Pierre Le Guen : un grand parmi les grands ! (première partie)

Il était une fois un jeune homme timide qui dessinait comme un dieu. Pendant 20 ans, au fil d’une carrière où tout lui réussit, il donne le meilleur de lui-même. À l’orée des années 1970, c’est un autre Pierre Le Guen que découvrent ses lecteurs. L’artiste surdoué, au trait magnifique, fait place à un auteur, certes talentueux, mais dont le dessin a perdu toute sa magie. Portrait d’un dessinateur au destin contrarié…

Photo de Pierre Le Guen.

Né à Versailles le 12 janvier 1929, Pierre Le Guen est le second enfant d’une famille nombreuse de six.

Son père est ouvrier boulanger, sa mère femme de ménage : inutile de vous dire que la famille ne roule pas sur l’or.

Bien que né dans la région parisienne, c’est en Bretagne qu’il passe son enfance.

Dès son plus jeune âge, il dessine inlassablement La Vache qui rit, celle de Benjamin Rabier : pas le logo ridiculement modernisé qui en reste aujourd’hui.

Il la dessine en grand, puis il s’amuse à en reproduire d’autres, en plus petit format, les unes dans les autres.

Conscients de son goût pour le dessin, ses parents lui font suivre des cours d’aquarelle et de peinture à l’huile, avant son entrée à l’École des Arts appliqués à l’industrie.

Lui, qui rêve de devenir horloger, apprend pendant trois ans la peinture en bâtiment.

Autoportrait de Pierre Le Guen.

Premiers pas

Image issue du site https://www.pastichesdumas.com.

Aux Arts appliqués, il rencontre Jacques Brantonne : fils du dessinateur René Brantonne (1903-1979) qui, plus tard, signera ses travaux du pseudonyme Jack de Brown lorsqu’il n’assistera pas son père.

Affichiste courtisé par les compagnies cinématographiques américaines avant-guerre, dessinateur publicitaire, auteur culte des couvertures de la collection Anticipation des éditions du Fleuve noir, René Brantonne est aussi le dessinateur de nombreuses bandes dessinées de l’avant-guerre jusqu’aux années 1960.

Débordé par ses multiples commandes, il embauche en 1946 le jeune Pierre comme assistant. Il a tout juste 17 ans.

Uniquement signés du nom de son employeur, les premiers récits auxquels il participe sont publiés dans la collection Le Vainqueur des éditions JF, de septembre à décembre 1947.

Pierre Le Guen travaille sur six fascicules complets, dont trois ont pour héros un sous Tarzan baptisé Gungoo, fils de la jungle.

Pour le même éditeur, il anime quatre épisodes de « D’Artagnan, mousquetaire du roi » en juillet 1948.

Il participe à deux fascicules de la collection Baby Police, à la collection Jeunesse aventureuse des éditions Armand Fleury…

Pour la collection Hurrah ! de Cino Del Duca, il travaille en 1948 et 1949 sur l’adaptation en bandes dessinées (par Georges Fronval) de trois films : « Les Justiciers du Far West », « Buffalo Bill » et « Les Vengeurs de Buffalo Bill ».

« Les Justiciers du Far-West » n° 1 (07/09/1948).

En 1946 et 1947, il participe aux histoires illustrées par Brantonne destinées à l’hebdomadaire Pic et Nic. Des récits à suivre réalistes uniquement signés Brantonne (« La Tabatière en or », « Avec les pirates chinois », « Alerte à Hollywood », « Le Ravin de la mort », « Fulguros le surhomme »…),

« La Tabatière d’or » Pic et Nic n° 7 (15/08/1946).

mais aussi des histoires humoristiques cosignées Brantonne et Le Guen (« Don Pedro Picador », « Boxing club »…). Ce journal édité par la SAETL, au contenu fort honorable, sort son soixantième et dernier numéro le 15 avril 1946.

« Don Pedro » Pic et Nic n° 24 (09/01/1947).

Sa collaboration avec René Brantonne prend fin le jour où ce dernier se rend compte que son assistant publie seul d’autres bandes dessinées dans l’hebdomadaire O.K. Pas trop de regrets pour le jeune débutant qui était très peu payé par son illustre employeur.

« Tangor » O.K. n° 86 (12/02/1948).

C’est à la suite d’un concours de dessin organisé par O.K, dont il est le lauréat, que Pierre Le Guen est présent dans le journal, à 17 ans, avec la reproduction de son « œuvre »dans le n° 8 du 8 septembre 1946. Il faut attendre le n° 75 (25/11/1947) pour découvrir « Tangor » : son premier héros.

« Tangor » O.K. n° 98 (06/05/1948).

Encore un sous Tarzan, lequel est en hibernation prisonnier dans les glaces du Tibet, ramené à la vie par les membres d’une expédition composée de scientifiques. Tangor est le héros d’un long récit de 42 pages, suivi d’un second écrit par Maurice Lannes, interrompu à la page 8, à la suite de l’arrêt du journal avec son n° 152 du 02/06/1949.

« Tangor » O.K. n° 115 (02/09/1948).

« Massacre à Furnace Creek », adapté d’un western, subit le même sort, après la publication de seulement six pages.

En 1948, il collabore à Kid magazine : mensuel au court destin lancé par le même éditeur, où il campe « Rixe le cowboy ». On lui attribue souvent, certainement à tort, la paternité graphique de la série tarzanide « Tourang » (également publiée dans Kid magazine) dont les dessins sont en fait signés par un certain Matterson, au style en effet assez proche de celui de Le Guen.

Dès ses premières pages publiées, le débutant n’a pas à rougir de son travail aux côtés d’autres jeunes confrères : Jean Cézard, Kline (1), Raymond Poïvet (2), Albert Uderzo (3)… Un premier pas fructueux puisqu’il lui permettra d’entrer dans deux hebdomadaires phares des années 1950 qui lui ouvrent leurs portes : Coq hardi et Vaillant.

Dans la cour des grands

Bien qu’ayant déjà un pied chez Vaillant, Pierre Le Guen est embauché par Marijac pour travailler dans les pages de Coq hardi : hebdomadaire prestigieux en ce début des années 1950. Il illustre des contes de Jean Irasque dès le n° 17 de la nouvelle série (23/03/1951) et, trois mois plus tard, il dessine « Champion courageux » qui débute dans le n° 31 (28/06/1951).

« Champion courageux » Coq hardi n° 44 (27/09/1951).

Ce récit de 24 pages écrit par Marijac est réédité dans la version poche de Coq hardi en 1962. Quelques pages présentées en deux couleurs sont reprises dans le n° 5 (avril 1969) de Allez !… France. Kid Jo est un jeune champion de boxe sain de corps et d’esprit qui refuse de se prêter aux louches combines de son manager. Malgré sa brièveté, « Champion courageux » laissera un souvenir ému aux jeunes lecteurs.

« Champion courageux » Allez… France ! n° 5 (avril 1969).

Ce récit est suivi par « Ombres blanches » : une histoire de brousse, elle aussi écrite par Marijac, publiée du n° 93 (04/09/1952) au n° 111.

« Ombre blanche » Coq hardi n° 96 (15/09/1952).

« L’Orpheline du cirque » Mireille n° 1 (01/04/1953).

Réédition dans le n° 2 de Collection Frimousse (en 1961), puis sous une forme remontée dans le poche Frimousse n° 265 (juillet 1971).

Notre dessinateur quitte Coq Hardi pour l’hebdomadaire pour filles Mireille, lancé lui aussi par Marijac, en 1953.

Le duo est présent dès le premier numéro (01/04/1953), avec un mélodrame émouvant : « L’Orpheline du cirque ».

Fille de Martha la trapéziste qui s’est tuée au cours de son spectacle, la blonde et fragile Marie-Christine lutte pour survivre dans ce milieu d’hommes rudes.

Pipo le jeune clown vient au secours de la petite écuyère qui doit affronter le redoutable Mayard : directeur du Mondial Circus.

Pierre Le Guen dessine un premier épisode de 56 pages et le début du second (« Miarka la dompteuse »), jusqu’au n° 20 (05/04/1954).

Multipliant les retards dans ses livraisons, il est définitivement remplacé par l’excellent Christian Mathelot (4) qui lui avait déjà donné précédemment un coup de main.

« L’Orpheline du cirque » Mireille n° 7 (10/09/1953).

Ces pages sont reprises dans Frimousse magazine (du n° 23 au n° 26 en 1963 et 1964) et en Belgique dans Samedi jeunesse (en 1959 et 1960).

« L’Orpheline du cirque » Mireille n° 20 (05/04/1954).

Illustration Les Belles images de Pierrot n° 46 (12/02/1954).

L’hebdomadaire Pierrot qu’a créé Marijac a été racheté par les éditions de Montsouris.

Mais cet infatigable créateur reste chargé de produire les pages de BD de ce périodique.

Pierre Le Guen ayant livré quelques illustrations aux Belles Images de Pierrot en 1952, il  fait de nouveau appel à lui.

Notre artiste y dessine les deux épisodes d’« Envoyé spécial » en Amazonie, puis en Arabie, dont les héros sont deux reporters parisiens : Valmont et son photographe Sigi.

Écrite par Lucien Bornert, cette excellente série d’aventure est publiée du n° 83 (29/05/1955) au n° 1 de la nouvelle série (01/01/1956).

Elle sera reprise en deux albums chez le microéditeur Le Taupinambour, en 2014.

« Envoyé spécial en Amazonie » Pierrot n° 87 (26/06/1955).

Toujours pour Pierrot, il dessine deux récits complets : « Thomas Edison » en 1956 et « La Grotte de Chang Mi Hang » en 1957.

« La Grotte de Chang Mikong » Pierrot n° 12 (juillet 1957).

Bien que relativement modeste, sa collaboration auprès de Marijac aura été de qualité, et l’ensemble de ces histoires mériterait d’être mieux connue.

Bref passage en 1959 dans l’autre journal des éditions de Montsouris : Lisette, où il livre quatre couvertures (n° 15, 23, 26 et 30) et quelques illustrations.

Tout aussi fugitif son passage à la Société parisienne d’édition (SPE) où il réalise un unique récit en trois pages publié,  en 1962, dans Jeunesse joyeuse n° 91 : « Bonne nouvelle pour Spencer Town » une histoire qui se déroule dans le milieu de la boxe.

Pierre Le Guen est embauché, dès la présentation de son dossier, au début de 1949, par le comité de rédaction des éditions Vaillant composé de Roger Lécureux, Jean Ollivier et Pierre Olivier.

« Bonne nouvelle pour Spencer Town » Jeunesse joyeuse n° 91 (09/1962).

Il commence par travailler pour le magazine au format de poche 34, baptisé plus tard Caméra, qui vient d’être lancé. Il y publie une trentaine de récits complets, sans personnages récurrents, mis à part deux épisodes de « Bob Mallard ». Notons : « La Fuite du cachalot » (n° 4 de juin 1949), « Quatre Hommes dans la lune » (n° 47 de mars 1951), « Le Salaire de la peur » (n° 103 d’août 1953), « L’Amour de la vie » (n° 118 de novembre 1954)…

« L’Île aux cent visages » Caméra n° 31 (15/07/1950).

« On demande de la cortisone » Caméra n° 68 (05/02/1952).

« Les Aventures de Robinson Crusoë » Camera n° 122 (01/1955).

À signaler une tentative humoristique avec les aventures de Little Bob (n° 111, 114 et 116), rééditées plus tard dans Vaillant. Il réalise aussi de nombreuses couvertures et des illustrations. Une excellente mise en jambe qui, dans un premier temps, lui permet de se constituer un petit pécule pendant qu’il effectue son service militaire dans les transmissions.

« Le Retour de Little Bob » Caméra n° 114 (07/1954).

Son travail prometteur dans 34 lui ouvre les pages de Vaillant (sous-titré Le journal le plus captivant) et il le mérite. Après une illustration livrée pour le n° 290, il succède à Claude-Henri (5), dans le numéro suivant du 10/12/1950, sur la série « Hourrah Freddi » qu’il abandonne pour se consacrer à la reprise de « Lynx blanc ».

« Hurrah Freddi » Vaillant n° 378 (10/08/1952).

Sportif accompli, pratiquant avec le même succès tous les sports, Freddi est mêlé à des évènements dramatiques souvent plus proches du polar que du sport. La série a été créée par Roger Lécureux et Jean Ollivier, mais les auteurs des scénarios des cinq épisodes dessinés par Pierre Le Guen demeurent anonymes. Il signe la dernière page dans le n° 448 de Vaillant (13/12/1953). Ajoutons deux épisodes complets avec ce personnage dans les n° 327 et 333. Le micro-éditeur Le Taupinambour a compilé les épisodes d’« Hurrah Freddi » dessinés par Le Guen dans trois albums publiés en 2012.

« Hurrah Freddi » Vaillant n° 448 (13/12/1953).

« Le Nuage sur Baukhara » Vaillant n° 448 (13/12/1953).

Le n° 448 est important pour l’avenir du jeune dessinateur.

Une nouvelle intitulée « Le Nuage sur Boukhara » invite les lecteurs à renouer avec Nasdine Hodja : un héros disparu de l’hebdomadaire depuis le n° 325 (05/08/1951).

Cette nouvelle non signée est illustrée par Pierre Le Guen.

Dès le numéro suivant, celui que l’on surnomme L’Insaisissable est de retour en BD, mis en images par le jeune dessinateur.

Le nom de ce protagoniste évoluant au cœur de l’Orient légendaire – qui a vu le jour dans le n° 84 (19/12/1946) de Vaillant – a certainement été inspiré, au scénariste Roger Lécureux, par celui de Nasr Eddin Hodja. Ce penseur d’origine turco-musulmane du XIIIe siècle a ensuite été représenté, dans un roman du Russe Leonid Soloviev, comme une sorte de Robin des Bois : comme dans la série « Nasdine Hodja ».

René Bastard, futur dessinateur d’« Yves le loup », illustre de son trait académique trois courts épisodes à suivre et une histoire complète du personnage.

Deux épisodes — qu’il vaut mieux oublier — sont ensuite réalisés par l’énigmatique R. Violet du n° 239 au n° 254.

« Nasdine Hodja » Vaillant n° 449 (20/12/1953).

« Le Retour de l’Insaisissable », histoire en 53 pages publiées du n° 449 au n° 501, permet à Pierre Le Guen d’entrer dans la cour des grands. Il prend un réel plaisir à illustrer Bagdad, ses cruels califes, ses déserts somptueux, ses palais féeriques, sa population grouillante… et bien sûr Nasdine qui déjoue, tel un feu follet insaisissable, les complots ourdis contre le petit peuple opprimé.

« Nasdine Hodja » Vaillant n° 558 (15/01/1956).

Après l’épisode « L’Homme du Sud », « Le Génie à six têtes » demeure un moment culte de la série, publié du n° 542 (02/10/1955) au n° 566 (18/03/1956). Cinq autres aventures à suivre, toutes aussi flamboyantes, suivent jusqu’au n° 999 (05/07/1964) : « La Cité des lépreux », « Le Cité engloutie », « L’Oiseau volant », « La Montagne des mille tourments » et « La Vengeance d’Akhamon ».

« Nasdine Hodja et l’usurier » Vaillant n° 593 (23/09/1956).

Ensuite, Vaillant — devenu Vaillant le journal de Pif — présente « Nasdine Hodja » sous forme de récits complets en 12 pages. 28 épisodes sont publiés du n° 1042 (02/05/1965) au n° 1231 (05/01/1969) : le dernier étant signé Pierre Le Goff (6).

« Nasdine Hodja » Vaillant n° 632 (23/06/1957).

Notons : « Le Yatacan de jade » (n° 1042), « La Ville en folie » (n° 1077), « L’Incendie de Bagdad » (n° 1105), « L’Immortel Nasdine Hodja » (n° 1138), « L’Émir aux cent têtes » (n° 1152), « Le Géant jaune » (n° 1231).

« Nasdine Hodja » Vaillant n° 667 (23/02/1958).

Nasdine Hodja revient dans le n° 1257 (n° 19 de Pif gadget), mais ses aventures toujours écrites par Roger Lécureux sont mises en images par Angelo Di Marco (7)dans des récits complets de 20 pages. Malgré le grand talent de son nouveau dessinateur, cette version ne parvient pas à convaincre les lecteurs. Nasdine Hodja disparaît définitivement dans le n° 1407 du 18/05/1972.

« Nasdine Hodja » Vaillant n° 878 (11/03/1962).

Seul le micro-éditeur Le Taupinambour a proposé, entre en 2008 et 2010, une collection de 16 albums chronologiques de cette série, dont neuf dessinés par Pierre Le Guen et dont les épisodes ont été publiés dans le désordre dans divers magazines : Les Grandes Aventures, L’Insaisissable poche, Pif Parade aventure, Teddy Ted

« Nasdine Hodja » Vaillant n° 931 (17/03/1963).

Un album est paru aussi en 1979 aux éditions du Fromage et un autre dans la collection Patrimoine des éditions Glénat en 2005.

« Nasdine Hodja » Vaillant n° 1231 (05/01/1969).

En 1967 et 1968, Nasdine Hodja est en effet le héros de L’Insaisissable poche : un trimestriel proposant des récits inédits et des reprises.Pierre Le Guen réalise deux aventures inédites : « La Cité des hommes-tigres » en 100 pages dans le n° 1 (05/1967) et « La Fausse Évasion » en 69 pages dans le n° 2 (08/1967). Les épisodes inédits des n° 3 et 4 sont dessinés par Pierre Le Goff.

« Nasdine Hodja » L’Insaisissable poche n° 2 (août 1967).

 À suivre ici : Pierre Le Guen : un grand parmi les grands ! (seconde partie).

Henri FILIPPINI

Relecture, corrections, rajouts, compléments d’information et mise en pages : Gilles RATIER

(1)           Voir Loup-Noir est définitivement orphelin.

(2)           Voir Raymond Poïvet (1re partie) et Raymond Poïvet (2e partie).

(3)           Voir Hommage à Albert Uderzo : deuxième partie….

(4)           Voir Pour ne pas oublier Christian Mathelot.

(5)           Voir Claude-Henri Juillard : l’élégance du trait… (première partie) et Claude-Henri Juillard : l’élégance du trait… (deuxième et dernière partie).

« Envoyé spécial en Arabie » Pierrot n° 99 (18/09/1958).

(6)           Voir Pierre Le Goff : des revues de bande dessinée aux strips dans les quotidiens… (première partie) et Pierre Le Goff : des revues de bande dessinée aux strips dans les quotidiens… (seconde partie).

(7)           Voir Angelo Di Marco : disparition du roi des reporters-dessinateurs ! et Angelo Di Marco : maître du fait divers !.

(8)           Voir Gérald Forton.

(9)           Voir Décès de Max Lenvers : bon vent Maxon !.

Galerie

2 réponses à Pierre Le Guen : un grand parmi les grands ! (première partie)

  1. Vincent dit :

    Pierre Le Guen ! Avant ça Pierre Le Goff ! Merci pour ces
    Articles absolument magnifiques ! J’adore Le Guen son dessin est absolument dingue et sublime ! Son dernier épisode de Nasdine a été fini par un autre dessinateur sur les deux dernière planches me
    semble t il ! Car c’est très mauvais ! J’ai eu la chance de le rencontrer deux fois dans sa maison de retraite en Bretagne ! Un homme charment et toujours passionné par le dessin et la peinture !

  2. Jean-Luc M. dit :

    Formidable ! Le Guen restera l’un des « grands » méconnus de la BD d’aventures, au trait (et à l’encrage) très élégant, et reconnaissable. Je ne sais pas si vous évoquerez les raisons véritables de son abandon de Nasdine Hodja (et de la BD) pendant quelques années… (Est-ce encore un secret ? De Polichinelle, en tous cas… !)
    Merci de proposer un éclairage documenté sur ce dessinateur d’un certain « âge d’or » des périodiques français !
    Un détail : les lecteurs et la rédaction aimaient beaucoup le Nasdine Hodja de Di Marco, mais il y eut 2 raisons spécifiques à son abandon dans Pif-Gadget :
    1 – les aventures de Nasdine Hodja faisaient un peu « double emploi » avec celles de Robin des bois (Ollivier – Coehlo) et de Fanfan la tulipe (Sanitas – Gaty + Nortier), et de son côté Lécureux avait laissé tomber Nasdine car déjà trop pris par Rahan, tout en poursuivant tant bien que mal les Pionniers de l’Espérance.
    2 – Di Marco, toujours pris par d’autres travaux d’illustrations, ne livrait jamais à temps et était parfois obligé de bâcler un peu pour terminer certains récits, au grand dam de la rédaction !
    Mais il ne s’agissait pas d’une désaffection du public, ni de la rédaction, qui appréciait beaucoup le style de Di Marco. (D’après tout ce que d’anciens du journal et Di Marco lui-même ont pu me raconter, en tous cas)