Décès d’Eddy Paape

C’est par la diffusion d’un communiqué de presse des éditions du Lombard (reproduit ci-dessous, pour coller au plus près à cette triste actualité) que nous venons d’apprendre, avec beaucoup d’émotion, la disparition du dessinateur Eddy Paape : décédé ce samedi 12 mai à Bruxelles.

Eddy Paape est né à Grivegnée (Belgique) le 3 juillet 1920. Il a étudié le dessin à l’Institut des Beaux-Arts Saint-Luc à Bruxelles. À partir de 1942, il travaille avec Franquin, Morris et Peyo dans un studio de dessins animés. En 1945, quand ce studio est contraint de fermer ses portes, il se lance dans la peinture, puis rejoint ses anciens collègues aux éditions Dupuis.

Eddy Paape y réalise des illustrations pour la revue féminine Bonnes Soirées, puis assiste Jijé qui lui confie la reprise de sa série « Jean Valhardi » publiée dans le journal Spirou. Il anime ce personnage de 1946 à 1954 sur des scénarios de Jean Doisy, Yvan Delporte et Jean-Michel Charlier. En 1951, à l’initiative de l’agence World’s P. Press, il dessine les premières « Belles Histoires de l’Oncle Paul», une suite de courtes bandes dessinées scénarisées par Jean-Michel Charlier, pour Spirou. En 1956, il lance le détective « André Lefort » dans le périodique Risque-Tout, toujours avec Jean-Michel Charlier. En 1958, avec ce même scénariste, il entreprend la série « Marc Dacier » dans Spirou, puis collabore aux magazines Pilote et Record, de 1959 à 1965.

En 1966, à l’invitation de son ami Greg, rédacteur en chef du journal Tintin, Eddy Paape fait son entrée aux éditions du Lombard. Ensemble, ils y réalisent la série de science-fiction « Luc Orient » (dix-huit albums réédités en intégrale aux éditions du Lombard, en 2008), puis «Tommy Banco » (deux aventures). Sur des scénarios d’André-Paul Duchâteau, Eddy Paape illustre, en outre, « Yorik des Tempêtes » en 1971 et , en 1978, il codessine « Udolfo » avec Andreas, dans le journal des jeunes de 7 à 77 ans. En 1988, avec Jean Dufaux et Jean-Claude Sohier, il réalise « Les Jardins de la peur », série fantastique éditée en albums chez Dargaud, En 1991, il lance la série « Carol Détective » scénarisée par André-Paul Duchâteau dans Hello Bédé (au Lombard). Un an plus tard, le duo Greg-Paape se reforme et crée « Johnny Congo » pour les éditions Lefrancq.
De 1969 à 1976, Eddy Paape a parallèlement enseigné la bande dessinée à l’Institut Saint-Luc et à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles à Bruxelles. De ses cours sont issus plusieurs des grands noms du 9e art actuel, tels Andreas, François Schuiten, Olivier Grenson, Godi, Philippe Berthet, Antonio Cossu, Dugomier, Philippe Wurm, Daniel Desorgher….
En 2008, Le Lombard consacre, au dessinateur de « Luc Orient», une monographie richement illustrée de documents photographiques et graphiques souvent inédits : « Eddy Paape, la passion de la page d’après » résulte de l’admiration affectueuse d’André Paape pour son père et des talents de biographe d’Alain De Kuyssche, expert en bandes dessinées et témoin privilégié, puisqu’il fut l’un des rédacteurs en chef du journal Spirou.

Évidemment, bdzoom.com s’associe à la douleur de son épouse, de son fils, de sa famille et de ses proches.

En attendant que nous fassions un retour plus détaillé sur sa prolifique carrière, vous pouvez toujours relire le « Coin du patrimoine » consacré à cette mémorable série de science-fiction qu’était « Luc Orient» : http://bdzoom.com/5351/patrimoine/le-coin-du-patrimoine-luc-orient/.

Gilles RATIER

 

 

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12 réponses à Décès d’Eddy Paape

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  2. jano dit :

    Un des derniers grands de l’age d’or de la bd
    Non seulement ce fut un grand auteur, mais en plus , il a su transmettre son savoir a certainsdes plus grands auteurs actuels.
    Merci monsieur paape.

  3. Bertrand Pissavy-Yvernault dit :

    Nous avions eu la chance de le rencontrer il y a trois mois pour recueillir son témoignage à propos de Valhardi et des éditions Dupuis dans les années 40. Il avait été charmant, bourré d’humour et prolixe en anecdotes. Et puis, l’image du couple qu’il formait avec Laurette, son épouse, nous avait particulièrement ému… Nous pensons à elle, ce soir.
    B. P-Y

  4. jacques dutrey dit :

    Roba n’a pas travaillé dans un studio de dessin animé aux cotés de Franquin, Morris et Paape de 1942 à 1945. Né en 1930 il aurait débuté à 12 ans? Soyons sérieux!

    • Gilles Ratier dit :

      Je te rappelle, mon cher Jacques, qu’il s’agit, comme précisé au début de cet article, de la reproduction d’un communiqué de presse des éditions du Lombard (dans le but de coller au plus près à la triste actualité et parce que, comme nous sommes bénévoles, le temps qui nous est imparti pour écrire des articles solides n’est pas infini) ! Je te fais remarquer aussique je termine cette reprise in-extenso en précisant « En attendant que nous fassions un retour plus détaillé sur sa prolifique carrière, vous pouvez toujours relire le « Coin du patrimoine » consacré à cette mémorable série de science-fiction qu’était « Luc Orient» : http://bdzoom.com/5351/patrimoine/le-coin-du-patrimoine-luc-orient/. » Et là, il s’agit d’un article de notre cru : donc, normalement, c’est un peu mieux documenté !
      Mais tu as évidemment raison et je vais supprimer le nom de Roba dans l’info erronée donné par le rédacteur du Lombard (qui lui est payé pour ça, pourtant !)… Maintenant, je serais ravi que tu te mettes au travail et que tu nous fournisses une biographie digne de foi sur Eddy Paape : nous serions ravi et nos lecteurs aussi !
      Avec tous mes remerciements par avance !
      La bise et l’amitié
      Gilles Ratier

      • Gilles Ratier dit :

        Je viens de relire un peu plus précisément ce communiqué des éditions du Lombard que, sous le coup de l’émotion et pour faire au plus vite, je n’avais pas eu le temps de vérifier sur le moment : mea culpa ! Il en effet bourré d’erreurs que je viens de corriger pour la plupart, mais j’en ai peut-être laissé passer quelques unes : merci de me le signaler, si c’est le cas !
        Je ne sais pas qui a rédigé ce communiqué aux éditions du Lombard mais il aurait pu, au minimum, vérifier ses sources ou faire appel à des gens compétents : ils ne manquent pas, de Patrick Gaumer à Jacques Dutrey, en passant par Louis Cance !
        Ceci n’est, hélas, pas une exception, que ce soit au niveau des communiqués des éditeurs ou de certains sites pourtant spécialisés et soi-disant érudits : quel mépris pour ses hommes et pour leurs œuvres !
        Gilles Ratier

  5. SERIAL dit :

    Merci Monsieur Paape pour ce souvenir de jeunesse quand ma mère m’avait offert les 5 premiers LUC ORIENT, un cycle inoubliable, une découverte !! Et plus tard, la chance d’avoir partagé un dial enrichissant lors d’un festival Bd a Versailles, en compagnie de votre femme charmante et patiente a vos cotés comme toujours. So, merci pour tout, encore un grand qui n’avait pas la grosse tête!!!

    • Gilles Ratier dit :

      Évidemment, elle était pourtant grosse, celle-là ! Je corrige ! Par ailleurs, renseignement pris, la biographie incluse dans ce communiqué, pourtant validé par André Paape (le fils d’Eddy), a été reprise d’un texte qui était dans les archives de l’éditeur.
      Gilles Ratier

      • La cérémonie d’adieu à notre cher Eddy Paape aura lieu à l’église décennale du parvis de Saint-gilles (1060 Bruxelles) le lundi 21 mai à 1000′ hr.
        Rendez-vous sur le parvis de Saint-gilles devant l’église à 09hr45′.

        Tous les messages de condoléances et de soutien sont les bienvenus sur : contact@eddypaape.be

        Adresse de Mme Laurette Paape :

        Avenue Jean Volders, 38 bte 3.

        Un avis de nécrologie paraîtra dans Le Soir du mercredi 16 mai !

        Merci à tous de diffuser au maximum ces informations…

        Danny

  6. Picard Isabelle dit :

    C’est avec tristesse que j’ai appris par François Walthéry hier, au Festival de la B.D. de Roquebrune-sur-Argens, la disparition de « Monsieur Eddy Paape ». J’ai toujours devant moi le portrait de son héroïne qu’il m’avait dessinée, alors que les lumières s’éteignaient, à Angoulême en 2001. Ce dessin dédicacé est face à moi dans ma chambre, fait partie des œuvres d’exception…
    Je me permets de partager la douleur, et, de m’associer à la peine de Madame Paape, et, de tous ses amis…
    Isabelle Picard