Robert Moreau : la rondeur et l’humour…

Après-guerre, une nouvelle génération de dessinateurs réalistes a vu le jour, tant la demande était grande et les anciens peu nombreux pour la satisfaire. Dans le domaine de l’humour, René Pellos, Mat, Jan Trubert, Érik, Marijac, Eu. Gire, Aristide Perré, Pierre Lacroix et d’autres apparus avant-guerre sont de retour. Les places sont plus rares pour les jeunes candidats. C’est de belle manière que Robert Moreau s’est glissé parmi ses aînés dans les nombreux hebdomadaires de l’époque.

Photo de Robert Moreau dans Haga n°54 (automne 1983).

Né à Rennes, le 27 février 1928, d’une fratrie de six frères et sœurs, Robert Moreau dessine depuis son plus jeune âge. Il étudie aux Beaux-Arts de Rennes, décide de tout plaquer lorsqu’il découvre les dessins de Calvo dans un journal féminin (probablement Femmes d’aujourd’hui).

Arrivé à Paris en 1948, il commence par travailler dans le domaine de l’animation au studio de Paul Grimault. Il participe comme intervalliste sur le « Petit Soldat », puis sur « La Bergère et le ramoneur ».

Robert Moreau.

Lorsque le studio ferme en 1951, il est embauché par Jean Image sur son long métrage « Bonjour Paris ».

La même année, il contacte Marijac, le fondateur de Coq hardi, qui lui propose de remplacer son lettreur parti à l’armée.

Auprès de ce célèbre homme-orchestre de la bande dessinée, il apprend les ficelles du métier en compagnie d’un autre jeune débutant : Claude Marin… Et rencontre enfin son idole : Edmond-François Calvo. (1)

Il place ses premiers dessins dans Coq hardi : quelques strips, dont le premier paraît dans le n° 43 (20/09/1951) puis d’autres suivent dans les n° 52, 59, 60, 61, 63…

Premier strip de Robert Moreau dans Coq hardi n° 43 (20/09/1951).

« Pierrot Joue » dans Les Belles Images de Pierrot n° 46 (15/02/1954).

ainsi que des illustrations pour une rubrique sur l’aviation et des dessins humoristiques.

On reconnaît déjà sa patte : avec ses personnages ronds et joyeux qui caractérisent son univers graphique.

De 1951 à 1955, il réalise diverses illustrations et des pages de jeux destinées au journal Les Belles Images de Pierrot dirigé lui aussi par Marijac.

Notons que ces travaux seront repris par l’hebdomadaire Nano et Nanette, de 1955 à 1958.

Lorsque Pierrot change de formule, Robert Moreau propose, aux n° 47 et 48 du 1er et 15 mars 1954, une histoire en quatre pages de bande dessinée : « Picolo, le petit veilleur de nuit ».

À noter qu’il avait déjà été utilisé ce personnage d’un petit veilleur de nuit, nommé Picou à l’origine, dans Âmes vaillantes, dès le n° 52 du 28 décembre 1952, pour une histoire à suivre de 12 pages, puis régulièrement dans des gags en une page.

« Picolo, le petit veilleur de nuit » dans Pierrot n° 47 (01/03/1954).

Notre dessinateur y publie ensuite une histoire à suivre en 32 pages : « Les Mille et Une Nuits de Bouquinville », sur un scénario signé R. Louys, du n° 71 (06/03/1955) au n° 86 (19/06/1955). Dans son sommeil, le petit Jean rejoint les personnages de ses héros de roman qui s’évadent de leurs livres pour se livrer à toutes sortes d’excentricités : sublime ! (2)

« Les Mille et Une Nuits de Bouquinville » dans Pierrot n° 71 (06/06/1955).

Toujours pour Pierrot, il crée les gags de Trilili dans le n° 95 (21/08/1955) : les facéties d’un pic-vert farfelu, un drôle d’oiseau dont les exploits seront repris par son ami Claude Marin dès la neuvième page.

« Trilili » dans Pierrot n° 95 (21/08/1955).

Entre temps, le lettreur revenu de l’armée, Robert Moreau, désormais sans travail fixe, fait le tour des éditeurs. Et frappe plus particulièrement aux éditions de Fleurus, dont il deviendra un collaborateur régulier, dès 1953.

« Les Petits Lapins » dans Bernadette n° 310 (09/11/1952).

Signalons qu’avant de rejoindre la rue de Fleurus, le jeune dessinateur publie une courte histoire animalière en neuf pages dans Bernadette (l’hebdomadaire pour filles de leurs concurrents catholiques la maison de la Bonne Presse) : « Les Petits Lapins » qui paraît du n° 306 (12/10/1952) au n° 314 (07/12/1952). Elle sera suivie d’un gag en cinq vinettes (« Coquin et Minou ») dans le n° 346 (19/07/1953).

« Mistigri » dans Âmes vaillantes n° 27 (06/07/1952).

Âmes vaillantes est le premier magazine des éditions de Fleurus qui accueille les dessins du jeune Robert Moreau. Il y propose dès le n° 12 du 23 mars 1952 le double strip des aventures de Mistigri. Ce chaton malin y sévit plus ou moins régulièrement jusqu’en 1957.

« Poupette » dans Âmes vaillantes n° 18 (04/05/1952).

Il est rejoint dans le n° 18 du 4 mai 1952 par l’espiègle Poupette, elle aussi présentée sous forme de doubles (parfois triples) strips. Poupette promène sa tignasse rousse et sa bonne humeur jusqu’en 1957.

La première apparition de Trompette dans Âmes vaillantes n° 28 (12/07/1953).

« Le Petit Marchand de rosée » dans Âmes vaillantes n° 13 (27/03/1955).

Dans le n° 28 d’Âmes vaillantes du 12 juillet 1953 démarrent les aventures de Trompette le petit éléphant : personnage attendrissant promis à un bel avenir.

Flanqué de Sacapus le chimpanzé, le courageux éléphanteau lutte contre les chasseurs qui traquent ses amis les animaux de la jungle.

Au cours de cette période, sous forme d’histoires à suivre ou de récits complets, Robert Moreau imagine de nombreux personnages aux destins souvent fort courts : Jack le petit trappeur, Champignon, les jumeaux Zig et Zag, le petit Indien Porte-Plume, Tien-Fou-Li le petit Chinois, Trottinette la tortue, le petit marchand de rosée… et Picou le petit veilleur de nuit, dont nous avons déjà parlé.

Tout au long de ces années 1952-1957, il livre aussi pour Âmes vaillantes des illustrations, des jeux, des animations de rubriques…

Page d’animation dans Cœurs vaillants n° 40 (04/10/1953).

Dès le n° 21 du 25 mai 1952 (et jusqu’en 1959), Robert Moreau propose également des illustrations de rubriques, de jeux, de concours… dans l’hebdomadaire destiné aux garçons Cœurs vaillants.

On retrouve « Mistigri », rejoint par « Gontran », lui aussi présenté sous forme de strips plus ou moins réguliers publiés de 1953 à 1957.

Gontran est un brave pépé qui depuis son fauteuil rêve à des aventures héroïques.

« Gontran » dans Cœurs vaillants n° 12 (22/03/1953).

Autre série de gags publiée dans cet hebdomadaire, « Koko, Riri, Doudou et Cie » : elle met en scène des garnements animaliers présents en 1955 et 1956.

« Koko, Riri, Doudou et Cie » dans Cœurs vaillants n° 19 (08/05/1955).

Au fil de ces années, il anime aussi des histoires en une page aux personnages fugitifs : Plum-Plum le petit Sioux,

« Plum-Plum, le petit Sioux » dans Coeurs vaillants n° 22 (01/06/1952).

Bill Bockay le petit cow-boy, Alonzo Fondelo le pirate, Clic et Clac les joyeux reporters, Nic et Niquette, Kass-Too et Kahn Asson…

« Bill Bockay le petit cow-boy» dans Cœurs vaillants n° 14 (04/04/1954).

Le grand format des journaux de l’époque lui permet de réaliser six bandes par page et de proposer une intrigue solide.

« Reportage express » dans Cœurs vaillants n° 18 (01/05/1955).

Cœurs vaillants n° 52 (28-12-1967).

Il revient dans Cœurs vaillants en décembre 1967, ou plutôt dans J2 jeunes qui lui a succédé, avec une double page de jeux aux personnages variés : Jojo l’explorateur, Jules le sportif, Félix l’automobiliste…

Sa collaboration à J2 jeunes, qui plus tard devient à son tour Formule 1, se prolonge avec plus ou moins de régularité, jusqu’en 1979. Il produit des pages de jeux, des bricolages, des maquettes, des écorchés de véhicules…

Signalons enfin les curiosités que sont « L’Avion blanc » (n° 41 à 52 de 1953)
et « Le Grand Départ » (n° 51 de 1956 au n° 16 de 1957) : deux histoires à suivre réalisées dans un style réaliste fort plaisant.

Elles lui ont permis de partager avec ses jeunes lecteurs sa passion pour l’aviation.

« L’Avion blanc » dans Cœurs vaillants n° 41 (11/10/1953).

Fiche aviation dans Cœurs vaillants n° 16 (20/04/1958).

Il renoue avec le réalisme le temps d’un récit complet publié dans le n° 49 de 1963 : « La Bataille de Trafalgar » (scénario de Louis Saurel).

« La Bataille de Trafalgar » dans Cœurs vaillants n° 49 (05/12/1963).

Curieusement, c’est dans Fripounet et Marisette l’hebdomadaire destiné aux plus jeunes lecteurs de la presse Fleurus, que sa présence sera la plus discrète. Il y débute dans le n° 14 de 1953 avec une histoire en trois bandes : « C’est la poule brune qu’a pondu dans la lune ». Il propose comme dans les deux autres titres gags, jeux, illustrations, animations… Il réalise quelques histoires en une grande page jusqu’en 1957 (« Porte-Plume », « Poucetou », « Tartarin de Camargue », « Poussin gris »…),

« Porte-Plume » dans Fripounet n° 41 (18/10/1957).

sans oublier, de 1953 à 1961 les doubles strips des mauvais tours de Nic et Niquette : deux garnements sympas que l’on reverra aussi dans Cœurs vaillants, en 1956.

« Nique et Niquette » dans Fripounet n° 52 (25/12/1953).

Il revient dans les pages de Fripounet de 1968 à 1971, dessinant des histoires complètes en trois pages

« C’est le printemps », scénario de François Drall, dans Fripounet n° 13 (28/03/1968).

principalement dédiées aux aventures de Touchatou et Cie. Deux gamins qui malgré leur bonne volonté provoquent les catastrophes à la chaîne. Ils sont les héros d’une courte histoire à suivre suivie de dix épisodes complets de trois pages publiés entre 1969 et 1971.

« Les Touchatou et Cie » dans Fripounet n° 30 (04/08/1971).

Pour être complet en ce qui concerne la collaboration de Robert Moreau avec les éditions de Fleurus, notons quelques brèves participations aux Almanachs Fleurus et divers travaux pour la revue Kisito, à partir de 1955.

Dans ce bimensuel destiné aux jeunes lecteurs de l’Afrique coloniale, il anime diverses rubriques et illustre des contes africains.

En 1955 Cino Del Duca, patron des puissantes éditions Mondiales (Nous Deux, Intimité) se voit dans l’obligation de renforcer l’équipe de ses dessinateurs français jugés par les syndicats trop peu nombreux dans ses journaux pour jeunes L’Intrépide et Hurrah !.

« C’est vrai ! » dans L’Intrépide n° 333 (15/03/1956).

Hurrah ! n° 167 (29/12/1956).

Une chance pour Robert Moreau qui souhaite voir ce qui se passe au-delà de la rue de Fleurus.

Il commence par illustrer quelques rubriques dans L’Intrépide (« Réponse à tout », « C’est vrai ! ») et dans Hurrah ! (« Le Coin des curieux », « Le Monde des jeux »).

Sa première bande dessinée est un récit complet en trois pages publiées dans le n° 322 (29/12/1955) de L’Intrépide : « Dicky, détective amateur ».

Le protagoniste, un petit ourson aussi sympathique que gaffeur deviendra rapidement son premier grand personnage, car il démarre une longue aventure à suivre dès le n° 333 (15/03/1956),.

Elle prendra fin dans le n° 418 (31/10/1957), après 172 pages drôles et trépidantes.

« Dicky détective amateur » dans L’Intrépide n° 322 (29/12/1955).

Ce premier récit-fleuve sera suivi par « Dicky en Amérique »,

« Dicky en Amérique » dans L’Intrépide n° 459 (13/08/1958).

« Dicky chevalier » et enfin par une série de 90 gags destinés à l’Intrépide-Hurrah ! : bimensuel qui réunit, à partir de 1959, les deux journaux pour garçons de Del Duca.

Un gag des « Aventures de Dicky » dans L’Intrépide-Hurrah ! n° 562 (03/08/1960).

Le gentil Dicky disparaît dans le n° 594 (15/03/1961) de ce magazine.

Page annonce de Dicky le fantastic dans L’Intrépide n° 329 (16/02/1956).

Dès décembre 1956, Dicky donne son nom à Dicky le fantastic : un mensuel au format de poche, dont chaque livraison propose une aventure complète du héros en 30, 22 puis 18 pages.

De « Dicky chez les Indiens » à « Dicky journaliste » publié dans le n° 75 et dernier, le héros effectue tous les métiers, parcourt tous les pays de la planète, toujours avec humour et bonne humeur.

Il vit aussi, en 1957 et 1958, des aventures inédites dans les pages de Paris-Journal junior, supplément du jeudi du quotidien Paris-Journal.

L’ensemble de ces histoires est ensuite remonté dans un format classique et réuni dans une série d’albums souples. 58 albums de vingt pages en couleurs seront publiés par les éditions Mondiales de 1963 à 1972 en alternance avec la collection dédiée à « Arthur et Zoé ».

« Dicky Fakir » dans Dicky le fantastic n° 54 (06/1961).

Au milieu des années 1950, Robert Moreau collabore brièvement avec des magazines patronnés par des marques.

C’est le cas de Pamcoo, pour la firme de vêtements homonyme, où il dessine les « Aventures de Marco et Muriel » (1955-1957)…

Et surtout Ima sous-titré L’Ami des jeunes : hebdomadaire de qualité dédié aux fameux points Ima, concurrents des célèbres chèques Tintin, offerts sur les emballages des grandes marques.

Il y propose, dès le premier numéro (en mars 1955), les strips de « Toufou le petit chat » qui prennent fin dans le n° 110, après une publication irrégulière.

Après avoir animé « Coquinet et Coquinette » (n° 1 à 11), il livre, en 1956, deux récits à suivre de 20 pages : le premier réaliste « Mystère dans la jungle », le second humoristique « Les Aventures de Nestor Tapotour ».

« Mystère dans la jungle » dans Ima n° 42 (22/10/1956).

À la même époque, Robert Moreau est présent dans tous les numéros de Jocko et Poustiquet : hebdomadaire au grand format, entièrement réalisé par des auteurs français.

Il y anime les aventures du héros titre, Jocko le chimpanzé, dès le premier numéro (04/11/1954).

On y retrouve le thème du premier « Trompette » : les animaux de la jungle africaine aux prises avec des chasseurs de fauves.

Tout en poursuivant ce récit demeuré inachevé jusqu’au numéro 90 (19/07/1956) et dernier du journal, il adapte « La Véritable Histoire de Pinocchio » dans un style curieux, sous la signature Roglin (n° 49 à 72).

« Jocko le chimpanzé » dans Jocko et Poustiquet n° 1 (04/11/1954).

À noter un bref passage à Lisette où il dessine « Gil le petit troubadour » (n° 11 à 18 de 1954), avant de signer trois récits à suivre dans un style réaliste.

« Gil le petit troubadour » dans Lisette n° 11 (14/03/1954).

Publiées au cours de l’année 1954, ces histoires ont pour héroïnes Nicole et Jenny : une jeune Française et son amie américaine aux prises avec des gangsters. Un essai de plus en direction du réalisme qui n’aura pas de suite, bien que ne manquant pas de promesses.

« Nicole et Jenny » dans Lisette n° 20 (16/05/1954).

En mars 1963, lorsque Del Duca décide d’arrêter sa collection de petits formats, Robert Moreau trouve tout de suite un nouvel employeur : les éditions du Hénin qui publient l’hebdomadaire féminin Femmes d’aujourd’hui. « Le Chevalier printemps » de Jean Trubert venant de se terminer, l’éditeur belge recherche un remplaçant pour sa page jeunesse comique, publiée face aux aventures réalistes de « Bob Morane ».

Première page de « Trompette » dans Femmes d’aujourd’hui n° 935 (04/04/1963).

Robert Moreau se souvient de « Trompette » le petit éléphant créé dix ans plus tôt dans Âmes vaillantes. Entouré de ses amis les animaux, l’éléphanteau vit au cœur de la grande forêt où les dangers ne manquent pas. Très vite, Trompette s’ennuie et décide de parcourir le vaste monde. Il découvre le Tyrol, l’Italie, le Japon, l’Inde, le Canada, l’Amérique… et enfin le Mexique.

« Trompette au Canada » dans Femmes d’aujourd’hui n° 1150 (17/05/1967).

Débutée dans le n° 935 (04/04/1963) de Femmes d’aujourd’hui, la série se poursuit jusqu’au n° 1635 (02-09-1976), totalisant 13 épisodes de 50 pages.

Seulement trois histoires ont été réunies en albums en 1983 par les éditions du Hénin/Albin Michel.

Robert Moreau abandonne sa série animalière en 1976, mais pas les pages de Femmes d’aujourd’hui pour lesquelles il prépare un nouveau projet.

Il imagine une série de gags en une planche : « Les Petites Chipies ». Zézette, Véronique, Corinne, Laurence et Brigitte sont cinq gamines délurées portant curieusement des sabots aux pieds, toujours prêtes à jouer des tours pendables à leur entourage.

« Les Petites Chipies » dans Femmes d’aujourd’hui.

À partir de juillet 1977, plus de 500 gags en une page, puis une centaine en une demi-page, seront proposés jusqu’en 1991, année où Femmes d’aujourd’hui change de propriétaire.

Cinq albums réunissent une partie de ces pages en 1983 aux éditions Hénin/Albin Michel.

À partir de 1970, Robert Moreau dessine pour Femmes d’aujourd’hui des pages de jeux animées, dans un premier temps, par le singe Kijou, puis par Trompette, et enfin avec le concours des Petites Chipies.

Comme vous l’avez noté, la bande dessinée n’est pas le seul domaine où Robert Moreau excelle. C’est aussi un très bon dessinateur de jeux et de bricolages, ainsi qu’un passionné d’aviation.

Jeu de massacre dans Le Journal de Mickey n° 1184 (23/06/1975).

À ce titre, il est embauché au Journal de Mickey, pour lequel il réalise jeux et bricolage tout au long des années 1970 (il y dessine aussi, anonymement, des pages de BD-enquêtes avec Dingo, Mickey ou Donald).

« Dingo détective » dans Le Journal de Mickey.

Plus particulièrement au sein du cahier central, dans la rubrique « Allo Castors Juniors », où en compagnie d’Eddy Ryssack, Paul Coutant, Serge Segret…, il anime avec dynamisme les célèbres Riri, Loulou et Fifi. On le rencontre aussi dans Picsou magazine et dans quelques livraisons de l’Almanach de Mickey.

Page de jeux dans Le Journal de Mickey n° 1178 (22/12/1974).

« Les Loisirs de Bricolin et Bricolette » chez Hachette, en 1976.

En 1975, il est contacté par Hachette qui lui propose de participer à sa collection B.D./Activités. Il y signe deux albums de la série « Les Loisirs de Bricolin et Bricolette » où cohabitent jeux, bricolages et bandes dessinées.

Robert Moreau prend sa retraite en 1991, pratiquant désormais, pour son seul plaisir, le bricolage, la construction de maquettes, la peinture…

Il décède à 78 ans, le 4 septembre 2006, à Aulnay-sous-Bois.

Bien qu’aujourd’hui oublié par le monde de la bande dessinée, la riche iconographie de cette rubrique évoquera bien des souvenirs à ses vieux lecteurs qui, enfants, ont été attendris par son trait tout en rondeur et par ses sympathiques personnages.

Certains trouveront ses images désuètes, ses histoires trop gentillettes, ses personnages d’un autre temps… Qu’importe, sans aucune nostalgie d’une époque révolue, le petit monde de Robert Moreau fleure bon la France d’après-guerre : une joie de vivre libre, au sein d’une nature souriante aujourd’hui un peu oubliée.

Le n° 54 d’Haga, daté de l’automne 1983, lui avait consacré une interview, mais ce fanzine n’est plus disponible. En revanche, vous pouvez lire un entretien avec Robert Moreau et une biographie fouillée de sa carrière en vous procurant les n° 76 et 78 de la revue Hop ! (56 Boulevard Lintilhac, 15000 Aurillac) et consulter la page https://www.facebook.com/Les-petites-Chipies-et-Trompette/ animée par Yannick Lesaffre et la famille de Robert Moreau. En accord avec les ayant-droits de cet artiste, de nombreuses histoires complètes de ses personnages fétiches y sont disponibles.

Henri FILIPPINI    

Relecture, corrections, rajouts et mise en pages : Gilles RATIER

Deux pages d'un projet de série inédit publiées dans le n° 54 d'Haga, daté de l'automne 1983.

« Trompette au Tyrol » dans Femmes d’aujourd’hui n° 1497 (1973).

(1) Sur Calvo, voir : Le réalisme chez Calvo.

(2) Vous pouvez lire cette histoire en intégralité (ainsi que plein d’autres bandes de Robert Moreau) sur l’excellent site http://lectraymond.forumactif.com.

N’hésitez pas à consulter nos autres récents « Coins du patrimoine » consacrés aux auteurs oubliées de la bande dessinée française des années cinquante-soixante : Dut : la modestie d’un grand… (première partie)Dut : la modestie d’un grand… (deuxième partie)Janine Lay : profession dessinatrice…Jacques Devaux : le dessinateur masqué !Marc-René Novi : une carrière contrariée… (première partie)Loÿs Pétillot : Bayard fut son royaume…Jan-Loup : un dessinateur aussi mystérieux que talentueux…Jacques Blondeau (première partie) : dessinateur au quotidien…Jacques Blondeau (deuxième partie) : de la presse quotidienne aux revues pour la jeunesse…D’Arabelle à Pat’Apouf : Jean Ache (première partie)D’Arabelle à Pat’Apouf : Jean Ache (deuxième partie)Érik le prolifique ! (première partie)Érik le prolifique ! (deuxième partie), etc.

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8 réponses à Robert Moreau : la rondeur et l’humour…

  1. Yannick dit :

    Bonjour,
    Je vous remercie pour cet article tres bien renseigné, très exhaustif, et très bien imagé, de l’œuvre de Robert Moreau ! Comme vous l’évoquez, il est à tort oublié du grand public et votre publication lui rend justice et le remet admirablement en lumière !
    Petit détail sans importance, si Dicky, Nicole et Jenny sont allés en Égypte, Trompette lui n’a pas fait ce voyage.
    Je me permets de mettre en adresse de site web la page Facebook que j’anime avec la famille de Robert Moreau, si jamais vous voulez la citer dans votre article.
    En accord avec les ayant-droits de cet artiste, de nombreuses histoires complètes de ses personnages fétiches y sont disponibles.
    Encore merci et bravo pour votre publication qui va, je le sais d’avance, faire très plaisir à sa famille.
    Yannick

    • Gilles Ratier dit :

      Bonjour Yannick et merci pour votre intervention sur ce forum.
      Nous allons corriger tout de suite le petit détail erroné et rajouter l’adresse mail de la page Facebook dans l’article…
      Merci de nous lire et faites attention à vous…
      La rédaction

  2. BARRE dit :

    Mais Dicky est un ours, pas un petit cochon…

    • Bonjour !
      Je dois dire que je suis assez hésitant sur ce brave Dicky. Dans mes dictionnaires (Opera Mundi et Bordas), je l’avais identifié comme un ours.
      Pour ce texte, je me suis tâté, puis j’ai opté pour le cochon.
      S’il a le nez et les oreilles d’un ourson, il possède la peau rose et la corpulence d’un cochon.
      Je viens de relire quelques histoires, mais il n’est jamais fait mention de la chose.
      Robert Moreau a créé ce personnage, alors que les séries animalières italiennes faisaient fureur.
      Là aussi, il est difficile d’identifier l’origine des personnages comme Pipo, Bimbo…
      Disons qu’il s’agit d’un ourson croisé avec un cochonnet.
      Bien cordialement
      Henri Filippini

  3. Yannick dit :

    Bonjour,
    j’avais occulté ce détail dans mon message précédent.
    Dans Hop ! 76, Robert Moreau avait évoqué qu’on lui avait demandé de créer un Mickey à la française, et que Dicky, dont le nom est proche, est aussi une souris.
    Il ressemble cependant assez à un ourson, j’en conviens.
    Ce n’est de toute façon pas un cochon, ceux-ci étant régulièrement présents dans ces aventures et bien différents d’aspect. Ce sont généralement les méchants de service, d’ailleurs.
    Cordialement,
    Yannick

  4. Yannick dit :

    PS :
    Un grand MERCI d’avoir ajouté le lien Facebook, j’espère que ça permettra à des personnes de renouer avec les lectures réconfortantes de leur enfance, et à d’autres de découvrir un auteur prolifique de l’âge d’or de la BD hélas trop méconnu.

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