« Kaplan et Masson T2 : Il faut sauver Hitler » par Jean-Christophe Thibert

Kaplan et Masson… Enfin de retour ! Il aura fallu attendre six ans pour retrouver ces héros imaginés en 2009 par Didier Convard pour Jean-Christophe Thibert : un dessinateur virtuose qui propose une ligne claire d’une rare pureté. Bien qu’à l’origine de la trame de ce récit, le scénariste du « Triangle secret » en a laissé l’écriture à Thibert qui a opté pour un ton plus délirant. Comme au bon vieux temps de l’âge d’or des films d’espionnage des années cinquante, tout l’univers du cinéma d’Audiard est présent dans ce récit mouvementé et drôle, aux dialogues et aux personnages savoureux.

Venise, 19 décembre 1958. Le docktor Franzischus arrive d’Argentine où il s’était réfugié, convoqué par le KRIES : un puissant réseau d’anciens nazis. Chirurgien de réputation mondiale, il doit donner un nouveau visage à Léopold Godigham, alias Adolph Hitler : le Führer en personne qui se cache dans une chambre d’hôtel sous l’identité d’un représentant de commerce. La méfiance est de rigueur, d’autant plus que la CIA américaine et le KGB soviétique sont eux aussi sur les traces du criminel nazi.

À Paris, à l’occasion d’un combat de boxe dont il est l’un des protagonistes, le colonel Étienne Kaplan du SDECE (Service de documentation extérieur du contre-espionnage) rencontre discrètement ses amis Nathan Masson, Watanabé Sensei et la pulpeuse Line Valmont. Il les invite à partir pour Rome en sa compagnie, afin de sauver Lantier : agrégé d’allemand rencontré par Étienne à Londres pendant la guerre et parfait sosie d’Hitler qu’il imite admirablement. Contre l’effacement de ses dettes de jeux, l’homme a accepté de jouer le rôle du führer pour démasquer les membres du KRIES, de plus en plus actifs en Europe. Il a tellement bien interprété son personnage qu’il est la cible des services secrets américains et russes, mais aussi des hommes du KRIES qui souhaitent libérer leur führer au cours d’une opération portant le nom de Nibelungen.

Et voilà que commence une folle équipée des rues de Rome à la propriété vénitienne de Von Möschtein, chef du KREIS, lequel donne un bal masqué la nuit de Noël. Sans y être invités, tous les espions de la péninsule s’y retrouvent pour un bal tragique pas vraiment prévu. Lantier va devoir attendre sa conclusion pour retrouver Nogent, ses géraniums et ses cours à Janson de Sailly.

Notons la longue et sublime course poursuite dans un train de nuit, la poursuite dans la campagne romaine, la virée nocturne à Cinecitta, le combat final dans le palais vénitien… autant de séquences époustouflantes parfaitement maîtrisées. Bref, voilà un album qui peut vite devenir culte !

Henri FILIPPINI

« Kaplan et Masson T2 : Il faut sauver Hitler » par Jean-Christophe Thibert

Éditions Glénat (13,90 €) – ISBN : 9 782 723 469 081

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3 réponses à « Kaplan et Masson T2 : Il faut sauver Hitler » par Jean-Christophe Thibert

  1. Liaan dit :

    Ouvrage que j’ai énormément apprécié.
    Tenté par le dessin très propre, un peu à la façon des deux premières aventures de Lefranc, en particulier « La grande menace », très dense, en lisant, je me retrouve dans un film de la série « Le Monocle » : bourré d’humour.
    Excellent !
    Et je n’ai pas vraiment trouvé d’anachronisme (chose devenue malheureusement courante dans ces « restitutions d’époque »)
    Des dessinateurs et surtout des scénaristes actuels devraient en prendre de la graine.

  2. PATYDOC dit :

    Cet excellent dessinateur mériterait un bon scénariste ….

  3. Nicolas Bourmeyster dit :

    Quel talent, tous les plis des vêtements sont en place, et le dynamisme reste la préoccupation permanente de ce virtuose du crayon. Le scénario est un peu fouillis, mais toujours sympathique dans une ambiance à la « Panthère Rose ». Tous ces branquignols armés dans des décors cinématographiques à souhait donnent au final une BD très réussie avec un parfum de nostalgie totalement assumé (j’ai pensé par moments aux « Ailes de plomb » époque Barral). On attend d’autres œuvres de ce dessinateur incroyable.