Sur la vague des vieux pirates et autres flibustiers de la bande dessinée…

Curieusement, cette rentrée éditoriale permet la ressortie de bon nombre de ces séries de pirates, corsaires ou flibustiers, qui ont charmé notre jeunesse ; à commencer par la plus célèbre d’entre elles : « Barbe-Rouge », les palpitantes aventures du terrible pirate créées par l’imaginatif scénariste Jean-Michel Charlier et enluminées par le trait réaliste de Victor Hubinon, publiées à partir du n° 1 de l’hebdomadaire Pilote, daté du 29 octobre 1959.

Cela fait longtemps que les amateurs du Démon des Caraïbes attendaient avec avidité cette nouvelle intégrale, dont trois longs épisodes, sur les cinq publiés aujourd’hui dans les deux premiers tomes proposés aux éditions Dargaud, ont été entièrement recolorisés. Même si cette nouvelle version de la palpitante saga du plus sanguinaire des pirates des Antilles propose un dossier historique de présentation, nous sommes plus, ici, dans une démarche de revalorisation de la série que dans une remise en valeur pointue du patrimoine ; comme celle pratiquée, d’ailleurs de façon assez remarquable, par les éditions Dupuis, par exemple. Or, il se trouve que votre serviteur a été contacté pour participer à certains chapitres de ces dossiers supervisés par Jacques Pessis et pour proposer quelques  changements ou rectifications aux textes souvent plus « lyriques » de Jacques (1). Étant beaucoup plus rigoriste, mon rôle était donc de jouer les spécialistes de l’œuvre de Charlier, ceci afin que les amateurs chevronnés ne soient pas choqués par d’éventuelles erreurs chronologiques sur cette série.

Carte voeux pour l'année 1967.

Finalement, l’objet est assez beau, même si quelques petits désagréments ont un peu entaché la dernière phase de la mise en œuvre de ces fameux dossiers servant de prélude historique pour contextualiser la série : d’où ma tolérance de plus en plus grande devant les erreurs de dates et autres approximations qui sont, hélas, monnaie courante dans la plupart des ouvrages sur le 9e art.

En effet, quelques approximations se sont glissées dans ces dossiers, car chez Dargaud, on a dû, pour des raisons d’aménagements de la maquette, résumer ou rallonger, en dernière minute, certaines phrases du texte validé.

Premier bandeau-titre de la série publié dans Piote, en 1959.

Couverture du n° 148 de Pilote avec Barbe-Rouge croqué par Antonio Parras.

Certes, ce ne sont pas des erreurs catastrophiques, mais cela reste toutefois un peu embêtant, d’autant plus qu’avant même sa parution, les habitués des forums spécialisés ne se sont pas gênés pour écrire ce qu’ils pensaient des quelques pages mises en ligne sur le site des éditions Dargaud (2).

Cependant, on m’a promis que les inexactitudes seront corrigées lors de la prochaine réimpression et que l’on fera le nécessaire pour que ce genre de loupé ne se reproduise plus, lors des prochains tomes.

Notons que l’éditeur a quand même beaucoup d’humour, puisqu’il n’a pas hésité pas à déclarer, pour me rassurer : « Damned, le coupable sera illico pendu au grand cacatois ! » Pas de problème, je crois qu’on peut lui faire confiance sur ce plan-là (rires) !!!

Pour ceux que cela intéresse et qui ne voudront pas racheter la réimpression de ces deux premiers opus, voici la liste, non exhaustive, des principales inexactitudes qui restent à corriger.

La nouvelle colorisation du « Démon des Caraïbes ».

En ce qui concerne le premier tome :

- sur la première page de la genèse, au haut de la deuxième colonne où il est question de Surcouf, il s’agit d’un marin du XVIIIe siècle, et non du XVIIe,

  • - deux pages plus loin [celle avec la reproduction de la couverture du Pilote n° 0], au troisième paragraphe de la première colonne, il est mis qu’après avoir réalisé Surcouf entre 1949 et 1952, Charlier s’intéresse de nouveau à Surcouf et au passé malouin à travers trois récits, une dizaine d’années plus tard. En fait, c’est exactement à la même période [1951] pour les deux premiers publiés dans Spirou [des « Belles Histoires de l’Oncle Paul], et pour le troisième récit, dans Pistolin, c’est en 1957. Il aurait donc fallu mettre : « De fait, durant cette même période, il s’intéresse de nouveau à Surcouf et au passé malouin à travers trois récits :… »,

    - même paragraphe, il y a une autre petite bourde dans le nom d’une « Belle Histoire de l’Oncle Paul » citée : « La Vierge de la grande porte » s’écrit en fait « Grand’Porte » [avec deux majuscules et l’élision du E à Grande],

Une demi-page de « Barbe-Rouge » en noir et blanc pour mieux apprécier le style minutieux de Victor Hubinon.

- toujours dans ce même paragraphe, il est écrit que « Charlier lit probablement La Princesse captive, une des aventures du chevalier Belloy ». Il fait même plus que lire La Princesse captive, puisqu’il en est le scénariste !!! Il aurait fallu mettre « À cette époque, Charlier scénarise aussi pour Uderzo La Princesse captive, l’une des aventures du chevalier Belloy, dont la trame de l’histoire ainsi que certaines scènes se retrouvent dans Le Démon des Caraïbes»,

- même page, mais dans la deuxième colonne, le résumé sur les maquettes du n° 0 de Pilote est devenu une sorte de flou artistique où l’on est amené à croire que Claude-Henri Juillard aurait réalisé deux planches d’une bande dessinée similaire, « Les Pirates des Caraïbes », en attendant la décision d’Hubinon. Il aurait fallu préciser que ces planches de Claude-Henri Juillard avaient été réalisées, sept ans auparavant, pour le magazine Zorro et qu’il ne s’agissait là que d’un extrait d’un épisode de sa série « Capitaine Tornade » découpé dans Zorro pour l’occasion. Heureusement, mon texte original est, en fait, replacé en légende des deux pages de Claude-Henri Juillard reproduites dans cette intégrale.

- enfin, sur la huitième page, celle avec le visuel de la couverture du n°1 de Pilote du 29 octobre 1959, la légende mentionne que « on trouve déjà Astérix (…), Tanguy et Laverdure (…), et bien sûr Barbe-Rouge ». Or, s’il y a bien un pirate représenté sur cette couverture, ce n’est en aucun cas Barbe-Rouge ! La légende est donc à revoir…

En ce qui concerne le le tome 2 :

- à la première page, il est mis que Charlier a créé « Les Belles Histoires de l’Oncle Paul » juste après « L’Agonie du Bismarck » ; en réalité, c’est quatre ans plus tard, en 1951 : ce qui n’est pas exactement pareil,

- un peu plus grave, à la page 5 consacrée à la construction des scénarios de Charlier, il est écrit en légende d’une illustration qu’Hubinon a dessiné l’Oncle Paul « Cap plein sud » ; or, ce récit en question a été dessiné par Eddy Paape : la légende devra donc être entièrement revue.

Ce genre d’inexactitudes, parfois énormes, ne devrait pas apparaître  dans la biographie que j’ai consacrée au scénariste de « Barbe-Rouge » [« Jean-Michel Charlier vous raconte… »], à paraître incessamment sous peu aux éditions Le Castor astral. Bonne nouvelle à ce sujet, le fichier vient, enfin, de partir à l’impression, après de nombreux aléas. Donc, les souscripteurs n’ont plus que quelques semaines à patienter, encore…

Une page de « Stevenson, le-pirate intérieur» par René Follet.

Comme précisé dans le premier tome de l’intégrale « Barbe-Rouge », Charlier a certainement dû être influencé, pour écrire ces péripéties maritimes, par la lecture de l’une des plus belles et des plus inquiétantes histoires de forbans : « L’Île au trésor » (3). Or, il se trouve que la vie de son auteur, l’écrivain écossais Robert-Louis Stevenson, vient d’être adaptée en bandes dessinées par l’efficace scénariste Rodolphe et mise magistralement en images par René Follet dans « Stevenson, le pirate intérieur », aux éditions Dupuis.  Certes, ce n’est pas du patrimoine, mais quand on sait que l’ancien assistant de MiTacq ou de William Vance a, aujourd’hui, quatre-vingt-deux ans et qu’on voit qu’il n’a rien perdu de la vivacité de son trait et de la flamboyance de ses couleurs, on se dit que son style réaliste forgé dans les années 1950 est issu d’une tradition qui avait quand même du bon : sa puissance picturale conservant, encore aujourd’hui, toute sa pertinence.

Hélas, de nos jours, rares sont les graphistes qui suivent ses traces minutieuses. Peut-être que la prochaine édition de ses « Steve Severin » chez BD Must, en noir et blanc, pourra susciter quelques vocations ? On ne sait jamais (voir L’intégrale de « Steve Severin » de René Follet en 9 albums noir et blanc, à paraître en septembre chez BD Must ! ou René Follet)…

Extrait de l'album n° 9 de « Steve Severin », complètement inédit en langue française.

En revanche, comme je le précisais aussi dans mes textes (dont seulement une petite partie a été utilisée dans les deux premiers tomes de l’intégrale qui vient de sortir chez Dargaud) sur les autres séries sur les pirates avant la création de « Barbe-Rouge », peu de chances pour que nos deux auteurs débutants qu’étaient alors Charlier et Hubinon aient eu connaissance des nombreux fumettis (bandes populaires italiennes) mettant en scène de courageux flibustiers.

Comme ce fut le cas pour « Capitan Sparviero » (créée en 1945 par Vittorio Cossio et Elia Cavernelli, dans El Intrepido, et traduit en français sous le titre « L’Épervier » dans Tarzan, de 1949 à 1952, puis en fascicules, aux éditions Mondiales de Cino Del Duca) ou « Morgan il pirata » de Ferdinando Tacconi et Gian Giacomo Dalmaso (« Morgan le pirate » aux éditions ÉLAN, en 1948).

« Morgan il pirata » par Ferdinando Tacconi et Gian Giacomo Dalmaso.

            Une autre traduction d’origine italienne, issue de Paperino, est peut-être tombée plus facilement dans leurs mains : « Le Corsaire noir » (« Il Corsaro nero »), illustré avec minutie par Rino Albertarelli (auquel succéda Walter Molino, voir Walter Molino : un maître oublié de la bande dessinée italienne) dans le grand format Aventures, de 1938 à 1939. Il s’agit d’une adaptation du roman d’Emilio Salgari, feuilletoniste transalpin qui était l’auteur d’une abondante production romanesque aventureuse ; laquelle fut transposée moult fois au cinéma (dont ce « Corsaire noir ») et en bande dessinée, où l’auteur eut même droit à un périodique portant son nom, en 1946 : Salgari.

Outre la réédition d’« Il Corsaro nero », on y trouvait les aventures de Sandokan (« I Pirati della Malesia », « Le Tigri di Momprecem »…) également dû, sur le plan graphique, à Rino Albertarelli ; ainsi que d’autres récits exotiques comme « La Capitana del Yucatan », « I Corsari delle Bermude », « Pandaras il pirata », « La Reina de los Caribes »… Quel dommage qu’un artiste comme Rino Albertarelli, dont le graphisme réaliste et vigoureux influença nombre de dessinateurs dans les années mille neuf cent quarante et cinquante (comme Raymond Poïvet et tous ceux qui passèrent par son célèbre Atelier 63), soit désormais complètement occulté par les exégètes et oublié par les amateurs : pas une seule de ses œuvrettes n’étant aujourd’hui disponible.

« Il Corsaro nero » par Rino Albertarelli.

            Cependant, si nous restons en Italie, on peut supposer que, dans le style humoristique, entre ironie et burlesque, le sympathique corsaire « Pépito » a dû aussi, certainement, faire partie des lectures, plus tardives, des auteurs de « Barbe-Rouge ». En effet, alors qu’il était dessiné tout en rondeur, dans son pays d’origine, par Luciano Bottaro (puis par son studio), depuis 1951, ce petit personnage coiffé d’un large couvre-chef orné d’une tête de mort était fort populaire dans les pays francophones. Il y était publié par l’éditeur parisien S.A.G.E. (4), dans un mensuel au titre éponyme, depuis juin 1954.

Voilà qui nous donne l’occasion de signaler le premier tome d’une agréable compilation des meilleurs récits de « Pépito » publié l’an passé chez Cornélius. Il s’agit d’épisodes en noir et blanc, en bichromie ou en couleurs proposés originellement entre 1958 et 1968, avec un avant-propos très bien documenté signé David Amram. Nous n’avions pas encore eu l’occasion d’en dire tout le bien que nous en pensions, voilà qui est fait… D’autant plus qu’un deuxième volume ne devrait pas tarder…

Enfin, bien avant l’apparition de « Barbe-Rouge », les deux autres cocréateurs du journal Pilote avec Charlier, c’est-à-dire René Goscinny et Albert Uderzo, avaient aussi détourné tous les codes des pirates et corsaires tels que la culture populaire les a propagés (tête de mort, perroquets, jambes de bois, crochets, bandeaux pour masquer les yeux éborgnés, bicornes et armes en tous genres) dans « Jehan Pistolet » : une bande dessinée humoristique publiée, dès le 26 juin 1952, dans le supplément pour la jeunesse du quotidien outre-Quiévrain La Libre Belgique (La Libre Junior) et en partie dans Pilote (sous le nom de « Jehan Soupolet »), entre 1960 et 1961 ; pour en savoir plus sur les différents travaux d’Albert Uderzo à cette époque, voir Albert Uderzo chez les Belges 3ème partie : La Libre Junior.

Or, voilà que les éditions Albert René nous offrent une intégrale enrichie de documents exceptionnels.

Bien entendu, cet album contient les quatre premières aventures de ce sympathique corsaire déjà proposées en albums par Claude Lefrancq éditeur et les éditions Albert-René entre 1989 et 2002 (soit « Jehan Pistolet corsaire prodigieux », « Jehan Pistolet corsaire du Roy », « Jehan Pistolet et l’espion » et « Jehan Pistolet en Amérique »), mais aussi les vingt-trois planches de « Jehan Pistolet et le savant fou », numérotées 178 à 200 et qui ont été prépubliée dans La Libre Junior, du n° 47 de novembre 1955 au n° 17 d’avril 1956, ainsi que des documents de travail de René Goscinny et Albert Uderzo, des planches d’une première version inédite de « Jehan Pistolet » et un dossier de présentation sommaire, mais efficace, qui n’est hélas pas crédité : un travail convenable, même s’il n’est pas toujours très précis et n’est pas, lui aussi, exempt d’erreurs.

Par exemple, « Jehan Pistolet » n’a jamais été réédité dans Pistolin, au contraire de « Belloy » ou de « Bill Blanchard » (bien présents, quant à eux, dans ce magazine qui avait été repris en mains par l’équipe d’Édi-France), mais uniquement dans Pilote sous le nom de « Jehan Soupolet » : une bévue courante et déjà présente, entre autres, dans le « Dictionnaire encyclopédique des héros et auteurs de BD » d’Henri Filippini chez Opera Mundi, en 1998 (il y a maintenant quinze ans)…

Pour en finir avec nos forbans favoris (5), sachez que les éditions du Bleu et Noir ont finalement compilé, en un seul album disponible au Coffre à BD (http://coffre-a-bd.com), les fac-similés des six premiers numéros de « Brik » : un autre célèbre corsaire créé par Marcel Navarro alias J.K. Melwyn-Nash (voir Marcel Navarro alias J.-K. Melwyn-Nash) et Jean Cézard, en mars 1949.

Comme je l’ai déjà écrit, même si ces histoires, destinées à une jeunesse qui n’a plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui, peuvent vous sembler bien vieillottes, voire ringardes, il faut saluer comme il se doit la volonté et la passion des responsables de ce genre d’initiatives patrimoniales en les soutenant les yeux fermés.

Gilles RATIER

« Brik » par Jean Cézard et Navarro alias J.K. Melwyn-Nash.

(1) Pour avoir un aperçu du pur style Pessis, on peut jeter un coup d’œil à son dossier réalisé pour l’intégrale « Bruno Brazil » de William Vance et Greg (alias Louis Albert), dont le premier tome vient d’être édité par le Lombard. Cette formidable bande dessinée d’espionnage, créée en 1969 dans le journal Tintin, met en scène un membre des services américains de renseignements ayant engagé des aventuriers d’horizons variés qui formeront une équipe de choc envoyée pour résoudre les affaires périlleuses et délicates : une sorte d’ancêtre de « XIII ». Dommage que cette compilation ne fasse que reprendre les albums tels qu’ils avaient été proposés à l’origine par cet éditeur, en commençant par la première longue aventure (« Le Requin qui mourut deux fois »), mais en occultant les récits courts l’ayant précédée, lesquels n’avaient été proposés que dans le dixième album de la série classique [« Dossier Bruno Brazil »]. Le respect de la chronologie n’étant pas vraiment le point fort des intégrales du Lombard, on est donc loin du perfectionnisme des éditions Dupuis en ce domaine !!! Et c’est pourtant la même maison : le groupe Média-Participations… Toujours sur Vance et pour rester dans le thème maritime, on peut aussi signaler l’intégrale « Howard Flynn » chez Dargaud [qui ne contient pas, hélas, de dossier de présentation] et les deux tomes de « Bruce J. Hawker » au Lombard, dont les préambules ont aussi été commis par Jacques Pessis : c’est certes bien écrit, mais c’est truffé d’erreurs… Mais nul n’est parfait, n’est-ce pas ? Pour en savoir plus sur ce fabuleux dessinateur, il vaut mieux consulter l’ouvrage « William Vance et la mer » au Centre Belge de la Bande Dessinée ou se référer aux « Coins du patrimoine » qui lui ont été consacrés : William Vance dans Femmes d’Aujourd’hui [1ère partie] et William Vance dans Femmes d’Aujourd’hui [2ème partie].

Une page de « Bruce J. Hawker » dessinée par William Vance au Lombard.

(2) Sur le forum de bdgest.com, l’érudit Jean-Yves Brouard, dont les connaissances nous ont bien servis pour donner un peu de corps à l’ouvrage, commente largement ces désagréments, continuant à relever des erreurs à n’en plus finir et proposant quelques autres anecdotes inédites sur la série, tout en montrant un exemple des couleurs originales, telles qu’elles étaient parues dans Pilote.

Sur son très documenté site jmcharlier.com, le même Brouard reprend d’autres documents se rapportant à la série, comme les jeux avec le personnage de Barbe-Rouge publiés dans Pilote [voir : http://www.jmcharlier.com/barbe_rouge.php].

(3) Les éditions Dupuis proposent conjointement le texte original de « L’Île au trésor » de Robert-Louis Stevenson, avec de superbes illustrations en noir et blanc dues à René Follet. En 1945, alors qu’il était un tout jeune débutant âgé de 15 ans, la mise en images de ce roman pour la jeunesse a été sa première commande de la part d’un éditeur : soixante chromos imprimés sous forme de vignettes pour la marque de chocolats belges Aiglon.

Un peu plus de cinquante ans plus tard, à l’occasion de la parution de cette biographie en bande dessinée ciselée pour la collection Aire libre, Dupuis a donc demandé à René Follet de revenir sur les traces de son adolescence en illustrant à nouveau cette « Île au trésor » qui a fait rêver des générations de lecteurs depuis 1883.

(4) Cette même structure [acronyme de la Société Anonyme Générale d’Édition créée par l’Italien émigré Ettore Carozzo] importait bien d’autres bandes dessinées américaines, italiennes ou espagnoles, dont certaines se retrouvèrent traduites dans une collection de récits complets intitulée Héroïc.

Elle accueillera, de 1950 à 1957, quelques histoires de pirates comme « La Flèche des mers », « Le Corsaire de fer » [dessiné par Kurt Caesar et Victor Mora] ou une énième adaptation de « L’Île au trésor »…

(5) Pour en savoir plus sur ce sujet passionnant de la flibuste en BD, ne pas hésiter à vous procurer le très complet ouvrage de notre collaborateur Philippe Tomblaine : « Pirates & corsaires dans la bande dessinée : des bulles à l’abordage ! » publié chez l’àpart éditions, en juin 1011.


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6 réponses à Sur la vague des vieux pirates et autres flibustiers de la bande dessinée…

  1. jacques guillerm dit :

    BARBE ROUGE

    DEUX GEANTS POUR UN CHEF-D’OEUVRE

    le premier avait pour nom Charlier, aprés avoir était dessinateur il s’était orienté vers le métier de scénariste pour devenir le meilleur de son époque.
    Le deuxième était Hubinon, il était dessinateur de BD et l’un des meilleur de son temps.
    Ils sétaient rencontré juste aprés la guerre et leur passion commune pour l’aviation les avaient amenés à créer Buck Danny.
    Au début des annèes 60, alors qu’ils maitrisent leur art à la perfection, ils se lancent dans la création de Barbe rouge pour le journal Pilote; un chef-d’oeuvre que Dargaud réédite aujourd’hui.

    MA RENCONTRE AVEC BARBE ROUGE

    Adolescent, je ne lisait pas le journal Pilote, mon univers BD s’arretait à Spirou et Tintin, aussi je ne connaissait pas les séries de Pilote.
    C’est dans les années 70 que je decouvrais pour la première fois cette série, alors que sortait déjà son 15ème album.
    Comment j’avais pu ignorer une si belle saga consacrée aux pirates du XVIIIème siécle? Alors que durant des années j’avais construit des maquettes de voilliers (Heller ou Airfix)
    C’est par hasard que j’achetais mon 1er album. « Le vaisseau fantôme »
    Ce fus tout de suite le coup de foudre, tant pour le dessin que les scénarios? je voyais ces voiliers que j’avais construit en maquettes, de face de derriére de vues aériennes, je pouvais admirer les grééments, la voilures et même les interieurs SUPERBE!
    Dans les mois qui suivirent je me procurais tous les albums et à chaque lecture c’était le même bonheur.

    DES PLANCHES ET DES VIGNETTES POUR UN CHEF D’OEUVRE

    LE VAISSEAU FANTOME
    Comme c’est le 1er album que j’ai lu je commence par lui.
    Il y a la 1ere vignette de l’album, sur prés d’une demi page, une habitude que prendra Hibinon pour demarrer une nouvelle histoire
    -des planches 3 à 11 c’est la 1ere tempête que je découvre, ce ne sera pas la dernière, une partie de ces planches seront dessiné par Paape.
    La 3ème vignette de la planche 22 montre le Faucon Noir quittant son mouillage de nuit, un exercise de style dont hubinon usera souvent avec maîtrise.

    L’ILE DE L’HOMME MORT
    Attardons nous encore sur la 1ére vignette et sur la 4ème de la planche 4, encore de belles images du Faucon noir de nuit.
    Les planches 13 à 18 sont grandioses, le Faucon noir passe le Cap Horn en pleine tempête. ces planches possédent une rare intensité rarement égalé avec cette vision monstrueuse du Horn.
    A partir de la planche 38 c’est l’arrivée sur l’ile de l’homme mort avec sa côte escarpé et sauvage et ces milliers d’oiseaux de mer tournant dans le ciel en poussant des cris stridents.
    J’habite Le Havre et pour entendre le cri des mouettes et des goélands il me suffit d’ouvrir ma fenêtre.

    LE PIEGE ESPAGNOL
    Encore une superbe tempête aux planches 3 à 10
    Les planches 24 à 28 avec l’arraisonement du Faucon noir m’ont toujours fait grande impression ainsi que le départ de la Marie Galante dans les brumes du matin planches 45/46.

    LA FIN DU FAUCON NOIR

    Avec cette album et ceux qui vont suivre, la série atteint son plus haut niveau graphique, les couleurs les plans arrieres , au raz de l’eau, les navires dessinés de jour comme de nuit et sans oublier les scénarios, on atteint la perfection.
    Les planches 7à 8 montrant la fuite de Baba dans les huniers, la 5ème vignette de la planche 29 , une vue aérienne de la capture du vaisseau avec les éternels goélands dont le cri ressemble à un rire, voilà un travail qui mérite notre admiration.
    Il ne faudrait pas oublier la planche 33 qui voit ll’équipage du Faucon noir regardant avec émotion l’incendie volontaire de leur navire

    MORT OU VIF
    Pour la 1ére fois Eric est confronté avec la redoutable marine britanique. Charlier et Hubinon ont fait des recherches pour représenter les marins Anglais bien sanglés dans leurs superbes uniformes rouges.
    A la fin de l’album, l’éruption volcanique et le raz de marée qui emporte les vaisseaux de lignes comme de vulgaires bouts de bois à quelque chose de grandiose.

    LE TRESOR DE BARBE ROUGE
    Encore un bel album dont je retiendrai une image , celle des planches 20 à 22.
    Eric et ses compagnos sont perdu en mer sur un radeau, ils sont dans la brume lorqu’ils entendent la corne de brume d’un bateau et soudain se dresse devant eux la proue d’un immense vaisseau;, voilà encore un trés beau dessin.
    Dans la mission secréte de l’Epervier on retrouve la même scéne aux page 27/28.

    BARBE ROUGE A LA RESCOUSSE
    J’ai choisi pour finir une tempête (encore une) mais c’est la plus belle, Elle se situe aux planches 8 à 13
    Eric à choisi l’arrivée d’un cyclone pour échapper à ses poursuivant Anglais , mais un traitre va faire des signaux aux Anglais. en ouvrant un sabord , c’est loccasion pour le lecteur de découvrir la tempête au raz de la mer , du grand art.

    Merci encore à charler et Hubinon pour les joies qu’ils m’ont donné à cette lecture.
    Jacques Guillerm

    PS J’ai écrit cet article rapidement et dans de mauvaises conditions , je m’en excuse, Hubinon et Charlier méritaient mieux.
    Dommage que n’ai pu participer à la présentation de ces ouvrages!

  2. Pierre dit :

    J’avoue que je ne vois pas où est l’urgence dans l’édition d’un bouquin qui empêche de ne pas prendre quelques heures pour terminer la mise en page sans introduire de tels erreurs!

    « Ce sera corrigé dans la réédition » c’est vraiment se foutre des lecteurs (et irrespectueux de l’auteur soit dit en passant)! Combien vont racheter une réédition pour ces quelques phrases corrigées. Et si (situation utopique j’entends bien) tous les lecteurs se retenaient d’acquérir la 1ère édition en attendant la version correcte, elle risquerait bien de ne jamais arriver par manque de rentabilité!

  3. Arnaud de la Croix dit :

    Que du rêve…
    Je relis Barbe-Rouge, il n’a cessé de bonifier avec les années !
    Un petit bijou passé plutôt inaperçu : le chapitre final de la saga, amoureusement écrit par Convard et magnifiquement illustré par Julliard, « La Marée de Saint Jean ». Avec quelques points de géométrie…

  4. jacques guillerm dit :

    IL N’Y A QUE LES JOLIES FEMMES QUI SE FONT ATTENDRE « Sacha Guitry »

    On pourrait dire la même chose pour les beaux livres.
    Surtout pour le livre de Gilles Ratier consacré à Jean michel Charlier.
    Cela faisait des mois et des mois que j’attendais cet album.
    Je viens juste de me le procurer et les adjectifs me manquent encore pour le qualifier.
    J’attend de le lire pour pouvoir en parler mais déjà j’ose dire haut et fort à toute la planéte BD

     » Quel bel ouvrage  »
    A bientôt
    Jacques Guillerm

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