Angelo Di Marco : maître du fait divers !

Dans « L’Art du crime » aux éditions Steinkis, Brendan Kemmet, journaliste spécialiste des faits divers, propose de faire revivre une trentaine d’entre eux magnifiés par les images de Di Marco. De Nadine Vaujour, la fille de l’air à l’emmurée vivante avec son amant, en passant par l’affaire Patrick Henry, le monstre de Nantes, le petit Grégory… c’est toute l’actualité de ces cinquante dernières années qui défile, évoquée par le trait vivant et expressif du maître des faits divers. Visages crispés par l’horreur, assassins aux yeux exorbités, décors remettant l’action dans son contexte… tout l’art d’Angelo Di Marco explose.

« Grâce au choix des angles, aux mimiques, aux expressions des personnages, à la précision de l’atmosphère qu’il restitue, ses dessins remplacent l’instantané impossible à prendre au moment du drame ». Didier Decoin.

Qui n’a pas un jour, au détour d’un magazine, été impressionné par un dessin d’Angelo Di Marco ? De Radar à Détective, en passant par Qui police ?, France-Dimanche, La Vie parisienne, Noir et Blanc, Actuel, Paris-Jour, Télé 7 Jours, Télérama, L’Événement du jeudi, Libération, Marianne… ses dessins au lavis ont émerveillé plusieurs générations de lecteurs.

Cette activité intense ne l’a pas empêché de travailler pour les agences de presse et les revues de bandes dessinées. Il anime « Catamount », « Janique aimée » pour Opera Mundi, « Amande » dans Radar, dessine « Rock l’invincible » dans Hurrah !, « Le Petit Shérif », « Les Trois Mousquetaires » pour Télé poche, « Ivanhoé » pour Télé 7 jours, « Nasdine Hodja » pour Pif gadget, « Arthur et Stéphanie » dans Triolo, participe à « L’Encyclopédie Auzou »… signe ses dernières BD dans le domaine de l’érotisme (« Docteur Sexe », « Éva »…).

Bien que passionnant et fort bien réalisé, cet ouvrage broché au format et à la pagination modestes (120 pages noir et blanc de 19,5 x 25 cm, pour 18 €) peut pourtant laisser une impression de manque aux lecteurs qui risquent en redemander. Par exemple, ceux qui possèdent les numéros de Radar où son talent a mûri, dans les années d’après-guerre, vont regretter l’absence d’images en provenance de cet hebdomadaire au format géant, lequel lui permettait de sublimer le fait-divers le plus horrible, le crime le plus sanglant… Notons d’ailleurs, pour les amateurs, l’existence de l’album « Vingt ans de faits divers », publié en 1989 aux éditions Hoëbeke.

Mais ne boudons pourtant pas notre plaisir et savourons ces images venues d’un autre millénaire, aux temps où l’image dessinée régnait encore, avant que la photo ne lui taille des croupières.

Henri FILIPPINI

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