« Les Enfants du Capitaine Grant » T3 par Alexis Nesme

En matière de voyage, celui que sont amenés à faire les enfants du Capitaine Grant est indiscutable. Mais ce n’est pas tout, celui que font les lecteurs d’Alexis Nesme, avec sa trilogie à présent achevée, adaptant l’œuvre de Jules Verne, est non moins voyageuse. A quoi cela tient-il ? A son style de dessin, époustouflant qui fait d’un d’un périple mouvementé aux confins du monde, une extraordinaire promenade visuelle

Lors d’une excursion en mer, Lord et lady Glenarvan trouvent dans le corps d’un requin une bouteille renfermant un message de détresse, envoyé par le capitaine Grant avant son naufrage. Ils décident de partir à la recherche des survivants, accompagnés par les enfants du capitaine disparu et par un savant farfelu et fantasque. Dans le tome 2, Lord Glenarvan et ses amis poursuivaient leur périple à la recherche du capitaine naufragé. Trahisons, tempêtes et autres catastrophes naturelles, rien n’arrêtait le courageux équipage. Après la Patagonie, l’aventure les menait en Australie. Là, l’équipage du Duncan se retrouve dans une situation désespérée, car leur navire est entre les mains de pirates. Ils ont désormais peu de chances de retrouver le capitaine Grant, pourtant un indice les laisse penser qu’il se trouverait en Nouvelle-Zélande. Ils décident donc de s’y rendre.

À la façon d’un Sokal ou d’un Guarnido, Nesme est de ces auteurs qui prennent un malin plaisir à animaliser leurs héros, de sorte que le voyage se fait en compagnie  de renards, de lions, chiens, cochons, grenouilles, plus vrais que nature, même anthropomorphisés. La gente bestiale est ainsi savoureuse, même en costumes du XIXème siècle !

 Enfin, et c’est le plus spectaculaire, sous couvertures façon éditions Hetzel, les albums d’Alexis Nesme révèlent un auteur miniaturiste exceptionnel et un paysagiste fabuleux. Ses décors peaufinés de façon quasi maniaque obligeait le lecteur des premiers tomes à s’attarder sur la représentation architecturale de Glasgow ou celle des bateaux à voile du XIXème siècle, à vagabonder dans les contrées argentines ou australiennes, à savourer les contrastes de coloris restituant inondations, marécages ou couchers de soleil de façon étonnante.

 Dans ce dernier opus,  il faut s’attarder sur les intérieurs des bateaux, sur les plages ou clapote la mer, sur les averses qui brouillent l’horizon, sur les contrées intérieures de la Nouvelle-Zélande qui donnent lieu, ici et là, à des cases encadrées comme des peintures, des tableautins verdoyants et bucoliques, dans lesquels l’art sculptural des maoris est parfaitement restitué et célébré.

 Un seul regret, que ces pages denses et minutieuses soit éditées en si petit format. Elles mériteraient un écrin autrement plus conséquent !

 Alors, bon voyage !

Didier QUELLA-GUYOT  ([L@BD->http://www.labd.cndp.fr/] et sur Facebook).http://bdzoom.com/author/didierqg/

« Les Enfants du Capitaine Grant » T3 par Alexis Nesme

Éditions Delcourt (10,95 €) – ISBN : 978-2-7560-1055-7

 

Galerie

Les commentaires sont fermés.