Un parfum québécois…

Nées au printemps 2013, les jeunes éditions Kennes se font une place de choix dans l’univers déjà bien occupé de la bande dessinée, en adaptant des romans jeunesse d’origine québécoise dont ils ont proposé l’édition française. En cette fin d’année, elles lancent trois nouvelles séries BD issues de ses romans : vendues simultanément en France et au Québec et prioritairement destinées aux adolescents. Beau coup éditorial pour Dimitri Kennes, sorti diplômé ingénieur de l’école de commerce Solvay de Bruxelles.

Entré en 1997 aux éditions Dupuis dont il devient le directeur général, il donne sa démission en 2004, après la vente de la maison belge au groupe Média-Participations. Il revient dans le monde de la bande dessinée en 2009 avec la création de Mad Fabrik, société dédiée à l’édition de l’univers de « Kid Paddle » du dessinateur Midam. Après le départ du label Mad Fabrik chez Glénat en 2013, Dimitri Kennes crée la maison d’édition qui porte son nom et sise rue de la Blanche Borne 15 à Loverval (6280 Belgique).

Il est entouré par Lisette Morival, Jean-Pierre Ceuppens, Fabrizio Borrini et Christopher au poste d’éditeur. Le premier ouvrage publié sous son patronyme est l’édition française du roman du Canadien Daniel Brouillette : « L’Incroyable Histoire de Benoît Olivier ». Sept ouvrages de cette série sont publiés avec succès à ce jour. Suivront « La Vie compliquée de Léa Olivier » de Catherine Girard-Audet dont les ventes dépassent les 145 000 exemplaires, enfin « Sorcières sorcières » de Joris Chamblain.

La bande dessinée fait alors son apparition dans le jeune catalogue avec la reprise de la série « Les Filles » du Tourangeau Christopher (voir Une histoire des « Filles » : entrevue avec Christopher…), suivi de « Max et Bouzouki » d’E411 et Falzar.

En cette fin d’année, Dimitri Kennes lance trois nouvelles séries BD issues de ses romans : elles sont chacune vendues 10,95 €, simultanément en France et au Québec, et sont prioritairement destinées aux adolescents.

— « La Vie compliquée de Léa Olivier » : BD adaptée des romans de Catherine Girard-Audet par Alcante, dessinée par Ludo Borrecki (un ancien du studio Peyo). Léa Olivier, 14 ans, vient d’emménager à Montréal où elle s’ennuie de son amie Marilou et de son amoureux Thomas. Heureusement par mail et par chat, elle raconte son quotidien à son amie restée au village qui, de son côté, lui parle de sa vie et surtout de Thomas très avare en nouvelles. Placée entre les mains de deux auteurs belges bien connus des lecteurs de BD cette adaptation est une réussite.

— « L’Incroyable Histoire de Benoît Olivier » : adaptation des romans de Daniel Bouillette par Alcante et mise en images par l’excellent Steven Dupré (« Kaamelott »). Élève le plus populaire de son collège, Benoît Olivier, 13 ans, rêve d’avoir pour compagnon un chien. Jamais avare en blagues, pas vraiment champion en devoirs, il est amoureux de la belle Maxime qui le considère seulement comme un bon copain.

— « Sorcières sorcières » : publié simultanément en roman et en BD, ce récit de l’excellent Joris Chamblain (« Les Carnets de Cerise ») est superbement illustré par Lucile Thibaudier. Pamprelune est un village dont tous les habitants sont des sorciers et des sorcières. Lorsque trois fillettes sont victimes d’un mystérieux jeteur de sorts, les esprits s’échauffent…

À noter que les romans sont aussi disponibles chez le même éditeur : 196 pages pour 11,50 €.

Il est fort probable que d’autres éditeurs s’inspireront de cette opération éditoriale futée et prometteuse.

Henri FILIPPINI

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