« Moby Dick » par Pierre Alary et Olivier Jouvray [d’après Herman Melville]

Encore une adaptation du célèbre roman d’Herman Melville ? Oui, mais c’est, une nouvelle fois, une mise en cases et en images formidable : aussi puissante que sensible ! Ce livre culte de la littérature américaine, bâtisseur du mythe de la baleine blanche à travers la quête furieuse, mystique et désespérée du capitaine Achab, est ici magnifiquement réinterprété et synthétisé par deux talentueux auteurs, très motivés par le sujet, qui ont su réécrire leur propre « Moby Dick », tout en restant fidèles au roman d’origine.

La date de parution de cet cet opus en cours de réalisation depuis 2006 et inclus ici dans la belle collection Noctambule – qui se veut une aire de liberté où les auteurs peuvent choisir d’adapter, fidèlement ou librement, des œuvres littéraires ancrées dans l’intimité de leur mémoire et qui nous a déjà proposé quelques beaux moments graphiques et narratifs (notamment dus à Loïc Miquel, Riff Reb’s ou Cromwell revisitant Joseph Conrad, Jack London, Pierre Mac Orlan ou Fenimore Cooper ; voir « Au cœur des ténèbres » par Loïc Godart et Stéphane Miquel, d’après Joseph Conrad, « Le Loup des mers » par Riff Reb’s, « Le Loup des mers » par Riff Reb’s, d’après Jack London ou Plus de lectures BD) — a certainement été repoussée pour ne pas entrer en concurrence avec la très belle version publiée en début d’année chez Vents d’Ouest (voir « Moby Dick : Livre premier » par Christophe Chabouté). Pourtant, il est intéressant, et même très profitable, de pouvoir comparer le travail de Christophe Chabouté avec celui de Pierre Alary et d’Olivier Jouvray : les deux sont parfaitement maîtrisés, mais dévoilent des personnalités différentes et se complètent parfaitement. On peut aussi, par curiosité, jeter un coup d’œil aux interprétations des Américains Bill Sienkiewick (voir Bandes musicales et dessinées) et Will Eisner (traduite aux éditions U.S.A., en 1998) ou à celles, pratiquement opposées, de Denis Deprez (chez Casterman, en 2007) et de Paul Gillon dans Le Journal de Mickey en 1982 (voir En hommage à Paul Gillon), entre autres…

Quoi qu’il en soit, toutes ces tentatives sont méritoires et favorisent les passerelles entre littérature et bande dessinée, et pas seulement en destination des jeunes lecteurs, même s’ils sont, souvent, le premier public visé…

Gilles RATIER

« Moby Dick » par Pierre Alary et Olivier Jouvray [d’après Herman Melville]

Éditions Soleil/Noctambule (17,95 €) – ISBN : 978-2-302-03754-0

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