« Enola & les animaux extraordinaires T1 : La Gargouille qui partait en vadrouille » par Lucile Thibaudier et Joris Chamblain

Un phénix qui a du mal à renaître de ses cendres, une petite souris qui ne passe pas — au grand désarroi de l’enfant qui l’attend — ou un Minotaure égaré, des cas médicaux graves voire désespérés, pour tous, sauf pour la bienveillante Enola : une vétérinaire spécialisée dans les animaux des contes et légendes. Un métier et une pratique qui ont de quoi intriguer les jeunes lecteurs…

Les cloches du village sonnent, les mariés sortent sur le parvis de l’église, tous les invités sont ravis, car ils pensent à la maxime « Mariage pluvieux, mariage heureux ». Mais, catastrophe, quand la mariée s’avance, elle est copieusement arrosée par une gargouille. Le prêtre est furieux, car ce n’est pas le premier méfait de cette statue représentant un gentil dragon médiéval. Toutes les nuits, la gargouille tourne sur son axe et regarde vers sa gauche. Pourquoi ? Mystère !

Igor, le sonneur de cloches, sauve le facétieux animal de pierre de la façade de l’église en lançant un appel, par pigeon voyageur, à une vétérinaire bien particulière. Enola réside dans la verrière du Muséum d’Histoire naturelle avec son chat Maneki et Archibald, un inventeur génial.

Dès la réception du message d’Igor, Enola prend son stéthoscope et s’envole à bord d’une invention d’Archibald, un hélicoléoptère ! Après auscultation de la gargouille, son diagnostic est réservé, son ventre gargouille, soit par faim, soit par peur. Peut-être a-t-elle le vertige ?

Mais, installée sur la terre ferme, au cœur d’une fontaine, la gargouille se tourne toujours dès la nuit venue. Enola reprend donc son enquête à zéro. Passé minuit, elle perquisitionne dans le lieu que semble regarder l’animal surnaturel : l’atelier du sculpteur qui l’a créé. La clef de l’énigme s’y trouve, forcément !

Déjà remarqués pour leur collaboration précédente sur « Sorcières, sorcières », Joris Chamblain et Lucile Thibaudier retrouvent, dans cette bande dessinée pour jeunes lecteurs, leur complicité : source d’une bande dessinée équilibrée, joyeuse, tendre et dynamique.

Dans un décor Steampunk, mélange de la France rurale des années 1920 avec pigeon voyageur et d’inventions modernes parfois très poétiques comme cet hélicoléoptère que nous avons déjà mentionné, les enquêtes de la débrouillarde Enola sont l’occasion de revisiter un bestiaire de créatures mythologiques comme le phénix ou surnaturelles comme la gargouille. Quatre tomes sont déjà écrits par Joris Chamblain, le talentueux scénariste des « Carnets de Cerise », ce qui permettra à Enola de soigner les maladies de nombreux animaux imaginaires, centaures, krakens ou rennes du père Noël.

Pour ce nouvel album, Lucile Thibaudier s’est inspirée de l’univers de Jules Verne et de celui de l’Île des machines à Nantes pour des ambiances chaleureuses, de beaux vêtements et une scénographie minutieuse que l’on peut détailler dans quelques illustrations pleines pages. Son dessin rond et très expressif fluidifie la lecture d’un récit léger, drôle et pétillant.

« La Gargouille qui partait en vadrouille » est le premier volume très réussi d’une série à qui l’on souhaite une longue vie, notamment pour nous les parents, afin de savoir comment soigner la petite souris qui passe après la chute d’une dent ou la cigogne qui apporte les bébés !

 

Laurent LESSOUS (l@bd)

« Enola & les animaux extraordinaires T1 : La Gargouille qui partait en vadrouille » par Lucile Thibaudier et Joris Chamblain

Éditions La Gouttière (10,70 €) – ISBN : 979-10-92111-18-7

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