« Les Démons d’Alexia » T7

Cette série, entre thriller et fantastique, est née en 2004. Avec Alexia, leur nouvelle héroïne, Ers et Dugomier changent alors de registre et de style graphique, après avoir ?uvré sur une série nettement plus jeunesse, « Muriel et Boulon », publiée au Lombard.

Alexia est une jeune fille bien installée dans son époque, indépendante, entreprenante. Elle possède une nature complexe puisqu’elle a des dons d’exorciste et de sorcière. Mais elle a appris très jeune à contrôler et à utiliser efficacement ses pouvoirs. C’est pour ces raisons qu’elle est recrutée par le C.R.P.S., le Centre de recherche des Phénomènes Surnaturels. Cette institution, vivant de dons gouvernementaux , composée de personnages souvent hauts en couleurs, lutte contre les phénomènes occultes.
Au cours de ses différentes enquêtes, dont chacune est racontée dans un album, on suit la progression d’Alexia, les mystères qu’elle doit résoudre, au C.R.P.S. et ailleurs, les secrets qu’il lui faut lever et les démons intérieurs qu’elle doit combattre.
On sent une jeune fille à la fois forte et fragile : elle redoute aussi bien les démons qu’elle est amenée à côtoyer dans l’exercice de sa profession, que ses propres doutes et ses tentations. Mais, au fil des albums, elle évolue, mûrit, se consacre passionnément à son travail et devient la directrice du C.R.P.S., une belle réussite dans un univers masculin un brin macho.

Le septième album marque un tournant dans la vie trépidante de la jeune femme. Avec sa secrétaire et amie Bérénice, Alexia s’apprête à partir à un congrès en Grèce pour une semaine. Mais un mail retient son intention : des pêcheurs ont découvert une colonie de furets sur l’île déserte de Xiros, en Méditerranée. Comment ces animaux ont-ils pu survivre et se développer dans un environnement aussi aride ? C’est ce qu’Alexia a envie de comprendre. Aussi entraîne-t-elle Bérénice sur l’île mystérieuse, en compagnie de Nikis, leur correspondant local, une sorte de géant débonnaire, et d’un détachement de l’armée grecque. Ce qu’elles découvrent sur Xiros est inouï : les furets qui pullulent sur l’île se nourrissent de chair humaine et ces bestioles inoffensives se révèlent tueuses lorsqu’elles sont en contact avec le sang. L’expédition tourne rapidement au cauchemar et le salut des jeunes femmes se trouvera dans les profondeurs de l’île qui renferme bien des secrets.

De l’aventure, du mystère, des paysages superbes, un récit mené rondement, une petite dose d’humour pour adoucir le propos : tels sont les ingrédients de cette nouvelle enquête d’Alexia qui montre une fois de plus ses capacités et sa force de caractère. Et puis, en filigrane dans l’album, une réflexion sur la place des femmes, sur les difficultés des deux héroïnes à être crédibles en tant que scientifiques, quand, en plus elles sont jolies.

Catherine GENTILE

« Les Démons d’Alexia » T7 (« Chair humaine ») par Dugomier et Ers
Éditions Dupuis (10, 45 €)

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