L’impressionnant dessinateur serbe Gradimir Smudja s’est emparé d’un étonnant et méconnu haut fait de bravoure de l’histoire de l’art — qui s’est déroulé à Paris, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale —, afin de le raconter en bande dessinée dans un diptyque dont le premier tome vient de sortir et où il impose, une fois de plus, son flamboyant style graphique… mais toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie. Le 14 juillet 1939, Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre en place, va organiser le plus grand déménagement d’œuvres artistiques au monde (4 000 merveilles, dont « La Joconde », « Le Radeau de la Méduse » ou la « Victoire de Samothrace »). Ceci pour éviter qu’elles tombent dans les griffes des nazis : incroyable, mais vrai !
Lire la suite...« La Merveilleuse histoire des éditions Roa » : un canular fichtrement bien documenté !
Ayant déjà sévi avec un excellent premier album de bande dessinée en 2010 (« Tom et William », dans la prestigieuse collection Signé du Lombard) et, régulièrement, dans le blog qu’il anime parallèlement (http://laurentlefeuvre.over-blog.com), Laurent Lefeuvre poursuit son œuvre érudite et quasi parodique qui consiste à attester de l’existence d’une maison d’édition totalement fictive : les éditions Roa.

À travers une centaine de fausses couvertures d’illustrés, de fausses planches et de fausses chroniques, son but est de donner corps aux cow-boys, vikings, soldats, pirates et autres gorilles géants évoqués comme des personnages de bandes dessinées oubliés dans l’album « Tom et William » ; et ce travail joyeusement foutraque vient aujourd’hui d’être compilé dans un livre-hommage aux Akim, Blek le Roc, Rodéo et autres Zembla de notre enfance, publié aux éditions Mosquito !
Toutefois, ce dessinateur et story-boarder breton, fan des auteurs américains de l’Age d’or et des petits formats, ne se limite pas au simple canular : en effet, son ouvrage, au parfum mythique d’action et d’éclats de rires, est rempli de clins d’œil et de références exactes à des auteurs ou à des séries existantes ; ceci afin de nous permettre de remettre le tout dans un vrai-faux contexte historique, à la manière des livres d’un Patrick Gaumer, d’un Gérard Thomassian ou d’un Louis Cance : bref, de par son érudition, son humour décalé et la qualité de ses illustrations, « La Merveilleuse histoire des éditions Roa » se révèle, finalement, totalement indispensable aux amateurs…
Enfin, sachez qu’en mettant en exergue le travail de John King (qui fut le scénariste vedette et prolifique des éditions Roa), la préface de François Corteggiani, auteur qui s’y connaît lui aussi plutôt bien en petits formats, est totalement écrite dans le même esprit : appréciez par vous-même !
Gilles RATIER















Au début de la lecture quelque doute est apparu avec Daniela (de l’Oreal) à l’origine d’une chanson d’un amateur de BD, aux chaussettes noires.
Quand plus loin on découvre la revue Cleet & Boris et qu’encore plus loin une couverture est attribuèe à H.Mounier, le doute devient certitude. On se trouve devant un énorme gag qui réveille des souvenirs…inexistants.
Bouquin super documenté sur ce qu’auraient pu être nos lectures, en plus des Battler Briton, X13, Oliver, Zembla, Capitain Swing et autre Blek. Très didactique.
Yves Chaland aurait apprécié…
La démarche est vraiment sympathique, mais on voit au premier coup d’œil que les couvertures ont été peintes numériquement. L’auteur aurait dû parfaire l’illustion jusqu’à utiliser les techniques de l’époque, à savoir la gouache. C’est vraiment dommage et cela gâche mon plaisir. Finalement, je n’achèterai pas ce recueil.