« Ultimo » T1 de S. Lee et H. Takei

 » Ultimo « , le nouveau titre de Kaze, n’est pas à proprement parlé un manga purement japonais. En effet, le créateur du pitch est un américain extrêmement connu des lecteurs de comics : Stan Lee. Surfant sur la vague manga qui explose également aux USA, il a entrepris cette collaboration avec le dessinateur et scénariste Hiroyuki Takei, déjà connu en France pour sa série  » Shaman King « .

Manga atypique au niveau de la collaboration mais extrêmement classique dans le scénario. Comme souvent, il s’agit de la lutte du bien ultime contre le mal ultime. Le tout, saupoudré d’un zeste de médiéval Nippon pimenté d’adolescents contemporains mal dans leur peau.


Les deux Karakuridôji. De droite à gauche : Ultimo représentant le bien absolu et Vice le mal absolu. ©2008 by Stan Lee-POW ! Entertainment, Hiroyuki Takei / SHUEISHA Inc – Kazé

La particularité de cet ouvrage, c’est cette collaboration américano-japonaise peu courante. Stan Lee, pour ceux qui ne le connaissent pas, est le créateur des super héros mythiques de l’éditeur Marvel. On lui doit  » les 4 Fantastiques « , les  » X-men « ,  » L’Incroyable Hulk « ,  » Iron Man  » et des dizaines d’autres figures emblématiques de la culture comics. Néanmoins, Stan Lee, tout au long de sa carrière, n’a pas été réellement scénariste de ces séries ; il a souvent juste posé les bases permettant la création d’un univers cohérent ainsi que son développement de départ. Cette dernière tâche étant souvent laissée au dessinateur, co-créateur de la série. Ici, il procède de la même manière ; il lance une base d’histoire et laisse le soin à l’équipe japonaise de créer la suite. Et surtout, Stan Lee leur laisse la charge de faire durer l’histoire en y ajoutant des rebondissements et des protagonistes supplémentaires.

L’influence américaine se fait également sentir sur la couverture où l’encreur, Daigo, et le coloriste, Bob, sont clairement identifiés, même si ce n’est que par des pseudonymes. En général, ces tâches sont déléguées à des assistants œuvrant dans l’ombre ou citées simplement en fin de volume. Ce n’est pas non plus une révolution ! mais la simple reconnaissance du travail de ces différents artistes est toujours une bonne chose.

Ce manga représente la suite logique du travail qu’a entrepris Stan Lee, depuis 2001, en créant sa société POW entertainement (Purveyors of Wonder) avec Gill Champion et Arthur Lieberman. Aujourd’hui POW est détenue à hauteur de 10% par la firme Disney qui a elle-même racheté Marvel en 2010. La boucle est bouclée. Stan Lee fait encore un peu partie de  » la maison des idées  » qu’est Marvel.


Stan Lee en personne, apparait sous les traits d’un marchand ambulant dans ce manga ©2008 by Stan Lee-POW ! Entertainment, Hiroyuki Takei / SHUEISHA Inc – Kazé

Comme je le signalais en préambule, la base de l’histoire est des plus classique. Le manga débute au XIIe siècle en plein Japon médiéval. Yamato, un bandit de grand chemin lutte avec sa bande contre les riches. Ils prennent à parti un commerçant ambulant occidental du nom de Dunstan. Fait amusant, les traits du marchand rappellent ceux de Stan Lee. Même lunette de soleil totalement anachronique, même moustache, mêmes cheveux blancs et surtout un kimono orné d’une araignée rappelant  » Spider-Man « . Celui-ci transporte deux caisses renfermant chacune une de ses créations : des Karakuridôji. Deux pantins représentant le mal et le bien ultime. Il les a simplement créés afin de  » découvrir lesquels du bien et du mal est le plus puissant « . Les réveiller amènerait la mort sur le monde. Vous l’aurez compris, Yamato n’écoute pas le vieil homme et ouvre les boites. S’en suit un long combat coupé en pleine action par la seconde partie qui transporte le lecteur à notre époque. Nous voyons réapparaître Yamato, probablement réincarné sous les traits d’un lycéen et découvrant Ultimo, le Karakuridôji du bien, chez un antiquaire. Après neuf siècles passés en hibernation, il revient à la vie et se lie à Yamato comme il l’avait fait auparavant. Le Karakuridôji du mal, du nom de Vice, apparait à son tour et de nombreuses bagarres s’enchainent…


©2008 by Stan Lee-POW ! Entertainment, Hiroyuki Takei / SHUEISHA Inc – Kazé

Passant d’époque en époque, cette histoire est pourtant extrêmement facile à lire. Les personnages sont agréables et les événements se suivent de manière cohérente et simple.

Même si l’intrigue est créée par un américain, cette histoire reste un pur shônen Manga.  » Ultimo  » emprunte tous les codes caractéristiques de la bande dessinée japonaise. Néanmoins, on sent à la fois la patte et l’expérience de Stan Lee pour la création de personnage doté de super-pouvoir avec une personnalité extrêmement forte et travaillée.

Une réussite indéniable pour ce manga qui, s’il n’a rien d’exceptionnel au premier abord, sait être prenant du fait de sa construction narrative et d’une intrigue de base extrêmement solide.

Gwenaël JACQUET

«  Ultimo  » T1 de Stan Lee et Hiroyuki Takei
Éditions Kazé Shonen Up – 6,50€

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