« Tony Stark », enfant caché de Jean Van Hamme…

Avant de devenir le scénariste de best-sellers que l’on connaît, Jean Van Hamme a écrit les aventures de héros aujourd’hui injustement oubliés : Domino, Michael Logan, Arlequin… et Tony Stark publié par l’hebdomadaire allemand Zack (ambitieux et coûteux projet de magazine BD européen publié par les éditions Koralle de Hambourg) entre 1977 et 1982 : les éditions Artège vont proposer la réédition de la première histoire à partir du 22 janvier 2015.

Notons, pour la petite histoire, que des récits en format poche, dont certains étaient alors inédits en France, seront proposés par Zack Parade, copie conforme de Tintin sélection.

En ces temps lointains le nom de Van Hamme, aujourd’hui prisé par les éditeurs, n’est pas porteur : d’ailleurs, le dessinateur Édouard Aidans ne juge pas même utile de le mentionner et s’attribue texte et dessin de la série. Huit épisodes seront publiés, mais seuls cinq d’entre eux ont bénéficié d’un scénario de Van Hamme.

Chez nous, il faudra attendre 1979 pour découvrir « Tony Stark » dans l’hebdomadaire Super As ou Super J (vendu par courtage) : trois albums seront édités par Fleurus/EDI-3 en 1979 et 1980, trois autres par Hachette en 1981 et 1982. Ils sont depuis longtemps épuisés.

Édouard Aidans aujourd'hui.

Dessinateur historique de la seconde génération d’auteurs du journal de Tintin (au même titre que Jean Graton, Raymond Reding, Dino Attanasio, François Craenhals, les Funcken…), Édouard Aidans était alors le créateur de séries appréciées par les lecteurs de l’hebdomadaire : « Bob Binn », « Tounga », « Les Franval », « Les Panthères » (voir « Les Panthères » d’Aidans et Greg…)… Débordé par une production pléthorique, il fait appel à de jeunes dessinateurs : Marc Hardy, Magda, Chris Lamquet… et Claude Laverdure qui l’assiste sur « Tony Stark ».

Blond et intrépide écrivain ayant l’écologie dans le sang, Tony Stark parcourt la planète afin de conserver leur authenticité aux régions sauvages, luttant contre ceux qui cherchent, par pur profit, à souiller la nature et détruire les espèces en voie de disparition.

Les éditions Artège, spécialisées dans la spiritualité, les sciences humaines et le livre jeunesse, proposent depuis quelque temps la réédition de bandes dessinées (« Yum Yum » de Jean Sidobre ou des BD de Marijac et Noël Gloesner, voir Quelques documents historiques sur le 9e art et nouveautés oubliées du passé…).

Planche originale du « Lion d’un million ».

C’est sous leur label que Tony Stark revient avec la réédition de sa première aventure, « Le Lion d’un million », en janvier prochain. Les autres suivront. Une occasion à ne pas rater pour ceux qui souhaitent découvrir les œuvres de jeunesse du père de « XIII », de « Thorgal » et de bien d’autres héros incontournables.

Henri FILIPPINI

« Le Lion d’un million » par Édouard Aidans et Jean Van Hamme (12,90 €)

Éditions Artège, 9 Espace Méditerranée, 66000 Perpignan (www.editionsartege.fr)

Galerie

4 réponses à « Tony Stark », enfant caché de Jean Van Hamme…

  1. Renaud045 dit :

    J’ai toujours les albums des éditions Fleurus, vraiment de bonnes histoires et un dessin très efficace.Je conseille

  2. Denis Gambier dit :

    Le magazine « Super As » était aussi diffusé en Belgique, puisque c’est là que j’ai découvert Tony Stark. Par contre, je n’ai pas connu le magazine « Super J ».

    Bien cordialement.

    • Gilles Ratier dit :

      Pourtant, Super J était bien la version belge de Super As, voir http://www.bedetheque.com/revue-Super-J.html. Que Super As soit aussi diffusé dans certaines parties de la Belgique ne me semble, cependant, pas incompatible.
      Merci pour votre contribution.
      Bien cordialement
      Gilles Ratier

    • Gilles Ratier dit :

      Bonjour Denis !
      Je viens de me pencher un peu plus sur la question et, en fait, c’est un peu plus compliqué que cela. Le magazine Super As était bien aussi diffusé en Belgique, tout comme Super J, d’ailleurs ! Mais Super J était, en fait, la version vendue par courtage, et ce principalement en Belgique : d’où la confusion habituelle qui nous a tous amené à croire (nous, pauvres Français) que Super J était la version belge de Super As. Du coup, j’ai approfondi la question et vous prépare un dossier en plusieurs parties sur le sujet pour la rubrique du « Coin du patrimoine », dès la semaine prochaine !
      Merci encore pour vos précisions…
      Gilles Ratier