L’impressionnant dessinateur serbe Gradimir Smudja s’est emparé d’un étonnant et méconnu haut fait de bravoure de l’histoire de l’art — qui s’est déroulé à Paris, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale —, afin de le raconter en bande dessinée dans un diptyque dont le premier tome vient de sortir et où il impose, une fois de plus, son flamboyant style graphique… mais toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie. Le 14 juillet 1939, Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre en place, va organiser le plus grand déménagement d’œuvres artistiques au monde (4 000 merveilles, dont « La Joconde », « Le Radeau de la Méduse » ou la « Victoire de Samothrace »). Ceci pour éviter qu’elles tombent dans les griffes des nazis : incroyable, mais vrai !
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On ne produit plus trop de fables en bande dessinée, et c’est bien dommage ! Extrapolant le conte du « Chat botté » de Charles Perrault, Michel Rodrigue a eu la bonne idée de faire illustrer son joli texte par son ami René Hausman, dont le trait virtuose convient parfaitement à cet univers légendaire et merveilleux?
Il faut dire que les deux complices se connaissent depuis pas mal de temps : le dessinateur de « Saki » et de « Laïyna » ayant illuminé, par exemple, les trois très beaux albums pour enfants (mais aussi pour les plus grands) de la série « La Grande tambouille » (des fées, des sorcières et des lutins), aux éditions Au bord des continents entre 2003 et 2005, que lui a concocté le scénariste (plus connu comme dessinateur de « Cubitus » ou de « Clifton »).

Cette sensible histoire d’un jeune prince dont le visage, tout en conservant son corps d’humain, prend les traits des animaux dont il croise le regard, nous gratifie d’images spectaculaires : en effet, le scénario naturaliste et historique permet à René Hausman de donner le meilleur de lui-même, que ce soit dans les scènes à l’intérieur du palais où le prince a été enfermé par le roi et la reine effrayés par ce phénomène ou dans les décors naturels ; et particulièrement dans la forêt de ce lointain et imaginaire royaume médiéval, peuplé d’elfes et de gnomes, où notre malheureux héros à la tête de chat se réfugie…
Certes, rien de révolutionnaire dans ce somptueux livre publié dans l’écrin de la collection « Signé » du Lombard, mais un fort plaisant récit accumulant les métaphores, qui se révèle somme toute assez original car très symbolique, et qui bénéficie d’envolées graphiques époustouflantes !
Gilles Ratier
? Le Chat qui courait sur les toits ? par René Hausmann et Michel Rodrigue
Éditions Le Lombard (14,50 Euros)









Merci pour cet article, les bandes dessinées de chat me manquait. Un grand merci en particulier pour l’auteur de cet ouvrage.