Roger Melliès : 25 ans chez Artima !

Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Roger Melliès abandonne la réalisation de dessins destinés aux catalogues publicitaires pour effectuer ses débuts dans la bande dessinée : les premiers pas d’une longue carrière, dont 25 ans passés au service des mythiques éditions Artima. Son trait élégant et rapide lui permet de travailler avec la même efficacité dans tous les genres, du western aux histoires de guerre, en passant par l’aventure. Encore un auteur qui méritait d’être redécouvert…

Roger Melliès.

Roger Melliès est né le 27 mai 1901 à Béziers. Bien que son père notaire l’incite à s’engager dans la même carrière, il préfère le dessin.

Il démarre vers 1925, employé comme dessinateur dans une usine d’aviation, tout en réalisant des panneaux publicitaires.

Comme son futur confrère Rémy Bourlès, il devient dessinateur de catalogues destinés aux grands magasins parisiens : les Galeries Lafayette et Au bon marché.

La présence des photos y étant encore très discrète, il dessine tout ce qui peut être vendu : des vêtements jusqu’aux appareils ménagers.

Caricature de Roger Melliès, réalisée au Stalag III A, en 1941.

Une bonne école qui lui permet d’être au point lorsqu’il prend la décision de tenter sa chance auprès des éditeurs de journaux pour la jeunesse.

Un départ en fanfare

Passionné par l’aviation — ça tombe bien, les jeunes lecteurs aussi ! —, il prépare un projet sur ce thème aussitôt accepté par l’hebdomadaire Pierrot des éditions du Petit Écho de la mode, futures éditions de Montsouris : « Le Pilote des sables » est un récit illustré à suivre en 18 pages, publié du n° 10 (05/03/1939) au n° 27.

En attendant sa parution, il illustre un court roman de Jean de Visme, ainsi que des nouvelles, dès le n° 47 de Pierrot (20/11/1938).

Il poursuit cette collaboration jusqu’au n° 35 de 1939.

Pierrot n° 4 (22/01/1939).

Mobilisé aussitôt la guerre déclarée, il n’est ensuite présent que dans les n° 15 et 17 de 1940. Au cours de ces années d’avant-guerre, il dessine « Fou volant » : une autre histoire située dans le monde de l’aéronautique, destinée à l’hebdomadaire du Parti communiste Mon Camarade qui est dirigé par Georges Sadoul (voir Mon Camarade : l’intégrale). Ce récit, qui demeure inachevé, compte 44 pages proposées du n° 155 (17/11/1938) au n° 198, dernier opus du journal pour cause d’interdiction de sa parution par l’occupant allemand.

« Fou volant » Mon camarade n° 156 (24/11/1938).

C’est encore sa passion pour l’aviation qui lui permet de publier « Police de l’air » dans l’hebdomadaire de la S.P.E. L’Épatant, du n° 67 (08/12/1938) au n° 104. Ce récit de 38 pages demeure lui aussi inachevé à cause de la guerre : voir L’Épatant d’avant-guerre (deuxième série 1937-1939) : huitième et dernière partie.

« Police de l’air » L’Épatant n° 87 (01/05/1939).

Toujours à la même époque, il publie des illustrations pour des nouvelles et pour un roman de Noël Tani dans Lisette (l’hebdomadaire pour filles des futures éditions de Montsouris), du n° 48 (27/11/1938) au n° 3 (31/01/1940).

« Mission de guides » Lisette n° 15 (09/04/1939).

« Sports d’hiver » Lisette n° 3 (21/01/1940).

 Notons la publication, en 1939, aux éditions René Touret et dans un style humoristique, de l’album « Les Aventures de Bill, Bock et Kay chercheurs d’or » : une histoire burlesque avec les textes placés sous les dessins, dont le succès lui permettra d’être rééditée à plusieurs reprises.

Cette BD a d’abord été publiée, toujours en 1939, par intermittence, dans les pages de l’hebdomadaire Francette et Riquet.

La mobilisation met toutefois un terme à cette courte reconversion qui s’annonçait prometteuse.

Fait prisonnier en juin 1940, Melliès est retenu enfermé dans un Stalag en Allemagne. Il parvient à s’évader en 1942, à l’aide d’un faux livret militaire confectionné grâce à ses talents de dessinateur.

Il se retrouve alors sans travail à Paris dans la France occupée, avant d’être embauché aux éditions Mondiales de Cino Del Duca.

« Viva Villa » L’Aventureux n° 289 (22/03/1942).

Dans les pages de L’Aventureux, il crée le western « Viva Villa », publié du n° 288 (15/03/1942) au n° 295 : là encore devenu le dernier numéro avant l’arrêt de la publication.

Les huit pages parues sont reprises en zone libre dans L’Audacieux n° 18 (04/05/1942), lequel propose une suite du n° 26 au n° 33  (voir En 1941 et 1942, il y eut L’Audacieux [deuxième et dernière partie]).

Cette histoire sera également rééditée en 1946 dans deux fascicules de la collection Aventures héroïques.

À partir de 1943, il livre des récits complets en huit, puis 12, pages pour cette collection (ou pour d’autres du même acabit chez cet éditeur, telles Aventuriers d’aujourd’hui) présentée dans un format à l’italienne. On lui doit ainsi une trentaine d’histoires inédites publiées jusqu’en 1950 : citons « L’Ennemi dans l’ombre », « Le Château aérien », « Alerte aux Caraïbes », « L’Énigme du Lampong », « La Lampe mystérieuse », « Gambaranga, le cavalier démon », « Le Lépreux de Nouka-Hiva », « La Lampe mystérieuse »… et une quinzaine de couvertures destinées à des fascicules proposant des traductions d’histoires étrangères.

« La Lampe mystérieuse » Aventuriers d'aujourd'hui n° 57 (27/04/1950).

Toujours pour les éditions Mondiales, il dessine « Pancho Villa » dans L’Astucieux du n° 1 (14/05/1947) au n° 64 – voir L’Astucieux : encore une revue de Del Duca ! -,

« Pancho Villa » L'Astucieux n°3 (28/05/1947).

livre deux récits complets pour le poche Hurrah/Super Aventure en 1951,

« S.O.S. avion 10 » collection L’Audacieux (2e trimestre 1946).

ainsi que des dessins et courts récits pour L’Intrépide (voir L’Intrépide, un hebdomadaire classique [première partie]) et Hurrah ! où il illustre le roman « Catamount » d’Albert Bonneau en 1953/1954 (voir Le Hurrah ! d’après-guerre… [première partie]).

« L'Îlot maudit » L'intrépide (1952).

« Catamount » Hurrah ! n° 39 (17/07/1954).

Au cours de ces années d’après-guerre riches en journaux éphémères, il est également présent chez divers éditeurs tout aussi fugitifs.

C’est le cas des éditions ERF, où il signe en 1944 six fascicules dédiés à « Don Quichotte », deux au « Capitaine Fracasse » et quelques histoires indépendantes : « Les Mésaventures de Zadig », « Jehan l’enchanteur »…

Pour les éditions Marcel Daubin, via l’agence Cite de Tedeschi, il reprend — pour Sélections Prouesses et de 1944 à 1946 — « Aéroport Z », série créée en Italie par Caesar Away, et imagine « Bella et Cornil » (1944/1946).

De 1946 à 1948, il dessine pour Hardi les gars ! du n° 47 (janvier 1946) au n° 65 (mai 1948), où il réalise une vingtaine d’histoires, dont la série « Jérôme Gaillard ».

« Fulgur roi du trapèze » Hardi les gars ! n° 7 (janvier 1946).

Certains de ces récits seront repris par Jean Chapelle dans Supplément de L’Invincible et Zappy en 1954.

« Les Rivaux de la route » Hardi les gars ! n° 45 (06/01/1947).

Enfin, il travaille pour l’hebdomadaire Pic et Nic du n° 49 (18/09/1947) à l’ultime n° 60, pour lequel il livre une histoire d’aviation : « Le Super-Rapid 110 a disparu ».

« Le Super 110 a disparu » Pic et Nic (1947).

Artima : une fidélité à toute épreuve

Dos des fascicules Artima en 1958.

Un illustrateur rencontré au Stalag et travaillant pour les futures éditions Artima conseille à leur directeur, Émile Keirsbilk (à la recherche de dessinateurs), de contacter Roger Melliès.

Né à Tourcoing le 19 octobre 1919, Émile Keirsbilk est décédé en Belgique, à Mouscron où il résidait, le 17 février 2012.

Avec Fernand Hanselin, il fonde en 1941 L’Imagerie enfantine : premier nom des éditions Artima (Artisan en imagerie), dont il devient le seul patron en 1947, situées à Tourcoing.

Après avoir publié des livres d’images et de coloriages pour jeunes enfants, il se lance rapidement (en 1943) dans la publication de récits complets en bandes dessinées au format à l’italienne alors en vogue.

Il se déplace à Paris pour rencontrer le dessinateur chez lui, scellant le début d’une longue et fructueuse collaboration doublée d’une solide amitié.

Dès 1943, Roger Melliès livre quelques petits albums de coloriages, de contes illustrés (« Peau d’âne », « La Belle au bois dormant »), d’histoires humoristiques (« Potofeu le corsaire », « Polyte détective amateur », « Tim et Tom détectives »…).

« Potofeu le corsaire » album Imagerie enfantine (sd).

Ses premiers récits d’aventures sont publiés à cette époque : « Escale 7 » ou « Le Fantôme bleu du Hoggar ».

En 1944, dans la collection à l’italienne Artima 2200, il crée le personnage de Luc Hardy dont il signe quatre épisodes de huit pages.

Ce riche baroudeur flanqué du Soudanais Wombo vit une cinquième aventure en 1949 dans la collection Une aventure de qui ouvre ses pages à des héros récurrents.

Roger Melliès reprend ce personnage en 1950 dans la collection Audax où il anime 13 nouveaux épisodes, jusqu’en 1953.

Luc Hardy Artima 2200 (sd)

Ces documentés récits, aux scénarios exotiques, seront remontés avant d’être publiés dans le format de poche S.O.S. en 1962 et 1963.

Luc Hardy « L’Avion de minuit » Artima (sd).

Luc Hardy vivra de nouvelles aventures dans la version à la française de Audax signées Arakelian et Max André Rayjean… Roger Melliès étant, pour sa part, désormais fort occupé par ses nouveaux personnages : Tex-Bill et Toni Cyclone.

Luc Hardy « La Côte des pirates » Hardy n° 10 (octobre 1955).

« Tex-Bill le sheriff », titre de la première aventure de Tex-Bill, est publié fin 1946 dans le n° 2219 de la Série Artima 2200. De 1947 à 1949, il rejoint, le temps de sept épisodes, la collection au format à l’italienne 24 x 32 Une Aventure de…, puis est présent dans la collection Dynamic de 1950 à 1952, protagoniste de 25 nouveaux épisodes de huit pages, couvertures comprises.

Couverture Tex-Bill n° 3 (1948).

Shérif de San Pedro au Texas, Tex-Bill est un Texas Ranger chargé de faire respecter la loi entre le Texas et le Mexique.

En 1952, ses aventures passent dans le mensuel au format à la française Aventures film, baptisé « format Artima » par les collectionneurs.

Après la réédition des premières histoires remontées, des épisodes inédits de 17 puis de 15 pages sont proposés jusqu’au n° 89 (novembre 1959).

« Les Voleurs du Colorado », aventure publiée dans le n° 25, marque l’arrivée d’Old Joë : ancien chercheur d’or barbu grognon et alcoolique, mais fidèle compagnon aux interventions précieuses.

Tex-Bill « L’Homme à l’oreille fendue » Dynamic n° 52 (juin 1951).

Les scénarios sont riches en péripéties, documentés et agréablement mis en images par un dessinateur qui, avec ses deux séries, doit fournir plus de 30 pages mensuelles.

Tex-Bill « Le Saloon du diable » n° 47 (mars 1956).

Trois dernières histoires au format Artima sont publiées dans les n° 85 à 87 du mensuel Audax (décembre 1959/janvier 1960) et 18 ultimes épisodes, en 32 puis 20 pages, sont proposés dans le format de poche, baptisé digest par Artima, Bill Tornade : en seconde partie des aventures du héros titre dessinées par Bob Dan (Robert Dansler) : voir Robert Dansler dit Bob Dan. : l’âge d’or des récits complets….

Tex-Bill « Opération coup de balai » Aventures films n° 50 (mai 1956).

« La Flèche sournoise » parue dans le n° 18 (septembre 1961) est l’ultime aventure inédite de Tex-Bill. D’anciens épisodes remontés seront publiés par Bill Tornade, puis dans le petit format Tex Bill du n° 1 au n° 104 (d’août 1962 à octobre 1977).

Tex-Bill « Old Joë le vantard » Aventures films n° 71 (mars 1958).

Roger Melliès a écrit et dessiné au total plus de 2 000 pages de ce western plébiscité par les lecteurs, réalisant en outrel’ensemble des couvertures.

Tex-Bill « Une enquête à Red Creek » Bill Tornade n° 14 (mai 1961).

Toni Cyclone, second héros de premier plan animé par Roger Melliès, fait ses débuts en 1948 dans le fascicule à l’italienne Une Aventure de…, avec l’épisode intitulé « Le Raid de la “Trombe” ». Il y vit quatre aventures de huit pages, avant de passer en 1950 dans Dynamic : ceci jusqu’à l’épisode 27 qui est publié dans le n° 99 (janvier 1953) et est intitulé « Police du désert ».

Toni Cyclone « Le Raid de la Trombe » Tony Cyclone n° 1 (décembre 1948).

 Entretemps, la série déménage dans la version au format à la française de Dynamicmensuel lancé en octobre 1952, avec « L’Escadrille des aigles ».

Toni Cyclone, présent chaque mois, est le héros d’épisodes d’une quinzaine de pages, ce jusqu’au dernier n° 117 (juin 1962).

Dynamic adopte ensuite le petit format, dans lequel le héros poursuit ses vols jusqu’au n° 159 (décembre 1965) et où paraît sa dernière aventure fort justement titrée « La Dernière Mission ».

La plupart de ces histoires seront remontées pour le format poche Tony Cyclone (1961/1965) puis pour Cyclone (1974/1977).

Le héros est un aviateur qui traque à ses débuts les malfaiteurs, en compagnie de Toto Cambouis : son truculent et vaillant mécanicien.

Toni Cyclone « Les Pirates de la mer de Chine » Dynamic n° 28 (4/1950)

À l’occasion du tournage d’un film, il évoque son passé d’aviateur où il a survolé tous les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale.

Toni Cyclone « Les Diables de Bir-Hakeim » Dynamic n° 11 (août 1953).

Face à l’intérêt des lecteurs,ce thème sera décliné dans la plupart de ses aventures suivantes. Documenté, précis, Roger Melliès donne une vision réaliste du conflit, mêlant héros fictifs et véritables protagonistes. La totalité de la série dépasse les 3 500 pages. Il est l’auteur de l’ensemble des couvertures des fascicules, souvent spectaculaires.

Toni Cyclone « L’Intelligence service joue et gagne » Dynamic n° 117 (juin 1962).

Après dix années de succès, la formule à la française commence à donner des signes de faiblesse.

La vogue des formats de poche séduit de plus en plus de jeunes lecteurs.

Peu à peu, les publications Artima, comptant plus de 20 titres mensuels, optent pour la formule digest inspirée par les journaux de la concurrence.

En 1962, Émile Keirsbilk vend Artima au groupe des Presses de la Cité, devenant gérant de la nouvelle société baptisée Aredit, dont le siège demeure à Tourcoing.

Le nouvel acquéreur souhaite adapter sous forme de bandes dessinées ses séries romanesques, et plus particulièrement celles destinées aux adultes, au sein de la collection Comics Pocket.

Toni Cyclone « La Dernière Mission » Dynamic n° 159 (décembre 1965).

Roger Melliès poursuit dans ce nouveau format ses deux séries « Toni Cyclone » et « Tex Bill » et lance « Emeric » dans le n° 40 (août 1962) du mensuel Flash.

Emeric « La Bande des rapaces » Flash n° 40 (août 1962).

Chevalier au service du comte Geoffroy de Montlouis, Emeric — fils d’Arnold de Castrez — effectue des missions délicates pour le roi de France, en compagnie de ses fidèles Finaud et Bras-de-fer.

Éméric quitte Flash un an plus tard, pour devenir le héros de son propre magazine.

Cette publication mensuelle va se poursuivre jusqu’au n° 18 de mars 1965.

L’épisode final permet d’assister au mariage du héros avec la belle et noble Amandine.

À noter que certains épisodes de la série moyenâgeuse « Emeric » sont réalisés avec la collaboration de son élève : Maurice Rondepierre.

Éméric « La Tour aux fantômes » Flash n° 51 (juillet 1963).

En 1967, ses trois séries abandonnées, il est invité à poursuivre l’adaptation des romans du Captain W.E. Johns publiés aux Presses de la Cité. Il commence avec « Biggles en Afrique » : une longue histoire réalisée avec le concours de Maurice Rondepierre, publiée dans le n° 14 (janvier 1966).

« Biggles en Arabie » Biggles n° 17 (octobre 1966).

La collaboration se poursuit dans les n°s 18, 19, 20 et 22, puis quelques épisodes sont proposés en 1967 dans Olympic n° 18, Thierry n° 28 et Téméraire n° 104, 106, 108 et 109.

« Biggles : Le Pilote clandestin » Téméraire n° 109 (octobre 1967).

Fameux pilote pendant la Seconde Guerre mondiale, Biggles poursuit ses aventures dans la vie civile en compagnie de ses amis Algy et Ginger. La série,également dessinée par Guicha pour Aredit, deviendra plus tard, sous le crayon de Francis Bergèse, l’un des fleurons des éditions Claude Lefrancq.

« Biggles : Le Nuage pourpre » Biggles n° 22 (01/1968).

C’est un autre personnage imaginé par le Captain W.E. Johns qui lui est confié dans le trimestriel King, du n° 1 (novembre 1967) au n° 12 (août 1970). Le Capitaine King, ses amis Trappeur et Copper sans oublier le jeune Louveteau, forment un commando de choc qui lutte contre l’occupant allemand. Le dernier épisode paru dans le n° 13 n’est pas de Melliès, décédé l’année précédente. Il est probable que l’épisode de King intitulé « Le Lys lumineux », soit son ultime participation aux éditions Aredit.

« King et ses hommes » King n° 1 (novembre 1967).

Roger Melliès est aussi l’auteur de quelques histoires indépendantes, parues à la fin des années 1960, dans divers titres des éditions Aredit : « Un étrange accident » et « Jan devient détective » dans Thierry n° 24, 26 et 28 en 1967,

« Jan devient détective » Thierry n° 28 (mai 1967).

« La Montagne interdite » (n° 14) et deux enquêtes du commissaire Charlet (n° 18 et 19) dans Olympic en 1967, « Le X.20 » dans Téméraire spécial en août 1966, « L’Intrus » dans King n° 1 et « Coup monté », une aventure de Bob Field, dans Silver Colt n° 4 en 1968.

« Coup monté » Silver Colt n° 4 (janvier 1968).

Alors toujours en activité, Roger Melliès décède le 2 février 1969 à Lyon.

Les dernières histoires parues dans divers journaux des éditions Aredit témoignent de la fidélité de l’éditeur envers son dessinateur, alors que la création cède, hélas !, de plus en plus de place dans ses journaux aux traductions étrangères.

Malgré la pression d’une demande de plus en plus forte de la part de son éditeur, Roger Melliès a maintenu une remarquable qualité dans ses travaux : ses scénarios documentés et vivants, son dessin réaliste et précis ne manquaient ni de charme ni d’efficacité.

Auprès des frères Giordan, Bob Dan, Jean-Pierre Decoudun (voirJean-Paul Decoudun : classique et réaliste !) et de quelques autres, il a honorablement maintenu la présence d’auteurs français au sein des journaux : des périodiques qui plus est publiés par l’un des rares éditeurs populaires de premier plan de l’après-guerre, qui accordait une place de choix à la création.

« La Folle poursuite » Olympic n° 19 (août 1967).

On sait peu de choses sur la vie privée de Melliès. Sa veuve confie à Roger Jeanne dans le n° 17 (septembre 1978) de Hop ! « Son physique et son allure désinvolte rappelaient un peu la silhouette de son héros Tex Bill. C’était un bel homme de 1,80 m, très loyal, calme et posé. Il jouissait d’une grande estime auprès de ses amis… Mon mari était calme et tranquille, aimait la campagne, la pêche à la ligne, la compagnie d’amis intimes. Pour se détendre, abandonnant crayons et pinceaux, il faisait chaque jour de grandes promenades dans les parcs… ». Quant à son mode de travail, elle précise : « Il utilisait les porte-mines Critérium Gilbert et Blanzy Poure. Les pinceaux de martre rouge étaient de marque Raphaël Isabey. Il a aussi utilisé les pinceaux Hache Galipe et Rowneys. Pour dessiner, il utilisait exclusivement la carte couchée une face de marque Grillet et Féau. ».

Rééditer ses œuvres les plus marquantes serait une heureuse initiative, mais ne rêvons pas en ces temps de surproduction. Le magazine Hop ! a évoqué à plusieurs reprises Roger Melliès dans ses n°s 16, 17, 81, 83… et surtout 79.

Henri FILIPPINI

Relecture, corrections, rajouts, compléments d’information et mise en pages : Gilles RATIER

P.-S. On peut trouver également de nombreux documents sur Roger Melliès sur l’excellent forum patrimonial https://lectraymond.forumactif.com.

Original de couverture pour Aventures films avec son calque couleurs.

Galerie

5 réponses à Roger Melliès : 25 ans chez Artima !

  1. Drouard dit :

    Un beau résumé de la carrière de ce dessinateur.
    Chez Artima, il était parfois mentionné dans les séries : ce qui n’était pas courant a l’époque.

  2. Doc Mars dit :

    Beau reportage, une petite correction :
    Melliès a commencé Biggles ‘Artima) au n°14 « Biggles en Afrique » (janvier 1966)

  3. RINCEL Xavier dit :

    Bonjour
    j’ai une question concernant un des deux articles de Henri Philippini sur Duteurtre
    Dans cet article la publication d’une bande dessinée au lavis de Duteurtre dans Lectures d’Aujourd’hui est signalée, il s’agit du « Roi des sables » paru avec le premier numéro de cette revue éditée en Belgique.
    Or une lecture attentive montre que ce récit paru dans le premier numéro de cette revue (septembre 1952) est amputé de ses douze premières planches, car il commence à la planche 13. Je suppose que le début de ce récit a été publié dans une autre revue des Editions Mondiales, mais je n’arrive pas à l’identifier. Pouvez-vous m’aider ?
    Merci

    • Pas grand chose à dire sur ce mystère n’ayant pas tout, hélas, ce qui concerne la presse féminine de l’époque, laquelle était si riche en bandes dessinées souvent de qualité. Les éditeurs de l’époque n’hésitaient pas à modifier les formules passant histoires et romans d’un titre à l’autre. Et vous avez probablement raison en supposant le transfert d’un titre défunt à un nouveau venu… La réponse ? Peut-être la connaîtrons-nous un jour grâce à une découverte dans un vide grenier, mais eux aussi sont de moins en moins riches en découvertes…
      Henri FILIPPINI