« Pour tout l’or du monde » T1 (« Impostures »)

Prévue en seulement trois tomes, cette histoire se déroule entre 1850 et 1854, sous le règne de Louis Napoléon Bonaparte. Ce dernier s’apprête à lancer sa grande Loterie du Lingot d’or qui devrait servir à financer le voyage en Californie des gagnants, afin de favoriser l’esprit d’entreprise : en effet, de nombreux gisements du précieux minerai y ont été découverts !

Un idéaliste et romantique étudiant, issu de l’aristocratie mais désargenté et républicain convaincu, et un jeune photographe au journal L’Illustration, muni de son daguerréotype, se rencontrent à l’occasion de la cérémonie officielle de cette annonce à l’École des Mines ; déjà complices, ils ricanent en entendant les beaux discours pleins de promesses de ce Bonaparte-là ! Pourtant, ils vont se retrouver plus impliqués qu’ils ne le croient dans cette entreprise hasardeuse.

Cette première partie, qui mêle romance et intrigue policière, se passe entièrement à Paris, pendant la Deuxième République. Mais les deux suivantes nous entraîneront aux États-Unis et sur les mers de Chine pour une grande aventure sur fond de ruée vers l’or, de phalanstère et de prostitution… En effet, le troisième protagoniste est une prostituée, Fanny Loviot, et elle a réellement existé : elle a d’ailleurs relaté, dans un livre, son voyage à l’époque de la ruée vers l’or et son enlèvement par des pirates chinois qui l’ont retenu captive pendant plusieurs mois…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le prolifique scénariste Régis Hautière (à qui l’on doit, chez le même éditeur, « Le Marin, l’actrice et la Croisière Jaune », et qui vient de sortir un recommandable et très attachant petit livre : « Accords sensibles », dessiné par Antonio Lapone, chez Treize Etrange) a réussi son coup : le récit, dans la continuité de ceux écrits par les grands feuilletonistes du temps passé, est très bien mené, les personnages sont attachants et on attend la suite du triptyque avec impatience ! Quant au dessin ligne claire du trop rare Alain Grand (lequel est loin d’être un débutant puisqu’on lui doit divers ouvrages méritants mais passés trop inaperçus, ceci depuis 1991, comme « Opération comics » chez Milan ou « Les Chroniques de Zilda T. » aux 400 coups), il séduit d’emblée, passant allégrement et sans ambages, du réalisme à la caricature !

Gilles RATIER

«Pour tout l’or du monde» T1 (« Impostures ») par Alain Grand et Régis Hautière

Éditions Quadrants (14,30 €)

Galerie

7 réponses à « Pour tout l’or du monde » T1 (« Impostures »)

  1. Patr80 dit :

    A quand le tome 2 de « Pour tout l’or du monde » …

    • Gilles Ratier dit :

      Voici la réponse de l’éditrice du label Quadrants chez Soleil :
      Bonjour Gilles,
      Malheureusement, il n’y aura pas de suite à cette histoire ; le tome 1 n’a pas rencontré le succès minimal qui le permette.
      J’ai bataillé, mais les autorités n’ont pas cédé : c’est une très dure époque pour les nouvelles séries.
      bises
      Corinne Bertrand

  2. Patr80 dit :

    Nous ne saurons donc jamais ce qu’il advient de Stanislas et Thibault ! Bien dommage …

  3. cuvellier dit :

    Vraiment domage, cela m’apprendra à acheter un volume avec une suite à paraitre.
    Je vous invite à publier que lorsque tous les volumes sont achevés, cela évitera à un fidele lecteur de BD d’avoir des series imcomplètes (très désagéable).
    Chrsitian Cuvellier

  4. Patr80 dit :

    Effectivement c’est trés désagréable !
    Il en serait de même au bout de 2 épisodes pour la série « La guerre secrète de l’espace » de Cuvillier et Hautière chez Delcourt …

  5. Jean-François Miniac dit :

    Dommage ! Cela m’aurait amusé de voir comment Régis Hautière et son co-auteur au trait quelque peu tardiesque se seraient débrouillés en développant cette fiction initiée dans ce tome 1 en 2011 et basée sur cette authentique histoire, celle de la Loterie des Lingots d’or et plus précisément sur celle de mon arrière-arrière-grand-père, le malouin Louis Miniac (1822-1890), compagnon de la mystérieuse Fanny Loviot dans son périple transatlantique à bord de la goélette Indépendance, de mai à novembre 1852 et, au-delà, d’ailleurs.
    Pour information, s’il y a des lecteurs autres que bédéphiles ici, ce périple est narré dans un chapitre des « Mystères de la Manche », de votre serviteur, paru aux éditions de Borée en 2009. Pour ce chapitre, j’ai croisé divers sources d’archives publiques et privées pour appréhender au mieux la réalité et notamment vérifier le roman brodé par Fanny Loviot dans son « Pirates Chinois ».

    Au plaisir,

    Jean-François Miniac.
    miniacreation@yahoo.fr

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