Marc Wasterlain

Avec le tome 1 de l’intégrale des histoires du « Docteur Poche » de Marc Wasterlain (lesquelles préfigurent les ?uvres ambitieuses d’une nouvelle génération d’auteurs qui va bouleverser les habitudes des lecteurs du traditionnel journal Spirou), les éditions Dupuis continuent de nous proposer de superbes ouvrages très complets, agrémentés par de nombreux dessins inédits et par des textes aussi passionnants qu’érudits (dus ici à Didier Pasamonik).

Non seulement y retrouve-t-on les premières aventures oniriques, cocasses et émouvantes, de ce médecin sachant voler dans l’ordre chronologique de ses parutions dans l’hebdomadaire de Marcinelle (avec les différentes versions de certaines pages redessinées pour les albums)(1), mais nous avons également droit à des récits jamais publiés jusqu’à ce jour en albums : tels « Chronique d’un balayeur de l’an 2000 ou Le Jour des fleurs » (paru au n°2000, du 12 août 1976, de Spirou), « Le Pivert jaune pâle » (au n°2069 du 8 décembre 1977), « Le Monstre qui volait » (au n°2096 du 15 juin 1978) et « Chasseur d’images » (au n°2121 du 7 décembre 1978).

Sans vouloir paraphraser l’excellente introduction de Didier Pasamonik qui nous conte avec délectation de nombreuses anecdotes savoureuses et souvent intimes sur cet immense dessinateur belge qui influença tant d’autres de ses jeunes collègues (André Benn, André Geerts, Bernar Yslaire, Frank Le Gall, Frank Pé, Christian Darasse, Malo Louarn…), nous ne résistons pas à l’envie d’évoquer, nous aussi, la carrière chaotique du grand Marc Wasterlain : un dessinateur qui réussi à s’émanciper, sans le trahir, du style de l’« École de Marcinelle » dont les principaux représentants s’appelaient Jijé, André Franquin, Morris, Peyo, Maurice Tillieux, Jean Roba…. Ceci en essayant, au contraire, de trouver quelques détails peu connus du grand public afin d’enrichir les enseignements déjà nombreux de ce premier tome.

Né le 29 juin à Erquelinnes (village belge situé près de la frontière française), Marc Wasterlain étudie le dessin à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Mons puis au Centre des Arts Décoratifs de Bruxelles avant de devenir, en 1966, l’élève de Dino Attanasio (voir « Le Coin du patrimoine » qui lui est consacré). Il réalise d’abord des couleurs et du lettrage, puis de la mise à l’encre et des décors sur toutes les séries de ce prolifique auteur belge de souche italienne : « Spaghetti », « Gianni Flash », « Colonnello Squilla », « Ambroise et Gino »…, et surtout « Modeste et Pompon ». Son style assez rugueux, déjà fortement reconnaissable, est d’ailleurs particulièrement visible sur certains gags présents dans les n°1017, 1021 et 1022 de 1968, alors qu’il se rôde aussi à la technique du scénario avec le récit de sept pages intitulé « Alerte soucoupe » (publié au n°999 de 1967 de l’hebdomadaire Tintin, numéro spécial de Noël et 50ème de la version belge).

Ensuite, en 1968, il entre au studio dirigé par Maurice Rosy pour dessiner quelques aventures de « Bobo », l’éternel prisonnier d’Inzepocket ; mais après diverses déconvenues, tant au niveau de son travail que de son couple, il part chanter sur les routes de Hollande (avec le groupe Les Rayllisters)(2) : il reste ainsi six mois à Amsterdam en essayant de placer ses dessins, sans grand succès. De retour à Bruxelles, anéanti, il reçoit heureusement un coup de fil de Charles Dupuis, alors que son dossier avait été refusé par le rédacteur en chef du Spirou de l’époque (Yvan Delporte), lequel lui apprend que Peyo cherche un collaborateur(3).

Son dossier ayant été retenu par François Walthéry, c’est ainsi que, de 1968 à 1972, il devient l’assistant de Pierre Culliford dit Peyo (voir nos « Coins du patrimoine » sur ce sujet : article 3837 et article 3545) ! Dans son studio, Marc Wasterlain aide Peyo à réaliser certains épisodes des « Schtroumpfs » et de « Benoît Brisefer » publiés par le magazine Spirou : en se chargeant du lettrage et du remontage de vignettes dans un premier temps, avant de s’acquitter de tâches plus importantes comme les décors du « Sortilège de Maltrochu », le dernier « Johan et Pirlouit » signé Peyo.

Á la même époque, il essaie de voler de ses propres ailes en collaborant avec d’autres dessinateurs comme Jacques Devos (qui lui écrit le scénario, légèrement retouché par Peyo, du mini-récit « Capitaine Plouf et Pample le mousse » dans Spirou) ou Benn (qui lui dessine deux pages de gags des « Naufragés du désespoir » au n°14 de Tintin Sélection), en 1971.

La même année, il participe à Samedi Jeunesse (avec « La Patrouille de l’espace », 6 pages publiées dans le n°163 de mai 1971) et crée, enfin, ses propres personnages : « Bob Moon et Titania », de la science-fiction comique qui trouve asile dans Tintin. Détail amusant, c’est Yvan Delporte (qui n’était plus le responsable de la rédaction de Spirou où il avait refusé le dossier du jeune Marc quelque temps auparavant) qui lui assure le scénario des premières pages de la série, allant même jusqu’à préparer et présenter son dossier à Greg ! Le rédacteur en chef tout puissant de l’hebdomadaire pour les jeunes de 7 à 77 ans, un peu dubitatif devant cette proposition, finit par l’accepter ; peut-être, comme le suggère Didier Pasamonik dans son introduction à cette magnifique intégrale, parce que « le projet est présenté par celui qui fut son rival ou par malice afin de piquer un collaborateur à son confrère Peyo »(4). En tout cas, dans le n°7/8 du fanzine Tonic de novembre 1978, Wasterlain déclarait que « Greg, à l’époque, m’a dit que cela ne pourrait pas marcher tout de suite, mais qu’il me donnait cinq ans pour me former : ce qui était assez audacieux de sa part car il me mettait directement en concurrence avec des gens ayant quinze/vingt ans de métier, pour la plupart ! »

En 1972, Marc Wasterlain dessine le chat « Poussy » créé par Peyo pour illustrer des textes d’Yvan Delporte parus dans Spirou (« La Poussyclopédie »), avant de publier, dans Tintin, les aventures d’un musicien vagabond : « Monsieur Bonhomme ».

Et c’est dès le n°26 de 1972 de Tintin (uniquement dans la version belge) qu’il propose cette préfiguration peu connue de son « Docteur Poche », dans un court récit de deux pages intitulé « Le Marchand de vacances » ! Il aborde ainsi, avec cet étonnant personnage coiffé d’un haut de forme, qui deviendra violoncelliste l’année suivante(5) , la fiction fantaisiste et poétique ou encore « le burlesque fantastique » qui sera l’apanage de toute son œuvre à venir.

Si, en 1973, notre auteur écrit, dissimulé sous le pseudonyme de Louis XIV, un court épisode de « Natacha » (« Un brin de panique ») pour son confrère du studio Peyo François Walthéry, hélas, l’année suivante, il se casse les doigts de la main. Il se retrouve alors dans l’incapacité de tracer des courbes : d’où le style anguleux et nerveux qu’il développe et qui s’éloigne de plus en plus du côté lisse et rondouillard de Peyo. C’est aussi à ce moment-là que son protecteur, Greg, démissionne de son poste de rédacteur en chef (il deviendra ensuite directeur littéraire chez Dargaud) et…, exit « Monsieur Bonhomme » des pages de Tintin : cette charmante création ne correspondant pas aux conceptions qu’avait le nouveau patron du Lombard (le propre fils de Raymond Leblanc) du héros de bande dessinée.

Pour ne rien arranger, il perd son premier enfant dans un accident et il s’en suit une période de déprime bien compréhensible où il n’arrive à fournir, à Greg (qu’il a suivi pour travailler dans Achille Talon Magazine), que deux épisodes de 11 pages de « Lapomme », jeune étudiant qui n’est autre que le neveu d’ « Achille Talon », publiés en 1975 (voir bdzoom/4139) et quelques récits complets pour Spirou. L’un est scénarisé par Raoul Cauvin (« Mieux motards que jamais », (6) pages au n°1938 de 1975), l’autre est une parodie des « Schtroumpfs » en 4 planches (« La Flûte a six foumpfs », au n°1973 de 1976) et le troisième (les 8 pages de la fable écologique « Chronique d’un balayeur de l’an 2000 » reprise dans cette intégrale) précède d’une semaine l’arrivée de son célèbre magicien et gentil poète : « Docteur Poche », au n°2001 du 19 août 1976(6) : « Après Tintin et un court passage chez Dargaud, il ne me restait plus que Spirou pour retenter ma chance. Je suis donc retourné voir Thierri Martens qui, cette fois, m’a accepté, trouvant que j’avais fait suffisamment de progrès et qu’il était temps de commencer à travailler à Spirou ! Et j’ai sorti « Docteur Poche » de mes tiroirs… » dixit Marc Wasterlain dans Tonic n°7/8.

Car il faut savoir que si c’est surtout grâce au nouveau rédacteur en chef en place que ce personnage très proche de « Monsieur Bonhomme »(7) est créé pour Spirou (le rôle de découvreur de Thierri Martens est souvent injustement mésestimé mais il faut dire que ses opinions politiques fortement marquées n’ont rien fait pour lui amener la sympathie de ses détracteurs), ce dernier lui avait déclaré, au préalable, qu’il préférait qu’il aille se rôder chez un concurrent, quitte à revenir quand il serait formé. Et d’ailleurs, c’est ce qui s’est finalement passé ! « On a beaucoup critiqué Martens. Il est vrai que c’est un personnage un peu bizarre au premier abord mais c’est une façade car ce gros bonhomme est un tendre et un véritable amateur de bandes dessinées (il est également auteur de romans de science-fiction qu’il signe sous le nom d’Yves Varende). En tant que rédacteur en chef de Spirou, il a remis de l’ordre dans toutes les choses administratives. Il nous a mis en piste – Walthéry et moi – et je ne peux l’oublier. Á côté de cela, il y a eu des erreurs. On a vu dans Spirou des histoires qui n’y avaient peut-être pas leur place. Mais alors, que dire… Je pense qu’être rédacteur en chef d’un tel journal n’est pas chose facile. » : toujours d’après Marc Wasterlain dans Tonic n°7/8.

Martens pousse aussi Marc Wasterlain à sortir de son « Docteur Poche », le temps de quelques superbes illustrations (pour « Mais comment font-ils ? » en 1976 ou « Le Musée des oiseaux extraordinaires » en 1978, par exemple), de deux collaborations expérimentales (les 9 planches du « Pousse–caillot » dessinées avec Jean-Marie Brouyère et Bernard Hislaire sur scénario de Raoul Cauvin dans les n°2004 et 2013 de 1976, et le cadavre exquis scénarisé par Alain De Kuyssche, 4 pages de « Boule et Bill » dans « Bill a disparu » au n°2173 de 1979) ou de rares récits complets : les étonnantes 8 planches de « Tueur à ?gag?es : un gag thriller… » au n°2031 de 1977, les 2 de « Renard Rusé » signé du pseudonyme John Paulus au n°2115 de 1978, celle de « Ringard le roi des loubards » où il utilise le nom de Topin, les 5 de « Cravate héros de l’aéropostale » au n°2139 de 1979 (numéro qui publie aussi son scénario de 4 pages pour « Le Chevalier sans visage » illustré par Hislaire) ou encore celle de « Chère Anne » soi-disant réalisée par une certaine Anne Barett au n°2185 de 1980.
Même si, Marc Wasterlain se fait plus grave en s’inspirant de l’actualité, il joue encore avec l’humour dans quelques bandes publiées dans les revues belges En attendant (magazine rock où il commet de nombreuses d’illustrations et quelques strips du « Commissaire Bourru » scénarisés par Jean-Claude de la Royère, de 1977 à 1979 : un gag sera aussi publié dans le n°4 du Journal illustré…, en 1983), Mip-TV, Job…, ou encore Félix Magazine (avec « Copabanana », deux planches de gags sur scénario de Jean-Claude de la Royère, le rédacteur en chef de ce luxueux périodique des éditions Deligne), dans les n°2 et 3 de 1982.
En 1982, dans Spirou, il lance « Jeannette Pointu »(8), femme photographe et reporter indépendant qui parcourt le monde en affrontant les multiples problèmes sociaux et humains qu’elle rencontre aux quatre coins de l’aventure, sans aucune mièvrerie. Les vingt albums compilés aux éditions Dupuis de 1983 à 2005, seront pré-publiés alternativement dans le quotidien Le Soir (en Belgique), Okapi , Tremplin et Spirou, lequel propose encore de nombreux inédits jusqu’en 2005, mais on sent que la série n’est pas vraiment soutenue. Et les éditions Dupuis ayant décidé de mettre fin au contrat les liant à Marc Wasterlain, « Jeannette Pointu » est malheureusement à l’arrêt : l’auteur comptant pourtant bien raconter, un de ces jours, la jeunesse de cette bouillante jeune femme et ses débuts dans la photographie…

Parallèlement, Marc Wasterlain écrit des scénarios plus réalistes pour ses amis et collègues à Spirou. Ce sera « Natacha » dans « L’Île d’outre monde » en 1983 et dans « Natacha et les dinosaures » en 1998 (où Wasterlain dessine les dinosaures de la première moitié de l’album) pour François Walthéry, « Jess Long » dans « Silicium Valley » en 1987 pour Arthur Piroton et « La Patrouille des Castors » dans « Le Calvaire du mort pendu » en 1988 dans Le Moustique (puis dans « Torrents sur Mesin » en 1990 dans Spirou) pour MiTacq ; ou encore un court épisode de 6 pages avec « Bob Morane » (« Alerte aux V1 ») réalisé pour le n°22 du fanzine L’Âge d’or, en 1992, pour son vieux maître Dino Attanasio.

Toujours pour Spirou, il dessine aussi « Les sports dangereux » scénarisés par Zidrou et Falzar au n°2882 de 1993, deux « Cartoons Circus » (5 et 7 pages publiées dans les n°2892 et 2901 de 1993) et la splendide première version de « La Vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis » (au n° 3357 de 2002) sur scénario de Zidrou et qui sera redessinée par l’Espagnol Jordi Lafebre pour un album paru chez Dupuis en 2009.
Marc Wasterlain collabore aussi au mensuel (Á suivre), le temps de 2 pages d’« Au rendez–vous du ciel » pour le « Pendant ce temps à Landerneau » de Delporte et Franquin au n°14 de 1979, d’une page pour le numéro spécial consacré à John Lennon en 1981 et d’une autre pour celui sur Hergé en 1983, ainsi qu’à des albums collectifs hommages comme « Il était une fois les Belges » (aux éditions du Lombard en 1980), « Les Amis de Buddy Longway » (toujours aux éditions du Lombard, mais en 1983 cette fois-ci), « Baston 5 : la ballade des baffes » (aux éditions Goupil en 1983), « Á la recherche d’Oesterheld et de tant d’autres ! » (pour le Groupe 64 ASBL d’Amnesty International en 1985), « Nostalgia spécial 20ème anniversaire » (chez Marsu Productions en 1990) ou « L’Arbre des deux printemps » (au Lombard en 2000). Pour l’anecdote, sachez qu’il dessine aussi « Pulpite », un gag en une planche pour Le Journal de la Chambre Syndicales des Dentistes, en 1983.
En 1985, Jean-Claude Forest, alors responsable du bimensuel Okapi des éditions Bayard, lui propose de réaliser une série humoristique et fantastique avec, comme héros, les deux électroniciens bricoleurs que sont « Gil et Georges » (trois albums seront publiés chez Bayard, de 1986 à 1989).Trois ans plus tard, en 1988, Marc Wasterlain dessine aussi les 16 pages des « Vacances de Nicolas » pour Les Mutualités du Centre. Puis, de 1990 à 1992, ce seront les gags de « Ratapoil », chien astucieux et sportif, parus directement en trois albums chez Marsu productions. Á noter que Jean-Claude de la Royère lui a écrit une quinzaine de gags pour le dernier opus « Ratapoil maillot jaune » et que cinq gags seront aussi publiés dans Pif Gadget, en 1991.
Ensuite, il invente « Yvan et Wanda » : un tandem évoluant dans le monde du cirque, scénarisé par Paul Martin. Trois épisodes seront publiés dans Astrapi, autre bimensuel des éditions Bayard destiné à un lectorat un peu plus jeune : « Les Panthères de la nuit » (12 planches du n°387 du 15 décembre 1994 au n°389 du 15 janvier 1995), « Le Dompteur de dragons » (32 planches du n°412 du 15 janvier 1996 au n°419 du 1er mai 1996) et « Le Singe blanc » (12 planches du n°420 du 15 mai 1996 au n°422 du 15 juin 1996). A la même époque, il réalise également des illustrations pour les autres revues du groupe Bayard (J’aime Lire, Maximum, Okapi, Je Bouquine…) puis, beaucoup plus tard, il dessine une histoire complète de 40 planches (« Mission Caraïbes ») dans un album publicitaire pour Fiat Belgique, à l’occasion du Salon des véhicules utilitaires, en 2005.
Enfin, en 2007, à la demande de François Corteggiani, il lance « Les Pixels », jeunes héros aux caractères bien trempés qui vivent des aventures mouvementées, dans la nouvelle (et ultime ?) formule de Pif Gadget, à partir du n°33 de 2007. Alors qu’il fut suivi de trois autres courts récits de 10 ou 12 pages chacun (aux n°44, 49 et 52), le premier épisode (« Les Pixels chasseurs de monstres ») vient d’être proposé en album dans la nouvelle collection jeunesse « Lily Mosquito », en ce début 2010. Et la bonne nouvelle, c’est que les Mosquito devraient poursuivre l’édition de cette charmante série enfantine si cette dernière rencontre un public assez nombreux : voir bdzoom/4160 !

Cela serait vraiment mérité car, en tant que digne héritier d’un André Franquin (mais aussi d’un Marc Sleen, d’un Jijé ou d’un Peyo mâtiné de Ronald Searle), Marc Wasterlain a su créer une esthétique originale en mêlant, contradictoirement, précision et profusion ; car, chez lui, le trait se fait rapide et ébouriffé : son graphisme, à la fois classique et très personnel, et ses propos tout aussi matures qu’oniriques ayant su renouveler agréablement une certaine forme de bande dessinée destinée à un public juvénile(9).

GILLES RATIER, avec Christophe Léchopier (dit « Bichop ») à la technique

(1) Il s’agit de « Il est minuit docteur Poche » publié du n°2001 du 19 août 1976 au n°2016 du 2 décembre 1976, du plus réaliste et dramatique « Karabouilla » paru au n°2043 du 9 juin 1977 dont l’impact fut alors considérable sur les jeunes lecteurs et qui fut repris récemment dans le n°3652 de 2008, de « L’Île des hommes-papillons » publié du n°2088 du 20 avril 1978 au n°2108 du 7 septembre 1978 et des « Belles vacances » paru du n°2149 du 21 juin 1979 au n°2163 du 27 septembre 1979.

(2) Marc Wasterlain a écrit de nombreuses chansons qu’il interprétait au piano et il a même enregistré un mythique 45 tours en 1979, avec deux tubes impérissables : « Oh, quand j’étais petit » et « Shoubidoubi shoubidoudou » !

(3) Au même moment, une agence lui revend une histoire qu’il avait inventée à l’âge de douze ans à un journal catholique italien (certainement Il Giornalino) et le scénariste Vicq lui propose une histoire de samouraïs pour Spirou : « Haddada Surmamoto », qui sera finalement illustré par Jo-Ël Azara, en 1967.

(4) Finalement, quatre récits de « Bob Moon et Titania » (dont les scénarios seront tous signés Wasterlain) seront publiés dans Tintin : « Une base sur la Lune » (du 46/71 au 2/72 en Belgique ou du n°1203 au 1211 de 1971 en France, repris en album chez Pan Pan en juillet 2009), « En avant, Mars ! » (du 32/72 au 44/72 en Belgique ou du n°1241 au 1253 de 1972 en France), « La Planète des clowns » (du 2/74 au 3/74, uniquement en Belgique) et « Le Pirate vert » (du 16/74 au 17/74, également uniquement en Belgique) : ces deux derniers épisodes ayant été compilés, en noir et blanc, dans un petit album broché (introuvable aujourd’hui) aux éditions Crocodile, en 1980.

(5) Les cinq autres épisodes de « Monsieur Bonhomme » (8 planches de « Le Poteau qui tape » au n°11 de 1973 ou n°10 de l’Hebdotimiste français, 7 de « Narcotic Bureau » au n°22 ou n°21 français, 14 de « Palais des glaces » aux n°27 et 29 ou n°26 et 28 français, 15 de « Point limite : zéro » aux n°40 et 41 ou n°21 français et 7 de « Un si joli petit bois » au n°26 de 1974 ou n°77 français) ont fait l’objet d’un album broché en noir et blanc aux éditions Crocodile, en 1979. Ils ont également été repris en deux opus cartonnés et en couleurs chez Magic Strip, en 1983, lesquels sont complétés par les cinq gags de 2 pages scénarisées par Vicq (parus aux n°21, 23, 29, 31 et 37 de 1974 ou n°77, 83, 84, 86 et 92 français) : le tout étant bien sûr épuisé depuis belle lurette ! À noter, enfin, que Marc Wasterlain a travaillé sur trois nouvelles histoires complètes de « Monsieur Bonhomme » destinées à Je Bouquine, vers 1985 : mais le projet est finalement tombé à l’eau !

(6) Marc Wasterlain reprendra « Docteur Poche », série qui allie merveilleux, fantastique et humanité, pour les albums des éditions Casterman, en ciblant un public plus enfantin : espérons que cette sublime intégrale (qui doit reprendre en priorité les neuf albums pré-publiés dans Spirou, jusqu’en 1989, et parus chez Dupuis, de 1978 à 1990) n’oubliera pas ces cinq superbes épisodes publiés de 1995 à 2000.

(7) En fait, Martens, aurait dit à Wasterlain « de faire quelque chose qui ressemble à « Monsieur Bonhomme » mais qui ne soit pas « Monsieur Bonhomme ». Il ne voulait pas d’ennuis avec la rédaction de Tintin ! » : extrait d’une interview parue dans le n°16 de Blam ! (en 2007) où Marc Wasterlain, dégoûté, confirmait alors qu’il arrêtait la bande dessinée…

(8) « Jeannette Pointu » est, à l’origine, une commande d’un journaliste à La Vie catholique, suite au « Prix du meilleur espoir » que reçoit Wasterlain à Angoulême, en 1980. Mais le projet n’ayant pu aboutir, l’auteur, qui voulait pourtant se libérer un peu des éditions Dupuis à ce moment-là, est obligé de présenter son nouveau personnage à la rédaction de Spirou, laquelle finit par l’accepter, mais sans enthousiasme.

(9) Pour en savoir plus sur Marc Wasterlain on peut essayer de dénicher les revues suivantes : Cahiers de la BD n°57 et n°67, PLG n°15, Champagne n°1, Bédésup n°20, Mêle-Tout n°3, Séduction de l’innocent n°4, Synopsis n°2, Tonic n°7/8, Saucysson Magazine n°5, Jade n°6, Phylactère n°1, Blam ! n°16 et dBD n°40) ; on peut aussi s’abonner au fanzine Quatrième de couv’ (Rue de Longfaux, 6-B7133 Buvrinnes, Belgique) qui lui est entièrement consacré ou consulter le site wasterlain.cubitusbd.com !

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5 réponses à Marc Wasterlain

  1. Laurent Colonnier dit :

    « En avant, Mars ! » (du 32/72 au 44/72 en Belgique ou du n°1241 au 1253 de 1972 en France), « La Planète des clowns » (du 2/74 au 3/74, uniquement en Belgique) et « Le Pirate vert » (du 16/74 au 17/74, également uniquement en Belgique) : ces deux derniers épisodes ayant été compilés, en noir et blanc, dans un petit album broché (introuvable aujourd’hui) aux éditions Crocodile, en 1980.
    Rectification, l’album Crocodile reprend « La Planète des clowns » suivi de « En avant, Mars ! », pas « Le Pirate vert » qu’on peut néanmoins trouver dans le recueil Fascicule Tintin n°111.

    Je ne connaissais pas ces pages de Mr Bonhomme « Le Marchand de vacances », je pensais que les deux albums Magic-strip étaient une intégrale.

  2. zidrou dit :

    J’ai fait du lobbing auprès du Lombard pour qu’ils sortnet une intégrale M.Bonhomme et Bob Moon en mème temps ou dans le sillage de celle du Docteur Poche… mais en vain. Reconnaissons que ce serait un énorme risque commercial!

    Il n’était en tout cas que temps de voir ce chaînon manquant d ela bédé belge remis en valeur!

    Benoît alias Zidrou

    • Laurent Colonnier dit :

      Salut Zidrou,
      c’était une excellente initiative et rien n’est jamais définitif. Les 2 derniers épisodes de Bob Moon (la planète des clowns et le pirate vert) sont graphiquement sublimes, du tout grand Wasterlain. Y joindre les deux épisodes de Lapomme (après tout Achille Talon magazine c’était Dargaud, c’est la même boîte tout ça maintenant) serait judicieux, c’est le chainon manquant entre Mr Bonhomme et Dr Poche.

      Wasterlain est un immense auteur, ses oeuvres des années 70 sont de véritables bijoux, trop souvent méconnus.

  3. GPoussin dit :

    Tellement je n’y croyais plus à la parution du Bob Moon&Titania, que je m’étais « fabriqué » un album à partir des planches du journal Tintin ! Comme Zidrou, j’ai harcelé un temps Le Lombard (Yves Schlirf), mais c’est vrai qu’ils n’étaient pas enthousiastes… Pan Pan a fait un boulot honorable, mais les scans de 2010 ne rendent pas justice à la qualité des couleurs d’origine, dommage… (jamais content, les fans !).

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