Jidéhem : le deuxième homme…

André Franquin et « Gaston Lagaffe » seront fêtés tout au long de cette année anniversaire et ce n’est que justice : voir Gaston : 60 ans, ça se fête !. On peut cependant regretter l’absence, à ces festivités, de Jidéhem : plus qu’assistant de Franquin pendant près de dix années, car dessinateur de quelque 500 planches (ou demi-planches) de « Gaston Lagaffe », sans oublier sa participation à plusieurs épisodes cultes des aventures de Spirou et Fantasio. Il nous a donc semblé intéressant de revenir sur la longue et belle carrière de ce « deuxième homme », discret, mais oh combien talentueux.

Photo de Jidéhem par Jean-Jacques Procureur.

Il faut le bien le reconnaître : il n’y a pas eu la moindre communication de la part de l’éditeur sur sa participation à cette série phare du journal Spirou, laquelle est à peine mentionnée dans quelques articles…

Seule trace visible de cette collaboration : la signature de Jidéhem au côté de celle de Franquin à la une des albums. Combien de collectionneurs ont acheté des originaux de « Gaston Lagaffe » à prix fort attribués à Franquin et dessinés par Jidéhem ?

À ce propos, le dessinateur confiait à Frédéric Bosser dans le n° 94 de la revue dBD : « Encore récemment, un dessin pour une fresque qui était destinée à faire le tour des chambres d’enfants était attribué par l’expert de chez Christie’s à Franquin, alors qu’il y a très peu travaillé. Durant les 45 jours nécessaires à sa réalisation, Franquin venait ajouter quelques gags au crayon. Comme ils étaient drôles, je les ai gardés. Si je me suis habitué à cette situation, cela énerve ma femme ! » Belle leçon de modestie !

Planche originale de « Gaston » due principalement à Jidéhem.

Les temps Héroïc

            Jean De Maesmaker, dit Jidéhem, est né le 21 décembre 1935 à Bruxelles. Dès l’âge de huit ans, il commence à dessiner en copiant les deux albums de « Tintin » offerts par sa mère, alors qu’il souffre d’angines chroniques. Il dessine plusieurs albums d’une soixantaine de pages réalisées en couleurs à l’écoline. D’abord inspiré par Hergé, son trait se rapproche de plus en plus de celui de Maurice Tilieux qui, alors, anime « Félix » dans le magazine Héroïc-Albums. Ceci jusqu’à l’âge de 16 ans, où il présente ses travaux à Fernand Cheneval : le créateur et animateur des numéros d’Héroïc-Albums qui connaissent un beau succès en Belgique. Directeur, rédacteur en chef, mais aussi dessinateur, Cheneval encourage le jeune homme à continuer, tout en lui signalant que pour être publiées dans Héroïc-Albums, les histoires doivent être réalisées en noir et blanc.

            Dopé par ces conseils, le jeune homme — qui signe déjà du pseudonyme Jidéhem (les initiales de Jean De Maesmaker) — se met aussitôt au travail. Plus que jamais admirateur de Tillieux, il imagine lui aussi une série policière. Ginger et son ami Alan (qui dans une première version s’appelle Algy) sont deux détectives privés dont il peaufine les aventures en suivant les précieux conseils de son futur patron. Tout en suivant la journée les cours de l’Institut Saint-Luc, il réalise le soir les premières planches de « Ginger et le collectionneur » : épisode publié en couleurs en 1954, en dernière page d’Héroïc-Albums. Dans ce premier récit mouvementé de 35 pages, on voit le duo parcourir l’Éthiopie en avion et en voiture. Il est suivi d’un second, « Le Baron est fou », où Ginger et Alan croisent la route de Véraline : jeune et intrépide détective qui ne les quittera plus.

            Les scénarios sont bien ficelés, les personnages sympathiques, les textes peut-être parfois trop copieux, mais le dessin dynamique est de plus en plus riche en décors soignés. Les lecteurs plébiscitent cette nouvelle série, laquelle est proposée, dès le début de l’année 1956, sous forme de récits complets de 16 pages en noir et blanc publiés en alternance avec « Félix » de Tillieux, « Le Chat » de Greg, « Aviorix » de Marcel Moniquet ou encore « Attila » de Cheneval. Sept épisodes sont publiés au cours de l’année : « Marchandise interdite » (n° 14), « Toute la sauce ! » (n° 19), « Le Fantôme et le colonel » (n° 21), « La Mort et les quatre petits copains » (n° 27), « En chasse ! » (n° 32), « Les Anges bleus » (n° 38) et « Qui, se fait rouler ? » (n° 48).

            D’autres épisodes ont été réalisés et livrés par Jidéhem, mais ils demeureront, hélas !, inédits. Héroïc-Albums, qui ne parvient pas à conquérir le marché français, cesse de paraître avec son n° 52 en décembre 1956. C’est au fil de ces pages réalisées pour Héroïc-Albums que le style Jidéhem a mûri, que sa passion pour les voitures s’est affirmée, que son sens du mouvement s’est confirmé. Avec Tillieux, Greg, Tibet, Albert Weinberg, François Craenhals, ou Jidéhem, le petit hebdomadaire de Fernand Cheneval a été un véritable vivier dans lequel les hebdomadaires Spirou et Tintin ont puisé.

« Ginger » dans Héroïc-Albums.

            Thierry Martens, alors rédacteur en chef de Spirou, dont Jidéhem avoue volontiers ne pas apprécier le manque d’imagination, invite « Ginger » à partir de 1974 dans Les Classiques Dupuis : supplément en noir et blanc agrafé au centre du journal.

Il réédite tous les épisodes complets de la série publiés par Héroïc-Albums (1), ce qui suscita un accueil chaleureux de la part des lecteurs de l’époque.

Par la suite, son remplaçant Alain De Kuyssche incite les éditions Dupuis à redonner vie au trio de détectives. 

À partir de 1979, de nouvelles aventures au trait plus réaliste sont réalisées par un Jidéhem au meilleur de son art : elles sont publiées dans Spirou, puis dans le supplément jeunesse de Télé Moustique (encore grâce à Alain De Kuyssche qui en était devenu le rédacteur en chef – à un moment où la rédaction de Spirou ne voulait plus de ce personnage).

Elles sont ensuite réunies sous forme de trois albums : « Les Yeux de feu » (1982), « L’Affaire Azinski » (1984) et « Les Mouches de Satan » (1985). « Le Prisonnier du Kibu » est un quatrième épisode inédit qui est proposé en 2000, édité par P & T productions (futur Joker) qui réédite dans la foulée les albums Dupuis.

            Œuvre de jeunesse, « Ginger » aura connu une belle carrière éditoriale, tout en permettant au jeune Jidéhem d’envisager un avenir serein.

Franquin, Starter, Spirou… et Gaston

            Sans travail après l’arrêt d’Héroïc-Albums, le jeune dessinateur se rend aux éditions Dupuis où collaborent ceux qu’il admire le plus : Maurice Tillieux et André Franquin… À la vue de son dossier, Charles Dupuis, qui dirige la rédaction avec l’aide d’Yvan Delporte, lui conseille d’aller rendre visite à André Franquin, alors débordé par ses multiples activités et à la recherche d’un assistant.

Il est aussitôt embauché par le père de Gaston qui lui confie la « Chronique auto » de Starter qu’il illustre à partir du n° 937 de Spirou, en mars 1956. Créée en 1950 par le journaliste sportif Jacques Wauters qui signe du pseudonyme Starter, cette rubrique — fort prisée des lecteurs — qu’il illustre en se contentant de calquer des photos. C’est Franquin, grand amateur de voitures, qui dessine à l’origine le personnage de Starter : un sympathique mécano, à la demande de Maurice Rosy, alors directeur artistique de l’hebdomadaire. À cette époque, le dessinateur livre deux pages des aventures de Spirou et Fantasio, signe un dessin à la Une de Spirou, propose « Gaston » qu’il vient de créer et produit un gag de « Modeste et Pompon » pour l’hebdomadaire Tintin, sans oublier les couvertures des reliures, celles de ses albums… et il s’apprête même à dessiner des épisodes inédits de Spirou et Fantasio pour Le Parisien libéré.

Le premier dessin de Starter signé Jidéhem, destiné à la page automobile, est publié le 6 juin 1957 dans le n° 999 de Spirou. Grâce au remarquable travail de Jidéhem dont les illustrations prennent de plus en plus de place, Starter passe rapidement à deux pages hebdomadaires richement illustrées qui se poursuivront jusqu’aux années 1980, sur la fin à un rythme moins régulier.

Dès 1962, les éditions Dupuis proposent l’album « Starter Auto 1963 », mais faute de ventes suffisantes, l’expérience est abandonnée.

Rapidement, le jeune dessinateur se rend indispensable auprès de Franquin, lequel lui demande de reprendre le double strip mettant en scène Gaston : personnage qu’il a longtemps pensé lui céder.

Jidéhem ne se contente pas d’en assurer les décors, il est pratiquement seul pour l’écriture des scénarios et la mise en images. « À l’époque, Franquin était débordé avec les aventures de Spirou qu’il devait dessiner toutes les semaines pour le journal. Mais je n’étais pas à l’aise avec ce personnage [Gaston] : moi, mon influence c’était plutôt le polar façon Tillieux. Et Gaston, au début, était un personnage très mou, c’était vraiment du caoutchouc… En revanche, pour les idées de gags de Gaston, il était très difficile ! Il gardait une maîtrise totale là-dessus », confiait Jidéhem en 2010 dans le Spirou n° 3762.

            C’est ce que confirme François Walthéry en 2011 sur le site actuabd.com : « Quand ils parlent de la période “Gaston”, les gens le prennent (Jidéhem) pour un mégalomane. Il ne l’est pas du tout. Je botterais les fesses à ceux qui contestent son rôle dans l’œuvre de Franquin et plus particulièrement sur Gaston. »

Planche originale du « Voyageur du Mésozoïque » par André Franquin et Jidéhem.

Ce sont aussi les décors des aventures de Spirou et Fantasio qui lui sont confiés par un Franquin toujours débordé. Quelques-uns des plus fameux épisodes de la série « Spirou et Fantasio » bénéficient de décors, mobiliers, voitures… portant la griffe emprunte de modernité de Jidéhem : « Le Nid des Marsupilamis », « Le Voyageur du Mésozoïque », « La Peur au bout du fil », « Le Prisonnier du Bouddha », « Z comme Zorglub », « L’Ombre du Z », « QRM sur Bretzelburg », « Panade à Champignac »… — sans oublier « Les Robinsons du rail » (aventure de Spirou destinée à la radio, écrite en 1964 par Yvan Delporte) — doivent beaucoup au jeune dessinateur qui souhaite, pour sa part, créer sa propre série.

            Pendant près de dix ans, Jidéhem rejoint l’atelier de l’Avenue du Brésil dont il possède les clefs (voir L’atelier Franquin), rejoint par Roba qui assiste lui aussi Franquin sur les épisodes de Spirou et Fantasio destinés au Parisien libéré (« Spirou et les hommes bulles », « Tembo Tabou »…).

« Les Robinsons du rail ».

Il réalisera plus de 400 gags de « Gaston Lagaffe » jusqu’à ce qu’André Franquin abandonne « Spirou » pour finalement se consacrer, seul, aux facéties de son génial gaffeur. Le dernier gag de « Gaston » coréalisé par les deux auteurs porte le chiffre 505 et a été publié dans le n° 1564 de Spirou (4/4/1968).

Le dernier gag de « Gaston » réalisé avec l'aide de Jidéhem.

Voilà qui permet de constater qu’il a œuvré, pratiquement seul, sur plus de la moitié des pages de la série.

Monsieur De Masmaeker.

Pour l’anecdote, notons qu’il est à l’origine du patronyme de l’homme au contrat : « Franquin a dessiné ce personnage pour un gag et je lui ai fait remarquer que cet homme d’affaires ressemblait beaucoup à mon père ! Et l’on a pris ce nom-là, sans penser aller plus loin : on trouvait juste que c’était marrant ! » (propos puisés dans Spirou n° 3762).

Jidéhem reviendra à ce travail de décoriste où il excelle en collaborant à deux épisodes de « La Ribambelle » pour son ami Roba, lui aussi débordé par le succès de « Boule et Bill » (« La Ribambelle enquête » et « La Ribambelle contre-attaque » en 1968 et 1975) et à deux aventures de Natacha, la blonde et pulpeuse hôtesse de l’air de François Walthéry (« Instantanés pour Caltech » et « Les Machines incertaines », en 1981 et 1983).

Jidéhem, décoriste sur « La Ribambelle enquête ».

            Au cours de ces années de production intense, Jidéhem trouve encore le temps de dessiner pour la publicité, réalisant des histoires pour Bonus Boy (magazine publicitaire dirigé par Benoît Gillain, fils de Jijé : voir Disparition de Benoît Gillain…), signant le jeu « Où est l’erreur » avec Esso publié dans les n° 1 à 9 de Pilote en 1959, réalisant l’album « Mission BX 415 » (scénario Geo Salmon) pour Berliet en 1964, travaillant pour Tessa film, la colle Uhu, les céréales Kellogg’s…

À la même époque, en 1959, il débute une longue collaboration avec l’hebdomadaire L’Auto journal, illustrant, pour commencer, la rubrique « Ne jouez pas avec la vie », laquelle sera suivie par d’autres, jusqu’aux années 2000.

Au détour d’un numéro de 1997 (le n° 479 du 18 décembre), on y trouve d’ailleurs une interview inédite de Jidéhem qui, pour l’occasion, fait renaître le personnage de Starter.

De « Starter » à « Sophie »

Bien que satisfait de bénéficier des conseils et de gagner sa vie auprès d’un auteur aussi prestigieux que Franquin, le jeune Jidéhem rêve de pouvoir un jour lancer sa propre série.

L’éditeur préfère engranger les planches de « Gaston » et de « Spirou et Fantasio » qu’il considère, à juste titre, plus rentables que celles d’un nouveau personnage campé par un débutant ; mais il finit par accepter l’idée de faire de Starter le héros d’une série écrite par Yvan Delporte : le rédacteur en chef de son hebdomadaire.

Après un premier galop d’essai sous forme d’un mini-récit (« La Révolte des autos »), publié dans le n° 1133 de Spirou (du 31 décembre 1959), suivi d’une « Histoire de l’automobile », la première grande aventure à suivre de Starter débute dans le n° 1208 (du 8 juin 1961).

Dernière planche de « Starter contre les casseurs » parue en bichromie dans Spirou n° 1234 du 7/12/1961.

Première esquisse de Sophie.

« Starter contre les casseurs » met en scène la mascotte de la rubrique « Auto » accompagnée par le mécanicien Pipette dont la silhouette évoluera rapidement. Cascades, cimetières de voitures, ambiance polar, autant d’ingrédients que Jidéhem rêvait de pouvoir dessiner.

Son vieux projet d’animer les aventures d’une adolescente aux formes prometteuses effrayant le prude Charles Dupuis, il se console en créant l’espiègle Sophie, prénom de sa propre fille qui a le même âge, qu’il intègre au duo Starter/Pipette, dès le troisième épisode (« L’Œuf de Karamazout ») qui commence dans le n° 1345 de Spirou du 23 janvier 1964.

Notons que pour l’édition en album (tome 6 paru en 1972) de la seconde histoire parue dans Spirou en 1963 (« La Maison d’en face ») où Sophie est absente, Jidéhem réalise des pages complémentaires, afin d’y faire figurer la jeune héroïne qui, désormais, fait passer Starter et Pipette au second plan.

Monsieur Karamazout, brillant ingénieur électronicien et papa de Sophie rejoint la bande, sans oublier Joseph le zélé serviteur.

Les inventions géniales de Monsieur Karamazout servent souvent de point de départ aux histoires pour beaucoup imaginées par Antoine Raymond qui signe Vicq (1936-1987), à partir d’idées de Jidéhem : comme Zoé, la voiture de Pipette dotée d’un cerveau électronique qui lui confère des réactions humaines, ou encore l’Œuf, véhicule sur coussin d’air révolutionnaire pour l’époque.

Le premier des « Bonheurs de Sophie » dans le n° 408 de Spirou daté du 8 avril 1965.

Sophie et ses amis doivent faire preuve de beaucoup d’imagination et d’audace pour mettre hors course les bandits qui, sans cesse, cherchent à voler les inventions de son papa. Parmi les plus coriaces, notons Julien (chef d’une bande de malfrats pas très futés), le colonel Kloporth… et surtout l’horrible Monsieur Ptikochonoff.

Lorsque Sophie ne se lance pas dans de longues aventures aux multiples rebondissements, Jidéhem (toujours avec la complicité de Vicq) lui concocte de courtes aventures drôles et poétiques d’une huitaine de pages : « Les Bonheurs de Sophie ».

Elle est rejointe par son copain P’tit Bernard : gamin timide et sympathique. Le succès est là, Sophie, première héroïne à part entière de l’hebdomadaire Spirou, devient un personnage phare du catalogue jeunesse des éditions Dupuis tout au long des années 1960/1970.

Planche originale de « Sophie » (1981).

Dessin original de la couverture du « Tombeau des Glyphes ».

À la fin des années quatre-vingt, la bande dessinée jeunesse franco-belge classique connaît des temps difficiles : le lectorat se tournant vers d’autres genres d’ouvrages (heroic fantasy, mangas…) et « Sophie », comme bien d’autres, n’échappe pas à la crise.

Une dernière aventure, « Le Tombeau des Glyphes », est proposée en 1995 dans le vingtième et ultime album de la série. Dans la dernière image de la dernière planche publiée dans le n° 2957 de Spirou (du 14 décembre 1994), Sophie prononce cette phrase prémonitoire : « De toute façon, c’est aussi la chute de l’histoire ! De la nôtre, hein ! Ciao ! » Un adieu triste et discret à ses lecteurs de la part de son papa de crayon toujours aussi réservé.

Au fil des années, le dessin de Jidéhem a évolué, proche de Franquin à ses débuts, plus rond ensuite, pour devenir plus réaliste dans les derniers épisodes.

Riche en trouvailles grâce aux inventions de monsieur Karamazouth, truffée de séquences automobiles aux accidents spectaculaires, de personnages drôles et chaleureux aux trognes irrésistibles, Sophie est une série qui possédait toutes les qualités pour séduire les jeunes lecteurs du Spiroude l’époque.

Sérigraphie, pour la librairie La Petite Bulle, reprenant un poster paru dans Spirou.

Les bonheurs de Jidéhem

Décembre 1994 marque le départ de Jidéhem des pages de Spirou, après un peu moins de quarante années de présence régulière dans les pages de l’hebdomadaire des éditions Dupuis. Il continue à réaliser des dessins pour L’Auto Journal, jusqu’en 2005, scénarisant aussi quelques « Chansons cochonnes » dessinées par Malik et éditées chez Top Game, en 1990. Après quelques années de purgatoire, ses travaux reviennent dans l’actualité éditoriale avec la publication d’ouvrages réunissant les rubriques automobiles qu’il a signées dans Spirou. D’abord aux éditions La Sirène en 1990 où il publie « 60 voitures des années 60 » (réédité par Dupuis en 2010), puis « Les Plus Belles Voitures des années 60 » en 1992 (réédité par Dupuis en 2013), puis chez Dupuis avec l’ouvrage « 60 populaires de Starter en 2013 », suivi par « 60 chroniques insolites » en 2014.

« Les Chroniques de starter » tome 4 chez Dupuis.

Enfin, en 2011, les éditions Dupuis entament la publication de l’intégralité des aventures de Sophie sous forme de gros ouvrages proposant de copieux dossiers signés Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault. Le cinquième volume est annoncé en juin prochain. Autant de petits bonheurs pour ce dessinateur talentueux et discret.

Henri FILIPPINI

Compléments bibliographiques, relecture et mise en pages : Gilles Ratier

(1) Ils seront également compilés en trois albums chez Bedescope, entre 1979 et 1984.

Sur Jidéhem, voir Spirou n° 1724 (du 29 avril 1971) et n° 3762 (du 19 mai 2010), Ran Tan Plan n° 27 (printemps 1973), L’Âge d’or n° 20, La Lettre de Dargaud n° 18, dBD n° 94 (de juin 2015), « L’Aventure des Héroïc-Albums » par Thierry Martens aux éditions L’Âge d’or (2011), les intégrales « Sophie » tomes 1 à 5 aux éditions Dupuis (2011-2017) et une interview accordée au site Internet actuabd.com, en 2011.

Galerie

12 réponses à Jidéhem : le deuxième homme…

  1. treblig dit :

    M.Filippini, merci pour cet excellent article qui restitue très justement la part du travail de Jidéhem auprès de Franquin.

    La date de parution du volume 5 de « L’intégrale Sophie » semble plutôt prévue pour le 2 juin prochain;

  2. PATYDOC dit :

    Bravo pour ce beau travail! Et si vous nous parliez aussi de Mittéi, un autre remarquable « second homme » ?

  3. Voilà enfin un excellent article qui analyse en profondeur l’oeuvre de ce génial dessinateur.
    D’ailleurs, Franquin aurait aimé associer son copain Jidéhem aux commémorations actuelles….lesquelles n’ont que le fric comme but ultime.
    En tous cas, merci !!

  4. Diddu dit :

    Merci pour cette rétrospective passionnante.

    Au risque d’en choquer certains, je préfère et de beaucoup la première période de Gaston, celle où Jidéhem est justement au dessin.

    En revanche, j’accroche moins à Sophie. J’aimais beaucoup le postulat de départ, avec une série qui ressemble à Spirou & Fantasio mais centrée sur l’automobile. Je trouve dommage que Starter et Pipelette aient assez rapidement été relégués au second plan, au profit d’histoires moins originales.

  5. Box office Story dit :

    En lisant l’article j’ai voulu relire les Spirou 13 a 16 où l’équipe Franuin- Greg-Jidéhem a vraiment fait des étincelles. Du grand art. Et bizarrement mes gags préférés de Gaston sont ceux effectués avec Jidéhem. Le collaborateur ultime de Franquin, c’est bien de le rappeler. C’est aussi un bon dessinateur en solo. Parfois il a le même « défaut » de Roger Leloup : Des personnages un peu raides mais une science du décors et du découpage hors pair. Article de référence et très agréable à lire, mais il y en a beaucoup ici.

  6. Michel Dartay dit :

    Jidéhem a eu un excellent début de carrière dans Heroic Albums, où ses Ginger et Allan pouvaient prétendre rivaliser avec les Félix de Tillieux. Ses voitures sont magnifiques et parfaites, on y sent la même passion que celle qui animait Jean Graton, dans un style différent. Ensuite, il a la chance de rejoindre l’atelier Franquin, mais je reste assez hermétique à ses Sophie. Bien dessinés, dans un style charmeur, mais scénario pas assez prenant à mon avis. S’il avait mieux choisi ses scénaristes et s’il s’était passionné un peu moins pour les automobiles, on aurait pu avoir des albums bien plus mémorables.

  7. Liaan dit :

     » et s’il s’était passionné un peu moins pour les automobiles… »
    C’est bien pourtant grâce à ses bagnoles que j’ai découvert Jidéhem !
    Pour une fois qu’un dessinateur ne massacrait pas trop les autos dans les années 1950/1960, ça faisait plaisir à voir. À preuve, les rééditions des chroniques de Starter qui ont eu, je pense, quelques succès. Et maintenant, avec la tendance au « rétro », au « vintage », des éditeurs comme Paquet ou Glénat sortent des collections tout exprès sur les voitures des années 1950/1960, avec plus ou moins de réussite.
    La bagnole, on la déteste désormais(*), mais c’était quelque chose dans ces années 1950/1960, il fallait en parler dans les journaux de BD comme Tintin (qui faisait même un « Spécial Auto »), Spirou pour les plus connues, et même les journaux en général, que ce soient les journaux féminins, de société (je pense à la revue « Réalités ») vers les mois d’octobre de ces années-là…
    Jidéhem, toujours j’aime !

    (*) Franquin reconnaissait qu’il adorait les bagnoles dans ces années 1950/1960, mais plus tard, il a dénoncé l’emprise de la voiture sur nos vies.

  8. Vautour2B dit :

    Merci pour cet article très intéressant… pour ma part c’est Sophie que je préfère dans l’oeuvre de Jidéhem… principale pour son humour très décalé avec une fillette très débrouillarde qui joue à la maman substitution de son papa (inventeur génial mais distrait) tout en l’appelant « mon Papounet »… un mélange de sarcasme et de naïveté que je trouve Irrésistible.

    À signaler que sa première bd publiée, « Ginger et le collectionneur » est en fait une adaptation d’un roman anglais d’aviation de la série Bigles* « Le Cygne jaune » – dont il a aussi puisé le prénom du héros (Ginger est l’un des équipiers de Bigles).
    Le roman sera à nouveau adapté en bd par Francis Bergèse (Buck Danny) en 1990 avec les personnages d’origine… pour ceux où ça intéresse, j’ai posté sur le forum aéroplanète quelques extraits des deux albums, à titre de comparaison.
    http://www.aeroplanete.net/forum/viewtopic.php?f=6&t=1649

    *un personnage aussi célèbre que Buck Danny et Tanguy & Laverdure, outre manche

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