Quel plaisir que de retrouver, au sein d’un nouveau cycle d’enquêtes délicatement rétro, ce bon vieux commissaire Raffini, créé en 1980 par le prolifique, mais non moins talentueux, scénariste Rodolphe et par le célèbre dessinateur Jacques Ferrandez, relayé à partir de 1995 par Christian Maucler ! Toujours aussi bougon, mais conduisant ses investigations avec calme et obstination, il est désormais assisté par une charmante équipière — elle remplace son fidèle adjoint Morlaine qui a pris sa retraite — pour éclaircir le contexte de la mort d’une actrice sur le tournage du film de gangsters « La Poupée sans tête ». Horrible accident ou homicide, l’affaire, entre faux-semblants, glamour et décors de cinéma, est haletante !
Lire la suite...« Le Chien qui louche » par Étienne Davodeau
Le but de l’association de Futuropolis et des éditions du Louvre est de pouvoir proposer la publication d’une bande dessinée mettant en valeur le plus célèbre musée du monde. Pour l’auteur choisi (et pas des moindres puisqu’Enki Bilal, Marc-Antoine Mathieu, Bernard Yslaire, Nicolas de Crécy, David Prudhomme, Christian Durieux ou Éric Liberge ont été les premiers à relever le gant, en attendant de découvrir la vision de Jirô Taniguchi), le défi est de trouver, à chaque fois, un angle original qui lui permette d’approfondir le sujet. L’exercice de style est plutôt difficile, mais Étienne Davodeau s’en sort très bien, faisant preuve d’originalité en axant son récit, drôle, enlevé et émouvant, sur le quotidien des gardiens de cette vénérable institution.
Fabien occupe donc cette fonction depuis une quinzaine d’années et, bien que l’image n’en soit pas valorisante, il aime son métier. Tout va d’ailleurs pour le mieux dans le meilleur des mondes puisqu’il vient aussi de rencontrer Mathilde, dont il tombé amoureux. Ce week-end, c’est le grand jour, il doit rencontrer pour la première fois la famille de l’élue de son cœur. Seulement voilà , avant d’être adoubé par le père et les deux frères – de doux frappadingues convaincus de la grande influence de l’agent de surveillance sur les instances du Musée du Louvre —, il doit réussir à faire entrer, dans ce temple de l’Art, une peinture de facture plutôt modeste, datant du XIXe siècle : cette toile, qui représente un chien qui louche, ayant été réalisé par un peintre du dimanche ancêtre de sa belle promise.
Cette comédie humaine au rythme soutenu et à la narration formidablement maîtrisée est un véritable tourbillon d’émotions et de fantasmes rempli d’improbables protagonistes. Et pour couronner le tout, ce délirant et merveilleux moment de lecture nous permet aussi de visiter le Louvre au gré des affectations de ce sympathique gardien ; le tout étant, bien entendu, dans la prolongation humaniste de l’œuvre de l’auteur des « Ignorants », des « Mauvaises Gens » ou de « Lulu femme nue » : ce qui ne gâche rien non plus… 
Gilles RATIER
« Le Chien qui louche » par Étienne Davodeau
Éditions Futuropolis/Louvre éditions (20 €) – ISBN : 978-2-7548-0853-8











