Quel beau récit en bande dessinée que ces bouleversantes « Mémoires d’un garçon agité » : l’histoire d’un gamin émotionnable d’une dizaine d’années qui a décidé d’arrêter de grandir et de se raconter, à l’aide de la vieille machine à écrire familiale. Ce refuge dans l’écriture est le seul moyen qu’il a trouvé pour essayer de stopper le temps : pour oublier le fait de se sentir responsable, ainsi que la douleur subie devant l’anéantissement de ce qui était jusque-là sa vie. Le sensible dessin à la Sempé de Valérie Vernay et cet attachant personnage qui retrace des anecdotes de sa courte existence pourraient nous faire penser au Petit Nicolas, mais le propos du scénariste Vincent Zabus — par ailleurs poète et dramaturge — est tout autre : l’humour n’est là que pour dissimuler la gravité du sujet.
Lire la suite...« Les Méta-Barons » de A à Z…
Publié en 2000 par les Humanoïdes associés, l’ouvrage de référence « La Maison des ancêtres » évoque, génération par génération, l’épopée de la caste invincible créée par Alejandro (ou Alexandro) Jodorowsky, dont l’histoire commence dans le sang. Une superbe réédition revue, complétée et augmentée par Christophe Quillien, permet de tout savoir sur l’univers foisonnant de cette famille de super guerriers.

Découvert au détour des aventures de l’Incal dessinées par Moebius, le Méta-Baron Othon von Solza, super mercenaire reconnu comme le plus puissant guerrier de la galaxie, est devenu le héros de sa propre série en 1992. Bien décidé à assurer sa descendance, il a vécu jusqu’en 2003 huit grandes aventures imaginées par Jodorowsky et dessinées par le dessinateur argentin Juan Gimenez. Suivent en 2008 « Les Armes du Méta-Baron », album dessiné par Travis Charest et Zoran Janjetov, « Castaka » diptyque illustré par Das Pastoras, enfin « Méta-Baron », récente nouvelle série où le scénariste belge Jerry Frissen renoue avec le Techno-Amiral, à la suite de Jodorowsky, sous le crayon du prometteur Valentin Sécher : voir aussi Zoom sur les meilleures ventes de BD du 15 juin 2016.
Portraits et entretiens avec l’ensemble des auteurs, chronologie des événements, arbre généalogique et description des personnages, dessins et crayonnés ou histoires inédites (« Le Tatouage des Castaka » et « Le Rêve de l’Incal » : deux récits complets dessinés par Gimenez) sont au sommaire de cet album cartonné de 116 pages en couleurs, au format 24 x 32, vendu au prix de 16,95 €.
De Amour à Zandokans, en passant par Bestiaire, Castaka, Cinéma, Créatures, Drame, Entrailles, Filiation, Initiation, Planètes, Sans-Nom, Voyages… tout est révélé au fil de cet abécédaire sur les coulisses de cette saga née de l’imagination fertile du grand Jodorowsky. Signalons aussi l’impression soignée et le prix raisonnable de cet ouvrage qui devraient combler tous ceux qui ont croisé un jour la route des Méta-Barons.
Henri FILIPPINI










