» Valentine Pitié  » T1 par André Benn

Si le trait semi-réaliste d’André Beniest, dit Benn, reste référencé à celui de la série policière fantastique « Mic Mac Adam », écrite, de 1978 à 1987, par un Stephen Desberg alors débutant (Luc Brunschwig et son frère Yves en proposèrent, de 2001 à 2007, de nouvelles aventures), ses meilleures créations demeurent ses « one-shot » : « Monsieur Cauchemar » (d’après le roman de Pierre Siniac, en 1986) et « Elmer et moi » (en 1987) chez Glénat ou encore « Woogee » chez Dargaud (de 1992 à 1998).

Réalisée pour ce même éditeur, cette « Valentine Pitié », jeune citadine qui va se battre pour survivre dans le Grand Nord canadien (en plein territoire du Yukon) après un terrible coup du sort, au tout début du XXème siècle, semble promise à la même destinée.

Livrée à elle-même après la mort de ses parents venus visiter la mine qui les a rendus riches, la belle et innocente Valentine va affronter la sauvagerie de la nature et partager les mœurs étonnantes, et très libres, de la communauté inuit… En effet, elle est recueillie par un chasseur de phoques qui la soigne et qui lui redonne des forces dans son igloo. Mais ce dernier doit déjà s’occuper une femme dans sa tribu : cela lui en fait donc, désormais, deux…

Entre ethnologie et roman d’aventure, cette première partie d’un surprenant diptyque initiatique dresse le portrait d’une courageuse jeune femme déracinée : une peinture intime et profonde réalisée avec naturel (et donc, souvent, avec une certaine drôlerie) et sans fioritures, notamment au niveau graphique où Benn se contente de quelques traits aussi précis qu’efficaces…

Gilles RATIER

? Valentine Pitié ? tome 1 ? La Pierre du matin blanc ? par André Benn
Éditions Dargaud (15,50 Euros)

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