Un séminaire consacré à la bande dessinée, à destination des enseignants et des bibliothécaires, trois jours avant le début du 44e FIBD d’Angoulême

Du 23 au 26 janvier 2017, le séminaire PREAC (Pôle de ressources en éducation artistique et culturelle) propose quatre jours de formation aux bibliothécaires et enseignants, de toutes les académies, autour de la bande dessinée et de ses applications pédagogiques. Le thème de cette année est « Entre bande dessinée et roman en images : le roman graphique. Le roman graphique comme support d’enseignement ».

Depuis sa création le séminaire PREAC bande dessinée se propose d’explorer le potentiel pédagogique du 9e art pris dans toute sa diversité.

Tous les genres, des plus populaires, thriller ou science-fiction, à ceux proposant une réflexion plus poussée à leurs lecteurs, BD historique, de reportage ou à visée citoyenne, peuvent être abordés en classe.

Cette année, le séminaire interroge le potentiel pédagogique du roman graphique. La catégorie du roman graphique s’est, depuis une trentaine d’années, fait une place dans le vocabulaire des éditeurs et des médias avant de s’imposer dans celui de la sphère scolaire.

En France, la grande enquête de 2012 sur la lecture des bandes dessinées retient la catégorie du roman graphique comme l’un des cinq grands types de bandes dessinées qui structurent l’offre (les quatre autres étant les albums traditionnels, les journaux d’humour et de bandes dessinées, les comics et les mangas).

Il est donc nécessaire pour les pédagogues et les bibliothécaires d’explorer tout le potentiel pédagogique de ce pan en plein essor de la bande dessinée contemporaine.

L’objectif premier du séminaire est de faire le point sur différentes méthodes pédagogiques innovantes qui utilisent une bande dessinée, quels que soient les a priori de certains sur le médium. La thématique du roman graphique permet de renouveler cette approche. Selon le théoricien de la bande dessinée Thierry Groensteen, d’ailleurs intervenant lors de ce séminaire : « La catégorie du roman graphique recompose le champ éditorial en introduisant une distinction entre le tout-venant de la production et des œuvres plus ambitieuses. Elle cherche à séduire un public (et des médias) qui n’avait pas nécessairement l’habitude de considérer la bande dessinée comme une littérature à part entière. Elle se veut révélatrice du clivage qui existerait entre une bande dessinée de divertissement – parfois de grande qualité, parfois moins – et une authentique bande dessinée d’auteurs, laquelle, s’étant affranchie du carcan des genres, exprime d’abord la sensibilité de l’artiste et le regard qu’il porte sur le monde. »

                           Antonio Altarriba

À partir de l’étude de romans graphiques récents, le séminaire entend offrir des approches pédagogiques nouvelles aux enseignants soucieux d’innovation ainsi que des références bibliographiques indispensables. Il propose donc aux stagiaires des pistes de réflexion sur le roman graphique français, européen, mais aussi japonais et états-unien. C’est l’occasion de croiser pratiques pédagogiques et points de vue variés sur le sujet : que ce soit celui des auteurs, des éditeurs, mais aussi des libraires et des bibliothécaires.

 Derf Backderf

Thierry Murat

De nombreux spécialistes interviendront lors du séminaire ; dès le premier jour Thierry Groensteen et Agnès Deyzieux sur, respectivement, « Un concept problématique : le roman graphique », puis « Le roman graphique au pays du manga ».

Le programme sera copieux par la suite avec un focus sur la guerre d’Espagne en bande dessinée par Michel Matly, alors qu’Alain Demarco a intitulé sa conférence : « Se représenter et se raconter en BD » ; mais les stagiaires assisteront aussi à des tables rondes avec des éditeurs et des auteurs de tous horizons : — Derf Backderf (États-Unis) — Antonio Altarriba (Espagne), — Thierry Murat, — Bruno Loth. Des pistes pédagogiques seront aussi détaillées, notamment celles approfondies à partir d’ouvrages de l’éditeur La Boîte à bulles que vous pouvez trouver ici, sur le site de l’éditeur.

Bruno Loth

Organisé par notre collaborateur Laurent Lessous pour l’atelier Canopé 16, l’édition 2017 du séminaire national du PREAC BD est le fruit d’un partenariat de l’Éducation nationale avec deux institutions incontournables de la ville d’Angoulême : le FIBD – Festival international de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême – et la CIBDI – Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

Les inscriptions et le programme sont en ligne sur le site de Canopé Poitiers .

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