Elric enquête sur « la crise » de la BD…

Conversant de salons en festivals avec ses confrères ou avec les autres acteurs du monde de la bande dessinée francophone, le jeune et talentueux dessinateur angoumoisin Elric Dufau (qui ne signe que de son prénom) s’est fait sa propre idée sur ce que certains n’hésitent pas à appeler « la crise » de la BD. Après avoir mis au propre les diverses informations obtenues, il vient de publier, sur son blog http://www.huffingtonpost.fr/elric-dufau, quelques strips très amusants et fort bien informés sur la condition actuelle de ces auteurs qui essaient de vivre du 9e art.

BDzoom.com vous propose donc, en exclusivité, ces six strips verticaux dus à un jeune auteur à suivre et qui vient, par ailleurs, de publier, avec l’aide de François Darnaudet au scénario, un ouvrage très recommandable aux éditions Paquet : « Harpignies ».

Il s’agit de l’hommage subtil d’Elric à son arrière-grand-oncle, un artiste-peintre qui mourut presque centenaire en 1916 et qui fût aussi l’un des meilleurs représentants du groupe de paysagistes connu sous le nom de l’école de Barbizon.

En récupérant l’un des carnets de croquis de l’artiste, le jeune homme va alors s’intéresser à la vie et aux techniques de son ancêtre, aussi doué pour la peinture que pour le violoncelle.

Pour en savoir plus, voir aussi : Lettre ouverte des auteurs de bande dessinée à Madame la Ministre de la Culture.

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23 réponses à Elric enquête sur « la crise » de la BD…

  1. Olivier dit :

    Petite précision, quand un des personnages critique la démocratie comme étant un système fonctionnant sur le principe « on peut discuter mais de toutes façons, on va vous baiser », il ne s’agit pas de démocratie. Ce mot a été vidé de son sens, et le système politique actuel en France, en Union Européenne et dans la plupart des pays, n’a rien d’une démocratie. On l’emploie donc à tort, car dans une démocratie, les auteurs auraient justement leur mot à dire. (Plus d’infos : http://www.le-message.org/?lang=fr).
    Bref, mis à part cet aparté, j’ai halluciné quand j’ai lu que les Editeurs voulaient faire dessiner les planches par des usines en Chine. Sérieusement ? Et ils s’imaginent que le public va acheter une BD générique sans âme formatée et dessinée à la chaîne ? …

  2. Michel Plessix dit :

    Bonjour
    Petites précisions: Delcourt n’a pas été le seul éditeur à refuser notre projet. Apparemment, il n’a pas su séduire et nous n’avons pas su convaincre. Il faut préciser que la première version de notre projet était plutôt pensé pour la presse et qu’une lecture en continu des saynètes n’était pas la plus fluide possible. Il est vrai aussi que notre projet est un peu (pas beaucoup) atypique dans le paysage actuel, mais Poussin, Boisvert ou Le vent dans les saules étaient-ils vraiment dans le moule à l’époque où ils ont été créés? Bref, nous n’avons pas réussi à leur faire espérer des ventes suffisantes pour rembourser des avances dignes de nos parcours respectifs. Il est évident qu’un éditeur ne va pas offrir les mêmes conditions pour un projet dont ils espèrent 10 à 20 000 ex de vente que pour un projet dont ils n’espèrent pas plus que 2 ou 3000 ex vendus. Et ils savent que nous n’accepterions pas les conditions proposées pour de si petites ventes. Est-ce nous qui n’avons pas su séduire? Sont-ce les maisons d’éditions qui sont devenues frileuses face aux crises? Nous n’avons pas encore le recul.
    Mais nous ne nous avouons pas vaincus, le dossier (remanié) est de nouveau sur la table de plusieurs éditeurs.
    MP

    • Elric Dufau dit :

      Bonjour,
      J’avais pointé ce détail dans un article précédent. Personnellement j’ai déjà accepté d’être peu payé et je l’accepterai encore (parce que je suis habitué à vivre avec peu de revenus et pour l’instant je m’en contente, et en plus l’envie de diffuser mon travail est plus forte) mais je trouve choquant qu’on profite de nous entretenir dans notre image « d’artiste » pour nous laisser les concessions et d’un autre côté l’éditeur va faire un calcul précis sur notre potentielle rentabilité. Ce calcul ne se fait pas sur le temps de travail mais bien sur notre rentabilité sur le marché.
      Votre histoire est arrivée (peut-être un peu déformée) jusqu’à mes oreilles, mais elle m’a semblé très crédible et révélatrice d’un réel problème.
      Quant à dire que votre projet est trop « atypique » pour être publié, je ne sais pas si cette raison est valable, on devrait vouloir de l’atypique dans le domaine de la création.
      Moi aussi je me fait refuser des projets pour des raisons qui me paraissent parfois étranges. Elles me le paraissent d’autant plus que si l’éditeur savait ce qui marche il ne publierait pas tout ce qui ne marche pas, alors que la majorité de son catalogue comporte des flops qui s’équilibrent avec les best-seller. Je préfère qu’il me dise carrément que ce n’est pas à son goût. Là au moins c’est clair.

  3. Alexis dit :

    Si je suis assez d’accord avec ce qui est dit en général, je vais quand même essayer de développer un peu la question du libraire (qui me concerne, évidemment..).
    D’abord présenter un vieux camembert pourri sans expliquer le pourquoi et le comment de ces pourcentages, ça frôle la manipulation version bistrot. Si on se base sur celui-ci, on constate que vraiment les libraires se gavent tant qu’ils peuvent et qu’ils touchent rien de moins que presque le double des éditeurs, 3x plus que les diffuseurs, et 4x plus que l’auteur.
    Pourtant, si les situations restent très variées (comme celles des auteurs?), les librairies sont des structures fragiles, qui ont besoin d’un énorme stock pesant très lourd en terme de trésorerie, paient des loyers dans une période de spéculation immobilière (voir la fermeture d’un grand nombre de librairies de centre ville), embauchent du personnel si possible qualifié et généralement payé guère plus que le SMIC.
    Pourtant les diffuseurs et distributeurs sont généralement reconnus pour être les structures qui ramassent le plus de bénéfice, alors qu’ils ne touchent que 9 et 12% du livre… présenter un camembert qui ne tient pas compte de ce à quoi sert cet argent n’aide pas à comprendre le fonctionnement de la chaîne du livre.
    Ensuite, on pourrait discuter de la pertinence d’un classement BD dans un magasin, voir de l’intérêt du libraire… Un classement sert à ce que les gens trouvent ce qu’ils cherchent, après on trouve des tables thématiques, des présentations, des mises en avant faites par des libraires qui essaient de trouver des solutions pour faire sortir des titres de la masse, parce-qu’on est pas amazon, parce que nos clients viennent pour trouver de la diversité, sinon ils restent chez eux…
    (Figurez-vous qu’en librairie généraliste, il est courant que l’on nous reproche de ne pas tout interclassé, Descartes et Desproges, ça serait plus simple…)
    Pardon mais la politique du Best-seller (Thorgal, XIII, Lanfeust,…) marche par la communication des éditeurs uniquement, et peu de libraires vont se satisfaire d’avoir vendu 3 palettes de Thorgal, en général on ne se lève pas le matin pour ça.
    Je n’ai pas pour habitude de dire aux auteurs de BD comment ils devraient faire leur boulot (moi aussi, j’ai plein d’idées pour qu’ils puissent payer leur retraite), je considère qu’ils sont mieux placer que moi pour avoir des idées.

    Le principal problème reste la situation des auteurs, qui sont en effet les plus précaires dans cette histoire. Mais aucun libraire n’essaie de se passer des auteurs, nous n’inventons pas les nouvelles politiques éditoriales cherchant à les transformer en techniciens jetables, voir à se passer d’eux.

    • Elric Dufau dit :

      A propos du camembert, j’avoue que c’est un sujet compliqué qui méritait à lui seul une BD d’autant de pages que celle-ci. Mais je pensais rattraper ce manque par le fait de ne pas insister dans ce sens. Je ne dis jamais « regardez, le libraire prend tout ! » parce que je sais bien que ça n’est pas ainsi.
      Je précise d’ailleurs que ce camembert est un prototype qui peut changer selon les projets. Je cite aussi le documentaire de Maiana Bidegain qui explique très bien la situation du libraire. Le fait de la citer peut inciter à aller voir et comprendre mieux. Je n’accable pas le libraire, loin de là.
      Cela dit je trouve certains de vos arguments moyens. Quand vous parlez des frais (stocks, trésorerie, locaux, employés) il me semble que l’éditeur à les mêmes.
      J’ai aussi fait une distinction claire en précisant qu’un éditeur possédant le diffuseur fait un max de bénéfice. Dans ce passage on comprend clairement que c’est là que ce fait le bénéfice.

      Je sais bien que vous êtes loin d’avoir la sécurité de l’emploi mais vous n’allez pas non plus me faire pleurer notamment parce que vous avez un SMIC quand un auteur peut vivre avec 600 euros par mois. Vous, comme la secrétaire de l’éditeur, vous êtes mieux payés qu’un auteur lambda qui vous fourni la matière première que vous vendez. Alors non, vous n’êtes pas riche, j’en ai conscience mais vous vivez décemment parce que votre travail est payé à sa valeur. Une valeur de temps de travail. Notre valeur n’est pas en temps mais sur un rapport de rentabilité.

      Je connais assez de libraires pour savoir que les best-seller se vendent tout seul. Je remets l’organisation en question parce que je vois qu’il y a un problème.
      Alors forcément, je donne mon avis, je prends position et il doit sûrement y avoir un côté donneur de leçon. Je comprends que ça vous gonfle. Excusez-moi d’essayer de trouver des solutions. Je suis un amoureux de la bande dessinée et je la vois mourir. Mes solutions sont peut-être nulles, je n’ai pas non plus affirmé que je détenais la vérité.

      J’attends encore qu’un libraire ou un éditeur fasse un article public pour défendre la bande dessinée. Ce fameux « produit » qui vous vendez.

      • Alexis dit :

        Je n’ai pas du tout l’intention de vouloir monter les uns contre les autres, . Mon intervention avait pour but de relativiser un camembert assez vide de sens sans explication, et qui pourrait donner de mauvaises interprétations à quelqu’un qui ne serait pas dans la machine.
        Concernant la partie qui je connais le mieux, je souhaitais apporter quelques clarifications pour faire avancer le débat, et non pour le transformer en guerre de clans (cela dit, en relisant ce que j’ai écrit, je reconnais qu’on ait pu l’interpréter ainsi).

        Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’aujourd’hui les auteurs ont un statut extrêmement précaire pour la très grande majorité d’entre eux, et je pense en effet que s’il devait y avoir une nécessite à augmenter les charges sociales les concernant, il serait certainement plus intéressant de réfléchir à ce que les autres acteurs de la chaîne prennent cela en charge. Pas parce-qu’ils s’en mettent plein les poches, mais simplement parce que c’est une surcharge que l’on ne peut pas demander au maillon le plus précaire de la chaîne.

        Connaissant des auteurs, j’ai eu l’occasion de voir jusqu’où les situations peuvent aller : des auteurs qui sont « payer » en albums, et qui doivent se débrouiller eux-même pour les vendre s’il veulent espérer gagner un peu d’argent sur leur travail, se retrouvant non seulement à avoir réaliser l’album, mais en plus à devoir faire le boulot du distributeur voire du libraire… c’est assez incroyable.
        Je trouve très intéressant ton texte Elric, car c’est une question qu’il ne faut pas taire en effet, après on peut essayer de développer autour, c’est mon point de vue (on peut aussi éviter de parler de la taille des seins des représentantes ou ce genre de truc, cf. plus bas).

        A défaut de publier un article sur le sujet, on essaie encore de faire ce qu’on peut faire de mieux: tenter de faire découvrir des auteurs, et éviter le cercle vicieux du seul ce qui se vend déjà bien, continuera à se vendre.

      • Alexis dit :

        Et pour ce qui est de mes arguments moyens, ce sont là des exemples parmi d’autres, chaque acteur a des frais et des structures différentes, on peut aussi parler des frais de livraison, des jeux de trésorerie auxquels peuvent se prêter certains diffuseurs/distributeurs et qui leur permettent de générer les plus gros bénéfices dans cette chaîne, etc.
        Et je n’essaie de faire pleurer personne.

  4. Alain dit :

    Je crois que c’est clair, le seul acteur indispensable de cette chaine de production est l’auteur (et pour la chaine commerciales , le couple avec le lecteur). Il est le seul acteur « singulier ». (personne n’a remplacé Goscinny par exemple), et pourtant, il est aujourd’hui le plus exploité.

  5. lorenzo dit :

    Personnellement, les éditeurs me dégoûtent. Comment peut on payer des auteurs à un prix à la planche aussi dérisoire?! Ils savent pourtant très bien le travail que cela représente. Mais l’auteur ouvre rarement sa gueule, alors ils en profitent (c’est humain)! L’auteur est l’élément compressible à volonté. Tant que ce con (éh oui!) est content, du moment qu’il voit son album sortir, allons-y! Alors internet, la solution?! Le rêve pour les auteurs?! Pour moi, en France, appliquer la recette de l’album classique (je ne parle pas du « format blog ») sur internet, un média où il y a en plus de l’image le son et le mouvement, c’est ridicule! Mais alors pourquoi ça marche au Japon et aux USA et non en France (et en Belgique?)?! Quand j’étais petit, je me souviens d’un type (du monde de l’édition) à la télé qui s’offusquait que l’on puisse encore vendre des albums de bédé souple si fragiles à des gamins…et VLAN! Vive l’album cartonné et tant pis s’ il est plus cher! Ce jours là, la bédé se tirait… Ou plutôt les éditeurs lui tiraient une balle dans le pied! Le Japon et les USA (n’oublions pas l’Italie) n’ont pas pris ce chemin, la bédé est restée (avant tout) un objet culturel de masse et non de luxe. Format comics, manga ou tablet c’est du pareil au même pour certains, ils n’ont pas le culte de l’album que l’on range ensuite dans sa bibliothèque et que l’on relis à l’occasion. Aujourd’hui, le jour est arrivé où les éditeurs français payent ce choix. Voyez ces best- sellers « populaires »: p’tit Spirou, Lucky luke (Dargaud appelant Laurent Guerra à la rescousse, histoire de refaire le coup de pub du premier opus dessiné par Achdé), Kid Paddle (Mad Fabrik, obligé de rentrer chez un éditeur qui a les reins solides),… dont les ventes se cassent la gueule. Mais, malins qu’ils sont, ils vont le faire payer d’abord aux plus faibles, les auteurs. Alors unissez-vous et faites front, c’est votre seule et unique chance peut être pas de vivre de ce métier mais d’arrêter de vous faire avoir (et je reste polis)! Je finis sur un petit souvenir de jeunesse du siècle dernier quand je voulais faire de la bédé mon métier et consultais alors la revue Onisep qui présentait chaque métier (formation, débouché, salaire…). Au métier de dessinateur de bédé, case rémunération pas de fourchette de salaire mais une petite phrase qui est gravée dans ma mémoire à jamais: « Salaire: des patates au caviar. » Comme quoi le problème de la rémunération des auteurs ne date pas d’hier.

  6. Wens dit :

    Bonjour,
    Bravo pour ce travail pédagogique. C’est courageux et je crois assez complet. J’aime bien aussi l’échange avec le libraire, il ne faut pas se monter les uns contre les autres, mais il y a une vraie paupérisation des auteurs il est temps que ça se sache. Il suffit d’être incognito ( super facile ! ) dans une librairie et de surprendre la conversation entre un libraire et un représentant pour bien souvent avoir la nausée. Le libraire ne s’en rend pas forcement compte, il est prit dans une logique commerciale. Je serais curieux d’entendre les bonnes idées du libraire Alexis pour que les auteurs puissent payer leurs retraites, je m’en réjouis d’avance. Cependant, le libraire spécialisé BD n’est pas non plus un ennemi, il est comme nous tous dépassé par la surproduction, il fait plus de manutention que de conseil aux lecteurs et comment pourrait-il lire tous les albums pour parler du truc génial à côté duquel tout le monde va passer ? ( je veux parler bien sûr de mon propre album ah ah ah ! ).
    Ces temps-ci les auteurs commencent à exprimer leur ras le bol, ça ne donne pas de solutions, c’est quelquefois pitoyable, ( pour ma part le pathos autour des deux auteurs qui « arrêtent la BD », je trouve ça ridicule, bien que je ne doute pas de leur sincérité et de leur déception ), c’est peut-être le début de quelque chose. Nous avons la capacité d’exprimer des idées, il faut s’en servir comme tu l’as très bien fait. En plus, si nous devons faire une grève générale, pour la plupart on ne verra même pas de différence dans notre niveau de vie !
    L’An 01 de la BD ! On arrête tout et on recommence ?

    • Alexis dit :

      Ca dépend des représentants, tous ne jouent pas forcément la carte du « super-marketing ».
      Et pour ce qui est de mes idées sur le sujet, je viens d’en parler dans ma réponse au-dessus.
      Mais le plus juste dans ce que dit Elric, c’est le fait que les auteurs soient rémunérés non selon le travail réalisé, le temps passé, mais selon une estimation de leur rentabilité, ce qui forcément crée un énorme déséquilibre entre les titres à découvrir et les grosses machines….

  7. Inversement, l’éditeur a un pourcentage de 20% du camembert, à la seule condition que l’album se vende correctement. Imaginons qu’un album se vende de façon médiocre, environ un tiers de son tirage en deux ans. Les libraires ont passé commande pour faire plaisir à la jolie représentante, mais l’album n’a pas été soutenu par la presse, et il s’est peu vendu en première semaine, retour à l’envoyeur dans le carton d’origine (plus de 50% de volume des albums reçus chez mon libraire, demandez au votre!). Dans ce cas là, l’editeur perd de l’argent et il ne sortira pas de second album…

    • Elric Dufau dit :

      L’éditeur perdra effectivement de l’argent sur son investissement de départ mais ça dépendra combien il a payé l’auteur. Si il l’a payé peu, il ne perdra presque rien, ce qu’ils font pour rentrer dans leur frais et contrer la surproduction.
      Mais je parle surtout des groupes qui possèdent leur diffusion. Même s’ils perdent de l’argent en tant qu’éditeur ils en gagnent sur la diffusion.

  8. Pierre Legein dit :

    Hello.Auteur d’une dizaine d’album, j’ai bien gagné ma vie en dessinant dans les années 2000. J’ai senti l’arrivée de financiers,voyant la BD comme un marché tel les biscuits ou la lessive. Les éditeurs historiques passionnés et créateurs se sont vus rachetés. Après cela, tout n’a plus été que chiffres, marchés et traités ainsi, sans passion et sans coup de coeur, faisant et refaisant ce qui a déjà été fait,quitte à multiplier spinn-off et rééditions. Pour garder le nombre de bacs dans les grandes surfaces, ils les remplissent avec des albums invivables, mais qui occupent l’espace qui ne sera pas occupé par l’éditeur concurrent… on peut multiplier les exemple des dérives.
    Comment ,en étant payé 270 euros la page, pouvoir produire une BD (réaliste dans mon cas)qui réclamerait de ne pouvoir faire que 4 ou 5 planches par mois…Bacler ou changer de métier…et le lecteur n’y trouve plus son compte.
    Quelle solution?….Je n’en ai pas, donc j’ai changé de métier…et ne suis pas le seul!

  9. JC Lebourdais dit :

    Problème pourtant facile à résoudre. Faites comme les agriculteurs, formez une coopérative d’auteurs et éliminez les intermédiaires. Editez-vous.
    La raison pour laquelle le livre numérique marche si bien aux USA est qu’il se vend moins de 2 dollars la pièce, contre 10 ou 15 pour un paperback. Le calcul est vite fait.
    Mais en France tous les auteurs ont dans la tête de devenir fonctionnaire avec un salaire régulier. Faut pas rêver. Bienvenue dans la mondialisation façon Hollande.

  10. Oui, bonne idée, Monsieur Lebourdais ,si cela permet aux auteurs intéressants de mieux gagner leur vie. Mais qui va juger du niveau d’intéret de leurs albums? Car enfin, entre l’éditeur (parfois méchant, mais pas toujours, il ne faut pas caricaturer) qui signe le contrat et détermine le tirage, les libraires qui choisissent de pousser ou pas tel album, en le conseillant à leurs clients ou en l’enlevant du présentoir à nouveautés, les critiques professionnels qui sont payés pour rédiger leurs petits avis personnels élogieux sur des livres ennuyeux qu’ils n’ont pas achetés (merci les attachées de presse!) et qui ne se vendent pas, et les gens qui composent les listes d’albums nominés (un peu la même chose), il y a une sacrée marge, nom d’une pipe!

  11. Pickman dit :

    A lire tous ces commentaires, moi qui ne suis pas du métier mais simple lecteur de BD, j’en déduis que la BD a été rattrapée par le monde moderne (mondialisation) ou l’on veut tout tout de suite, surtout le moins cher possible – donc en payant le moins possible partout ou c’est possible quitte a scier la branche sur laquelle on est assis (exemples à profusion autour de nous donc inutile d’y revenir). Au début des années 2000, j’achetais entre 40 et 50+ BD par an (je ne suis pas un gros consommateur, préférant la qualité à la quantité et n’ayant pas un budget extensible). En 2014, j’achète toujours le même nombre de BD bon an mal an. Et la production a doublé pendant ce temps….Et vous connaissez l’être humain ? Plus il a le choix, plus il devient difficile. Maintenant je rejoints assez Alain : dans cette chaine seuls le producteur (auteur) et le consommateur (lecteur) sont indispensables. Et si cette crise « permet d’assainir la branche » (j’en doute vu que la crise bancaire n’a pas forcément assaini la banque), peut-être verra t’on des auteurs pas dignes de ce nom (mauvais scénario ou mauvais dessin voire les 2), des éditeurs indélicats, des intermédiaires gourmands, des libraires incompétents passer leur chemin. Et ce même si des bons disparaîtront avec eux, dégoutés des conditions actuelles. Triste mais logique dans un monde qui marche uniquement sur deux valeurs : profit et argent facile…. (je tiens à préciser que je ne visais personne en particulier, un éditeur commençant par D pouvant être bon et indélicat en même temps)
    PS : @ François Pincemi : peut-être devra-t’on revenir à la technique du « feuilleton » adaptée au monde moderne : une « coopérative » ou par internet un lecteur comme moi pourrait aller voir les planches d’un album en cours de réalisation au fur et à mesure. Je paierais un certain prix par planches visionnées. Et si je me montrais acquéreur de l’album final, le prix des planches que j’aurais lues sur mon ordi me serait déduit du prix de l’album final (et si je n’achète pas la version papier, j’aurais payé la lecture internet de toute façon). Et vu qu’on se dirige vers l’impression à la demande…. Cela permettrait de payer l’auteur plus régulièrement, cela permettrait aussi d’avoir des scénars et/ou dessins plus « solides » puisque je pourrais arrêter la lecture rapidement si je ne suis pas satisfait. L’auteur saurait en temps presque réel ce qui se passe autours de sa réalisation, etc….C’était juste une idée en passant.

  12. Pourquoi pas, Monsieur Pickman. Il est clair qu’au vu de la gravité de la crise, il nécessite de prendre des résolutions innovantes, quitte à voir ce que cela donne. Personnellement, j’estime qu’un éditeur qui fait fabriquer un album à l’ancienne (44 pages couleurs, sans prépublication dans la presse qui permettait de rémunérer les auteurs une première fois, avant la consécration de la sortie de l’album en librairie) en Europe prend plus de risques que ceux qui se contentent de racheter des droits de traductions de comics et de mangas. Là, son travail se limite à la traduction (attention, il s’agit de respecter le public quand il comprend qu’elle a été faite avec les pieds, sans respect pour le ton de l’oeuvre d’origine) et au lettrage (je crois qu’il y a un débat dans le manga: faut il traduire les onomatopées nippones ou pas? Broutilles qui m’indiffèrent…). De la même façon que l’on a instauré le bonus-malus automobile (on surtaxe certains véhicules, ce qui permet en théorie de financer la detaxe de vehicules moins polluants. Sauf que les coefficients n’étaient pas adaptés…), le gouvernement pourrait envisager de surtaxer toutes les traductions publiées en France (comics, mangas, et le matériel Disney traduit, mais pas celui fabriqué par chez nous, voire à l’intérieur de la maison-commune Europe.), l’argent récolté servant alors à rémunérer les jeunes auteurs qui s’épuisent à publier par chez nous des oeuvres exigeantes et difficiles à vendre, car le public et les libraires préfèrent ce qui se vend bien, et un rapport qualité-prix attrayant, surtout dans cette période de récession, de restriction du pouvoir d’achat et d’augmentation des impôts et taxes diverses. Car enfin, on a beau dire, quand on regarde un manga français (200 pages noir et blanc à 8 euros), un comics français (100 à 160 pages couleurs entre 12 et 16 euros ) et l’album cartonné francobelge de 44 pages entre 12 et 14 euros, il y a de quoi se poser des questions. Les éditeurs spécialisés dans la traduction inondent le marché de leurs produits, il s’agit d’une concurrence déloyale pour ceux qui encouragent la création (Dupuis, Lombard, Casterman, Dargaud, Delsol, Glénat).

  13. Cali44 dit :

    « Les auteurs ont bac+5 , et sont cultivés ». Quel arrogances!!! Les lecteurs sont de pauvres incultes sans diplômes

    • BARRE Pascal dit :

      Il n’y a pas d’arrogance dans cette phrase, navré, et cet article remarquable mérite mieux qu’un commentaire qui , lui, sonne pauvre et inculte!

      • Cali44 dit :

        Ayant aussi bac+5, je n’ai,désolé, jamais vu l’utilité de le mettre en avant. Surtout dans une catégorie artistique où certains sans diplôme ont très bien réussi. Et si je commente, c’est juste que cette phrase m’a choqué au milieu d’un article très complets où je ne suis certes pas d’accord sur tout.

  14. wyrd dit :

    Oui donc la très grande majorité de ce qui sort en bd est médiocre, les gens en ont assez, ils préfèrent lire de bons auteurs, très rares en bd au vu de la production massive