« Miracleman » T1 par Alan M… & co

S’il y a bien une réédition que beaucoup de fans s’attendaient à ne jamais voir paraître, c’est bien celle-ci, à cause d’imbroglios juridiques qui se sont succédés sur des décennies… Pourtant, « Miracleman » est une pierre angulaire, une série mythique, historique, tout le monde s’accorde à le dire, à juste titre. En rachetant les droits de « Marvelman/Miracleman », Marvel Comics a enfin stoppé la malédiction éditoriale qui avait figé cette création dans une ambre trouble et délétère… Un événement !

Il serait fastidieux de revenir en détail sur tout le parcours historique et éditorial de cette création tant les coups de théâtre et aléas ont été nombreux en termes d’influences, de plagiats, de droits d’éditeurs et d’auteurs, mais il faut tout de même en dire quelques mots afin de bien comprendre les choses… L’histoire de « Miracleman » remonte à l’Âge d’Or des comics, au moment où les premiers super-héros émergèrent. Le succès de « Superman » étant phénoménal, bon nombre d’éditeurs ont voulu emboîté le pas et proposer eux aussi leurs propres super-héros, plus ou moins inspirés du personnage de Siegel et Shuster. Mais parmi eux, il en est un qui ressemble bien trop à Superman, aux yeux de National Allied Publications (futur DC Comics) : un certain Captain Marvel, créé par Beck et Parker chez Fawcett Publications. Sur la première couverture où le super-héros apparaît (Whiz Comics #2 daté de février 1940), celui-ci balance même une bagnole de gangsters contre un mur, ce qui rappelle étrangement la couverture d’un certain… Action Comics #1. Influence, plagiat ? Pour être tout à fait honnête, on se doit de dire que Captain Marvel est néanmoins l’arbre qui cache la forêt, car à l’époque un nombre considérable d’encapés apparurent dans les comics suite à l’arrivée de Superman, tous plus ou moins influencés par ce dernier. Mais Captain Marvel a poussé le bouchon un peu trop loin, semble-t-il… Entre Fawcett et DC Comics, le ton monte, jusqu’au procès pour plagiat, et en 1953 Captain Marvel disparaît. Fin de l’histoire ? Pas vraiment…

 

« Captain Marvel » était aussi publié en Angleterre par l’éditeur L. Miller & Son, et le succès avait été au rendez-vous (lire les articles de Jean Depelley sur cet éditeur dans le « Coin du Patrimoine » : http://bdzoom.com/?p=71997 et http://bdzoom.com/?p=72380). Suite au procès de 1953, Len Miller décida de combler ce manque à gagner par un autre super-héros qui pourrait assurer la continuité de ce succès. C’est Mick Anglo qui fut chargé de le créer, et dès 1954 un certain Marvelman apparut chez l’éditeur anglais. Flanqué d’un Young Marvelman et d’un Kid Marvelman, cette « Marvelman family » fait bien sûr penser à celle de Captain Marvel, et au « Shazam » de ce dernier, Marvelman lancera un « Kimota » (« Atomic » en verlan) qui déclenchera la transformation divine. Influence, plagiat ? On n’en sort pas. Quoi qu’il en soit, la série va durer jusqu’en 1963, date à laquelle elle disparaît, balayée par le succès des comics américains récemment importés. Fin de l’histoire ? Pas vraiment. En 1967, Stan Lee et Gene Colan enfantent un super-héros cosmique dénommé… Captain Marvel. Et en 1972, DC Comics rachète les droits du Captain Marvel de Fawcett. Lorsqu’en 1982 l’éditeur anglais Dez Skinn lance sa revue Warrior et qu’il veut faire renaître Marvelman, le terrain est relativement miné, donc ! C’est le jeune Alan Moore qui est chargé de relancer le personnage, et bien sûr il ne va pas le faire comme on l’attendait, Moore ne faisant jamais rien comme les autres… À l’opposé de la reprise qui serait pétrie de la flamboyance relative de ce super-héros un peu oublié, Alan Moore propose un retour douloureux et sombre du personnage. Le grand nigaud est devenu introspectif et profond, écrasé par le doute. Le scénariste se sert même du parcours éditorial du héros pour l’intégrer dans sa fiction, les dates de 1954 et 1963 étant des éléments clés du récit, opérant une mise en abîme assez culottée sur la nature et l’identité du personnage, de la série.

 

Ici, Michael Moran est amnésique, et découvre par accident qu’il fut Marvelman dans une « autre vie ». Après 19 années de trou noir, le super-héros est de retour, mais Moore ne le laisse pas revenir facilement. Moran retrouve la mémoire, certes, mais cette mémoire est-elle bien la sienne ? Qui est-il réellement ? Que lui a-t-on fait ? Que s’est-il passé vraiment ? Les réponses que va chercher et trouver le héros vont s’avérer plus traumatiques que réconfortantes, et les retrouvailles avec Kid Miracleman qu’il croyait mort va achever de lui faire comprendre que la vérité n’est pas du tout celle qu’il vit depuis des années. Loin du super-héros splendide et omnipotent, ce Marvelman est le protagoniste d’une série au ton empreint de noirceur et de violence, annonçant bien des comics à venir dans ce qu’on allait appeler le « passage à l’âge adulte » via les œuvres apparues dès le milieu des années 80 que tout le monde connaît. Le « Marvelman » de Moore est une œuvre grave, ayant des ramifications avec la gravité du monde réel. Et contrairement aux craintes qu’on aurait pu avoir, elle n’est pas du tout datée, n’a pas mal vieilli. Elle prend même aujourd’hui un nouveau relief, bénéficiant de son aura patrimoniale et – rappelons-le bêtement – du génie de Moore que l’on constate à nouveau…

 

La série va être publiée aux États-Unis par Eclipse Comics dès 1985 après un passage éclair chez Pacific Comics. Pour éviter tout problème de droits avec DC et Marvel, Marvelman est rebaptisé Miracleman. Tout aurait pu bien se passer pour Moore, épaulé par les dessinateurs Garry Leach, Alan Davis, Steve Dillon, Paul Neary et Don Lawrence… Mais l’aventure se termine pour lui au 16ème épisode, notamment à cause de problèmes avec Alan Davis. On rencontre alors les noms de Chuck Beckum, Rick Veitch et John Totleben, mais c’est la présence de Neil Gaiman qui retient toutes les attentions. Malheureusement, jusqu’en 1993 la série va connaître des irrégularités de publication, jusqu’à son arrêt à cette date à cause de la disparition d’Eclipse Comics… Les droits d’Eclipse ayant été rachetés par Todd McFarlane et McFarlane étant brouillé avec Gaiman notamment à cause des droits d’« Angela », les choses semblaient mal parties pour assurer la continuité, continuité qui n’aurait de toute façon pas lieu à cause des fameux droits du personnage qui n’étaient pas si libres que ça. Impossible de faire réapparaître « Miracleman », celui-ci doit une nouvelle fois quitter la scène… Heureusement, Marvel Comics a racheté ce sac de nœuds en 2009, et la réédition de la série est à nouveau possible, sans parler de l’avenir désormais ouvert pour ce personnage au parcours insensé. Vous ne trouverez pas le nom de Moore dans cette réédition, l’homme ne voulant plus être crédité pour les raisons qu’on connaît – et qui sont respectables. Ne vous reste plus qu’à vous plonger dans cette série passionnante et intelligente, hantée par les spectres de notre monde… Un véritable classique contemporain que l’on se doit absolument de lire lorsqu’on est fan de comics…

Cecil McKINLEY

« Miracleman » T1 par Alan M… & co

Panini Comics (14,95€) – ISBN : 978-2-8094-4087-4

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17 réponses à « Miracleman » T1 par Alan M… & co

  1. Francois Pincemi dit :

    Bonjour Monsieur McKinley.
    Je dois avouer que je suis loin d’être un expert en comics, je connais bien mieux la belle et bonne BD traditionnelle du XXème siècle. Une phrase m’intrigue toutefois dans votre article: « l’homme ne voulant plus être crédité pour les raisons qu’on connaît « . Pourriez vous me donner des précisions à ce sujet? J’ai lu ailleurs que Monsieur Moore était fâché avec DC, mais l’est-il aussi avec la Marvel? En vous remerciant par avance.

    • Cecil McKinley dit :

      Bonjour François,

      Notre ami Alexis a répondu plus promptement que moi à votre message, je vous invite donc à lire sa réponse et ma réaction afin d’avoir – je l’espère – une réponse complète à votre question. Et je me permets de rappeler que « Miracleman » fait aussi et bel et bien maintenant partie des belles est bonnes BD traditionnelles du 20ème siècle! (sourire)

      Bien à vous,

      Cecil

  2. Alexis dit :

    Alan Moore est un homme particulièrement attaché à la condition et à la reconnaissance de l’auteur (dans la question financière comme dans sa liberté d’expression), ce qui n’est généralement pas toujours dans les priorités des grands groupes que sont DC et Marvel.
    Alors oui, suite à de (très) nombreuses histoires Moore est à peu près fâché avec tous les éditeurs « mainstream », on ne peut pas lui en vouloir.
    La grosse bourde de Marvel semble être d’avoir oublié le nom d’Alan Moore dans les crédits lors d’une réédition luxe de Captain Britain, si je ne m’abuse.
    Pour ce qui est de MiracleMan (et de Moore en général), je ne doutes pas que Cecil sera plus précis que moi-même.
    Bonne lecture quand même !
    (Pour l’exemple, Moore a refusé que son nom apparaisse sur l’adaptation en film de Watchmen, et il a refusé toute implication dans Before Watchmen, quel que soit les auteurs qui en auraient la charge (et d’ailleurs, il y en a des très bon, le Minutemen de Cooke est à lire), et ce malgré l’argent auquel il aurait légitimement pu avoir droit.)

    • Cecil McKinley dit :

      Bonjour Alexis,

      Cool, plus besoin de répondre, les lecteurs de mes articles le font pour moi! (sourire, merci!)

      Votre réponse est pertinente, c’est ce que j’aurais écrit en substance à notre ami Pincemi. Je sous-entendais bien cette intégrité et cette inflexibilité de Moore en ce qui concerne le respect des droits d’auteur et de la nature des œuvres créées. Alan Moore refuse d’être crédité ou rémunéré pour des œuvres dont il ne peux plus gérer ni l’évolution, ni les adaptations, et qui se retrouvent dénaturées sans que le créateur puisse faire quoi que ce soit. C’est donc effectivement très estimable. Là où beaucoup accepteraient n’importe quoi pour des royalties, Alan Moore reste honnête et droit. C’est vrai que pour Marvel, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a bien été cet oubli de mentionner Moore dans les crédits de la réédition de « Captain Britain », mais Marvel avait déjà déconné auparavant en publiant des strips de Moore issus de « Doctor Who Weekly » sans lui demander la permission… Quant à DC Comics, il y rencontra de la censure (destruction puis republication d’un épisode de « La Ligue » à cause d’une parodie jugée gênante, épisode de « Cobweb » interdit par peur de représailles des scientologues…), le rachat de Wildstorm par DC n’arrangeant rien.

      Quant au cinéma, Moore s’était senti trahi dès les adaptations de « From Hell » et de « La Ligue des gentlemen extraordinaires », et il réagit en interdisant que son nom soit crédité pour tous les films à venir, comme ça a été le cas pour « Constantine », « V pour Vendetta » ou « Watchmen ». Alan Moore est redoutablement clair sur ce point: « Ce sont des films idiots, sans la moindre qualité, une insulte à tous les réalisateurs qui ont fait du cinéma ce qu’il est, des magiciens qui n’avaient pas besoin d’effets spéciaux et d’images informatiques pour suggérer l’invisible. Je refuse que mon nom serve à cautionner d’une quelconque manière ces entreprises obscènes, où l’on dépense l’équivalent du PNB d’un pays en voie de développement pour permettre à des ados ayant du mal à lire de passer deux heures de leur vie blasée. La majorité de la production est minable, quel que soit le support. Il y a des films merdiques, des disques merdiques, et des BD merdiques. La seule différence, c’est que si je fais une BD merdique, cela ne coûte pas cent millions de dollars. » (entretien dans la revue D-Side n°29).

      Et si ça ne suffisait pas pour lever tout soupçon sur une fausse posture intellectuelle bienveillante de Moore, le cas spécifique de « Miracleman » confirme avec force la véritable éthique de cet auteur unique, la question des droits d’auteur ne se portant pas sur lui, mais sur un certain Mick Anglo. Je vous traduis ce qu’avait dit Moore de cela: « J’ai été très heureux de faire tout ce que je pouvais pour aider Mick Angelo. Aujourd’hui, je comprends que nous n’avions pas le droit de faire ces histoires, même si Mick avait adoré ce qu’on avait fait de son personnage. À l’époque, nous n’avions pas compris que Mick Anglo était le seul propriétaire des droits de « Marvelman ». Nous avons été trompés. J’ai donc fait tout ce que je pouvais pour rétablir l’ordre des choses. Car je l’ai dit, Mick est un très vieil homme, il a une femme malade qu’il doit soigner, et ils pourraient utiliser ce fric rapidement. Je crois que les prétentions ridicules de McFarlane sont passées, et que maintenant les choses peuvent s’ouvrir. Ils vont réimprimer certains de mes trucs sur « Miracleman », et je leur ai dit ‘Ok, allez-y, mais tout l’argent devra aller à Mick Anglo’. Ils ont également parlé d’adaptation en dessins animés, et je leur ai dit encore une fois ‘Ne créditez pas mon nom, et donnez tout l’argent à Mick Anglo’. J’espère qu’il a encore été temps de faire quelque chose de bien pour Mick, car c’est un grand artiste, vous savez, et la scène de la bande dessinée britannique serait plus pauvre sans lui. »

      Bah moi j’dis bravo et chapeau!

      Bien à vous,

      Cecil

  3. Michel Dartay dit :

    Bonsoir Cecil!
    Merci pour ce récapitulatif très documenté, et émouvant sur la fin: oui, tous les auteurs ne pensent pas qu’au solde positif de leur compte bancaire, certains sont très généreux envers leurs confrères moins fortunés…). J’aimerais quand même préciser, parce que l’anecdote me semble amusante, que Moore avait confectionné une pub factice des revues du début du XXème siècle, dans laquelle il proposait ce qui ressemble (de mémoire) à une « merveilleuse pompe vaginale ». Or si DC et Marvel se livrent à une véritable guerre commerciale, elle se fait à coup de détournements d’auteurs et de concepts ( DC sortant les New 52, Marvel lui emboite le pas avec Marvel Now), et pas de petites astuces en dessous de la ceinture, qui elles sont interdites au pays du puritanisme qui n’a aucun problème avec la représentation de la violence.
    Il y eut d’autres exemples amusants de comics mis au pilon: je me souviens d’une fantaisie d’Al Milgrom insultant un éditeur qui n’était pas bien passée, un rigolo s’était même amusé à rajouter une forme de roubignolles à un Bucky allongé…. Sans parler des DC Cavalcade, qui proposaient des comics inédits de séries annulées. Peut-être l’idée d’un prochain article original?
    Ah, concernant Alan Moore, il y eut aussi son désaccord avec DC quand l’éditeur voulait sortir des figurines de Watchmen, à l’occasion d’un anniversaire!
    Pour conclure, si j’ai une immense estime pour Alan Moore qui a repoussé les limites du scénario de comics pendant une bonne dizaine d’années, avec plus de cinquante pages par mois, je ne comprends pas totalement son mépris pour le cinéma. From Hell le film avec Johnny Depp n’a pas grand chose à voir avec la BD, c’est clair. La League semble être une trahison hollywoodienne que je ne suis même pas allé voir. V est une adaptation plutôt fidèle (pourtant, à l’époque, Alan Moore avait beaucoup râlé, notamment sur la séquence de cuisine (V faisait cuire des oeufs sur une tranche de pain de mie, dans une poêle. Ce n’est pas comme cela que font les Anglais qui ont évidemment des toasters!).
    Maintenant, pour le film The Watchmen, je suis désolé, il s’agit quand même d’une adaptation très fidèle qui respecte à peu près le script original (à part évidemment les histoires de pirates,qui ont été reprises dans le DVD « Les contes du vaisseau noir ».
    Donc je trouve en définitive que Moore manque un peu de finesse, parce qu’il condamne ou refuse toute adaptation cinématographique de son oeuvre, quelle que soit sa fidélité par rapport à l’oeuvre d’origine. je sais bien que dans son esprit, cinéma et bande dessinée n’ont rien à voir, et qu’il est un peu mystique, mais quand même…
    D’autres commentaires sont les bienvenus, s’ils éclairent le débat d’un oeil neuf.
    Michel

    • Cecil McKinley dit :

      Bonjour Michel,
      Merci pour votre commentaire.

      Pour être tout à fait complet sur cette histoire de censure de DC par rapport à « La Ligue », la fausse pub de Moore présentait une poire à douche vaginale de la marque… Marvel. Ça avait donné quelques sueurs froides à Paul Levitz qui avait fait réimprimer le comic sans la pub… et sans prévenir Moore.

      Je comprends tout à fait votre ressenti par rapport à Moore et le cinéma, même si je ne pense pas que ce soit l’expression d’un manque de finesse, mais plutôt d’une intégrité pure et dure. D’ailleurs, dans les propos que je retranscris de Moore, il ne tape pas sur le cinéma tout court, mais sur un certain cinéma qui déshonorerait ce qu’il devrait réellement être.
      Comme vous le dites, « From Hell » n’avait rien à voir avec la BD et « La Ligue » était un spectacle hollywoodien infâme à voir en bouffant des pop-corns. Dès lors on peut comprendre que Moore ait été refroidi par ce manque de respect envers ses œuvres originales… C’est vrai que « Watchmen » était plutôt pas mal et parfois même très bien (peut-être l’adaptation de Moore la plus réussie), mais c’est arrivé après tellement de déconvenues que Moore a préféré fermer les écoutilles pour toute réappropriation ou interprétation de ses œuvres.
      Dans cette époque où l’on fait à peu près tout et n’importe quoi en mettant de côté les auteurs pour mieux ériger des empires de l’argent sur les produits culturels en faisant fi de la qualité de la substance des choses, il me plaît de savoir qu’un Alan Moore reste inflexible quant au respect des auteurs, des œuvres, que tout ne se délite pas dans l’entertainement abrutissant et rutilant ne profitant qu’aux multinationales… Je ne trouve pas que ce soit une posture réactionnaire ou fermée, mais un vrai dégoût et un vrai militantisme. Maintenant, c’est vrai que c’est dommage que par la force des choses Moore en soit arrivé à ce stade de refus général, mais bon… Je préfère avoir ce petit pincement au cœur plutôt que d’apprendre que Moore serait un traître à l’esprit de ses œuvres en baignant dans les manipulations financières superficielles et normatives.

      Bien à vous,

      Cecil

      • Alexis dit :

        Là, je ne suis pas certain de ce que j’avance mais je crois savoir que des séries telles que Watchmen, Vendetta, etc. restent la propriété non de Moore mais de DC/Vertigo, et qu’une adaptation en film se fait avec l’accord de ceux-là, et non pas forcément de Moore lui-même qui ne doit pas pouvoir y faire grand-chose à part demander à ce que son nom n’apparaisse pas aux crédits.
        On peut donc comprendre que le rejet ne concerne pas la qualité du film lui-même, mais comme l’a très bien écrit Cecil, l’impossibilité de l’auteur d’avoir un droit de regard sur ce que deviendra sa création. Je trouve ça assez justifié, en fait.
        En tout cas, je remercie Cecil d’avoir amplement développé ce que je n’avais fait qu’aborder, et de confirmer ( j’ai raconté ce que j’avais lu par-ci par-là, parfois ça revient à colporter des ragots sans fondements).
        Je le remercie également vivement pour la grande qualité de ses chroniques Comics sur ce site, que j’apprécie de plus en plus de suivre régulièrement !

        • Cecil McKinley dit :

          Re, Alexis.

          Merci de votre si gentil commentaire, ça fait plaisir!
          Quant aux tractations éditeurs/cinoche, oui, surtout lorsqu’il s’agit de majors, généralement, ce sont eux qui traitent les contrats: après, il faut voir les accords qu’ont passé ou non ces éditeurs avec les auteurs pour les questions de droits et d’adaptation, qui peuvent être très variables, me semble-t-il…

          Comicsment vôtre,

          Cecil

          • Olivier Tanguy dit :

            Bonsoir, juste un petit mot sur les droits d’auteur et les adaptations : Watchmen étant inspiré des héros de la Charlton, rachetée par DC, Moore ne pouvait rien dire. David Lloyd a expliqué dans une interview que V for Vendetta était propriété de Moore et Lloyd (et aussi un peu Warrior, le magazine qui le publiait) mais pour que la suite soit publiée DC a exigé que Moore et Lloyd cèdent les droits. Pour les autres films j’ignore si Moore avait un droit de regard puisqu’il restait, je crois, propriétaire des droits (avec Eddie Campbell pour From Hell et Kevin O’Neill pour League of extraordinary Gentlemen).

            Olivier Tanguy

  4. Alexis dit :

    Justement, il me semble qu’il y avait eu une histoire il n’y a pas si longtemps dans laquelle DC avait proposé à Moore de lui rendre les droits de Watchmen s’il s’engageait dans un nouveau projet lié à cette licence (qui à dit Before Watchmen…?), mais Moore avait refusé car il ne voulait plus travailler pour DC.
    Ce qui montrerait bien qu’il n’a pas les droits au moins de Watchmen :)

    • Cecil McKinley dit :

      Hello Alexis,
      Effectivement, c’est bien DC qui détient les droits de « Watchmen ». Cette question de droits des auteurs de comics est de toute façon un serpent de mer, il suffit de se remémorer ce qui s’est passé avec Siegel & Shuster pour Superman, le combat des ayant-droits de Kirby, ou pourquoi une certaine structure éditoriale dénommée Image avait été créée en 1992…
      Bien à vous,

      Cecil

  5. Francois Pincemi dit :

    Je remercie messieurs Alexis, Cecil et Michel d’avoir éclairé ma lanterne (petite astuce entre nous puisque vous êtes des spécialistes du super-héros de comics, pas comiques ou cosmiques, arf arf!°). Mes félicitations globales également à tout bdzoom: on sent que vous procédez à un choix rigoureux des sujets étudiés, qui sont loin d’être systématiquement liés à l’actualité des sorties en librairies. Du coup, les sujets importants sont profondément étudiés dans les articles (j’adore notamment votre rubrique patrimoniale, et j’apprécie beaucoup la lecture des articles de Mister McKinley sur les comics, même si je suis loin d’être féru du genre, mais les commentaires et débats sont également intéressants, car ils permettent d’obtenir des précisions et enrichissements complémentaires.
    Bien cordialement! François Pincemi

    • Cecil McKinley dit :

      Bonjour François,

      Ravi que nos commentaires aient éclairé votre lanterne…
      C’est vrai que contrairement à d’autres forums BD, les nôtres sont plus un lieu d’échanges et de réflexion que de foire d’empoigne entre geeks décérébrés, et c’est plutôt appréciable!
      Merci pour votre commentaire et vos compliments, ça nous pousse à maintenir l’esprit de qualité vers lequel nous ne cessons de tendre!

      Bien à vous,

      Cecil McKinley

  6. Bonjour à tous!
    Je trouve très sympathique ce jeu de partage d’informations et d’opinions, cela permet à chacun (même aux débutants comme moi dans le comics; en fait, je m’y suis mis après l’énorme succès en salles de films comme Avengers, Batman, Superman, X-Men et autres, qui m’ont donné envie d’approfondir en version française). Car si la production francobelge est actuellement plutôt décevante, elle incite à aller lire ou relire les chefs d’oeuvre de BD étrangères. Et oui, mes bons amis!
    Maintenant, bdzoom est peuplé de lecteurs érudits, polis et courtois, qui parfois en connaissent plus sur le sujet que les signataires des articles. C’est le contraire de nombreux forums BD où le moindre troll a le droit de s’exprimer de façon vulgaire pour donner son opinion qui n’a vraiment pas le moindre intéret, le tout agrémenté de smileys débiles et de photos ou cases découpées.

    • Cecil McKinley dit :

      Bonjour François,

      On fait de notre mieux, merci!
      Et rassurez-vous, je ne suis pas dans l’ostracisme, car même si je m’occupe essentiellement de cette rubrique « comics », j’ai une vraie passion dévorante pour Franquin, Crepax, Walthéry, Bezian, De Crécy, Tillieux, Druillet, Wasterlain, Battaglia ou Otomo et Kobayashi, par exemple: il n’y a pas de bons pays pour la bande dessinée, il n’y a que de bonnes bandes dessinées venue de tous pays.

      Bien à vous,

      Cecil

  7. Alexis dit :

    Il faut dire que les choix de chroniques de Cecil sont très justes et donnent toujours envie d’aller voir ce qu’il présente et qu’on ne connait pas (j’ai ainsi découvert il n’y a pas longtemps Strangers in Paradise de cette façon), et invite vraiment à la discussion sur les qualités de ces auteurs !

    • Cecil McKinley dit :

      Merci, n’en jetez plus, c’est plus de compliments que mon petit cœur ne peut en supporter!
      Mais blague à part, si j’ai pu donner envie de faire lire de belles choses, si j’ai pu faire découvrir une œuvre comme « Strangers in Paradise » à au moins l’un d’entre vous (et vous êtes là), alors je me dis que je n’écris pas pour rien… Ce n’est pas une formule, mais bien un ressenti sincère.
      Mes amitiés, cher Alexis.

      Bien à vous,

      Cecil