« Thor : L’Intégrale 1964 » par Jack Kirby et Stan Lee

Après des débuts d’« Intégrale Thor » très simonsoniens, Panini Comics continue heureusement de publier les épisodes de « Thor » parus durant le Silver Age (ce qu’ils n’avaient pas fait avec « Hulk », malheureusement). Après un volume couvrant la genèse des années 1962-1963, c’est donc l’année 1964 qui est logiquement abordée aujourd’hui. Un must, bien sûr, malgré quelques déconvenues…

Pas de panique : le précédent volume s’étant clos sur l’épisode paru dans « Journey into Mystery » #100 de janvier 1964, celui-ci débute par celui de février 64, il n’y a pas d’oubli. Comme le radote justement Christian Grasse dans sa préface, 1964 est une année où les aventures de Thor prennent un peu plus d’envergure que précédemment, Stan Lee ayant pris conscience que le fils d’Odin – en tant que dieu venu sur Terre – ne pouvait pas avoir le même statut que les autres super-héros humains et ne pouvait donc pas combattre de simples super-vilains ne faisant pas le poids face à sa puissance divine. Voilà pourquoi Le Cobra et Mr Hyde voient leurs pouvoirs boostés par Loki, ou que des ennemis venus d’Asgard entrent de plus en plus en lice (la sublime Enchanteresse et le fourbe Exécuteur en première ligne) : question de cohérence… Pour autant, la série ne devient heureusement pas une succursale asgardienne, certains super-vilains restant dignes d’intérêt en offrant des confrontations savoureusement marvéliennes. Ainsi, le terrible Zarrko (l’homme du futur) apporte une dimension un peu plus excitante que d’autres, et Magneto constitue un adversaire tout à fait intéressant. L’ensemble de ce cru 1964 est donc assez plaisant, même si certains éléments tournent un peu en rond à force d’être remis sur le tapis sans réelle évolution (l’amour impossible entre Jane Foster et Thor à cause d’Odin, par exemple).

 

Plusieurs petites curiosités ou éléments à noter dans cet album… Il y a la première apparition d’un super-vilain français chez Marvel (oui madame… et avant Batroc !) en la personne de Paul Duval, alias La Gargouille Grise, qui connaîtra une certaine carrière par la suite… Autres premières apparitions cette fois-ci historiques, celles de L’Enchanteresse et de L’Exécuteur, deux personnages que l’on retrouvera assez régulièrement par la suite et qui auront des rôles déterminants dans la mythologie marvélienne (je vous laisse juge du charme de L’Enchanteresse, vénéneuse et redoutable beauté que Kirby a magnifié avec un plaisir palpable). Ensuite, il y a l’épisode avec Magneto où les X-Men sont là sans être là pour ne surtout pas faire d’ombre à Thor (on apercevra seulement et très subrepticement le rayon de Cyclope, la glace d’Iceberg, des bouts de silhouettes du Fauve et d’Angel, ainsi qu’un sous-marin marqué d’un « X » alors que la bataille semble faire rage, tout de même..!). Enfin, en regardant les couvertures en fin d’ouvrage, on voit qu’à partir du n°104 de mai 64, le titre « Journey into Mystery » se retrouve relégué en haut de couverture pour laisser une place prépondérante au nom de Thor qui (et c’est intéressant) reprend la même typographie que le titre originel. Cela permet de voir à quel point ce héros prit de l’importance dans l’esprit des lecteurs et connut de plus en plus de succès auprès d’eux, « Journey into Mystery » finissant par disparaître complètement au n°125 de février 1966 avant d’être rebaptisé « The Mighty Thor » au n°126 le mois suivant…

 

Esthétiquement, cette année 64 est très révélatrice et pleine d’enseignement sur l’importance de l’encrage quant au respect et à la sublimation du style d’un artiste tel que Kirby. Tout au long de ces épisodes, pas moins de cinq encreurs se succèdent ou apparaissent par alternance, donnant des résultats très différents et malheureusement assez décevants. George Bell et Paul Reinman sont si patauds et gras qu’ils noient ou éludent le style de Kirby. Don Heck fait ce qu’il peut, c’est-à-dire peu, comme d’habitude. Vince Coletta ne peut pas s’empêcher de placer des fioritures inutiles et d’accumuler les hachures qui n’ont rien à faire là, dénaturant la force brute de l’esthétique kirbyenne en n’en comprenant pas l’essence même : chez Kirby, les traits et hachures de volumes ou d’ombres sont rarissimes, voire inexistantes, remplacés par des motifs ou des à-plats qui sont encore puissance du trait. En voulant faire son malin et montrer qu’il comble des manques alors qu’il n’y en a pas, Coletta obtient un résultat mièvre et sans force, pour tout dire bâtard. Plus tard, il simplifiera tout aussi bêtement le style du King. Finalement, c’est Chic Stone qui s’en sort le mieux, respectant le côté graphique primordial du King en sachant alterner traits fins, épais et à-plats, osant un encrage pop. On aura donc des sentiments mitigés en parcourant ces pages, ce qui n’enlève rien malgré tout au plaisir de lire à nouveau ces récits historiques qui fleurent si bon les sixties… Et puisqu’on en est à l’esthétique, abordons enfin le problème des « Tales of Asgard ».

 

Comme je vous l’avais dit dans ma critique du « Thor : L’Intégrale 1962-63 », j’espérais par-dessus tout que Panini Comics reprenne ces courts récits qui ont complété la série régulière de « Thor » de fin 1963 à fin 1967. Pour beaucoup (dont je fais partie, donc), ces récits complémentaires furent les plus beaux, les plus passionnants du titre à cette période-là. Se déployant sur seulement 5 pages, ces histoires nous racontaient la jeunesse de Thor et des événements plus ou moins fondamentaux ayant trait aux différents personnages inhérents à Asgard. L’occasion pour Lee et Kirby d’étoffer leur univers réinterprétant les légendes scandinaves tout en lui donnant une vraie épaisseur, une richesse, sans être coincés par la trame super-héroïque où ils avaient plongé le fils d’Odin. Quand j’ai parcouru ce volume, j’ai retrouvé avec un extrême bonheur ces fameux « Tales of Asgard »… Et puis aux trois quarts de l’album, à l’épisode « Piégés par les Trolls », patatras ! Le choc. L’horreur. L’immonde. La cata. Et ça continue jusqu’à la fin de l’album. Ces quatre derniers épisodes de « Tales of Asgard » défigurés, dénaturés. Des couleurs telles qu’on les fait maintenant sur Photoshop, avec plein de dégradés qui font « super classe », au point qu’on reconnaît à peine le style de Kirby, totalement noyé par ce déferlement technologique de couleurs « modernes ». Une boucherie. Un non-sens. Horrifié de parfois ne même plus reconnaître Kirby, j’ai regardé de plus près chacune des cases, tout de même étonné qu’une telle recolorisation puisse à ce point dénaturer le trait. Et là, horreur dans l’horreur. Stupéfaction. Bon dieu de bon dieu, mais même les traits ne ressemblent pas aux traits de Kirby !!! En sueur, je compulse de vieux comics, des éditions antérieures… Et ce que je craignais s’avère exact : ça a été redessiné ! Nouvelle mise en couleurs inepte + épisodes redessinés = cauchemar. Trahison. Mais que s’est-il passé ?!

 

C’est notre ami et collègue Jean Depelley, l’un des plus grands connaisseurs français de Jack Kirby, qui m’a donné la réponse. J’en profite pour vous annoncer que Jean Depelley a écrit une remarquable biographie de Jack Kirby – sûrement l’une des plus érudites et complètes au monde – qui sortira chez l’éditeur Neofelis en 2014, si monumentale qu’elle paraîtra en deux tomes : « Jack Kirby, le super-héros de la bande dessinée ». Le premier tome, couvrant la période 1917-1965, sortira courant janvier et fera pas moins de 384 pages, abondamment illustré de photos, dessins et crayonnés rarissimes. Je vous en parlerai longuement ici même au moment de sa sortie, bien sûr. Mais revenons au massacre. Voici l’explication très éclairée de Jean Depelley, suivies d’illustrations qui vous permettront de bien vous rendre compte de la chose :

« En septembre 1965, Marvel fait l’acquisition d’un appareil à photostats, un outil alors très cher de reprographie photo. Les photostats sont des tirages photographiques, développés automatiquement et rapidement sur rouleaux de papier photo. Cet investissement s’avère très utile à Stan Lee pour plusieurs raisons. Avec les tirages d’excellente qualité des pages crayonnées, dialoguées et lettrées, plus de problèmes en cas de perte des planches par la poste au moment de l’envoi aux encreurs. Les nouvelles pages sont systématiquement photographiées et archivées. Les anciennes planches, stockées par l’éditeur, sont également passées à la moulinette et les photostats conservés, pour que les artistes aient à disposition des dessins des personnages en costume. Avec ces références, ils les dessineront toujours de la même manière… Grâce à cela, Stan va s’éviter de nombreuses retouches en post-production, un job précédemment dévolu à Sol Brodsky ou aux artistes de passage aux bureaux (Kirby, Ditko, Ayers, Heck, Wood…). Jack, qui n’a pas beaucoup de mémoire, en reçoit un grand nombre à partir de septembre 1965 et les conservera pieusement dans ses archives… Les tirages, d’abord au petit format (A5), seront réalisés à la taille des revues à la fin des années 60…

Avec le temps et les envois aux dessinateurs, de nombreux photostats disparaissent des archives Marvel, sans compter les planches qui sont volées à partir de 1969. Tout cela pour dire que Marvel n’a plus forcement les éléments pour rééditer ses comics. Si la majorité des photostats sont disponibles (et sont utilisés pour les nombreux reprints des années 60-70), certaines histoires doivent être complètement redessinées (notamment par le dessinateur Phil Lord) pour les rééditions Masterworks à partir de novembre 1987. C’est le cas des premiers épisodes des grandes séries (« Fantastic Four », « Amazing Spider-Man », et tout le Golden Age…). Ces reproduction se font à partir des comic books grâce à une table lumineuse ou par rétroprojection. Pour le Golden Age, Greg Theakston a amélioré une autre technique déjà utilisée par Joe Simon, consistant à blanchir à la javel des pages imprimées de comics. Le résultat n’est pas toujours au niveau (cf : la reprise Masterworks de  « Fantastic Four » n°1). Aujourd’hui, tout le catalogue Marvel est numérisé.

En ce qui concerne « Tales of Asgard » et particulièrement l’épisode de « Journey into Mystery » #110 (date de couverture : novembre 1964), il a été réalisé par Kirby en juin de la même année (six mois plus tôt), soit plus d’un an avant l’achat de la machine à photostats. La réalisation de ceux-ci s’est donc faite a posteriori. Les photostats n’auront été donnés à Kirby que si les personnages impliqués étaient récurrents. C’est le cas pour Odin, mais le personnage apparaissant régulièrement, il n’est pas certain que Kirby ait eu copie de cette histoire. Aujourd’hui, aucun photostat de cet épisode n’est présent dans les archives du Kirby Estate. Ce qui ne veut pas dire que Kirby ne les ait pas eus (il en a jeté pas mal à la poubelle au moment de son déménagement pour la Californie en décembre 1968). Concernant les planches originales, 11 pages sur 22 ont été volées à Marvel avant 1985 (cf : la liste dressée par Irene Vartanoff). Je ne sais pas si l’éditeur disposait encore ou non des photostats. Dans le cas négatif, il aura fallu complètement redessiner l’épisode. La comparaison au trait de la réédition Panini à la publication originale dans « Journey into Mystery » #110 semble corroborer ce fait. Thor sur la splash page paraît avoir été redessiné. Même remarque pour les yeux d’Odin sur la dernière case de la page 5.

En ce qui concerne les couleurs, elles ont été refaites à l’occasion de la réédition américaine « Thor : Tales of Asgard », un Hard Cover de 2010. Les coloristes ont ajouté des ombres et densifié le trait, certainement pour moderniser l’ensemble (cf : les couleurs criardes de l’éclaireur sur la splash page) et masquer les petits traits bâclés et insignifiants de l’encreur Vince Colletta (un habitué des simplifications sur ses encrages). Panini est donc parti de ces fichiers… »

Splash page de "Tales of Asgard" dans "Journey into Mystery" #110

La même splash page de "Tales of Asgard" dans "Journey into Mystery" #110 telle qu'elle a été "restaurée"...

Planche 5 de "Tales of Asgard" dans "Journey into Mystery" #110

Planche 5 de "Tales of Asgard" dans "Journey into Mystery" #110 telle qu'elle a été "restaurée"...

Afin de mieux voir l’étendue des dégâts, je vous propose enfin ci-dessous un agrandissement de la dernière case de cette planche 5, originale puis « restaurée ».

Avant...

Après... Regardez bien et comparez avec la case originale la fossette de la joue de Thor, les traits du casque et de ses ailes, et les traits de fourrure et d'armure d'Odin...

Voilà, mes petits fans asgardiens, vous savez maintenant tout… Jean Depelley ne veut pas que je dise qu’avec tout ça « c’est Kirby qu’on assassine », considérant que c’est bien de publier Kirby en France de toute façon ; il va me détester, mais je le dis quand même. Même si ces « restaurations » ne sont pas le fait de Panini Comics (on ne peut donc les incriminer sur ce point), on aurait tout de même aimé que cet « éditeur » choisisse un autre matériau de base pour constituer cette Intégrale, car cela engendre une réelle et dérangeante dichotomie visuelle au sein de cette publication. On espère aussi – de manière plus générale – que cette mode de « modernisation » des œuvres anciennes s’essouffle enfin. Je pense par exemple aux films en noir et blanc qu’on recolorise honteusement pour un résultat médiocre afin de plaire aux nouvelles générations qui – d’ici quelques décennies – ne pourront même plus savoir ce que c’est que de vibrer face à la puissance d’images en noir et blanc si tout continue ainsi. Vous me prenez pour un réactionnaire ? Non. Progressiste, plutôt, tant ces manœuvres de remaniements esthétiques sont profondément ringardes et appauvrissantes. Mais on ne va pas refaire le monde là, maintenant, dans cet article qui je l’espère vous aura plu et appris plein de choses…

Cecil McKINLEY, accompagné de Jean DEPELLEY

« Thor : L’Intégrale 1964 » par Jack Kirby et Stan Lee

Éditions Panini Comics (29,40€) – ISBN : 978-2-8094-3082-0

Galerie

7 réponses à « Thor : L’Intégrale 1964 » par Jack Kirby et Stan Lee

  1. Captiaine Kérosène dit :

    Cher Cecil,

    J’attendais votre commentaire sur cette édition avec impatience. J’étais en effet curieux d’avoir votre réaction devant ce massacre des planches de Kirby.
    Pour ma part, je me faisais une joie de lire ces épisodes. Mais quand j’ai feuilleté l’album, j’ai été pris d’une réelle fureur en voyant cette catastrophe, toutes ces planches « restaurées » par un tâcheron qui a voulu en mettre plein la vue avec son nouveau Photoshop. Un peu comme si on restaurait une église romane en y remplaçant la pierre par de l’aluminium et du verre. Quelle honte ! mais quelle honte ! Les éditeurs de chez Marvel ont de la merde dans les yeux et un mépris total du lecteur. Et Panini aussi dans la mesure où il n’est fait absolument aucun commentaire dans l’introduction sur ce problème (un semblant d’excuse aurait été le bienvenu). Pour ma part, il n’est pas question que j’achète cette daube. Heureusement que j’ai pu feuilleter ce volume lors de mon passage en France.
    L’édition des Conan de Barry Smith chez Soleil a elle aussi souffert de la Photoshopite aigüe, de même que les épisodes du Fury de Steranko et les X-Men de Neal Adams en éditions américaines « modernisées ».
    Urban annonce enfin les épisodes des Grenn Lantern/Green Arrow d’Adams et O’Neil (nous avons été exhaussés). J’espère que les couleurs ne seront pas du même acabit (elles seront trop criardes à n’en pas douter, comme d’habitude).

    Concernant le Kirby à paraître chez Neofelis, j’espère que cet éditeur se bougera un peu sur les envois à l’étranger. Pour l’intégrale Flash Gordon d’Al Williamson, il n’avait fait aucun effort pour proposer un tarif livre décent à l’International, alors qu’il suffit de le demander à la Poste (je lui avais indiqué la procédure et il ne m’a jamais répondu). Et comme le livre n’était pas commandable ailleurs que sur le site, j’ai dû m’en passer. Je note d’ailleurs que malgré un tirage limité, il est toujours disponible. Ceci explique sans doute cela.

    • Renaud045 dit :

      Merci à vous d’annoncer la parution prochaine du fabuleux Green Lantern / Green Arrow l’impatience sera à son comble, on pourra toujours patienter avec Kamandi 2…
      Superbe article de Cecil comme d’hab et les explications sont superbement intéressantes. Bon, je suis assez partagé en fait. Panini ne fait qu’éditer les bouquins et ne touche pas au matériel à priori et c’est dommage… Donc devaient ils publier cet horrible travail, déjà qu’à la base l’encrage de Vince Colletta est juste destructeur du taff de King Jack…
      Mais d’un autre coté j’aurais été un peu déçu de ne pas voir ces récits pourtant disponibles en petit format chez Arédit dans les Thor Poche…
      Franchement je reprocherai plus à Panini des éditions hors de prix en grand nombre et une politique éditoriale des plus curieuse…
      Bon je suis quand même content d’un tome de Thor provenant de l’équipe légendaire Lee / Kirby, même si on doit regretter que ce qui est sans doute son plus beau travail Marvel soit tacheronné par Colletta. J’imagine que le méticuleux Joe Sinnott ne travaillait pas encore pour Kirby à cette époque. Il est vrai que Chic Stone était un très bon encreur qui a encré de très bons numéros des Fantastic Four pour le même Kirby…
      Ce qui me chagrine aussi c’est que Panini annonce que le Iron Man qui va sortir sera le dernier avec 18 numéros… Bien dommage car le retard pouvait être plus rapidement comblé. J’imagine bien une intégrale de 12 numéros de 17 planches à 30 euros ça va faire du bien à mon porte monnaie bien plombé…
      La bonne nouvelle de Panini est l’annonce d’un Daredevil en intégrale, il était plus que plus temps…
      Bref, pour une fois je ne charge pas trop la barque de Panini, je prends quand même….pour Kirby !

      • Cecil McKinley dit :

        Bonjour Renaud,

        Merci de votre commentaire et de vos compliments.
        Je comprends votre sentiment mitigé; moi aussi j’aurais été déçu que les « Tales of Asgard » ne soient pas présents dans cette intégrale, mais je ne peux m’empêcher de fulminer devant le résultat… Je ne reviendrai pas sur la « politique éditoriale » de Panini ni sur ses prix prohibitifs, vous savez ce que j’en pense…
        No comment pour le « Iron Man », et espérons que l’intégrale « Daredevil » sera un minimum réussie, ce personnage et cette série le méritent amplement…
        Allez, Renaud, vive Kirby!
        Bien à vous,

        Cecil McKinley

    • Cecil McKinley dit :

      Hello Captain,

      Merci de votre commentaire.
      Je vois que je ne suis pas le seul à avoir été révolté par ces immondes « restaurations ». Comme je le disais en fin d’article, au-delà de la simple passion de la seule bande dessinée, cet état de fait – à mes yeux gravissime – n’est qu’un symptôme d’un mouvement actuel qui pèche par modernité mercantile, pensant que les nouvelles générations et que l’esthétique de notre temps nécessitent une modernisation des choses pour continuer à vendre. Ce faisant, ces abrutis ne font pas confiance à ces nouvelles générations (qui sont tout à fait aptes à apprécier les choses telles qu’elles sont pour peu qu’on leur propose au lieu de les prendre pour des crétins) et surtout mettent à bas tout le sens premier de la nature créatrice, du respect et de l’intérêt de leur identité spécifique. Un mauvais film en noir et blanc ne deviendra pas meilleur en couleurs… Dictature de l’apparence, nivellement des esprits par le bas. C’est à cause de ce genre d’individus, justement, que les nouvelles générations ne peuvent développer un intérêt pour des sources artistiques diverses, les encourageant à ne suivre que les grandes mouvances de « produits culturels ». Néanmoins, n’oublions pas que ce processus actuel ne l’est pas vraiment, il ne fait qu’être exacerbé par notre société appauvrissante aux moyens technologiques surdimensionnés. En effet, que penser d’un Viollet-le-Duc qui s’empara de Notre-Dame de Paris pour la transformer en palais gothique, en accord avec une culture du romantisme qui s’était imposée… De tous temps, ce processus de « modernisation » a existé, mais il est aujourd’hui si puissant et banalisé que les ravages sont considérables… Vivement qu’on quitte le mp3 pour revenir au vrai visage de la musique, sans aigus saturés ni basses sans ampleur…
      Voilà, je m’arrête avant qu’on me prenne pour un vieux réac’. Mais quand certains progrès technologiques sont une régression, faut-il vraiment se taire et accepter que son envie de respect et de réel progrès ne soit pas immanquablement pris comme synonyme de « c’était le bon vieux temps »? Il n’y a pas de bon vieux temps. Juste des réussites et des échecs, passés, actuels ou futurs…
      Bien à vous,

      Cecil McKinley

  2. Michel Dartay dit :

    Bonsoir Cecil.
    Et bravo pour cet article documenté et assez sidérant sur sa fin.
    Je n’ai pas encore feuilleté le livre Panini en question, mais vos révélations me stupéfient. Passe encore que Marvel US ait voulu moderniser les planches du King en les photoshopant, dans le but de faire un livre isolé. Mais pourquoi reprendre cette version à coté de planches plus anciennes, ayant conservé leurs couleurs d’origine? C’est une aberration qui va étonner plus d’un acheteur potentiel…Et il y a de quoi! L’Intégrale Thor 1964 va cruellement manquer de cohérence, sans parler d’un traitement assez désinvolte de l’oeuvre originale du King.
    Les Tales of Asgard ont été reprises deux fois en comics, la première dans les années soixante, la seconde plus tard (1980, sous une couverture de Walt Simonson). De mémoire, il me semble que les planches et couleurs d’origine avaient été respectées.
    Alors qu’en est-il? Le matériau d’origine a t-’il vraiment disparu?
    A vous lire,, amicalement!
    Michel (de Zoo)

    • Cecil McKinley dit :

      Bonjour Michel,

      Merci de votre commentaire.
      Oui, stupéfiantes révélations, comme vous dites! Je ne décolère pas. Vous avez raison en disant que d’autres « versions » de ces épisodes existent, dans des publications précédentes, et qu’il aurait été bienvenu de la part de Panini de réfléchir un tant soit peu avant de publier ensemble ces « versions » différentes au sein d’un même ouvrage… C’est vraiment débile et en dit long encore une fois sur la « politique éditoriale » de cet « éditeur ». Mercantiles et incohérents, voilà ce qu’ils sont. Quant à savoir si le matériel de base a réellement disparu, voilà qui reste pour moi une énigme…
      Bien à vous,

      Cecil McKinley

  3. Captain Kérosène dit :

    Bonjour,
    Depuis plusieurs jours, les commentaires ne s’affichent plus sur le site, alors que des citations qui en sont extraites figurent toujours en bas à droite de la page d’accueil.
    Par exemple, au moment où je tape ce message, l’icône « pas de commentaire » est affiché sous le picto imprimante et je ne vois effectivement aucun commentaire sous votre article. J’ai constaté le même bug sur d’autres pages du site.
    Quelqu’un d’autre a-t-il aussi ce problème ? Je pose la question mais ne pourrai bien sûr pas lire la réponse puisque les commentaires ne s’affichent pas.

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