« Le Crime qui est le tien » par Philippe Berthet et Zidrou

Avant de mourir d’un cancer, un paisible commerçant avoue être celui qui a trucidé sa belle-sœur en la poignardant de soixante-sept coups de ciseau à bois, vingt-sept ans plus tôt. Son frère, jusque-là accusé du meurtre de cette femme qui avait un peu trop le feu aux fesses, revient dans leur bled de Nouvelle-Galle du Sud, où se sont passés les événements, ayant passé sa cavale à élever des moutons, planqué au cœur des montagnes.

Hanté par le fantôme de sa femme volage et traqué par le shérif local qui le croit toujours coupable, le mari cocu se confronte aux rancœurs et aux non-dits…

Le scénario, habile et légèrement surnaturel, multiplie les fausses pistes dans une atmosphère pesante, mise en valeur par des dialogues tirés au cordeau, des couleurs chaudes et un dessin aussi somptueux qu’élégant.

Décidément, Zidrou est LE scénariste BD du moment ! Quel que soit le domaine exploité, la comédie de mœurs (« Les Beaux Étés » avec Jordi Lafebre, voir l’article de Didier Quella-Guyot), le conte cruel (« Bouffon » avec Francis Porcel, voir l’article de Philippe Tomblaine) ou comme ici le polar implacable, tous ses récits réalistes publiés chez Dargaud Benelux sont de belles surprises narratives ; et encore, on ne vous vante pas non plus la qualité de ses séries humoristiques pour la jeunesse : « L’Élève Ducobu », « Tamara », « Boule à zéro » (enfin, si, voir l’article de Laurent Lessous…)

Après Cuba et les États-Unis du diptyque « Périco » écrit par Régis Hautière et en attendant une virée dans le Grand Nord où se déroulera le troisième récit (un scénario signé Sylvain Runberg), cette incursion dans la chaleur des petites villes australiennes ne démérite absolument pas de la collection Ligne noire : des histoires noires, toutes dessinées par le maître d’une certaine ligne claire qu’est Philippe Berthet !

Gilles RATIER

« Le Crime qui est le tien » par Philippe Berthet et Zidrou

Éditions Dargaud Benelux (14,99 €) – ISBN : 978-2-5050-6343-8

Galerie

Les commentaires sont fermés.