Le Hurrah ! d’après-guerre… (deuxième partie)

Après le portrait du patron de presse Cino Del Duca (voir Cino Del Duca : de la presse du cœur à la BD…), et une étude détaillée de son L’Intrépide (voir L’Intrépide, un hebdomadaire classique [première partie] et L’Intrépide, un hebdomadaire classique [deuxième partie]), Henri Filippini vous propose un tour d’horizon d’un autre de ses hebdomadaires de bandes dessinées : Hurrah !. Pour la première partie de cette étude, cliquez ici : .

Dès le n° 130 (14/4/56), Hurrah ! passe à 32 pages, puis offre un supplément de 16 pages en noir et blanc à partir du n° 145 (8 seulement dès le n° 157) : Spécial Hurrah ! . 

Ces améliorations témoignent de la volonté de Cino Del Duca de redynamiser son journal, tout en cherchant à instruire ses jeunes lecteurs.

Le n° 136 voit débuter « Ici s’est passé », double page de BD, consacrée aux explorateurs et aventuriers, dessinée par Jean-Loup, Edmundo Marculeta, Guy Mouminoux, Julio Ribera, Pierre Brisson (né en 1932, celui qui signe souvent Pierre Le Goff débute dans les pockets de la SFPI, puis réalise des « Oncle Paul » dans Spirou, des strips pour Opera Mundi — dont une reprise du « Professeur Nimbus » et « Coplan » sous le pseudonyme de Pol Greffière, et des BD pour Paris-Jour, Lisette, Franc-Jeux, Télé junior…), André Galland, René Brantonne… Cette rubrique aura une version illustrée à partir du n° 181 avec Roger Rochelle, Claude Pascal, Paul Ordner…

L’arrivée d’un deuxième récit complet permet d’alterner traductions le plus souvent issues des Albi dell’ Intrepido et histoires inédites signées par les auteurs maison : Edmundo Marculet@a, Remy Bourlès, Bob Dan, Guy Mouminoux, Willy et Yves Groux (nés en 1924, ces frères jumeaux débutent dans Donald, collaborent à L’Intrépide, Tarzan, Hurrah !, Fillette, Spirou – sur des « Oncle Paul » —, BD Adult’, Neutron…), Claude Pascal, Miguel Muñoz, Jean Sidobre, Fernando Fusco…

Un récit complet illustré par Claude Pascal.

Arrivée, au n° 149, de « Jim Rocket » dans son unique aventure : « Les Naufragés de l’univers », un récit de Jacqueline Lhérisson mis en images par Pierre Brisson. Si les histoires à suivre demeurent les mêmes, le cahier noir et blanc Spécial Hurrah voit arriver, en plus d’un roman-photo, de nouvelles séries étrangères : « Rodney Flood capitaine audacieux » par Mario Uggeri,le western anglais « Wyatt Earp » (peut-être s’agit-il de la version illustrée par Don Lawrence, puis par Geoff Campion, Eric Bradbury et Alejandro Blasco ?), « Marc Fury » fameuse série anglaise se déroulant à Londres à la fin du XIXe  (publiée par Junior Express et créée par Peter Jackson, elle sera poursuivie par Raffaele Paparella)… Suivront « Hugues le ménestrel », « Acrobates du ciel »…

Les créations sont, hélas, peu à peu remplacées par des traductions : « Jim Rocket » par des séries anglaises anonymes : « Le Capitaine Cook » (au n° 165), « Daniel Boone », « Chasse au trésor », « Flotte d’argent », « Les Gais Archers du roi Henri » (dessiné, en fait, pour l’Angleterre par le Portugais Eduardo Teixeira Coelho)…

Dès le n° 181 (6/4/57), le cahier central est incorporé au journal qui passe à 48 pages. Trois récits complets sont désormais proposés, signés par les auteurs habituels, tout en conservant un quota de matériel italien, complété par la traduction de quelques récits d’origine britannique (« Le Mousquetaire du Roi », « Moby Dick »…). C’est dans ce numéro que commence « Carnets de vertige » et le roman de Louis Lachenal illustré par Paul Ordner. Des jeux, une page scientifique et une rubrique « Sports » renforcent la partie de plus en plus riche consacrée au rédactionnel.

Rayon BD, les traductions plus ou moins anonymes se succèdent : « La Chevauchée des francs », « La Cité sous les eaux », « Le Capitaine Robert Gray », « Edric l’invincible », « L’Infaillible Archer », « Rod Cameron », « Pony Express » (série anglaise dessinée par Franco Donatelli)…

Alors que Rémy Bourlès met un terme aux aventures de « L’Insaisissable » (après 549 planches publiées dans Hurrah !), on réédite son « Aigle des mers » déjà paru dans L’Intrépide, superbe adaptation de « The Sea Hawk », le célèbre film sur la flibuste de Michael Curtiz pour la Warner Bros (à partir du n° 207 du 5/10/57) ; voir : L’Intrépide, un hebdomadaire classique (première partie).

Dans le n° 230, début d’une série anglaise historique de qualité : « Tom sans peur » (non signée, mais peut-être dessinée par Bill Lacey) qui raconte l’histoire vraie de Thomas Meadowman, jeune seigneur révolté contre Jean Sans Terre.

Adieu les 48 pages avec le n° 246 (4/7/58) où le journal voit légèrement augmenter son format, mais passe à 32 pages. Une seule création dans ce numéro : « Robin des bois » dessiné par Guy Mouminoux, qui remplace Souriau décédé. Signalons que « Bugs Bunny », abandonné par L’Intrépide, est pour quelques semaines l’invité de Hurrah !, à partir du n° 249. L’hebdomadaire en déconfiture brûle ses dernières cartouches proposant les strips de « Félix le chat » réalisés par Léon Mercier pour Mondial Presse à partir du n° 255, suivis au n° 264 par « Balzac 00-00 » signé Denis MG Boutin, « Mission Uranus » série de science-fiction au dessinateur inconnu, « Cappi » le sympathique capitaine venu des studios Marten Toonder (n° 266), « Dick et Dock les espiègles jumeaux » (n° 267), enfin « Plumo et Motus » de Robert Dansler  (n° 273).

Au milieu de toutes ces créations humoristiques une seule nouveauté réaliste, mais une pointure, « Rock l’invincible » qui débute en première page du n° 275 (23/1/59).

Sous le règne de Néron, esclave du Romain Lucullus, Rock le gladiateur celte se révolte contre, ses maîtres parcourant l’Égypte, combattant les vikings pour finir par rejoindre les siens en Bretagne.

Publiée en 1956 dans l’Express Weekly, cette superbe bande dessinée est mise en images par Ron Embleton (1927/1988, il participe à de nombreux westerns comme « Buffalo Bill », « Kit Carson », « Buck John », « Davy Crockett », « Lannagan »…, adapte « Biggles » et réalise un épisode de « Trigan » en 1979).

Le 29 mai 1959, Hurrah ! revient une dernière fois à son format classique et ses 48 pages pour un ultime n° 293 qui donne rendez-vous à ses lecteurs la semaine suivante dans L’Intrépide-Hurrah !. S’ils retrouvent « Rock l’invincible », « Chandra prince royal » et « Dick Hurricane », « Robin des bois » achève sa longue carrière dans ce dernier numéro, tandis qu’ils ne connaîtront jamais la conclusion de « Godefroy au grand cœur » (série anglaise mettant en scène une sorte de Robin des bois) et, surtout, celle du prometteur « Pour Don Pascual » dessiné par René Giffey.

L’Intrépide-Hurrah ! : l’union ne fait pas toujours la force

            C’est en reprenant la numérotation de L’Intrépide que L’Intrépide-Hurrah ! propose son premier numéro : le 3 juin 1959. Le format 17x 24 cm, entre celui des illustrés classiques et des pockets, laisse songeur, bien que les bandes dessinées conservent des qualités d’impression et de lisibilité tout à fait convenables. Le nouvel hebdomadaire, imprimé sur les presses de l’imprimerie Del Duca à Maisons-Alfort, compte 64 pages, dont 32 en noir et blanc, 16 bicolores (l’orange) et seulement 16 en couleurs. Série vedette, « Rock l’invincible » occupe la première et la dernière page ainsi que quatre pages intérieures. Sont également présents : « Chandra prince royal », « Duck Hurricane » (venus de Hurrah !), « Kid le libérateur », « Hardi John ! » et « Roland héros des mers » (issus de L’Intrépide, voir L’Intrépide, un hebdomadaire classique (première partie) et L’Intrépide, un hebdomadaire classique (deuxième partie)), cinq séries venues d’Italie qui occupent la plus grande partie du journal.

Quelques autres séries proviennent aussi de  L’Intrépide comme « Davy Crockett », toujours dessiné par un Étienne Le Rallic vieillissant et presque aveugle, « Pitt et Rocky » de Rochelle, « Zanzi » d’Érik, « Dicky l’intrépide » de Robert Moreau (gags en une seule page) et « Scott Darnal » de Fernando Fusco et Georges Sandier. Notons la présence discrète d’« Arthur et Zoé », série de gags décidément indestructible.

Un récit complet où alternent traductions et histoires inédites, signées par les habitués de la maison (Carlo Raffaele Carlo Marcello, Willy et Yves Groux, Remy Bourlès, Étienne Le Rallic, Fernando Fusco — avec le fugitif « Flash X-1 » —, Pierre Brisson, René Giffey…), complète un sommaire plutôt équilibré où le rédactionnel est réduit au minimum : « Comment ça marche » de Christian Tavard, des jeux par Rochelle, « La Galerie des costumes », la page sport et la rubrique scientifique d’Antoine Icart et Rochelle…

Il faut attendre le n° 521 pour voir le retour de « Steve Hollyghan », le flic américain mis en images par Jean Sidobre, et dans le même numéro, on note aussi l’arrivée d’« En avant, gringo ! », traduction de « Arriba gringo ! », série signée Carlo Savi et publiée en Italie dans Il Intrepido.

Il s’agit des aventures de Pietro, un jeune orphelin de Padoue qui rêve de rejoindre Garibaldi et les patriotes italiens.

Autre adaptation italienne, celle de la version roman-photo du « Sans Famille » d’Hector Malot, histoire de confirmer la position de leader de Cino Del Duca en ce domaine.

En cette année 1960, quelques brèves traductions, principalement britanniques, s’intercalent dans ces sommaires qui semblent séduire les lecteurs : « Le Cavalier rouge », « Ted Ranger » (western anglais de Roland Davies), « Rex Keene » (encore un western britannique, excellent celui-ci, dessiné par Harry Bishop et publié dans l’Express Weekly en 1956 et 1957), « Wells Fargo » (encore un western, l’une des premières bandes dessinées signées Don Lawrence publiées en France, voir Don Lawrence [1ère partie]), « Roy et les Rovers » (bande sur le football crée en 1954 dans Tiger par Joe Colquhoun pour le dessin et Frank Stuart Pepper pour le scénario)… sans remettre en question la formule du magazine.

Planche originale de « Roy et les Rovers » par Joe Colquhoun.

Le n° 575 (02/11/1960) marque un désir de changement, peut-être dû à une inquiétude à la vue des ventes qui ont tendance à diminuer.

Il faut dire que le marché français de la bande dessinée est en pleine mutation, alors que Pilote vient de fêter son premier anniversaire.

Le journal passe à 72 pages (dont 32 en couleurs), mais le prix de vente augmente lui aussi de 0,10 nouveaux francs.

« Rock l’Invincible » abandonne la première page à la longue adaptation BD (200 pages !) de « La Flèche brisée », roman d’Elliott Arnold qui a fait l’objet d’un film à succès, due à l’Italien Fernando Fusco.

Si le dessin de couverture est signé Angelo Di Marco (né en 1927, il adapte « Catamount » et « Janique aimée » pour Opéra Mundi, reprend « Nasdine Hodja » dans Pif gadget, signe des BD érotiques sous le pseudonyme Arcor et est surtout connu pour ses illustrations de faits divers dans Radar, France-Dimanche, Détective…), lequel réalisera toutes les couvertures jusqu’à la disparition du titre, la bande dessinée est fort agréablement illustrée par Fernando Fusco, collaborateur de premier plan puisque, dans ce même numéro il poursuit les aventures de Scott Darnal.

Né le 1er août 1929 et décédé tout récemment, le 10 août 2015, ce dessinateur italien émigre en France où il travaille pour Lisette, Mireille, les agences Mondial Presse ou Intermonde Presse, la Sagédition, la SPE…

Il reviendra en Italie pour animer des épisodes de « Tex Willer ».

Début d’un autre western, « Shérif Matt Dillon » qui n’est autre que la traduction de « Gun Law », bande quotidienne publiée dès 1956 dans le Daily Express, écrit par Alan Stranks et dessiné par Harry Bishop (repris ensuite, en France, dans Paris-Jour et dans Le Journal de Mickey ; voir 80 bougies pour Le Journal de Mickey [deuxième partie]).

Quelques héros récurrents sont alors proposés sous forme de récits complets : « Robin des bois » par Pierre Dupuis ou « D’Artagnan » et « Ivanhoé » : deux excellentes versions, d’origine espagnole, de ces héros mythiques signées F.B.A. (?).

Le western semble néanmoins l’arme choisie par Cino Del Duca pour contrer ses jeunes concurrents. Retour discret aux 64 pages (sans changer le prix de vente) au n° 578, alors que les « vieilles » séries (« Davy Crockett », « Roland héros des mers », « Pitt et Rocky », « En avant Gringo ! »…) quittent le journal.

Seuls « Kid le libérateur », « Hardi John ! », « Zanzi », « Duck Huricane » et « Chandra prince royal » résistent à cette restriction de pagination.

Des récits étrangers anonymes, pour la plupart britanniques, se succèdent : « Les Voyages de Marco Polo » (par le remarquable Frank Bellamy, série parue dans Eagle en 1959), « Jacky au pays des « Gourous » », « Charles Le Grand », « Saint-Louis-de-France », « Monsieur Vincent », « Le Grand Proscrit »…

La version originale des « Voyages de Marco Polo » par Frank Bellamy.

Nouvelle formule, encore, avec le n° 595 du premier avril 1961 (96 pages pour une parution bimensuelle) : débuts du « Roman du Tour de France » illustré par l’excellent René Pellos et de l’adaptation en roman-photo du « Capitan », le film d’André Hunebelle avec Jean Marais et Bourvil. Viendront ensuite « Alamo », « Le Capitaine Fracasse », « Les 7 Mercenaires »…

Si à l’occasion de ces changements le nom de Hurrah ! disparaît au profit de celui de L’Intrépide, c’est que les deux journaux se séparent pour le meilleur, mais surtout hélas pour le pire.

Désormais, leur présence alternera une semaine sur deux dans les kiosques.

Avant d’évoquer la brève carrière de ce Hurrah !, magazine de nouveau indépendant, écrivons quelques mots sur les derniers soubresauts de L’Intrépide agonisant.

Le matériel anglais épuisé, « Rock l’invincible » se poursuit, dès le n° 596, sous le crayon d’Angelo Di Marco qui, à son tour, cédera sa place à André Chéret lorsque la série se poursuivra dans Mireille (voir : Mireille, un hebdomadaire pour le lectorat juvénile féminin… [quatrième et dernière partie]).

Le matériel étranger domine malgré quelques bonnes surprises : « Tonton Barnabé » par Roger Bussemey (dessinateur de « Moky et Poupy » dans Fripounet), « La Tour Treflec’h » (passionnant récit ayant pour héros des adolescents mis en images par l’illustrateur Jean-Jacques Vaysseire)…

On trouve même « La Résurrection du Potomac », suivi de « La Grotte du démon vert » : deux adaptations par Jean-Marie Brouyère d’anciens épisodes du « Félix » de Maurice Tillieux, publiés en Belgique dans les Héroïc-Albums.

Arrivée de « Jeff Arnold », adaptation BD d’un fameux feuilleton radiophonique britannique (« Riders of the Range ») de Charles Chilton, illustré par Jack Daniel en 1950 (série poursuivie par Angus Scott, Jesus Blasco et surtout Frank Humpris), pour le journal Eagle. Il s’agit des aventures passionnantes de l’homme de confiance du ranch 6T6 qui croise la route de Cochise, Géronimo, Billy the Kid ou encore Custer.

À côté de ce matériel de qualité, des récits complets venant d’Italie, pas toujours au top, prennent de plus en plus de place, alors que « Rock l’Invincible », « Scott Darnal » et « Zanzi » restent les seules créations à survivre. On les retrouvera dans Mireille-L’Intrépide (ainsi que « Kid le libérateur », « Duck Hurricane » et « Chandra »), lorsque L’Intrépide cessera de paraître avec son n° 629, le 30 août 1962.

Les lecteurs curieux peuvent en suivre les péripéties dans notre rubrique Patrimoine qui a évoqué récemment l’histoire du journal Mireille.

Dernier tour de piste pour Hurrah !

            Comme nous l’avons vu plus haut, Hurrah ! abandonne L’Intrépide pour retrouver son indépendance et repart avec un n° 1 daté du 26 mars 1961. Il conserve le format de L’Intrépide, compte 100 pages, dont un nombre important consacré au rédactionnel.

Rédactionnel dédié à la technologie (« Les Conquérants de l’univers » par Icart et Rochelle), au sport, à l’actualité (« L’Aventure était la »…), au cinéma (reprise d’un film en romans-photos), mais aussi à la télévision de plus en plus présente dans le quotidien des jeunes lecteurs.

Les bandes dessinées sont d’origine anglaise (« L’Équipe des « tigres » » dans « L’Affaire Jess MacDonald » de Joe Colquhoun et Frank Stuart Pepper, « L’Homme de la voiture 13 »…), américaine (« Les Maîtres de l’espace » – « Sky Masters of the Space Force» - de Jack Kirby et Wallace Wood, « Cap’tain Mac Norton »…) ou italienne (la suite d’« Hardi John ! »).

Seul le récit complet propose une histoire réalisée en France, avec des héros récurrents : « Jack Driant » et « Robin des bois » par Pierre-Léon Dupuis (1929/2005, ce dessinateur collabore aux pockets de la SPFI comme ZorroCap 7Érik le viking, Olac..., dessine pour SpirouMariusLe HérissonL’HumanitéVaillantTélé junior..., illustre « La Seconde Guerre mondiale en BD » chez Hachette…), « Pierre Arnault reporter » et « Dan Panther » par Pierre Brisson, « Steve Hollygan » par Jean Sidobre.

Enfin, un roman (« Rendez-vous sur la Koa-Loa ») de Paul Thomas complète un sommaire riche qui s’adresse surtout aux adolescents.

Hélas, après vingt numéros, Hurrah ! cesse de paraître le 22 janvier 1962, vaincu par la presse yéyé (Salut les copains, en tête) qui commence à envahir les kiosques.

Ce même numéro annonce l’arrivée de Télé jeunes, « premier grand magazine de télévision s’adressant aux garçons et aux filles ». Actualité, romans-photos et programmes de télé (il n’y a encore qu’une seule chaîne à l’époque) dominent dans cet hebdomadaire de 96 pages, dont « Hardi John ! » (rebaptisé « Les Maîtres de l’aventure ») est le seul survivant des journaux publiés par les éditions Mondiales. Seule série récurrente : « Téléman », une bande dessinée réalisée par Pierre-Léon Dupuis mettant en scène une équipe de journalistes, dont l’animateur n’est autre que Raymond Marcillac, vedette du petit écran de l’époque.

On peut aussi y suivre la suite des « Maîtres de l’espace » et quelques récits complets adaptés de feuilletons où téléfilm diffusés sur le petit écran : « Lancelot » dessiné par Pierre Dupuis, « Gavroche », puis « L’Affaire du collier de la reine » par Pierre Brisson, « Le Cid », puis « Le Trésor des cent jours »,« Cortès le conquistador » et  « Retrouvez Bayard » par André Chéret, « Gargantua » par Rochelle… Il semble que l’expérience prend fin après une douzaine de numéros, en avril 1963.

C’est sans doute la cible trop restrictive des adolescents qui met un terme à cette aventure éditoriale originale.

Mais, têtu, Cino Del Duca n’abandonne pas le monde de la presse télé et lance dans la foulée Télé France dans un format plus grand. Deux bandes dessinées (« Superman » et « Arthur et Zoé » sont proposées), mais le succès n’est toujours pas au rendez-vous.

Deux ans plus tard, Télé poche, dont la formule programme TV, vie pratique, romans-photos et BD (encore « Arthur et Zoé », repris par Jerry Scott)  n’est pas très éloignée de celle de Télé jeunes, prend son envol et c’est un triomphe !

Il est émouvant de penser que Télé poche, toujours présent dans les kiosques, est un lointain cousin de Hurrah ! et de L’Intrépide.

Henri FILIPPINI

Compléments bibliographiques, relecture et mise en pages : Gilles Ratier

Pour avoir un aperçu plus détaillé du contenu de Hurrah !, voir : http://bdoubliees.com/hurrah/index.html.

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