Roland Garel : disparition d’un homme exemplaire…

Alors que les États généraux de la bande dessinée commencent à se mettre en place et que les auteurs ont manifesté encore tout récemment au festival d’Angoulême, le syndicaliste Roland Garel, l’un des principaux défenseurs des droits des auteurs exerçant dans notre domaine de prédilection, vient de disparaître, le mercredi 4 février, aussi paisiblement que discrètement…

Né en 1930, Roland Garel entre en 1947 aux éditions Mondiales dirigées par Cino Del Duca où il retouche les bandes dessinées étrangères, tout en signant des couvertures de fascicules de récits complets sous le pseudonyme Rolgar.

Il apprend les bases du métier au début des années cinquante, aux côtés de René Giffey, Remy Bourles… dont il est l’assistant. Illustrateur pour de nombreuses revues (Tarzan, L’Intrépide, Pistolin, Nous Deux, Intimité, Hurrah-Aventures, Vie en fleurs, Modes et Travaux…), il se lance dans la bande dessinée en 1957, dans l’hebdomadaire Ima (hebdomadaire français utilisant le principe des chèques Tintin), où il campe « Papoulet et Riton ».

Quatre ans plus tard, il crée « Galax » sur scénarios de Roger Lécureux pour le pocket Marco Polo des éditions Aventures et Voyages (en cours de réédition aux éditions Taupinambour).

« Chère Pauline ».

En 1963, il reprend la série « Jack de Minuit » (scénario de Jacques Lob) dans Record, tout en débutant des collaborations régulières dansLisette, Lisette Magazine, Vaillant (où il assiste le dessinateur Max Lenvers, handicapé de la main, sur « Jacques Flash »). Formule1, Fripounet, Joker, Terres lointaines, Triolo (« Arthur et Stéphanie »), L‘Argonaute… En 1964, il crée « Les 4 As » pour le pocket Robin des bois. En 1968, il débute le strip quotidien « Chère Pauline » pour l’agence Intermonde Presse (première parution dans Le Parisien libéré ; voir French Soap (deuxième partie : les créations françaises)), dessine « L’Auberge rouge » pour Dargaud (en 1969), adapte « Les Trappeurs de l’Arkansas » pour ACP. Il participe à « L »Encyclopédie en BD » aux éditions Philippe Auzou, livre plusieurs ouvrages didactiques aux éditions Chancerel (« Le Tennis », « Le Bricolage », « La Cuisine »…), collabore aux éditions Univers média (« Histoire du syndicalisme », « Jean XXIII »…), dessine des ouvrages religieux pour Sadifa et Fleurus, anime une rubrique pratique dans Télé loisirs… En 1990, il crée l’agence APAR avec son fils, agence diffusant des jeux pour la presse.

À cette riche carrière de dessinateur, Roland Garel ajoutait une action syndicaliste, inlassable animateur du syndicat des dessinateurs de presse. Répondant toujours présent à l’appel d’un confrère en délicatesse avec son employeur, il connaissait le Code pénal sur le bout des doigts, il était là pour le défendre. Il s’est battu pour obtenir des droits à une profession qui n’en avait pas, carte de presse, congés payés, salaires, treizième mois…

Droits hélas pour la plupart abandonnés depuis la disparition des journaux. En ces temps difficiles pour la profession, il me confiait il y a peu son désespoir de voir les luttes du passé foulées du pied… et surtout regretter qu’il n’y ait pas de relève sérieuse chez ses jeunes confrères.

« Chretiens dans l’Aisne et la Somme » chez Fleurus, en 1988.

Homme droit et conscient de ses moyens limités comme dessinateur (ce qui ne l’empêcha pas d’avoir conduit une carrière honorable), il n’a jamais cherché à profiter de sa position pour obtenir le moindre avantage. Aujourd’hui, nombreux sont les professionnels qui pleurent sa disparition.

Henri FILIPPINI

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5 réponses à Roland Garel : disparition d’un homme exemplaire…

  1. BOURGNIAT dit :

    Petit rectificatif il vient de décéder le 4 février
    Cordialement

  2. Larbier Philippe dit :

    Triste disparition d’un homme qui se sera toujours plus occupé des autres de lui-même.

  3. christophe Lazé dit :

    l’altruisme de cet homme etait sans égal

  4. DI MARCO dit :

    Je confirme, Paix aie son âme