« Rose d’Élisabethville » par Séraphine et Barboni

L’infirmière Rose Marneffe et son ami journaliste habitent Bruxelles. En cette année 1960 où la décolonisation du Congo a irréversiblement commencé, Éric s’intéresse de prêt à la progression de Lumumba et au sort de ce pays pillé par les Belges, ce qui n’est pas toujours du goût de son journal…

C’est alors que Rose reçoit des colis de la part du chargé d’affaires de Raoul Van Lancker, un oncle qui s’est occupé d’elle quand elle était enfant, au Congo précisément. Il lui offre un masque et lui demande de n’ouvrir un des paquets qu’après sa mort. C’est le début d’une histoire, dessinée avec une classique élégance, d’héritage, de diamants, sur fond de tensions politiques et de bouleversements historiques que deux pages en fin d’album résument utilement car, en juillet 1960, le Congo belge deviendra République du Congo et Elisabethville deviendra en 1965, Lubumbashi, après avoir été la capitale du Katanga (région du sud Congo riche en minerais et diamants), entre 1960 et 1963.

Au XIXème siècle, le roi Léopold II, considéra bel et bien le Congo comme un bien personnel et c’est lui qui fit construire le Musée Royal de l’Afrique centrale à Tervuren, lieu mythique qui inspirera nombre d’auteurs. Les Charles ont récemment entrepris dans  » Africa Dreams  » T1,  » L’Ombre du roi  » (cf. notice L@BD) d’évoquer la vie de Léopold II et celle de Stanley. Et leur histoire commence évidemment au Musée de Tervuren, à Bruxelles, en 1960. C’est aussi là que commençait la série  » Jimmy Tousseul  » T1,  » Le Serpent d’ébène  » (cf. notice L@BD), de Desberg et Desorgher, série située pendant la décolonisation du Congo.

Citons encore deux albums qui évoquent sans contours le Congo belge :  » Fleurs d’ébène  » (cf. notice L@BD), de Raives et Warnauts, et  » Coeur Tam-Tam  » (cf. notice L@BD), de Berlion et Benacquista.

Didier QUELLA-GUYOT (L@BD)

« Rose d’Élisabethville » par Séraphine et Thilde Barboni, Éditions Dupuis, 14, 50€

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