Décès d’André H. Beckers : témoin et acteur de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge…

Disparu ce samedi 5 juin, à l’âge de 93 ans, André H. Beckers était l’un des derniers dessinateurs de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge de l’immédiat après-guerre. Une carrière modeste, mais passionnée qui lui a permis de collaborer aux grands et petits journaux publiés à l’époque en Belgique.

André Beckers.

Né le 10 octobre 1927 à Bressoux, dans la province de Liège, André Beckers étudie le dessin à l’académie des Beaux-arts de Liège, dont il sort diplômé en 1946. Passionné par la bande dessinée alors très présente en Belgique, il démarre sa carrière la même année en signant « La Patrouille des aigles » dans la revue scoute Cocorico. À la même époque, il dessine aussi pour Grand Cœur et Hello où il anime « Monsieur Bim ».

En 1947, il est employé par la World’s P. Press (l’agence de Georges Troisfontaine), où il assiste Victor Hubinon sur les premiers épisodes de « Buck Danny » destinés à Spirou. (1) Il réalise des illustrations, du lettrage et propose des fiches techniques de marine et d’aviation pour Spirou.

De 1950 à 1954, sous le pseudonyme Bek’s, il travaille pour le quotidien La Meuse, puis pour les Héroïc Albums où il dessine trois aventures du lieutenant Mac Tomson, signées Bek’s ou Studio Beck’s Produc, qui font beaucoup penser à « Buck Danny ».

Une aventure du lieutenant Mac Tomson dans le n° 42 des Héroïc Albums, daté du 18 octobre 1950.

En 1954, il rejoint l’agence International Press d’Yves Cheron, où il rencontre un certain Michel Regnier qui signe Greg.

Ce dernier lui écrit le scénario de « Rupert Rafale » destiné au Journal de Paddy dont l’existence sera brève.

Cette série est reprise dans Ima sous le titre « Roger Rafale », en 1958. De 1959 à 1961, il est directeur artistique de l’hebdomadaire Tintin, alors que ses histoires sont publiées dans les quotidiens belges La Libre Belgique, De Standaard, la Dernière Heure, Het Laatste Nieuw

Il y anime diverses rubriques pour la World’ Press : « Connaissez-vous ? », « Les Vies célèbres », « Histoires courtes »… publiées dans les suppléments du jeudi Récréation et la Libre Junior, où il réalise les séries « Bison et Ouistiti », « Criquet », « Le Chien Poum »…

« Bison et Ouistiti » dans La Libre Junior, en 1955.

Il publie quelques récits des « Belles Histoires de l’oncle Paul » (scénarios Octave Joly) pour Spirou (qu’il signe Bek’s) et des histoires authentiques dans Tintin : sur scénarios d’Yves Duval, Step, André Fernez…

On lui doit aussi quelques scénarios pour Fernand Cheneval et Mitacq (« Stany Derval ») (2).

En 1980, il crée « Romarin » dans les pages de Spirou.

Hélas, un accident de voiture l’empêche de dessiner pendant de longs mois.

Faute de trouver de nouvelles collaborations, à l’exception d’illustrations au quotidien Vers l’avenir dans les années soixante-dix, il devient décorateur d’intérieur et fonde une école de peinture et de dessin à Jodoigne.

L'une de ses « Belles Histoires de l’oncle Paul » dans Spirou.

Retraité depuis de longues années, il était toujours partant pour évoquer ses années BD avec ses vieux lecteurs qui ne l’avaient pas oublié.

« Romarin » dans Spirou, en 1980.

Il faut attendre les années 2000 pour voir ses travaux réédités à très faibles tirages par les microéditions La Vache qui médite : « Les Belles Histoires de l’oncle Paul » en 2009, « Pouf le fou du roi » une histoire publiée à l’origine par Vers l’Avenir en 2010, « Romarin » en 2008 et 2010, « Les Belles Histoires de l’oncle André » en 2013 : voir http://www.lavachequimedite.com.

« Pouf le fou du roi » dans Vers l'avenir.

André H. Beckers, qui signait aussi Herbé, Bekson ou Andy, était un homme chaleureux, et plein d’humour.

BDzoom.com adresse toutes ses condoléances à sa famille.    

Henri FILIPPINI

Relecture, corrections, rajouts, compléments d’information et mise en pages : Gilles RATIER

 (1) Voir « Buck Danny » et la World’s Presse.

(2) Voir MiTacq « hors patrouille » !.

Galerie

Une réponse à Décès d’André H. Beckers : témoin et acteur de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge…

  1. Kroustilyion dit :

    Un dessinateur soigneux, comme il en manque tant dans Spirou actuellement !