En 2009, déjà chez Futuropolis, David Prudhomme s’intéressait aux musiciens grecs avec « Rébétiko : la mauvaise herbe » : un album où l’on suivait une journée de la vie d’un artiste des années 1930. Des cafés enfumés de haschich aux terrasses où l’on se laisse assommer par l’alcool, les musiciens, les « rébètes », attendent la nuit où ils jouent le rébétiko, cette musique populaire contestataire évoquant la déchirure de l’exil, la dureté sociale et les amours amères…
Lire la suite...EMILE BRAVO RECOIT LE PRIX DES LIBRAIRES

Mercredi 2 juillet avait lieu la remise officielle du Prix des Libraires de Bande Dessinée 2008 dans les locaux de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne à l’auteur de « Spirou : Le journal d’un Ingénu ».
Laurent TURPIN
Décidément, pour fêter les 70 (septante) ans de Spirou, jeune groom espiègle et déluré, créé pour le périodique belge éponyme par Rob-Vel le 21 avril 1938, les éditions Dupuis ont fait très fort ! Outre d’importantes manifestations (comme les grandes expositions consacrées à l’hebdomadaire de Marcinelle sises au Centre Belge de la Bande Dessinée et à la Maison de la BD ou la gravure exceptionnelle d’une pièce de monnaie de collection) ainsi qu’une nouvelle formule du journal particulièrement réussie (le rédacteur en chef, Frédéric Niffle, ayant réussi à satisfaire modernes et nostalgiques, sans dénaturer l’esprit du magazine), elles publient une aventure originelle que nous n’hésitons pas à qualifier de chef-d’œuvre ! En s’appuyant sur la genèse du personnage principal afin d’expliquer les traumatismes qu’il a subis à l’approche de la Deuxième Guerre mondiale, Emile Bravo (le génial papa de la série « Jules ») s’approprie la jeune adolescence du petit employé du Moustic-hôtel de Bruxelles, tout en dynamitant les principes conservateurs (autant sur le plan sociologique, politique que moral) qui ont présidé à la marque de fabrication de la bande dessinée belge de l’époque. Tout y est dévoilé : son premier amour, la naissance de son amitié avec le journaliste Fantasio et de sa conscience politique, son rôle dans le déclenchement du conflit à venir et les dessous du pacte germano-soviétique, les penchants inavoués des réceptionnistes et des soubrettes d’origine juive… Bref, un scénario particulièrement inventif, déjanté et maîtrisé à la fois, qui nous aide à mieux comprendre l’évolution humaniste de ce gamin malin, le tout enluminé par un graphisme classique et des couleurs adéquates (dues à Delphine Chedru) s’adaptant parfaitement aux années 1930 : en trois mots, du grand art !
Gilles RATIER