« Sam Bot » et les fascicules Elvifrance

Grâce à leur indispensable collection « Erotix », les éditions Delcourt poursuivent, avec brio, la résurrection des plus beaux fleurons de la bande dessinée érotique : dont acte avec le premier recueil des trois premiers épisodes loufoques de « Sam Bot ».

Ce gringalet binoclard au sexe monstrueux et inépuisable, d’où une réputation d’étalon qui lui vaut d’être pourchassé par les plus belles filles, était le héros d’un fascicule de gare créé et principalement dessiné par un de ces anonymes qui alimentaient ces derniers en produisant un nombre considérable de planches par mois, pour un salaire de misère : il signait R. B. ou Rabuz, mais son vrai nom était Raoul Buzzelli.
Ce dessinateur plutôt original, au trait nettement supérieur à ceux que l’on trouvait dans la plupart des autres séries du même acabit, n’était autre que le frère du grand Guido Buzzelli (celui de « La Révolte des ratés », des « Labyrinthes » et de « Zil Zelub », dont il faudra bien que l’on vous reparle dans un de nos prochains « Coin du patrimoine »).

Raoul Buzzelli (1932-1982) collabora à des journaux pour enfants comme Fantasie Gioconde, à la fin des années 1950, en dessinant « Les Aventures spatiales du prof. Barbon ». Par la suite, outre « Sam Bot », il réalisa quelques autres récits complets dans la même lignée, scénarisés par un certain Faele pour EP Risate : des « one-shot » humoristiques qui seront traduits en France dans les 40 numéros d’EF Popcomix, publiés par Elvifrance de 1976 à 1979. Le premier épisode (« Le Conard déchaîné ») fut réédité, en 1992, dans le pocket Nul’Hard de Novel Press, société montée par le responsable d’Elvifrance avec des capitaux italiens afin que ses revues retrouvent un peu de liberté par apport à leur étouffant dépôt préalable. « Le Connard déchaîné » (avec deux n, cette fois-ci) fut remonté en grand format dans le n°1 de la deuxième série de L’Écho des Savanes, en novembre 1982, avec le commentaire suivant : « On a retrouvé le cadavre de Raoul Buzzelli… 50 ans, dans la banlieue de Rome. Il s’était jeté du haut d’un pont sur des sacs de ciment. Raoul était seul, de gauche, alcoolique, désespéré. Il rôdait beaucoup la nuit dans les bouges de Rome, puis il dessinait humblement, sans signer, pour un public de troufions, d’adolescents, de camionneurs, et aussi pour quelques connaisseurs… ».
Agrandissant légèrement le petit format d’origine, l’ouvrage broché de 360 pages, proposé aujourd’hui chez Delcourt, contient également une préface érudite et passionnante du spécialiste de la censure qu’est Bernard Joubert(1), lequel nous apprend énormément de choses sur ce pocket porno des années 1970 : ce dernier se révélant finalement assez soft, les scènes de sexe étant plus suggérées que démonstratives. Ceci ne l’empêcha pas de marquer toute une génération de lecteurs et de pouvoir, encore aujourd’hui, réussir à nous enivrer avec son persistant parfum de madeleine de Proust.
Publiée en Italie sous le titre de « Peter Paper » (certainement un clin d’œil à Peter Parker, la véritable identité de « Spider-Man »), le temps de trois séries distinctes qui se succéderont sans interruption d’octobre 1972 à décembre 1978 (dont une intitulée « Identikit », du nom d’un cambrioleur costumé qui prend Sam Bot pour complice en lui offrant de bons repas), ce titre a été lancé en fanfare, dans notre pays, par les éditions Elvifrance, en janvier 1973. Se fendant d’une forte promotion, cette société dirigée par Georges Bielec (lequel adapta lui-même cette série en français, avec forces expressions argotiques et jeux de mots(2)) rajouta même 24 pages promotionnelles, pour allécher le chaland, dans certains numéros de leurs autres publications comme Jacula, Jungla ou Terror. De ce fait, Sam Bot devint leur production la plus connue et la plus rentable. Atteignant, chaque mois, les 75 000 exemplaires mis en place (pour une vente de 50 000 en moyenne), le pocket Sam Bot connu une pointe à 83 000 en 1977, pour redescendre à 50 000 à la fin de sa publication française : au n°72 de juin 1979 !
Ceci dit, soyons franc, même s’il s’agit de l’un des meilleurs représentants de ces pockets pour adultes, « Sam Bot » n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler un chef-d’œuvre du 9e art ! C’est un produit rapidement réalisé (117 pages par mois !!!) à l’humour trivial, aux calembours vaseux et aux aventures absurdes et souvent « vulgaires » destinées, manifestement, à un public peu exigeant(3).

C’est pourtant ce public qui fit un véritable triomphe aux mésaventures de cet anti-héros d’origine anglaise, chômeur famélique toujours à la recherche d’un travail et de nourriture, qui furent éditées en France, mensuellement, par Elvifrance ; ceci malgré une interdiction d’exposition chez les marchands de journaux qui provoqua un trou dans la parution : entre le n°7 daté de juillet 1973 et le n°8 de janvier 1974. Quand l’interdiction fut levée, l’éditorialiste Delfeil de Ton (lequel avait pris violemment parti contre le ministre de l’intérieur de l’époque et contre ses collègues journalistes jugés complices du fait de leur silence sur cette affaire) annonça dans Charlie Hebdo : « Les Français vont pouvoir enfin rire connement si ça leur chante » ! Cela n’empêchera pas les mesures de rétorsion annexes de tomber : « Sam Bot » est désormais considéré comme un produit de luxe dont la taxation est identique à celle du caviar (d’où une augmentation substantielle du prix de vente) et restera, jusqu’à la fin, interdit de vente aux mineurs.
Mais qui est donc ce Georges Bielec qui avait réussi l’exploit de faire lire une grande partie de la France d’en bas et qui peut se vanter d’être l’éditeur, quantitativement, le plus poursuivi de toute l’histoire de la presse et du livre en France(4) ? Né le 21 octobre 1936 et décédé en juillet 1993, cet ancien acteur avait multiplié les expériences dans la presse avant de collaborer, dès décembre 1964, à diverses sociétés créées par Max Canal, dont les éditions de Poche : ces dernières s’orientaient alors vers la bande dessinée pour adultes en traduisant quelques « fumetti neri » légèrement érotiques, d’origine italienne, dont certains étaient dus à Magnus (voir le « Coin du patrimoine » que nous lui avons consacré).
Quelques-uns de ces titres provenaient notamment d’une toute jeune maison d’édition milanaise : Erregi, initiales (prononcées à l’italienne) des prénoms des journalistes ou romanciers Giorgio Cavedon et Renzo Barbieri, les deux associés qui la dirigeaient. Se plaignant des règlements plutôt aléatoires de certains droits de reproduction (« Goldrake » et « Messaline »), ces derniers décident de publier eux-mêmes leur matériel en France. Ils contactent alors Georges Bielec qu’ils connaissaient bien et à qui ils vont laisser une totale liberté de manoeuvre pour créer, ensemble, en juin 1970, la S.A.R.L. Elvifrance appartenant, financièrement, aux deux éditeurs (et scénaristes occasionnels) italiens. Les pockets Isabella (avec la bande éponyme de Sandro Angiolini aux dessins et Giorgio Cavedon aux scénarios), Jungla (dont l’héroïne du même nom est surtout dessinée par Stelio Fenzo, sur des scénarios de Paolo Trivellato) et Jacula (avec les aventures diaboliques et charnelles de la reine des vampires, publiée de 1969 à 1982 en Italie), seront les trois premiers titres publiés par Elvifrance : société qui aura donc le monopole de la traduction de tous ces titres en France. Á noter que « Sam Bot » sera lancé par Erregi juste avant que cette dernière se scinde en deux maisons concurrentes qui deviendront les leaders du marché : Ediperiodici (dirigé par Cavedon qui continue, seul, l’édition de « Sam Bot ») et Edifumetto (dirigé par Barbieri).
L’une des premières et des plus célèbres créations Elvifrance est donc « Isabella » : la jolie duchesse du diable, aussi tendre que violente, qui deviendra l’agent secret du cardinal de Richelieu, parcourant ainsi le monde et dévoilant, au moindre prétexte, sa poitrine généreuse à ses nombreux amants. Créés en 1966, en Italie, sous le crayon du dessinateur Sandro Angiolini (1920-1985), les scénarios de cette série de cape et d’épée tendance « Marquise des anges » sont dus à Giorgio Cavedon, d’après une idée de Renzo Barbieri. Ils seront publiés, en Italie, jusqu’en octobre 1976 ; et, en France, de la mi-1970 à juin 1981.
On doit aussi, à Sandro Angiolini, la série « Vartán » (en 1969) : les aventures d’une indienne blanche, traduites chez Elvifrance dans Saga, d’août 1976 à décembre 1978, où son trait simple et ses ébauches de décors sont immédiatement reconnaissables. D’autres pockets Elvifrance contiendront aussi certaines de ses autres oeuvrettes, tels Contes féérotiques, Contes satyriques, Flicky(5), Nouveau Flicky, Série jaune, Série bleue, Hors-série jaune

Quant à Stelio Fenzo, l’auteur de « Jungla » la vierge africaine né le 3 septembre 1932, il fut l’ami et l’assistant d’Hugo Pratt à qui il succéda sur des récits délaissés par ce dernier comme « Capitan Cormorant », « Kiwi il figlio della jungla » (« Tiki le fils de la jungle »), « L’Ombra »… ; voir « Le Coin du patrimoine » sur Pratt. Parallèlement à des séries pour enfants publiées dans l’hebdomadaire catholique Il Giornalino, il amorce sa carrière de dessinateur érotique avec « Jungla », jeune blanche au corps de félin évoluant dans la jungle (créée en 1968 pour Ediperiodici). Renzo Barbieri imaginera le personnage et confiera les textes de cette série, qui durera jusqu’en 1971, à Paolo Trivellato ; quelques épisodes étant dessinés par Mario Cubbino ou par Floriano Bozzi. En France, « Jungla » sera publiée par Elvifrance de la mi-1970 à août 1973. Stelio Fenzo travaillera sur plein d’autres pockets traduits chez Elvifrance (ou Novel Press) comme Contes féérotiques, Contes satyriques, Les Drôlesses, Histoires sanglantes, Orient Sexpress, Culbutant, Les Cornards, Outre-tombe

La troisième plus ancienne héroïne d’Elvifrance est une blonde vampire, mordue par une créature à la recherche de sang frais : des scénarios de Giuseppe Pederiali bien représentatifs de ces « Fumetti per adulti » réalisés pour des lecteurs « avides de sexe et de sang » ! Les dessins des studios Rosi n’ont rien de génial, mais ceux dus, par la suite, à Alberto Giolitti (qui possédait lui aussi son propre studio qui comportait pas moins de 55 artistes), sont un peu plus sophistiqués. Il faut dire qu’Alberto Giolitti (1923-1993) avait du métier, ayant débuté à la fin des années 1930 dans Il Vittorioso, travaillé en Argentine puis pour les Etats-Unis (sur « Tarzan », « Turok Son of Stone », « Star Trek »…), puis pour des reprises italiennes de « Mandrake », de « The Phantom » et de « Flash Gordon », rejoignant finalement l’équipe de Sergio Bonelli afin de dessiner quelques « Tex », à partir de 1989.

Si les audaces se limitent alors à des poitrines dénudées et à la suggestion des relations sexuelles, les publications Elvifrance oseront enfin, dans les années 1970, représenter les sexes, tombant alors souvent dans la pornographie de bas étage et la franche gaudriole, ceci afin d’embellir les nuits solitaires des chambrées militaires : et si les attributs gonflent, les tirages aussi, oscillant alors entre 65 et 80 000 exemplaires par titres ! Seulement, après quelques gros succès (Sam Bot, bien sûr, mais aussi Isabella, Lucifera, Terror, Outre-tombe, Jungla…) et l’édition d’environ quatre milliers de pockets différents, mais aussi de nombreux démêlés avec la censure, Elvifrance finira par déposer son bilan le 15 avril 1992 : la dernière grosse série d’interdiction due à Charles Pasqua, en décembre 1987, ayant déjà sonné le glas pour ces petits formats continuellement dans le collimateur des réglementaristes amoureux d’Anastasie, leurs premières représailles datant de juillet 1973.
Nous vous disions, en introduction, qu’au milieu de ce type de productions besogneuses et essentiellement alimentaires pour leurs auteurs, le dessin de Raoul Buzzelli valait à lui seul le coup d’œil ; d’autant plus que « Sam Bot » reste son seul titre de gloire. Il n’était, cependant, pas le seul à tirer son épingle du lot, comme le prouvent les travaux des talentueux Italiens Sandro Angiolini ou Stelio Fenzo, pour qui ces productions populaires furent une vraie roue de secours et une excellente école. Ce fut aussi le cas de certains autres de leurs compatriotes qui se firent aussi un nom dans ce domaine tels Leone Frollo(6) et sa démoniaque « Lucifera », Dino Leonetti et sa charmante « Maghella », Mario Cubbino et son parodique « Karzan », Alberto Del Mestre et sa passionnante « La Schiava »L’Esclave » dans la Série jaune), Giovanni Montanari et son « Goldrake » (« Goldboy » en France)…(7)

En fouillant bien dans tout ce fatras, on peut aussi dénicher quelques perles dues à des auteurs transalpins reconnus qui arrondissaient alors, de cette façon, leurs fins de mois. Ainsi, peut-on trouver les signatures de Magnus et de Leone Cimpellin dans les Contes féérotiques, de 1975 à 1978, ou dans les Contes satyriques, de 1975 à 1979 (créés, en 1973, sur une idée de Renzo Barbieri, le titre original de ces contes était « Sexy Favole », c’est-à-dire « Fables sexy »), de Milo Manara et de Ferdinando Tacconi dans Terror et dans Outre-tombe, ou même de l’Espagnol Victor de la Fuente dans Mortimer, dont les textes du western éponyme étaient adaptés, en français, par Annette Savary, seconde épouse de Georges Bielec.

GILLES RATIER, avec Christophe Léchopier (dit « Bichop ») à la technique

(1) Bernard Joubert est, par ailleurs, l’auteur de deux articles croustillants et très complets sur Elvifrance et sa résistance à la censure, dans les n°78 (automne 1995) et 80 (été 1996) du Collectionneur de Bandes Dessinées, dont on trouvera un condensé sur le site très complet de Daniel Poncet qui est consacré à Elvifrance : http://poncetd.perso.neuf.fr/Logos/HistEF/Hist-EF.htm. Et si on arrive à mettre la main dessus, on consultera aussi avec intérêt le n°4 des Recensements Pressibus, de novembre 1996, intitulé « L’Encyclo des PFA : encyclopédie des petits formats adultes, catalogue encyclopédique des bandes dessinées érotiques des années 60 à 80, en petit format » et rédigé, principalement, par Alain Beyrand (avec l’aide de Pierre Caillens, Louis Cance, Jean-Mac Polizzi…) : documents qui nous ont bien servi lors de la rédaction de cet article.

(2) C’est d’ailleurs la seule série complète que Georges Bielec adapta entièrement : peut-être parce que « Sam Bot » lui plaisait particulièrement et qu’il y avait, entre lui et le protagoniste de cette bande dessinée, une certaine ressemblance physique. Il tenta de faire de même avec la « Maghella » de Dino Leonetti, mais il abandonna après une dizaine de numéros, n’ayant pas réussi à imposer sa vision du personnage aux créateurs italiens.

(3) Le responsable de la plupart de ces scénarios désinvoltes et plutôt répétitifs (non crédité sur la couverture de cette réédition alors que son nom est bien précisé dans la préface érudite de Bernard Joubert) est un certain Pippo Franco : pseudonyme de Franco Pippo, acteur de comédies érotiques et chanteur humoristique assez connu en Italie pour avoir présenté quelques émissions de télévision.

(4) En vingt-deux années d’existence, les pockets Elvifrance ont eu 532 titres interdits aux mineurs, 176 interdits d’exposition et 36 interdits de publicité : un record !

(5) « La Poliziotta » est le titre italien de « Flicky », série mensuelle narrant les aventures d’un duo de policiers américains en uniforme : la blonde salace Star Winder (Bo Derjo dans la version française) et son collègue Silver Bird (Beat Dacier chez Elvifrance). Publié de juin 1980 à août 1987 en Italie, Flicky connu d’abord un numéro unique en France, en juin 1982, qui subit une interdiction aux mineurs et à l’exposition dite de niveau 2 (dont la conséquence indirecte était ne plus être distribué dans les kiosques par les MNPP). Il se transforma illico en Nouveau Flicky, de décembre 1982 à juin 1983 : devenant ainsi l’un des nombreux exemples montrant la pugnacité de Gorges Bielec à s’opposer à la censure qui frappait régulièrement ses publications…

(6) Son « Casino » (scénarisé par Rubino Ventura, à partir de 1985), publié en France dans divers pockets d’Elvifrance comme Les Drôlesses, Super-diabolique ou Série rose, devrait rejoindre prochainement le catalogue de la collection « Erotix » de chez Delcourt ; avec les scènes hot d’origine, autocensurées par l’édition française par crainte des interdictions.

(7) On trouvera tous les renseignements nécessaires sur ces dessinateurs italiens (et sur bien d’autres illustrateurs au style « coquin ») dans « Encyclopédie de la bande dessinée érotique » d’Henri Filippini, aux éditions La Musardine (édition revue et augmentée en novembre 2006).

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6 réponses à « Sam Bot » et les fascicules Elvifrance

  1. jacques dutrey dit :

    A propos de Peter Paper, il me semble me souvenir que « peter » désigne en anglais populaire le sexe masculin, ce qui me semble plus proche des intentions de l’auteur et du contenu des fascicules qu’une quelconque allusion à une araignée yankee!

  2. Gilles, je profite du fait que tu évoques ma préface à la réédition Delcourt pour apporter un rectificatif. Je viens de découvrir le livre imprimé et je constate que quelqu’un a apporté une poignée de retouches à mon texte, retouches inutiles qui toutes se sont traduites par l’ajout d’une erreur. Je suis un chercheur méticuleux qui peut passer des heures à s’assurer de la justesse d’une date ou d’un mot. Ça me tord les tripes que soient glissées des choses fausses sous ma signature. Voici donc ce qu’il faut corriger, pour ceux qui possèdent ce livre.

    Dans une phrase d’introduction qui n’est pas la mienne, on me fait dire que Sam Bot était un pocket porno. Tu utilises le terme, toi aussi, mais parce que tu venais de le voir sous ma plume. Il faut garder ce qualificatif pour des Elvifrance plus tardifs. Dans Sam Bot, on voit des seins et des fesses, pas de pénétrations, pas de sexes, pas de poils, et même la Commission de surveillance ne parla pas de pornographie pour demander son interdiction. En 1973, étaient pornos Gotlib et des BD de sex-shops, mais pas Sam Bot.

    Quelqu’un qui consulte l’ensemble de la série ne peut que constater que Raoul Buzzelli a donné le meilleur de lui-même au début, puis a baissé de plus en plus. Son encrage, d’abord, se relâche, puis c’est le dessin. À la fin, c’est catastrophique, il n’en peut plus, il est au bout du rouleau et il y a du drame dans cette chute. Raoul se suicidera et Guido racontera combien son frère avait mal vécu ses désillusions artistiques. Dans le texte que j’ai livré aux éditions Delcourt, j’avais écrit : « Il aura le défaut de se laisser aller à bâcler après quelque temps ». Pour de bêtes raisons commerciales, il a été ajouté à ma phrase un « parfois ». Ce mot vise à faire croire que le niveau de la série va se maintenir en dépit de faiblesses passagères. C’est un mot de publicitaire, mais pour l’historien (et pour tout lecteur) les faits sont là : Raoul Buzzelli n’a pas « parfois » bâclé. Il a commencé plein d’espoir et il s’est peu à peu effondré, irréversiblement, et c’est bien triste.

    Pippo Franco, le scénariste : il faut deux « p » à Pippo. C’est sur tous ses disques, tous ses films, il est très connu en Italie. Mais on me l’a systématiquement réécrit en Pipo…

    Je vous fais grâce de la disparition des intertitres qui charpentaient plus clairement ces 12.000 signes assez complexes. C’est tout, il n’y a pas eu plus d’interventions sur mon texte et vous pouvez vous fier au reste. Mais la peste soit des gens qui s’octroient le droit mettre à mal le travail des autres !

  3. Bdelvifrance dit :

    Le site des BD Elvifrance et Novel Press est désormais à l’adresse : http://www.elvifrance.fr/

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