Zizanie à Charlie Hebdo

Quelques mois après le drame qui a frappé l’équipe de Charlie Hebdo et la reparution du titre, les tensions ne manquent pas au sein de la petite équipe d’une trentaine de personnes qui en assurent aujourd’hui la réalisation : tout d’abord, convocation pour faute grave par la direction de la journaliste Zinab el Rhazoui qui signe la rubrique « L’Hérétique de la semaine » (Faute rapidement oubliée face au tollé général provoqué par cette décision), puis annonce par Luz de son départ du journal en septembre (il explique dans un long entretien à Libération — dans le n° 10573 du 19 mai — qu’il ne parvient plus à dessiner sur l’actualité, alors que va sortir chez Futuropolis son ouvrage « Catharsis », où il évoque la présence de Ginette dans son corps, cette grosse boule qui lui pourri la vie)…

Charlie, qui manque de dessinateurs (les derniers numéros font de plus en plus de place au rédactionnel au détriment de l’image), n’avait pas besoin de ce départ qui laisse Riss comme seul unique « grand » dessinateur du journal : Willem se consacrant de moins en moins au dessin en faveur de sa rubrique « Autre chose » et Coco étant seule à émerger parmi les nouveaux venus. Alors que Le Canard enchaîné fait preuve de dynamisme en testant des pointures comme Bouzard, Aurel ou Diego Aranega, Charlie ouvre ses colonnes à quelques jeunes qui sont loin de pouvoir assurer les pleines pages de l’ancienne équipe.

Enfin, les collaborateurs se divisent sur l’utilisation du pactole (12 millions d’euros selon Riss) engrangé depuis le début de l’année. Certains, comme Laurent Léger, souhaitent devenir des salariés actionnaires en parts égales après la création d’une Scop, d’autres comme Riss optent pour conserver ce capital pour les mauvais jours, comme c’est le cas au Canard enchaîné.

Richard Malka (avocat officiel du journal et ami intime de Philippe Val, ancien patron de l’hebdomadaire et honni par la majorité des collaborateurs), Anne Hommel (ancienne communicante de Dominique Strauss-Kahn) et Jérôme Cahuzac (nommée Dircom par l’avocat-scénariste) ne favorisent pas la quiétude au sein d’une rédaction encore fragile.

Charlie Hebdo vend aujourd’hui à 170 000 exemplaires (sans compter les 270 000 nouveaux abonnés !), alors qu’il était à moins de 30 000 avant l’attentat  : un beau résultat que les tensions internes risquent de fragiliser…

Henri FILIPPINI

À ce propos, il est recommandé de lire « La Zone de Siné » (sur le site de Siné Mensuel) qui ne fait pas dans la dentelle : http://www.sinemensuel.com/zone-de-sine/.

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Une réponse à Zizanie à Charlie Hebdo

  1. BARRE dit :

    Noooon? Le Cahuzac des « yeux dans les yeux »? C’est un homonyme, ce n’est pas possible?