« Princesse Sara » T3

Frances Hodgson Burnett (1849?1924) est, parmi les romancières britanniques de la fin du XIXème siècle, l’une des pionnières du roman d’apprentissage pour enfants.
Elle puise sa matière dans sa propre vie, dans son enfance tout particulièrement, marquée par une très grande pauvreté. Elle écrit une quarantaine de romans, tous dédiés à l’enfance, dont trois ont une renommée mondiale et sont sans cesse réédités : «Le Petit Lord Fauntleroy» (1886) ? «La Petite Princesse» (1905) ? «Le Jardin secret» (1911)

« La Petite Princesse » a fait pleurer des générations de petites filles et a fait l’objet de nombreuses adaptations au cinéma.
Ce roman raconte l’histoire de Sara, qui a passé son enfance dans l’Inde britannique. Elle est aimée et choyée par son père qui en fait sa princesse. Ce dernier, le capitaine Crewe, devenu veuf, l’emmène à Londres où elle poursuivra son éducation dans un pensionnat de jeunes filles dirigé par l’horrible Miss Minchin. Sara est riche, talentueuse, chaleureuse, généreuse et devient vite la coqueluche de l’école. Mais lorsqu’une lettre lui apprend la mort et la ruine de son père, son destin bascule. Miss Minchin l’humilie et la houspille sans cesse. Elle la fait travailler comme servante au pensionnat. Pourtant Sara ne perd pas courage et affronte sa nouvelle existence, en rêvant et en gardant sa dignité. Jusqu’au jour où un Indien mystérieux la remarque et, touché par le courage de la jeune fille, décide de l’aider et d’adoucir son sort.

En 1985, le réalisateur japonais Fumio Kurukawa adapte à son tour le roman pour une série d’animation de 46 épisodes de 22 minutes chacun, « Sara, petite princesse », qui devient rapidement une série culte.

En 2008, Audrey Alwett, scénariste et directrice de la collection « Blackberry » chez Soleil, s’empare à nouveau du roman pour une adaptation en bande dessinée. Elle dit volontiers avoir été nourrie, petite, par l’anime, avant de lire le roman de F.H. Burnett.
Elle choisit d’enrichir l’atmosphère victorienne de l’œuvre par une dimension steam punk et travaille pendant de longs mois avec la dessinatrice italienne Nora Moretti à peaufiner les décors, les vêtements, les automates et les personnages. Le capitaine Crewe est devenu un créateur d’automates génial qui, avec l’aide de sa femme, a imaginé toutes sortes de créatures humanoïdes très perfectionnées et magnifiques : l’oiseau porteur de messages, Amélia, l’assistante de Miss Minchin, qui tombe en panne si l’on oublie de remonter son mécanisme, ou bien Emily, la poupée et confidente de Sara, dont les grands yeux invitent au rêve …

Le premier tome de la série « Princesse Sara » est publié en septembre 2009.

Dans ce troisième volume, on suit les malheurs de Sara qui gèle dans sa mauvaise chambre sans feu au cœur de l’hiver londonien. Elle doit affronter quotidiennement les humiliations de Miss Minchin, les privations et la faim. Mais elle résiste en imaginant une vie plus douce et en pensant à son père. Elle aide ses amies : Becky, la petite servante trouvée dans une poubelle, Ermangarde, à laquelle elle lit tous les livres que ses parents lui envoient, ou la mendiante gelée assise près de la boulangerie. Elle fait aussi la connaissance de ses voisins, Ram Dass, l’Indien au service de Lord Carrisford, qui est à la recherche de la fille de son ami, le capitaine Crewe … Sans savoir qui est véritablement Sara, les deux hommes, touchés par la grâce et le courage de Sara, décident de l’aider. Au même moment, à Moscou, l’envoyé de Lord Carrisford, retrouve une jeune orpheline, qui dit être Sara Crewe …

Ce troisième volume se lit avec grand plaisir. On sent tout le plaisir qu’ont les deux auteurs à imaginer les décors, les accessoires et les toilettes des personnages. Les images de Nora Moretti sont magnifiques, soignées, travaillées dans les moindres détails. La cité londonienne, à l’atmosphère steampunk, est aussi intéressante visuellement. Quant au personnage de Sara, il gagne encore en épaisseur : l’héroïne révèle, dans l’adversité, les multiples facettes de sa personnalité. À suivre donc.

Catherine GENTILE

« Princesse Sara » T3 (« Mystérieuses héritières ») par Audrey Alwett et Nora Moretti
Éditions Soleil (9,95 €)

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