LA BD AUX  » RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE  » DE BLOIS 2010

« Une vie chinoise » s’est vu décerner le Prix de la Bande Dessinée Historique au cours du dernier weekend à Blois où s’est tenue une nouvelle session de la plus grande manifestation d’historiens de l’hexagone, drainant auteurs, universitaires, enseignants, érudits, exposants et simples curieux dans un foisonnement de bon aloi. Force est de constater que la bande dessinée y a tenu une place notable et que son rayonnement s’accroit d’année en année, et ce grâce à plusieurs événements.

L’exposition sur « Les Invisibles » de Jean Harambat à la bibliothèque de l’Abbé Grégoire de Blois

Tout d’abord, il faut évoquer la belle exposition consacrée au superbe album de Jean Harambat, « Les Invisibles », publié l’an dernier chez Futuropolis et qui a remporté l’édition 2009 du prix de la BD Historique. Voir : http://bdzoom.com/spip.php?article4554
Organisée par Sylvain Gache, commissaire avisé, toujours secondé par Jean-Pierre Baron et les membres de l’Association bdBOUM, l’exposition apparaît d’ores et déjà comme une réussite, consacrée par l’œil des critiques et des historiens, mais aussi par la satisfaction d’un public nombreux.

À noter également, les nombreux auteurs de BD qui ont dédicacé pendant les trois journées sous l’œil attentif d’Hélène Renard, la responsable du salon du livre.

La remise du prix de la BD historique

Cette année, le jury présidé par Pascal Ory a récompensé un ouvrage issu d’une contrée lointaine : à l’heure d’une mondialisation qui touche aussi le monde de l’édition et de la BD, c’est « Une vie chinoise« , publiée chez Kana et réalisée par P. Otié, français bon connaisseur de la réalité chinoise, et Li Kunwu, dessinateur de presse très connu dans l’Empire du milieu. Un travail biographique dépassant la dimension égotiste, pour atteindre la dimension d’une biographie d’exemplarité, dévoilant les bouleversements politiques, socio-économiques mais aussi culturels que connaît la Chine depuis la disparition de Mao. Une œuvre riche, de grande portée sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir.

Jury :
Président : Pascal Ory
Membres : Danièle Alexandre-Bidon, Thierry Crépin-Leblond, Sylvain Gache, Jean Harambat, Gilles Ratier, François Righi, Pierre Serna, Claire Sotinel, David Vandermeulen, Laurent Wirth

Albums nominés (par ordre alphabétique d’auteurs) :

- François Bourgeon, « La Petite Fille Bois-Caïman« . Livre 1 et 2, 12 Bis
- Philippe Delaby, Jean Dufaux, « Murena. T.7 : Vie des Feux« , Dargaud
- Jacques Ferrandez,  » Albert Camus, L’Hôte « , Gallimard
- Bruno Heitz, « J’ai pas tué de Gaulle, mais ça a bien failli…« , Gallimard
- Kris, Maël,  » Notre mère la guerre« , Futuropolis
- Fabien Nury, Sylvain Vallée, « Il était une fois en France, T.3 : Honneur et Police« , Glénat
- Ruben Pellejero, Denis Lapière  » L’Impertinence d’un été : seconde partie « , Dupuis
- Sylvain Savoia, Marzena Sowa, « Marzi. T.5 : Pas de liberté sans solidarité« , Dupuis
- Eddy Vaccaro, Aurélien Ducoudray, « Championzé« , Futuropolis

Les interventions d’auteurs

Selon une habitude à présent bien rodée, les auteurs de BD se mêlent à Blois aux historiens. Signalons deux interventions remarquées : tout d’abord le Café littéraire animé par Pascal Ory intitulé « Quand les historiens font de la BD », qui a réuni un beau parterre, avec des personnalités aux pédigrées d’universitaire, autour des auteurs Frank Giroud, Jul, Valérie Mangin, et de Jean-Chritophe Ogier, chroniqueur sur France-Info et président de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD).

Et ensuite le débat consacré aux rapports entre « Art et histoire dans la BD historique », animé par Jean Harambat, Christine Lécureux, IA-IPR d’histoire et d’histoire des arts, et Joël Dubos, sur le thème des émotions populaires dans la France de Louis XIV.

Au cœur de la richesse et de la variété de ces journées historiques, se dégagent une impression et une certitude : impression que le succès de la BD historique ne se dément pas, et certitude que les liens entretenus entre le 9e art et Clio, non seulement n’étonnent plus, mais au contraire, révèlent d’année en année la fécondité de leur rapprochement.

Joël Dubos

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