Mireille, un hebdomadaire pour le lectorat juvénile féminin… (troisième partie)

Après une petite pause d’une semaine, voici la suite du conséquent dossier de Michel Denni (le « D » du « BDM »). Cet article avait déjà été publié en 2002 dans les n° 96 et 97 du Collectionneur de bandes dessinées, mais il est ici légèrement réactualisé et, surtout, largement plus illustré : ceci afin que vous puissiez vous rendre compte des pages proposées alors aux jeunes filles des années cinquante et soixante par l’équipe de dessinateurs virtuoses dirigée par l’homme-orchestre de ce mythique magazine qu’était Marijac : éditeur et rédacteur en chef, il était aussi, tour à tour, scénariste, journaliste, traducteur et dessinateur.

GUERRE D’ESPAGNE ET FILLE DE BUFFALO BILL

Fin 1956, juste après « Boule de neige », Noël Gloesner (voir Noël Gloesner), toujours sur scénario de Marijac, commence « Dolorès de Villafranca », bande historique située pendant la guerre civile espagnole. Juan de Villafranca, toréador et petit-fils d’un riche propriétaire terrien, a épousé la cause des républicains, tandis que Dolorès, sa cousine, pieuse et obéissante à sa classe sociale, s’est engagée dans les forces nationalistes. Ils vont évidemment se rencontrer en plein combat. Et, alors que la jeune fille tient son cousin porteur d’une grenade dans la ligne de mire de son fusil : « va-t-elle tirer ? » lit-on en fin de strip au n° 170 de Mireille.« Oui », apprend-on la semaine suivante, car Juan a lancé sa grenade en direction des nationalistes. Il tombe percé par la balle de sa cousine tout en pensant « je te pardonne Dolorès ». Remplie de remords, celle-ci, après avoir reçu une décoration d’un général franquiste pour sa bravoure, jure de ne plus porter les armes et choisit de terminer la guerre comme infirmière. Quant à Juan, guéri de sa blessure, il redevient toréador avant d’être amnistié (?) par les nationalistes victorieux.

Passons sur les contre-vérités historiques du scénariste Marijac, pour qui connaît un tant soit peu les tragédies de la Guerre d’Espagne (1), et reconnaissons qu’un certain souffle épique passe sur cette histoire de sang fort bien mise en valeur par le talent graphique de Gloesner. À noter que la bande a été rééditée dans le n° 20 du mensuel Samedi jeunesse en juin 1959, avant d’être reprise en album aux éditions de Châteaudun l’année suivante et, tout récemment (en 2012) chez Artège avec une couverture inédite de Félix Meynet.

Un nouveau western : « La Fille de Buffalo Bill » dessinée par Pierre Duteurtre, dit Dut (1911-1989), sur scénario de Marijac, débute dans Mireille en février 1957.

Il met en scène un jeune couple de Blancs, Billy et Mary, amis des Indiens. Mary, qui a été adoptée par le célèbre Bill Cody, et son fiancé Billy vivent des aventures mouvementées dues à la haine que leur portent les Texans. Billy est même sauvé d’un lynchage grâce à l’intervention de Buffalo Bill et de son vieil ami Bill Hicock. Dans « Mary », l’épisode suivant paru dans Mireille en 1958, le couple se réfugie en Californie pour devenir fermier dans une vallée tranquille.

Dut a débuté à la S.P.E. avec des illustrations dans L’As en 1937. Après la guerre, il réalise les premiers numéros du récit complet Petit Riquet aux éditions N.B en 1948, mais c’est surtout sa rencontre avec Marijac qui va décider de sa carrière (voir Coq hardi : vie et mort d’un journal [deuxième partie]).

Celui-ci l’emploie dans Coq hardi, où il termine « Guerre à la Terre » à la suite d’Auguste Liquois en 1947, avant de signer « Sitting Bull », le premier western français à prendre la défense du peuple indien. Cela lui vaudra d’ailleurs de recevoir un prix décerné par le ministère de l’Éducation nationale en 1948.

BRÈVE APPARITION DE PIM PAM POUM ET DRAME CORNÉLIEN SOUS LA RESTAURATION

À noter, sur cinq numéros, en mars et avril 1957, une brève apparition de « Pim Pam Poum ».

Il s’agit, sous le titre français « Le Capitaine et les gosses », de la variante « The Captain and the Kids » dessinée par Rudolph Dirks (1877-1968), le créateur, en 1897, de cette série popularisée sous le nom de « Pim Pam Poum » en France (2).

Cinq planches, dont deux à suivre, avec toujours l’arrière-plan tropical et des indigènes noirs dont l’un manque se livrer à l’anthropophagie, tandis qu’un autre fait la police en patrouillant en ballon dirigeable entre deux îles. Un chat sauvage et un pélican gourmand complètent la distribution.

On sait que la bande s’est scindée en deux séries, à la suite d’un procès célèbre opposant deux magnats de la presse en 1914.

Ici, il n’est pas question de la tante Pim d’Harold Hering Knerr, mais de la maman (Mama) de Dirks, l’astronome étant inspecteur. Mais les deux gosses restent des garnements farceurs, sans patronymes déterminés dans Mireille, alors qu’ils se nomment Hans et Fritz chez Dirks, Pam et Poum chez Knerr.

Au n° 173 du 23 mai 1957, Mireille change de formule : l’hebdomadaire ne propose plus que 32 pages (au lieu de 36), mais elles sont imprimées en héliogravure par l’imprimerie Cino Del Duca et 16 d’entre elles sont en couleurs. L’autre nouveauté, qui se veut attractive, étant l’arrivée d’un grand roman-photo : « Virgnie », réalisé par Bob Morel pour Arts Graphiques Presse.

Le 1er août 1957, Noël Gloesner vient de terminer la semaine précédente « Dolorès de Villafranca » et enchaîne avec « Mademoiselle Demi-Solde ». À l’époque de la seconde Restauration, un ultra-royaliste assassine lâchement, au cours d’un duel, un vieux colonel d’empire. La fille de ce dernier cherche à le venger. Mille péripéties concoctées par l’infatigable scénariste Marijac mettent aux prises bonapartistes et royalistes dont les plus modérés cherchent à désamorcer les conflits. C’est beau comme du Corneille et talentueusement mis en images par Gloesner qui soigne particulièrement décors et costumes. La bande n’a malheureusement été rééditée que dans Frimousse magazine, dans les années 1960.

Christian Mathelot (voir Pour ne pas oublier Christian Mathelot) revient dans le même numéro du début août 1957 avec « Miss Cambouis », aventures de la fille d’un pilote de course automobile, remplaçant son père défaillant.

Elle se jette volontairement contre un arbre pour éviter un enfant imprudent et sa famille la mariera afin de l’empêcher de continuer à risquer sa vie dans les compétitions.

Il n’est pas sûr que le scénario, assez niais, soit de Marijac, occupé alors à élaborer l’excellente « Mademoiselle Demi-Solde » ou les amusantes aventures à suivre de Mireille (désormais dessinées par Claude Marin).

Pourtant, il est bien crédité sur un album publié, en 1961, aux éditions de Châteaudun.

Étienne Le Rallic, ayant terminé « Moustique, mousquetaire du roi » en septembre 1957, se remet courageusement au travail au mois de novembre suivant avec « La Pupille de la reine ».

Le capitaine Flamberge, né de Cheyrignac, « dont les parents sont pauvres, mais honnêtes » (sic !) assiste à l’enlèvement de la blonde Angélique de Chavagnac par les sbires du sinistre ministre Concini. Il va affronter celui-ci en compagnie du brave Partacan dans des aventures mouvementées de cape et d’épée écrites par Marijac.

Il s’agit, en fait sous un autre titre, du « Capitaine Flamberge » déjà publié dans Coq hardi, entre 1948 et 1951, puis réédité beaucoup plus tard en album aux éditions Glénat, en 1979.

La précision du trait est sans commune mesure avec celui de « Moustique, mousquetaire du roi », Le Rallic étant encore, à la fin des années 1940, au mieux de sa forme.

Quant au scénario de Marijac, il est lui aussi bien meilleur, tant il est vrai que celui-ci devait écrire à la va-vite en 1956-57, occupé par les tâches administratives de directeur de journaux.

Mais aussi donnant de lui-même comme producteur, réalisateur, scénariste et même acteur en compagnie de sa famille dans des romans-photos publiés dans Mireille.

On peut le reconnaître, par exemple dans « Le Secret de Mireille », sous les traits d’un maire de village moustachu qui a rendu infirme l’enfant d’un garde-chasse.

Il avoue son forfait, au n° 195 du 24 octobre 1957, à la jeune enquêtrice Mireille dont le rôle est tenu par sa propre fille.

CENDRILLON, PRINCESSE DES ÉTOILES ET ARTHUR ET ZOÉ

Jean-Claude Forest termine « Princesse étoile » en novembre 1957 et commence « Cendrillon » dès le 1er janvier 1958.

Librement adapté du célèbre conte de Charles Perrault par Marijac, il s’agit des aventures sentimentales au XXe siècle de Lise de Verneuil. Fuyant sa méchante belle-mère qui lui interdit d’aller au bal, elle se réfugie sur les bords de la Seine auprès de clochards, puis chez sa vieille nourrice. Heureusement, le jeune comte de Beauvoir, qui l’aime, la retrouvera et finira par l’épouser.

Onirisme et raffinement caractérisent le graphisme de Forest dans ce conte où l’héroïne, endormie dans les bras d’un baron miséreux, passe en fiacre entre les grilles rouillées d’un parc abandonné avant de s’abriter dans une gentilhommière en ruines (3).

Toujours en 1958, en janvier, commence le péplum « Fabiola de Juez » inspiré du film d’Allessandro Blasetti, et le mois suivant « La Fée des solitudes » de Noel Gloesner où un jeune berger croit rencontrer une fée dans la montagne alors qu’il s’agit de la fille d’un châtelain (réédition dans le n° 10 de Frimousse magazine en 1962, mais aussi, remontée et de façon incomplète sous le titre « Marika », dans Mam’zelle en 1985). Évoquons, au passage, deux séries britanniques intéressantes de cape et d’épée : « L’Amazone mystérieuse » et « Le Mystérieux Chandelier » dont nous n’avons, malheureusement, pas pu identifier les auteurs.

C’est aussi cette année-là que Marijac s’associe en parts égales avec le magnat de la presse du cœur et de la jeunesse Cino Del Duca (Nous Deux, IntimitéHurrah !, L’Intrépide… ; voir Walter Molino : un maître oublié de la bande dessinée italienne) qui souhaitait disposer d’un magazine pour jeunes filles.

Officiellement, si on s’en réfère à l’Ours du magazine, même si l’imprimerie de la revue était déjà celle de Del Duca à Maisons-Alfort, c’est au n° 223 (seulement daté du 2e trimestre 1958) que s’effectue le partage éditorial, car l’adresse des éditions Mireille change : sises, jusqu’au n° 222 du 1er mai 1958, au 78 rue de Provence à Paris 9e  (le directeur-gérant étant encore Dumas-Marijac), elles sont alors transférées au 2 rue des Italiens Paris 9e.

Une annonce au n° 222 nous préparait toutefois à une totale mise en couleurs du magazine et on constate aussi, au n° 223, que la mise en pages change et qu’elle ressemble beaucoup à celle des autres revues de Del Duca à l’époque, notamment L’Intrépide.

Ainsi, Mireille va-t-elle récupérer certaines séries italiennes récupérées par Del Duca comme « Princesse des étoiles », traduction de « Fiordistella, la reginetta del cielo » créée par Lina Buffolente (1924-2007) pour l’hebdomadaire italien Il Monello, en 1956, sur scénario de Luigi Grecchi (1923-2001), qui commence dans ce n° 223 et va se poursuivre sur une trentaine de mois.

Il s’agit des péripéties aventureuses et sentimentales de la fille du rajah du sultanat de Radapour dans l’Inde de l’entre-deux-guerres. Cette longue saga, dont Mireille ne publia qu’une partie, remporta un énorme succès en Italie grâce aussi au scénario inventif de Luigi Grecchi, auteur par ailleurs, dans L’Intrépide de « Hardi John ! », « Duck Huricane » et du célèbre « Chandra prince royal ».

La dessinatrice italienne Lina Buffolente est une spécialiste des bandes d’aventures et particulièrement du western où elle a signé notamment « Colorado Kidd », « Hello Jim », « Frisco Jim », « Calamity Jane », « Tom Bill », « Tom Mix », « Kid le Libérateur », etc.

La bande dessinée humoristique animalière « Couinou n’en fait qu’à sa tête… », qui débute elle aussi au n°223 de 1958, est due à Jean-Louis Pesch (1928). Celui-ci n’a pas encore repris la célèbre série « Sylvain et Sylvette » qui le rendra célèbre à partir de 1956, mais a déjà signé « Pinpinville » dans le journal Capucine de 1953 à 1955, collaboré aux hebdomadaires catholiques Cœurs vaillants, Âmes vaillantes, Fripounet et Marisette et travaille, depuis 1957, dans les petits formats Del Duca : Yoyo, Oscar, etc. Il réalise avec « Couinou » de charmantes compositions champêtres préfigurant le grand dessinateur animalier qu’il va devenir.

Au même numéro, outre  la rubrique pratique « Linette et Linotte » où Claude Verrier même bande dessinée et photographies, « Arthur et Zoé » font aussi leur entrée dans le journal. Cette sympathique bande humoristique américaine nommée d’abord « Fritzi Ritz » a été créée en octobre 1922 par Larry Whittington sous la forme d’un strip quotidien dans l’Evening World de Pulitzer.

Au début, l’héroïne, Fritzi, est une belle brune élégante évoluant avec dynamisme dans Hollywood, la Mecque du cinéma. En 1925, la série est reprise par Ernie Bushmiller (1905-1982) qui en améliore les qualités graphiques.

La planche du dimanche sort en 1929 et, l’année suivante, la bande passe sous le contrôle de l’United Feature Syndicate. Une petite nièce, toute en rondeur, Nancy, fait son apparition en 1933.

Elle va se transformer petit à petit en personnage principal, vieillir d’ailleurs de quelques années et prendre du poids à partir de 1937. Elle rencontre l’année suivante Sluggo Smith, un petit vagabond qui va devenir son compagnon de jeu et son faire-valoir.

La bande est alors rebaptisée « Fritzi Ritz and Nancy », puis « Nancy » (4).

En France, la série est déjà présente dans L’Intrépide depuis novembre 1949 et sera publiée sous forme de petits albums plastifiés souples aux éditions Mondiales de Del Duca entre 1963 et 1978 et, plus récemment, chez Actes sud/L’An 2 en 2013.

Passons sur « Le Secret de Lady Rhona », bande policière d’origine anglaise, mais arrêtons-nous sur une intéressante tentative de féminisation du western (comme « La Fille de Buffalo Bill » évoquée plus haut et dont le deuxième épisode, « Mary » a également débuté au n° 223) : « Jenny, fille de Davy Crockett » signé par Angelo Di Marco (1927).

Ce dessinateur, qui illustre ici un scénario de René Labois, a surtout travaillé sur les bandes horizontales dans la presse adulte, notamment avec « Le Mystère de la tête couronnée » dans Ce Soir (1950), puis « Capitaine Ardant » d’après Pierre Nord dans Le Parisien libéré (1951), « Amande fille de Paris » dans Radar (1955) périodique où il réalise d’ailleurs des couvertures dramatiquement suggestives dans le style Journal des voyages de la fin du XIXe siècle. Il collaborera aussi, plus tard, à la presse des jeunes, notamment dans Hurrah ! où il reprend « Rock l’invincible » (en 1961) qui passera dans Mireille en 1962. Il se fera connaître par ailleurs dans les années 1980 comme dessinateur érotique sous le pseudonyme d’Arcor, notamment dans Bédé Adult ».

À la rentrée 1958, le format s’agrandit, mais le nombre de pages diminue. Le journal existe depuis cinq ans et demi. Mireille, devenue fille d’explorateur sous le crayon de Jean Sidobre, est à la recherche d’une mystérieuse ville d’or en Amérique latine, tandis qu’une certaine Isabelle dans des aventures non signées chasse les poissons mécaniques (sic). Un récit complet en couleurs débutant en page central agrémente la publication, souvent dû à Raffaele Carlo Marcello ou à Manon Iessel.

DANY HÔTESSE DE PARIS ET ROBIN DES BOIS 

En 1959, dès le mois de janvier, commence « Dany, hôtesse de Paris ». Cette agréable brunette renseigne les voyageurs dans les gares parisiennes et les aide à l’occasion. Toujours souriante, elle résout des énigmes et affronte des situations parfois difficiles avec compétences, grâce aux scénarios inventifs de Jean Volsa. Ces sympathiques aventures sont dessinées par Lucien Nortier (1922-1994) pour les épisodes à suivre et par Christian Gaty (1925) pour les récits complets.

Lucien Nortier a débuté avec « Bob l’Ardent » aux éditions MV en 1946, puis a collaboré à Zorro, Pic et Nic, Vaillant avec « Capitaine Cormoran » (1947), « Sam Billie Bill » (1949), etc. Par la suite, il va travailler à Pilote avec « Bison Noir » (1959-1960), puis « Cochise » (1960-1961). Pour Le Journal de Mickey, il signe « Thierry la Fronde » à partir de 1964 et devient, des années 1960 à fin 1980, l’un des meilleurs dessinateurs réalistes français, notamment dans les scènes de nature ou animalières.

Christian Gaty s’est fait connaître lui aussi dans Vaillant, en 1947 avec « Jack Tremble ». Dans France-Soir, en 1949, il dessine « L’Atlantide » d’après Pierre Benoît et, l’année suivante, « Le Forgeron de la Cour-Dieu » d’après Ponson du Terrail dans Libération. À partir de 1954, il adapte plusieurs œuvres littéraires dans la collection Mondial Aventures de la S.P.E. : « Le Roi des montagnes » d’après Edmond About, « Les Trappeurs de l’Arkansas » d’après Gustave Aimard, etc. Élève de Raymond Poïvet, comme Lucien Nortier, Christian Gaty est un auteur essentiellement réaliste au style rapide et efficace, ce qui lui permettra d’ailleurs de devenir, à la fin des années 1960, reporter-dessinateur au journal France-Soir.

Toujours en janvier 1959, commence aussi dans Mireille le premier épisode d’une version de « Robin des bois » éditée en Angleterre, mais dessinée par l’Espagnol catalan Jesús Monterde Blasco (1919-1995). Celui-ci a commencé à se faire connaître en 1935 dans Le Journal de Mickey espagnol, puis a collaboré aux revues Pocholo, Boliche, Chicos (1940), Mis Chicas (1941), Florita, etc.

Tout en continuant à publier en Espagne, Blasco entame, à la fin des années 1950, une carrière internationale avec l’agence britannique Fleetway.

En France, on le retrouve dans Pierrot, Ouest Magazine avec « Le Colonel », dans Rintintin avec « La Piste de la vengeance », dans « Une Bible en bande dessinée » chez Fayard-Mame et Dargaud (1983). En Belgique, pour Spirou, il anime le western « Los Guerrilleros » (1968-1973) et collabore à « Paul Foran » (1968).

En Italie, il met en scène plusieurs épisodes de « Tex Willer » à partir de 1987.

Inspiré d’Alex Raymond et de Milton Caniff, Jesús Blasco a abordé avec brio tous les genres en bande dessinée et donne ici, assisté de ses frères Alexandro et Adriano, une version talentueuse de la saga du célèbre proscrit de la forêt de Sherwood que l’on retrouvera plus tard en Espagne avec « Robin de los Bosques » dans Chiribin (en 1964).

À suivre…

Michel DENNI (qui remercie Louis Cance)

Mise en pages, scans des documents et mise à jour du texte : Gilles Ratier 

(1) Dans Mireille n° 172 du 16 mai 1957, Marijac va jusqu’à écrire que les armées révolutionnaires (donc franquistes) refoulent les armées gouvernementales vers le nord.

Alors que dans le résumé Juan s’est engagé dans les armées républicaines (donc révolutionnaires). Drôle de lapsus ! 

(2) La version de « Pim Pam Poum » dessinée ici par Rudolph Dirks (l’autre étant celle d’Harold Knerr) n’adopta son titre définitif « The Captain and the Kids » que pendant l’été 1918, suite au célèbre procès entre les magnats de la presse Joseph Pulitzer et W.R. Hearst en 1912-1914.

(3) « Cendrillon » sera rééditée dans le n° 4 de Frimousse magazine, en 1961.

(4) Voir l’article très complet sur « Nancy » par Marc-André Dumonteil dans le n° 81 de Hop !.

TABLEAU SYNOPTIQUE DES PRINCIPALES BANDES À SUIVRE

(deuxième partie)

Dolorès de Villafranca n° 150 (13-12-56) à 182 (25-07-57) Noël Gloesner
(sc. Marijac)
Historique France
La Fille de Buffalo Bill n° 161 (28-02-57) à 1958 Duteurtre
(sc. Jacques François, pseudonyme de Marijac)
Western France
Le Capitaine et les gosses (Pim Pam Poum) (The Captain and the Kids) n° 165 (28-03-57) à 169 (25-04-57) Rudolph Dirks Humoristique États-Unis
Cléopâtre reine d’Égypte n° 166 (04-04-57) à 191 (26-09-57) Jaume Juez Historique Espagne
Mademoiselle « Demi-Solde » n° 183 (01-08-57) à 207 (16-01-58) Noël Gloesner
(sc. Jacques François, pseudonyme de Marijac)
Historique France
Miss Cambouis n° 183 (01-08-57) à 210 (06-02-58) Christian Mathelot
(sc. Marijac)
Sportif France
Pam des mers du Sud n° 195 (24-10-57) à n° 211 (13-02-58) ? Exotique Grande-Bretagne ?
La Pupille de la Reine n° 197 (07-11-57) à 256 (31-12-58) Le Rallic
(sc. Marijac)
Cape et épée France
Cendrillon n° 205 (01-01-58) à 220 (17-04-58) Jean-Claude Forest
(sc. Marijac)
Mélodramatique France
Fabiola n° 206 (09-01-58) à 236 (13-08-58) Jaume Juez Péplum Espagne
La Fée des solitudes n° 211 (13-02-58) à 221 (24-04-58) Noël Gloesner
(sc. Marijac)
Sentimental France
L’Amazone mystérieuse n° 211 (13-02-58) à 224 (21-05-58) ? Cape et épée Grande-Bretagne
Mary (suite de La Fille de Buffalo Bill) n° 223 (14-05-58) à 237 (20-08-58) Pierre Duteurtre
(sc. Marijac)
Western France
Princesse des étoiles (Fiordistella, la reginetta del cielo) n° 223 (14-05-58) à 313 (01-05-60) Lina Buffolente
(sc. Luigi Grecchi)
Exotique et sentimental Italie
Arthur et Zoé (Fritzi Ritz and Nancy) n° 223 (14-05-58) à 397 (10-10-63) Ernie Bushmiller Humoristique États-Unis
Le Secret de Lady Rhona n° 225 (28-05-58) à 240 (10-09-58) ? Policier Grande-Bretagne
Couinou n’en fait qu’à sa tête… n° 231 (09-07-58) à 401 (05-12-63) Jean-Louis Pesch
(sc. Henriette Robitaillie)
Animalier et humoristique France
Le Mystérieux Chandelier n° 235 (06-08-58) à 243 (01-10-58) ? Cape et épée Grande-Bretagne
Jenny : Davy Crockett et l’eau qui brûle n° 238 (27-08-58) à 267 (18-03-59) Angelo Di Marco Western France
Isabelle et l’étrange poisson n° 241 (17-09-58) à 252 (03-12-58) ? Maritime Grande-Bretagne
Le Châle de Shalimar n° 243 (01-10-58) à 255 (24-12-58) ? Exotique Grande-Bretagne
Mystérieux Capitaine Sylver n° 253 (10-12-58) à 269 (01-04-59) ? Historique, policier et sentimental Grande-Bretagne
Prisonniers des glaces n° 256 (31-12-58) à 270 (08-04-59) ? Maritime Grande-Bretagne
Robin des Bois au secours de dame Janet n° 257 (07-01-59) à 266 (11-03-59) Jesús Blasco Historique Grande-Bretagne
Dany, hôtesse de Paris n° 257 [07-01-59] à 278 [03-06-59] puis n° 284 [15-07-59] à 295 [30-09-59], puis 312 [15-04-60] à 319 [01-08-60] Lucien Nortier et Christian Gaty
(sc. Lucien Volsa)
Sentimental France

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