« Food Wars » T1 & 2 par Shun Saeki et Yûto Tsukuda

Depuis quelque temps, c’est une déferlante de titres culinaires qui agitent le monde du manga. Les histoires, souvent courtes, sont généralement accompagnées d’une recette en rapport avec le sujet. « Food Wars » prend à contre-courant tous ces pseudo-guides culinaires en exploitant la face cachée des écoles de cuisine. Le lecteur peut y suivre les combats que se livrent ces apprentis maître-queux : dans la plus pure tradition des shônens mangas. Cette bataille culinaire ne manque pas d’atouts : elle sait mettre les petits plats dans les grands et offre une bonne dose de fan service pour se rincer l’œil.

Basé sur le principe du dépassement de soi, « Food Wars » nous narre l’ascension de Sôma. Fils d’un grand cuisinier, il rivalise d’ingéniosité pour tenter de dépasser son père. Mais le verdict est toujours le même : les clients préfèrent la cuisine du grand chef à celle de son rejeton. Pourtant, il ne se débrouille pas si mal et n’hésite pas à se remettre en question. Sa créativité n’a d’égal que sa ténacité. Malheureusement, un promoteur immobilier souhaite récupérer le terrain ou se trouve ce petit restaurant de quartier. Sôma va être confronté à son premier grand défi : faire battre en retraite cette femme sans scrupule qui souhaite les expulser. Et il va y arriver, malgré les pièges qu’elle lui a tendus. Mais était-ce nécessaire de gagner cette bataille quand son propre père lui annonce, finalement, qu’il ferme le restaurant pour aller cuisiner pour les VIP du monde entier ? Sôma, quant à lui, est envoyé dans une école de cuisine pour se perfectionner. Il imagine qu’il va s’ennuyer et préparer des plats basiques et sans intérêt. Il va vite déchanter, le niveau est extrêmement élevé et il va falloir qu’il trouve sa place dans cet établissement impitoyable.

Confronté aux autres élèves, Sôma va se révéler, être sûr de son savoir-faire, même s’il vient d’un petit restaurant de quartier. Et il n’hésite pas à faire goûter ses créations à ses camarades ou ses professeurs qui font littéralement exploser leur ressenti dans des scènes métaphoriques d’un graphisme que ne renieraient pas certains mangas érotiques. La cuisine devient ici un plaisir sensuel qui traverse le corps de celui qui déguste les plats atypiques de ce petit cuisinier. Si dans le premier volume la gente féminine est plutôt mise à contribution pour ces orgasmes gustatifs, les hommes se dévoilent également dans le second tome. Le dessinateur s’en donne à cœur joie pour montrer, sous toutes les coutures, ces corps torturés par le plaisir d’engloutir un simple plat. Les femmes ont bien évidemment une poitrine disproportionnée, et serrée dans un costume forcément un peu trop ajusté, et les hommes sont tous des Apollons. Pourtant, le dessinateur Shun Saeri n’en fait pas trop : il sait mettre en scène ces moments de plaisirs, sans que cela ne tourne au voyeurisme primaire. Du bon fan service distillé comme il faut, sans tomber dans la vulgarité.

Si vous cherchez des recettes simples à réaliser pour votre prochaine sauterie, passez votre chemin. « Food Wars » ne présente que des plats atypiques et décalés : à l’image de ce manga. Mais la construction et la mise en scène suivent les règles classiques de la BD asiatique avec son héros affrontant des adversaires de plus en plus compétents. Un bon divertissement qui, pour une fois, ne dégoutte pas de la cuisine.

« Food Wars » T1 & 2 par Shun Saeki et Yûto Tsukuda 
Éditions Tonkam (6,99€) – ISBN : 2756061867

© 2012 Shun Saeki / SHUEISHA

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