Coq hardi : vie et mort d’un journal (deuxième partie)

Comme expliqué dans la première partie de ce dossier (1), le tenace Marijac, ayant rejoint la capitale avec famille et bagages, a su constituer une solide équipe d’auteurs qu’il crédite et cite comme « les meilleurs dessinateurs français » : Étienne Le Rallic, Auguste Liquois, Raymond Cazanave, Daniel Laborne, Erik, Claude Marin, Mat… Malgré la concurrence, le journal Coq hardi se porte donc plutôt bien : la qualité de son contenu, au sommaire varié, étant reconnue comme tel. Marijac se voit alors un peu obligé de renforcer son écurie avec bien d’autres créateurs aussi talentueux (et non des moindres puisqu’on note l’arrivée de Raymond Poïvet, Dut, Christian Mathelot, Kline, Noël Gloesner…) et avec des traductions d’excellentes bandes dessinées étrangères qu’il adapte bien souvent lui-même…

Les autres collaborateurs de Marijac

Raymond Poïvet (1910-1999, voir Raymond Poïvet (1re partie) et Raymond Poïvet (2e partie)) vient de lancer « Les Pionniers de l’Espérance » dans Vaillant, ce qui ne l’empêche pas d’accepter de travailler pour Marijac qui lui a déniché un local sous les toits à la même adresse que Coq hardi : le futur dessinateur de la presse féminine, à Pilote, Chouchou, L’Humanité, Lucky Luke, chez Larousse ou à Okapi le transforme en un atelier qui deviendra plus tard célèbre dans le monde de la bande dessinée, ayant vu passer de nombreux auteurs connus d’Albert Uderzo à F’Murrr. Après un récit indépendant (« Maquis contre SS » écrit par Lucien Bornert et publié dans Coq hardien 1947), Poïvet crée, la même année, le personnage du Colonel X : un résistant dont les exploits dans la clandestinité sont écrits par Marijac. À partir de 1949, les aventures de l’homme de l’ombre sont poursuivies par Christian Mathelot (de 1949 à 1951), Noël Gloesner (de 1952 à 1953), puis Kline (à partir de 1953), avant de prendre fin en juin 1954.

Une planche originale Raymond Poïvet pour « Colonel X ».

Dut (pseudonyme de Pierre Duteurtre, 1911-1989), après quelques collaborations chez Offenstadt (L’Intrépide, L’Épatant, Fillette, L’As, Junior….) et à Mon Camarade avant-guerre, crée le personnage de Petit Riquet dans les récits complets éponymes, puis devient un fidèle de Marijac. Son entrée à Coq hardi, en 1947, marque le début d’une longue collaboration dans la plupart des magazines publiés par l’éditeur. Il succède à Auguste Liquois pour la seconde partie de « Guerre à la terre » (de 1947 à 1948), puis dessine la longue saga western « Sitting Bull », de 1948 à 1952, sur scénario de Marijac. Près de 300 planches somptueuses à la gloire du peuple indien qui seront traduites dans 12 pays.

Avant de se consacrer avec succès à la peinture, Dut aura travaillé pour Mireille (« L’Orpheline du cirque » en 1953 et « La Fille de Buffalo Bill », de 1957 à 1958), Frimousse (« La Fille du passeur » de 1959 à 1960, « Callie » de 1960 à 1961, « La Fille du boucanier » et « 3 Filles à l’Ouest » en 1961, « La Filleule du roi Henri » en 1962, « Autant en emporte la haine » de 1963 à 1964, « Nora, la filleule du sheriff » de 1964 à 1965, « Premier Bal » en 1965, « Virginie du Texas » de 1965 à 1966, « La Fille de l’outlaw » de 1966 à 1967, « Première Valse » et « Jocelyne face aux loups » en 1967 ou « Les Robinsons de la mer » en 1968), le petit format Coq hardi (« Coq hardi » en 1962 et 1963), Paris-Centre Auvergne (« L’Odyssée tragique de la reine Margot en Auvergne » de 1967 à 1968), Princesse (« La Louve du Gévaudan » en 1968), toujours sur scénarios de son ami Marijac. Avec son trait fouillé et réaliste, il est le dessinateur idéal pour les westerns et les séries historiques qui lui sont confiés.

Christian Mathelot (1923-2013, voir Pour ne pas oublier Christian Mathelot) débute vraiment en bande dessinée en 1940 dans Gavroche, après avoir dessiné des frontons pour les cinémas.

Comme Dut, c’est avec Marijac qu’il réalise la grande majorité de ses bandes dessinées.

C’est après avoir illustré « Les Géants du ciel » en 1948 dans Coq hardi, qu’il débute à la fin de la même année l’adaptation du roman de Pierre Closterman « Le Grand Cirque » : cela demeure son morceau de bravoure.

Un album est même édité par Flammarion, chose rare en ces temps héroïques pour un auteur français.

Sur scénarios de Marijac, on lui doit aussi, dans les pages de Coq hardi, une longue aventure du Colonel X (publiée de 1949 à 1953) « Choucas, l’homme des abîmes » en 1951, « Alerte à la Terre » entre 1951 et 1952, « Le Fils du boucanier » de 1952 à 1953 et « Le Raid Alaska Terre de Feu » entre 1953 et 1954. On le retrouve ensuite dans Mireille sur une quarantaine de pages de « L’Orpheline du cirque » entre 1953 et 1954 ou avec « L’Étoile du cirque » (1954-1955), « Liliane hôtesse de l’air » (1954-1958), « La Fin du monde est pour demain » (1955-1956) et « Miss Cambouis » (1957). Méticuleux, soucieux du plus petit détail, il abandonne la bande dessinée qui ne lui permet pas de vivre correctement en 1959. Il devient représentant chez Cadoricin et son ultime bande dessinée sera une aventure de Nora (« Opération Lune », encore un scénario de Marijac) publiée dans 3 numéros du pocket Frimousse, en 1966.

Kline (Roger Chevallier, 1921-2013, voir Loup-Noir est définitivement orphelin) débute comme lettreur chez Cino Del Duca, avant de publier ses premières bandes dessinées pour les collections de récits complets qui sont nombreuses à cette époque. Puis, il imagine « Kaza le martien » dans l’hebdomadaire O.K en 1946. Travaillant pour Fillette, il croise Dut qui lui conseille de se présenter à Marijac. De 1949 à 1952, il va publier « Roland prince des bois » dans Coq hardi, un long et superbe récit moyenâgeux de 150 pages écrit par Marijac. Après l’illustration de quelques romans de Maurice Limat, il enchaîne avec le dernier épisode de « Colonel X », publié entre 1953 et 1954, puis quitte le journal. On retrouve alors surtout sa signature dans Vaillant (qui deviendra Pif-Gadget) où il anime les aventures de Davy Crockett, puis celles de Loup Noir.

Noël Gloesner (1917-1995, voir Noël Gloesner) débute dans les titres des éditions Fleurus où il produira l’essentiel de ses bandes dessinées. Alors qu’en 1951 il dessine « Les Compagnons de Fo-Hi » pour Pierrot, cet hebdomadaire des éditions de Montsouris cesse de paraître momentanément. La suite de ce récit (« Le Cobra à 7 têtes ») est publiée dans Coq hardi en 1952, où il rencontre Marijac.

Une planche originale du « Cobra à 7 têtes ».

Il va s’en suivre une longue collaboration qui débute par 2 épisodes de « Colonel X » en 1952 et 1953, puis par 2 courtes histoires écrites également par Marijac (« L’Équipe » en 1953 et « Schuss » en 1954).

Ensuite, Gloesner retrouve Marijac dans Mireille (avec « Mademoiselle Ci-Devant » de 1954 à 1956, « Boule de neige » en 1956, « Dolores de Villafranca » de 1956 à 1957, « Mademoiselle Demi-Solde » de 1957 à 1958 ou « La Fée des solitudes » en 1958) et dans Nano et Nanette (avec « Laideron » de 1958 à 1960, « Cri-Cri reporter » de 1960 à 1961 (2), « Mitzou la gitane aux cheveux d’or » de 1961 à 1962, « L’Orpheline du Far-West » de 1962 à 1963, « Fleur d’Andalousie » de 1963 à 1964, « Petit Rat » de 1964 à 1965, « La Fille de Robin des Bois » de 1965 à 1966…).

Puis ce sera « Marika » (1966) et « Hello Jim » (1967) pour les grandes filles de Frimousse ou encore « Allez Ramuntcho » pour les garçons dans Allez !… France (entre 1968 et 1969).À ces collaborateurs fidèles, on peut ajouter quelques signatures moins régulières dont celle de l’excellent Pierre Le Guen, né en 1929. Ce dessinateur, qui a débuté en assistant René Brantonne, signe sa première bande dessinée dans O.K, avant de rejoindre l’équipe de Vaillant où il va effectuer la plus grande partie de sa carrière sur « Hurrah Freddi », « Nasdine Hodja », « Jacques Flash », etc. Il intervient surtout dans la deuxième série de Coq hardi avec des illustrations pour des contes ou du rédactionnel, tout en signant « Champion courageux » en 1951 et « Ombres blanches », entre 1952 et 1953. Ensuite, il s’attaquera à la longue série mélodramatique « L’Orpheline du cirque » publiée dans Mireille, à partir de 1953.

On pourrait aussi citer, à partir de janvier 1952, les transfuges du journal Pierrot sabordé alors par les éditions de Montsouris (l’Espagnol François Batet, Georges Bourdin, Roger Bussemey…) et quelques courts scénarios de Marijac publiés en 1954 : « Jungle interdite » pour José Larraz (voir L’étonnante carrière de José Ramón Larraz) ou « Diabolo cheval sauvage », reprise d’une aventure du Texas Jack dessinée par Georges Langlais alias Gal, publié à l’origine dans Magazine Coq hardi (en 1949).

Les séries étrangères

Il ne faut pas oublier la publication de quelques traductions de qualité qui ont également contribué à la bonne réputation de Coq hardi.

Soucieux de faire travailler des auteurs français, Marijac se fait un devoir de ne jamais dépasser les 20 % de pagination en séries étrangères dans son journal.

Et ceci uniquement afin de pouvoir rivaliser financièrement avec ses concurrents qui, eux, en consomment beaucoup plus.

Notons, cependant, de belles séries venues des États-Unis, par l’intermédiaire de l’agence Graphit-Lit qui s’occupe aussi de la revente des bandes de Coq hardi à l’étranger.

C’est le cas de « Drago » par Burne Hogarth (adapté par Marijac, lui-même) entre 1947 et 1948, de « Kidnapped » par Robert Webb (d’après le roman « David Balfour » de Robert Louis Stevenson) en 1947, de « Mark Trail » par Ed Dodd (Marijac l’adapte encore lui-même) de 1948 à 1955, de « Red Ryder » par Fred Harman entre 1949 et 1952, de « Jacques Canada » (« Jed Cooper, American Scout ») par Dick Fletcher entre 1950 et 1953…

Mais aussi du célèbre « Bicot, Ursule et cie » (« Winnie Winckle ») par Martin Branner entre 1952 et 1955.

L’Italie est aussi fort bien représentée avec les héros farfelus de Benito Jacovitti (« Totoche le vagabond » en 1948, « Mandrago » de 1948 à 1949 ou « Tar-Zan » en 1949 ; voir Les « Pinocchio » de Jacovitti), quelques histoires de Giulio Ferrari (« 20 000 volts » en 1948), Kurt Caesar (« S.O.S. Jalea », un scénario de Roudolph publié de 1949 à 1950), Franco Caprioli (« Le Hussard de la mort », encore un scénario de Roudolph publié en 1952, et « L’Éléphant sacré » sur des textes de Luigi Motta, en 1954 et 1955), Giorgio Bellavitis (« Les Chevaliers du corbeau » écrit par De Barba, en 1951 et 1952), Carlo Boscarato (« À la cour du roi Soleil » également dû à De Barba pour le scénario, en 1954)… Pour la plupart des récits d’aventures publiés par l’hebdomadaire italien Il Vittorioso.

L’Angleterre est présente avec les séries « Dick Turpin » par Derek C. Eyles et Leonard Matthews en 1950, « Captain Flame » par Septimus Edwin Scott et Leonard Mattews (traduite « Flamme chevalier des mers » en 1950), « Scamp » ou « Ollie the Alley Cat » par Harry Hargreaves (alias « Foufou » entre 1950 et 1953 et « Miaou » en 1954), « Shorty » par Hugh McNeill en 1950, « Lord Sherwood » par Patrick Nicolle en 1953 ou divers récits illustrés par Michael Hubbard, Reginald Heade, Geoff Campion, Tony Weare. William Bryce-Hamilton…

Une page originale de « Captain Flame » par Septimus Edwin Scott et Leonard Mattews publiée dans Knock-Out, en 1949.

Rayon étranger, on peut ajouter « Capitaine Jacques » (traduction de la série néerlandaise « Kapitein Rob » de Pieter Kuhn, entre 1949 et 1951), « Ferdinand » du danois Mik (de son vrai nom Henning Dalh Mikkelsen) entre 1951 et 1954…Nuages noirs

Coq hardi caracole en tête des ventes des magazines de la presse des jeunes, malgré les obstacles placés sur sa route par ses concurrents, et plus particulièrement par les éditions de Fleurus. Celles-là mêmes où Marijac avait débuté avant-guerre et qui font cause commune avec la presse communiste. Comme dit Marijac dans ses mémoires « Les grenouilles de bénitier s’étaient transformées en « poissons rouges ». » Coq hardi vendra jusqu’à 121 000 exemplaires en octobre 1947… Mais, à la fin de l’année 1950, les Messageries de la Presse — en difficulté depuis quelques mois — font faillite, provoquant le non-paiement de plusieurs numéros déjà vendus en kiosques. Une catastrophe pour la petite maison d’édition qui doit chercher d’autres partenaires pour survivre. Ce seront les éditions de Montsouris, éditrice de L’Écho de la mode et de Lisette qui vont imposer leurs directives à Marijac : plus d’histoires de maquisards, de Peaux-Rouges… La première série du journal prend fin avec son numéro 243 (23/11/1950), une nouvelle série au format plus petit, mais avec 16 pages, voit le jour pour 196 numéros jusqu’au 26 août 1954.

Notons que Marijac, à la demande de ses nouveaux associés, va tenter de relancer Pierrot en le transformant en une revue pour les plus petits rebaptisée Les Belles Images de Pierrot : un succès une fois encore mis à mal par les exigences de ses partenaires.

Lassé par autant de méconnaissance de la presse, il se contente de fournir du matériel à Coq hardi par le biais de son agence Arts Graphiques Presse, concentrant ses efforts aux éditions de Châteaudun (sises rue de Châteaudun à Paris, 9e) qu’il vient de créer et où il est le seul maître à bord. C’est sous ce label qu’il publie ses nouveaux journaux : Mireille en 1953, Nano et Nanette en 1955, Frimousse en 1959…

La fin

Désormais placé sous la seule responsabilité des éditions de Montsouris, Coq hardi connaît une longue agonie, d’abord sous la forme d’un bimensuel de 36 pages qui ne dure que le temps de 18 numéros (de septembre 1954 à mai 1955) composés surtout de rééditions – comme « Le Capitaine Mystère » dessiné par Max Lenvers et scénarisé par Marijac, reprise d’un récit de 7 planches paru en 1942 et qui est à l’origine du « Capitaine Fantôme » illustré par Raymond Cazanave – ou de quelques traductions inédites.

La fin approche avec l’arrivée du  mensuel Coq hardi je serais… où la bande dessinée est minoritaire tout au long de ces 16 parutions (de juillet 1955 à septembre 1956). Chaque numéro de 36 pages décline une profession (pilote de course, marin, policier, chirurgien, dompteur, explorateur, pilote d’essai…) à l’aide d’articles et de photos, complétés par une courte bande dessinée, reprise ou d’origine étrangère. Ensuite, elle sera confiée à des dessinateurs espagnols non identifiés (parmi ceux qui, à l’époque, fuient le franquisme) — seul le récit du n° 4 est signé par Francisco Hidalgo — et, à partir du n° 9, à René Pellos. Quelques pages didactiques ou bandes humoristiques dues à Flip, Robert Moreau, Claude Marin ou Christian Godard qui signait alors Eme complètent le tout.

Marijac tente encore de relancer son titre fétiche sous l’appellation Cocorico : seulement 4 numéros parus en 1957, avec uniquement des reprises…

En mars 1962, encouragé par le succès de Frimousse, Marijac ressuscite Coq hardi sous la forme d’un pocket, mais les temps ont changé et le magazine disparaît avec son douzième numéro, un an plus tard. Ce Coq hardipoche propose des récits étrangers dessinés par l’Argentin Carlos Roume, l’Espagnol Florenci Clavé ou les Italiens Franco Caprioli et Renato Polese, la reprise du « Colonel X » de Poïvet ou de récits « marijaciens » illustrés par Pierre Le Guen, Christian Mathelot, Dut ou Marijac lui-même, et deux histoires inédites : « Coq hardi », un western sentimental à la gloire du peuple indien (qui prendra fin avec le journal, après 140 pages) écrit par Marijac pour le talentueux Dut

« Coq hardi » par Dut et Marijac.

et les amusants « 3 Mousquetaires du Far-West » dessinés par le toujours excellent Claude Marin.

Rappelons que Coq hardi, c’est aussi le Magazine Coq hardi lancé au début de l’année 1945 et qui se poursuivra jusqu’en 1950, totalisant 71 numéros (plus 2 d’une nouvelle série et quelques hors-série). Ces fascicules proposent surtout des reprises d’histoires réalisées par Marijac et ses collaborateurs pour Cœurs vaillants, Pierrot, le Journal de Toto… mais aussi des inédits (dont les éphémères « Texas Jack » de Gal en 1948 et 1949 et « John d’Œuf » de Claude Marin en 1949 scénarisés par Marijac) et quelques séries étrangères illustrées par Ruggero Giovannini, Gianni de Luca, Raffaele Paparella, Derek C. Eyles…

Enfin, Les Romans de Coq hardi publient des récits romanesques illustrés, signés par les collaborateurs des pages rédactionnelles de l’hebdomadaire que sont Georges Fronval, Albert Bonneau, Maurice Limat, Edmond Romazières… Toutefois, plus de la moitié (29 exactement) sont écrits par le romancier Paul Bérato, l’un des maîtres du roman populaire qui est, par ailleurs, à l’origine de cette collection, même quand ils sont signés de ses pseudonymes Paul Mystère, Yves Dermeze, Francis Hope ou Maurice de Moulins. Ces magazines à la présentation modeste qui comptent 46 numéros, publiés de 1946 à 1950, sont illustrés par des dessinateurs maison, tels Étienne Le Rallic, Georges Bourdin, Christian Mathelot, Marijac et surtout Dut. Leur succès sera grand tout au long de leur publication.

Homme de presse, mais en aucun cas éditeur d’ouvrages pour les librairies, Marijac, comme tous ses autres confrères français de l’époque, n’a pas su faire fructifier le matériel proposé dans ses journaux sous forme d’albums ; contrairement à leurs confrères belges qui en ont compris très tôt l’intérêt financier : pour l’éditeur, mais aussi pour l’auteur qui pouvait alors vivre mieux grâce aux droits d’auteur. Mathelot, par exemple, n’aurait peut-être pas abandonné la bande dessinée avec cet apport. Lorsque les éditeurs de journaux se sont rendu compte de leur erreur, il était trop tard. Au milieu des années 1970, ayant eu le privilège d’éditer avec succès, sous forme de modestes albums, la plupart des histoires publiées par Coq hardi pour la collection BDécouvertes des éditions Glénat, j’ai pu me rendre compte de leur impact sur les lecteurs, deux décennies plus tard. Marijac, devenu un ami, m’a confié, à plusieurs reprises, combien il regrettait de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Marijac.

Coq hardi, c’est avant tout l’histoire de cet homme qui, sans le moindre bagage, a réussi à se tailler une place de choix dans la presse pour jeunes, à la fois comme scénariste, dessinateur, éditeur… Marijac, dont nous évoquerons la vie et la carrière passionnantes dans un prochain « Coin du patrimoine ».

Henri FILIPPINI 

Relecture, notes et compléments, recherches iconographiques et mise en pages : Gilles Ratier

(1) Voir : Coq hardi : vie et mort d’un journal (première partie).

(2) Les éditions du Taupinambour viennent juste de rééditer les aventures de Cri-Cri reporter publiées dans le journal Nano et Nanette du numéro 177 au numéro 225 (entre 1960 et 1961), sous la forme de 2 albums à couverture cartonnée de 58 pages en noir, blanc et rouge, au format 29 sur 21,5 cm. Ils sont disponibles à l’achat sur le site http://coffre-a-bd.com.

 Sources :

— Coq hardi : réédition au tirage limité à 1 000 exemplaires des 10 premiers numéros de Coq hardi (éditions de Châteaudun, 1981),  

— « Souvenirs de Marijac » par Marijac, collection b.documents (éditions Glénat, 1978),

— « Haga présente Coq hardi » par Jean-Paul Tiberi et H. F. Calmels (janvier 1976),

Dossier Coq hardi par François Rahier dans Fumetto n° 89  (Anafi, 2014),

— Rétrospective Marijac dans Hop ! n°62, n° 90, n° 103, n° 105, n° 107, n° 109, n° 111, n° 113, n° 115, n° 117, n° 119, n° 121, n° 123, n° 125, n° 127, n° 129, n° 131, n° 133, n° 135, n° 137, n° 139 et n° 141.   

 

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2 réponses à Coq hardi : vie et mort d’un journal (deuxième partie)

  1. vincent dit :

    Article vraiment génial ! ca fait du bien de voire que toute cette periode de la BD française Coq Hardi n’est pas encore oubliée. Tous ces auteurs de grand talent sont une partie de notre patrimoine !
    Merci pour tout.

  2. Michel Dartay dit :

    Toujours très instructif, je viens de m’acheter deux reliures de Coq-Hardi à Drouot, et de nombreuse planches de l’excellent Christian Mathelot!

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