« Le Chevalier blanc » : l’intégrale chez BD Must, enfin !

Dès la fin de la guerre, les éditions Dupuis et du Lombard ont donné vie, dans les pages des magazines Spirou et Tintin, à de nombreux héros incontournables et de séries dont beaucoup sont aujourd’hui cultes. Si Dupuis a toujours admirablement géré l’édition de ses albums qui se poursuit encore, dans les mêmes conditions avec les intégrales, les éditions du Lombard ont souvent fait preuve d’un joyeux foutoir où le lecteur se retrouvait avec difficultés (1). « Le Chevalier blanc » de Liliane et Fred Funcken n’échappant pas à la règle…

Couverture d'Yves Chaland pour l'une des rééditions...

En effet, son premier album publié en 1956 était cartonné, les quatre suivants sont passés dans la collection souple Jeune Europe, les autres récits n’ayant même pas droit à ce mode de publication honorifique à l’époque.

Plusieurs tentatives de publier les albums manquants, voire l’ensemble de la série, seront tentées par de petites structures éditoriales (Chlorophylle, Magic-Strip, Hélyode, Lefrancq) sans satisfaire pleinement les lecteurs qui attendaient toujours une édition intégrale chronologique digne du héros imaginé par le couple Funcken.

Après avoir publié « Cori le moussaillon », « Pom et Teddy », « Monsieur Tric », « Barelli »… les éditions BD Must viennent enfin d’exaucer leur souhait.

Né d’un projet de Raymond Macherot au trait jugé trop « humoristique », « Le Chevalier blanc » est confié au couple Liliane (1927) et Fred Funcken (1921/2013) qui en débute les aventures dans le n° 40 du 8 novembre 1953 de l’hebdomadaire Tintin.

« Le Chevalier blanc » version recolorisée chez BD Must.

De retour de croisade, Jehan de Dardemont découvre que son père qui vient de disparaître était le fameux Chevalier blanc qui, vêtu d’une armure blanche, combattait l’injustice, le visage dissimulé sous un heaume. Il prend le relais, accompagné par ses amis Laflèche et Taillefer, parcourant le royaume où les seigneurs félons ne manquent pas. Un thème classique habilement traité par un duo spécialisé dans la bande dessinée historique, dont les travaux ont passionné les lecteurs de Tintin pendant plus de 40 ans. Présent plus ou moins régulièrement dans les pages de l’hebdomadaire du Lombard, le Chevalier blanc vit une ultime aventure en 1986, écrite par Didier Convard.

L’ensemble de ces récits au graphisme éblouissant est publié, chronologiquement, dans une série de 12 albums cartonnés en couleurs réunis dans un pack, complétée par un dossier de seize pages riche en illustrations écrit par notre ami Gilles Ratier. Chaque album est accompagné d’un ex-libris en couleurs et numéroté. Le tirage est limité à 1 000 exemplaires indissociables. Le prix de 199 euros pour l’ensemble peut paraître élevé, mais équivaut à 16 euros par volume ce qui en regard du petit tirage est raisonnable. Mieux, il n’en coûtera que 179 euros à ceux qui en feront la commande avant le 30 juin !

Henri FILIPPINI

(1) On retrouve d’ailleurs encore le même problème aujourd’hui, avec leurs intégrales qui n’ont ni la rigueur ni le souci de chronologie de leur concurrent historique.

« Le Chevalier blanc » par Liliane et Fred Funcken : 12 albums cartonnés en couleurs plus 1 dossier, tirage 1 000 exemplaires (199 € + 9 €  de port) : http://www.bdmust.be/catalogue/albums/chevalier-blanc/integrale-en-12-albums

Éditions BD Must (1, avenue de la Chapelle, B 1200 Bruxelles, info@bdmust.be)

Une autre page recolorisée...

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3 réponses à « Le Chevalier blanc » : l’intégrale chez BD Must, enfin !

  1. Marc BESSET dit :

    Bonjour .
    Excellente nouvelle et excellente idée que cette intégrale du « Chevalier Blanc » !
    Un épisode comme « l’ombre du glaive » méritait depuis longtemps une ( première ) édition en couleurs ( tout comme les épisodes 3 et 4 , moins connus ) .
    Je suis d’accord avec vous pour « le joyeux foutoir » organisé par les Editions du Lombard . Même à l’époque de la prestigieuse collection au « dos d’ours ou à damiers » , l’éditeur n’avait pas hésité à supprimer 21 vignettes ( soit presque deux planches ) lors de la parution en album du premier épisode du « Chevalier Blanc » .[ L'éditeur fera pire - à mon avis - avec "le maître du Soleil" , aventure de Dan Cooper , en supprimant la fin de l'histoire soit trois planches , jamais publiées à mon humble connaissance .]
    Dommage que l’on ne puisse pas se procurer simplement le dossier écrit par Gilles Ratier , qui doit être passionnant ! A ce propos pourquoi Gilles Ratier ou vous-même ne rédigeriez vous pas une biographie de Liliane et Fred Funcken ? Ils le méritent amplement .
    De nouveau félicitations et encouragements à BDmust !
    Et vous , monsieur Filippini , continuez à écrire de si intéressants articles .

    • Merci pour vos paroles qui vont droit au coeur. Comme vous le dites le Lombard n’a jamais brillé niveau albums. On peut dire que dans ce domaine le vieux rival Dupuis est vainqueur par KO. Pensons à Lefranc et Alix réfugiés chez Carterman, tout comme plus tard Chevalier Ardent… et bien d’autres.
      Vous avez raison le couple Funcken mérite mieux que quelques mots, en celà le dossier de Gilles Ratier est intéressant, mais dédié surtout au Chevalier Blanc ce qui est logique. Peut-être qu’un jour prochain se présentera l’occasion de revenir sur leur belle carrière. Etonnant comme certains auteurs passent à travers les gouttes. Du temps où je travaillais aux Cahiers de la BD je ne me souviens pas avoir pensé à eux, ni d’ailleurs à Graton ou à Weinberg. Etrange n’est-ce pas?
      Amitié
      Henri Filippini

  2. Henri Gonse dit :

    Bonjour
    Je suis un fan des histoires parues dans les journaux SPIROU et TINTIN dans les années 50 et 60.
    BDMUST fait un très bon travail en publiant des intégrales comme celle du CHEVALIER BLANC.
    Je suis d’accord avec vous que DUPUIS a été beaucoup plus professionnel dans sa politique de publication d’histoires complètes en album (après les parutions en histoires à suivre dans le journal SPIROU).

    Néanmoins il y a des séries qui ont été à mon sens négligées par DUPUIS (peut-être jugées comme secondaires et non rentables), comme SANDY (Lambil) ou comme MICHEL ET THIERRY (Piroton et Jadoul).
    DUPUIS n’a pas édité SANDY en album, quant à MICHEL ET THIERRY, seule la première histoire, LE GRAND RAID, a paru en album chez DUPUIS.

    Heureusement il y a de petits éditeurs, comme HIBOU, qui sort l’intégrale en couleurs de MICHEL ET THIERRY en ce moment, que bien entendu j’achète.
    Il y a aussi LE COFFRE A BD, qui sort l’intégrale en couleurs de SANDY, que bien entendu j’achète.
    Merci à GILLES RATIER pour ses passionnantes introductions aux albums de SANDY et de MICHEL ET THIERRY.

    Je suis aussi un fan des biographies et présentations d’auteurs de BD, il y en a beaucoup qui sortent depuis quelques années, je pense notamment au travail remarquable de GILLES RATIER,
    « JEAN-MICHEL CHARLIER VOUS RACONTE « .
    En effet, publier un jour une biographie des époux FUNCKEN serait une idée magnifique.
    Bien cordialement