyez braves amateurs de BD, prenez vos destriers et allez de par le royaume de la BD, de villes en villes de villages en villages, de librairies en librairie pour porter la nouvelle
    : » LE LIVRE SUR LE ROI CHARLIER EST PARUT  »

    PS A G.Ratier : si un jour vous passez par Le Havre, faite le moi savoir

    Jacques Guillerm

    • Gilles Ratier dit :

      Bon, eh bien, que dire de plus que : « Merci Jacques »…
      Sinon, Le Havre n’est guère un port d’attache pour moi, mais si par hasard j’y passe, je ne manquerez pas de vous faire signe…
      La bise et l’amitié
      Gilles Ratier

  2. Meunier Jean-Louis dit :

    Je tenais à vous informer que GRATON Editions et DUPUIS sont cités en justice pour contrefaçon, atteinte au droit moral et patrimonial, pour réédition des Belles Histoires de l’Oncle Päul sans autorisation des ayants droit.

  3. Franqueville dit :

    hello à tous
    je cherche une histoire je pense de Torton « la légende des volcans jumeaux mexicains Popocatepetl et Ixatihuatl » parue entre 65 et 73 .
    Où puis-je la trouver , voire dans quel recueil ; jusqu’ici recherches infructueuses

    merci

  4. Bernard Levaux dit :

    Cette histoire de Torton est parue en 1970 dans le numéro 28 de Tintin (belge) sous le titre « La légende de l’Ixtaccihualt et du Popocatepel »

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