« Fight Girl » T1 et 2 par Izumi Tsubaki

Il y a des semaines ou rien ne va, où l’on aurait mieux fait de ne pas se lever et attendre que des jours meilleurs arrivent. Pourtant, il faut continuer son travail quotidien et, pour se détendre, certaines personnes lisent du manga. Or, là aussi, il y a certaines ?uvres qu’il n’aurait jamais fallu commencer :  » Fight Girl  » en fait partie.

Izumi Tsubaki est déjà connue en France pour son shôjo  » Sweet Relax « .  » Fight Girl « , la nouveauté Delcourt de cette mangaka assez jeune qui a commencé professionnellement en 2003, est d’une platitude extrême. Comment un éditeur pourtant réputé pour les choix éditoriaux de son label Akata et surtout ses prises de position à contre-courant a-t-il pu avoir l’idée de sortir ce titre??


© Izumi Tsubaki – Hakusensha – Delcourt – Akata

L’histoire n’est pas crédible, et surtout mal amenée. Mafuvu, jeune fille un peu sotte, est devenue malgré elle la chef d’une bande de voyous. Elle ne pense qu’à se battre ce qui lui vaudra d’être exclu de son lycée. Envoyée à Midoriagoka, elle doit faire ses preuves et refuser tout conflit. Bien évidemment, ce ne sera pas possible, elle a ça dans le sang et lorsqu’un beau jeune homme est en danger elle intervient. Or, celui-ci n’est autre que son professeur principal ainsi que son premier amour. Fin stratège, il est en fait la cause des malheurs de Mafuyu, le lecteur découvre au fur et à mesure que c’est lui qui a entraîné la jeune fille dans ce monde de brutes et surtout qu’il continue en usant de son statut pour la mener à la baguette.


© Izumi Tsubaki – Hakusensha – Delcourt – Akata

Mélange de  » GTO « , d’ » Ikki Tousen  » et d’ » Ashita no Joe « ,  » Fight Girl  » n’arrive pas à la cheville de la plupart de ces mangas ou le combat est roi. Les blagues sont soit téléphonées, soit mal amenées. Les combats sont loin d’être crédibles, les personnages caricaturaux au possible. Les passages tendres, marque du shôjo, tombent à plat. Et surtout, l’histoire n’avance pas, il faut attendre le second tome pour réellement voir une évolution du scénario.
Dans la même veine que  » Sweet Relax « , Izumi Tsubaki n’arrive pas à innover, elle reste sur les mêmes stéréotypes et la même construction narrative, inadaptée pour un manga d’action. Il y a bien quelques passages intéressants, mais le tout est assez décousu. Les combats ne sont pas mis en valeur, on est loin de la promesse qu’offre le titre  » Fight Girl « . Il serait plus question de la manipulation mentale opérée par ce professeur principal sur cet élève naïf et très jeune d’esprit. Bref, tout est à côté de la plaque, le sujet n’est pas maîtrisé et surtout mal exploité.
Dans les shônens, le côté baston est assez courant ; ici, c’est plutôt la psychologie pour fille qui est exploitée tout en s’inspirant de ce qui existe dans les mangas plus masculins. Or, cela ne marche pas vraiment : on est sur un produit hybride ne sachant pas dans quel camp se positionner. Pourtant, certains shôjos mangas arrivent facilement à traiter de sujets bien plus durs où la violence est la fois physique et psychologique. À trop vouloir lisser les choses et traiter le combat de manière humoristique, plus aucune saveur ne se dégage de ces livres.

Izumi Tsubaki n’a pas la fibre narrative suffisamment développée pour faire de  » Fight Girl  » un manga prenant et accrocheur. Le dessin est dans la norme des shôjos actuels, mais il manque ce petit plus qui en ferait un titre incontournable.

Gwenaël JACQUET

 » Fight Girl  » T1 et 2 par Izumi Tsubaki

Éditions Delcourt 6,95€

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