Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
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Si sa bande dessinée la plus rentable est, sans conteste, sa très documentée et parodique « Face karchée de Sarkozy », les sagas familiales et historiques semblent pourtant être l’apanage scénaristique de Richard Malka : comme le prouve son excellent « Ordre de Cicéron » magnifié par les dessins de Paul Gillon et, dans une moindre mesure, cette évocation d’une famille d’origine juive émigrée en France (tout comme celle du célèbre avocat-scénariste).
« Les Z » nous content le destin des quatre frères Zagur qui, lassés de leurs petites combines, fuient les évènements d’Algérie, dans les années 1950, pour tenter leur chance à Paris. Intégrant la pègre où ils gravissent les échelons, un à un, ils vont devenir l’une des familles les plus influentes du grand banditisme français des années d’après-guerre. Leur irrésistible ascension, aussi fulgurante qu’opportuniste (sur laquelle l’auteur passe d’ailleurs assez vite), débouche sur une nécessaire et sanglante guerre des gangs ; en attendant que nos caïds puissent étendre leur toile jusqu’en Floride.

Évidemment, on pressent la chute inéluctable de ce quatuor, animé par la vengeance (leur objectif est de retrouver l’assassin de leur chef de clan), qui n’a pas peur de rien pour arriver à ses fins… Mais la narration, très cinématographique, de ces prometteurs débuts maffieux est cependant fort agréable à la lecture et le dessin dynamique et soigné du Belge Frédéric Volante (que l’on avait déjà remarqué sur « Shahidas » avec Laurent Galandon et sur certains fumettis publiés chez Bonelli comme « Nick Raider » ou « Magico Vento ») illustre, au mieux, le milieu du racket et de la prostitution. Voilà donc une trilogie qui annonce donc tout de suite la couleur et son ambition : classique et efficace !
Gilles RATIER
« Les Z » T1 (« Sétif-Paris ») par Frédéric Volante et Richard Malka
Éditions 12 bis (13,50 €)







