« Les Profs T21 : Rentrée des clashs » par Simon Léurgie, Erroc et Sti

Quelle période angoissante que celle de la rentrée des classes ! Que l’on soit élève ou parent d’élève, le moment où l’on passe de la douceur des vacances au stress de la découverte d’une nouvelle classe voire d’un nouvel établissement est l’un des jours les plus marquants de l’année. Jour remarquable aussi pour l’ensemble du corps enseignant qui marque le début de 10 mois de travail avec des élèves pas toujours motivés, d’où des clashs prévisibles. Clashs abordés avec humour voire une certaine tendresse dans le vingt-et-unième volume de la série « Les Profs », justement sous-titré « Rentrée des clashs ».

Polochon et Boulard

Notre éminent camarade Henri Filippini nous rappelait dans un récent article de la rubrique actualité de notre site, la genèse de la série à succès « Les Profs » : « La fabuleuse épopée des « Profs » débute le 23 décembre 1998 dans les pages du Journal de Mickey. Pierre Tranchand, après une période intense de nombreuses créations aux côtés de François Corteggiani, se cherche un nouveau souffle.

Après plusieurs tentatives infructueuses, sur le point d’abandonner la profession, il tente un dernier projet avec un nouveau style plus dépouillé, un nouveau patronyme : Pica, et un nouveau scénariste, Erroc (pseudonyme de Gilles Corre).

Deux ans plus tard, la série remarquée par Olivier Sulpice, est publiée sous forme d’albums au modeste catalogue des jeunes éditions Bamboo qu’il vient de créer. Au fil de la parution des albums le succès se confirme, la série dont aucun éditeur de premier plan ne voulait fait un carton au sein de la nouvelle maison d’édition. Selon un calcul savant de Pica, chaque jour 800 albums des « Profs » se vendent. »

Les Profs T 21 page 3

20 ans après ses discrets débuts, ce sont 5 millions d’exemplaires de la série qui se sont écoulés, succès renforcé par les 7,5 millions d’entrées des deux adaptations pour le cinéma de Pierre-François Martin-Laval. Les auteurs ont réussi à fédérer un lectorat fidèle, régulièrement renouvelé, autour d’un univers cohérent et de personnages attachants même s’ils sont souvent caricaturaux. Au lycée Philippe Rodrigue Octave Fanfaron, le nom de l’établissement est un acronyme de PROF, une équipe pédagogique tente vaille que vaille de faire travailler des élèves au niveau pour le moins hétérogène.

Ces figures récurrentes, depuis le premier album, ont des caractères archétypaux connus du plus grand nombre : Antoine Polochon, le professeur d’histoire passionné de la saga napoléonienne, Gladys, hystérique à l’anglais sommaire alors qu’elle enseigne la langue de Shakespeare, Serge Tirocul, fainéant patenté qui trouve toujours le moyen de ne pas corriger ses copies, Amina la très jolie professeure de français ou madame Berthot qui a un léger souci avec l’alcool… il y ainsi une vingtaine d’enseignants qui se croisent dans leur seul havre de paix : la salle des professeurs ; entre machine à café et photocopieuse, deux éléments indispensables à leur métier et pourtant souvent en panne !

Les Profs T 21 : La photo de classe

Il faut rappeler aux rares lecteurs qui découvriraient la série, qu’en face de cette équipe professorale, humaine, terriblement humaine, se meut toute une troupe d’élèves au comportement potache, forcément potache ; de la caricature même du cancre, Thierry Boulard, vedette d’une série spin-off, à son ami Nitchinsky et de Boudini, la tête de turc du prof d’EPS à Sandrine Bourgueil, éternellement première de la classe.

L’aide personnalisée !

Un vent de fraîcheur souffle sur les planches gags de ce vingt-et-unième opus. On en doit sans doute une partie à l’arrivée au scénario, pour seconder Erroc le créateur de la série, de Sti, déjà remarqué pour son travail sur « Mes premières fois » ou « Les Seignors ». Daphné, sa sœur enseignante, lui a sans doute susurré quelques idées de gags amusantes notamment sur les dernières reformes de l’Éducation nationale ; l’aide personnalisée qui porte très mal son nom puisque réalisée en classe entière, la prime au mérite au calcul incertain ou la réforme encore floue de notre inoxydable baccalauréat.

Quant au dessin, cela fait déjà trois albums que l’excellent Pica a confié ses crayons à Simon Léturgie. Le coauteur de la série culte « Polstar » maintient la qualité graphique de la série d’un trait très lisible, rond, et d’une grande expressivité.

Allez, bonne année scolaire à tous et rendez-vous dès jeudi prochain dans cette rubrique pour les premières révisons en économie et en sociologie, pour les élèves les plus studieux.

Laurent LESSOUS (l@bd)

« Les Profs T21 : Rentrée des clashs » par Simon Léurgie, Erroc et Sti

Éditions Bamboo (10,95 €) – ISBN : 978-2-8189-4680-0

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