« Star Light », une nouvelle série brillant de tous ses feux !

Publiée chez Image aux USA depuis mars dernier, « Star Light », la dernière mini-série de Mark Millar et Goran Parlov, tient largement ses promesses à mi-parcours et risque de trouver durablement sa place dans le cœur des lecteurs de comics… et pas que !

Mark Millar.

Avec déjà 5 numéros au compteur (sur les 6 ou 7 que devraient connaître la série), « Star Light » est le comic book réjouissant du moment. Franchement !

On n’avait pas vu ça depuis « Kick-Ass » (de Millar & John Romita Jr.), dont le dernier numéro vient de paraître, et « Secret Service » (du même Millar avec Dave « Watchmen » Gibbons, toujours scandaleusement inédit dans notre beau pays).

Le scénariste virtuose résume « Star Light » comme étant un croisement entre « Flash Gordon » et « The Dark Knight Returns ». L’action se concentre en effet sur Duke McQueen, un aviateur américain ayant dans le plus grand secret sauvé la lointaine planète Tantalus du dictateur Tiphon il y a 35 ans. Après ses exploits, il est rentré sur Terre.

Le seul hic, c’est que personne n’a cru à ses histoires fantastiques. Résigné, il a repris son métier, s’est marié, a eu des enfants et a vieilli. Après la mort de sa femme, il est rappelé pour une ultime aventure intergalactique…

Starlight n° 1, page 6.
Starlight n° 1, page 2.

« Star Light » ne manque pas d’atouts. La narration est impeccable, la caractérisation des personnages (Duke, sa famille, les Tantaliens…) très efficace, dès les premiers épisodes. Le lecteur est touché par les drames affectant McQueen (le décès de sa femme, ses relations difficiles avec ses enfants, sa solitude…).

Comme à son habitude, Millar parvient à émouvoir, à captiver avec une grande économie de moyens, grâce à des séquences et des dialogues tirés au cordeau.

D’autre part, le dessin de Parlov est tout simplement magnifique. Son imagination, sa grâce et son abstraction montrent une filiation évidente avec Moebius et Alex Toth. De sacrées références !

Déjà responsable de séries « Punisher » et « Fury » chez Marvel, le dessinateur s’amuse avec les codes de la Pulp Culture, en puisant dans les space operas d’antan (« Flash Gordon », « Brick Bradford », les romans de Doc Smith…) d’une façon absolument virtuose et jubilatoire.

En quelques pages, le lecteur captivé est entraîné dans le vortex des aventures extraterrestres du héros vieillissant.

  D’un point de vue de la production, « Star Light » fait partie des séries « MillarWorld » éditées par Image dans l’espoir de futures adaptations cinématographiques.

En effet, suite au succès du premier « Kick-Ass », Fox (la boîte de production des « X-Men ») compte bien filmer d’autres œuvres de Millar : « Kindergarten Heroes » (par Simon Kinberg), « The Secret Service » (par Matthew Vaughn prévu pour mars 2015 et dont quelques extraits ont été difusés à la dernière San Diego Comic Con), « Nemesis », « Superior » et, bien entendu, « Star Light ». L’adaptation ciné est d’ailleurs actuellement en cours d’écriture, sous l’égide du scénariste de « X-Men : Days of Future Past », Simon Kinberg.

Alors faudra-t-il attendre la confirmation de ces projets cinéma pour qu’un éditeur français (Panini ?) sorte de sa frilosité et daigne publier ces excellentes séries ? La réponse dans quelques mois, après les résultats chiffrés des ventes BD aux USA. On croise les doigts, car un peu de fraîcheur dans les bacs de nos librairies (loin des bredouillages actuels des productions Marvel) serait le bienvenu.

Jean DEPELLEY

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