« The Kong Crew » : l’hommage d’Hérenguel aux comics, aux pulps et aux vieux films fantastiques des fifties

Et si le gorille Kong avait gagné son combat contre l’armée sur l’Empire State Building en 1933, que resterait-il de New York City 14 ans après ? C’est en se basant sur ce court postulat que le dessinateur de « Krän » ou d’« Ulysse 1781 » a lancé, dans un premier temps, le projet ambitieux d’un comics de 32 pages (en anglais et limité à 1 200 exemplaires, chez Caurette), en 2018. L’année suivante, les éditions Ankama ont repris les deux premiers épisodes en français dans un très bel album au format franco-belge, avec un élégant dos toilé, tout en couleurs, dont voici le deuxième tome : et c’est toujours aussi fou et détonnant !

Nous sommes donc en 1947, 14 ans après la victoire du King Kong qui règne aujourd’hui en maître sur Manhattan. Désormais, l’île, évacuée et rebaptisée Manhattan Jungle, est devenue une zone interdite, surveillée de très près par un escadron d’élite d’anciens pilotes militaires : la Kong Crew !

Un jeune aviateur endimanché de l’US Air Force, flanqué d’un redoutable teckel, s’y crashe et doit survivre dans ce milieu très hostile, car peuplé, outre du grand singe qui a propagé un virus qui rétrograde les espèces animales à une vitesse vertigineuse, de dinosaures en tous genres et de dangereuses amazones qui le capturent.Grâce à un habile retour dans le temps, ce deuxième opus, truffé de références, permet d’apporter quelques réponses aux nombreuses interrogations survenues chez le lecteur lambda, ébahi, après la lecture du tome 1 de cette délirante aventure à la Spielberg, laquelle mêle avec brio aviation, mythologie et uchronie (1) « Depuis mon enfance— précise le virtuose dessinateur —, j’ai toujours entendu des histoires d’avions, et des pilotes marines dans la famille, ça ne manquait pas. Plus tard, en exerçant mon métier d’auteur de bande dessinée, je me suis posé la question de savoir si je pourrais faire une BD d’avions et l’évidence s’est vite imposée : dessiner des avions ne vaut que si on raconte une bonne histoire de pilote. »

            Le dynamique traitement graphique, nourri par les comics des années cinquante et soixante, période golden age, y est époustouflant : Éric Hérenguel, sans se prendre au sérieux, rivalisant de talent — et il n’a aucun complexe à avoir — avec des dessinateurs américains renommés tels Al Williamson, William Stout, Mark Schultz, Frank Frazetta…, ou encore Frank Robbins, Milton Caniff et Will Eisner.

Couverture du tome 3 de l'édition en anglais.

Remarquons que chaque tome paru chez Ankama de cette délirante BD vraiment pas comme les autres — où l’auteur a pris de nombreux risques, notamment financiers — est séparé en deux parties de 26 ou 32 pages : comme dans les fascicules de comics (avec des couvertures adéquates compilées en fin d’album), ainsi que dans la version anglaise, en noir et blanc, dont les éditions Caurette ont déjà publié trois opus.

À soutenir sans réserve !

Attention ! Les planches du tome 2 illustrant cet article ont été fournies par Éric Hérenguel lui-même. Elles sont sans les textes pour mieux admirer la prouesse graphique et pousser les lecteurs à les découvrir dans les livres (ah, ah ah !).

Gilles RATIER

(1)  Voir aussi La promesse de King Kong, qui l’eut Crew !.

« The Kong Crew T2 : Hudson Megalodon » par Éric Hérenguel

Éditions Ankama (15,90 €) — EAN : 979-10-335-1330-8

Parution 19 novembre 2021

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2 réponses à « The Kong Crew » : l’hommage d’Hérenguel aux comics, aux pulps et aux vieux films fantastiques des fifties

  1. Barre dit :

    Anachronisme, dinosaures, King Kong, j’achète les yeux fermés! (Avant je les ouvrais quand même pour faire le code mais plus besoin à présent avec le sans contact !)

  2. EC Comics fan dit :

    _ Bonsoir …
    C’est assez original ; á voir , pour , peut-être , l’inclure dans
    ma (déjà longue) liste pour noël ? … merci …