« Pan’pan panda » T1 par Horokura Sato

Le manga jeunesse est une denrée rare. Normal, il n’est pas simple de faire sa place au milieu de l’offre pléthorique destinée au jeune public. Pourtant, la jeune maison d’édition Nobi Nobi s’en sort pas mal, car elle est spécialiste des récits ancrés dans la culture japonaise. Après de nombreuses livres illustrés, elle sort aujourd’hui son premier manga : « Pan’pan panda ». Un livre joliment sous-titré « Une vie en douceur ».

« Pan’pan panda » raconte la vie simple d’une résidence gérée par un grand bonhomme, très doux, représentée sous les traits d’un énorme panda et répondant au nom de Panettone. Hormis cet animal caractéristique de l’Asie, il n’y a quasiment que des enfants dans cette histoire. En premier, il y a Praline, une très jeune fille qui vit avec lui sans que l’on ne sache réellement quelle est leur relation. Apparemment, un père et sa fille tout simplement. Ensuite, il y a Rose, une enfant que M. Panettone a aidée, alors qu’elle s’était égarée dans un super marché. Elle est immédiatement tombée amoureuse de ce gros panda. Et enfin, Paprika, qui arrivera tardivement dans l’histoire et qui n’est pas toujours très gentille.

Conçu pour être lu en famille, le texte n’a pas de difficulté majeure. Les plus jeunes ne devraient pas avoir de soucis de compréhension. De toute façon, tout ce qui se rapporte à la culture japonaise et ses spécificités est expliqué en fin d’ouvrage. Chaque chapitre ne fait que 8 pages. Une taille suffisante pour raconter une petite histoire de la vie quotidienne, sans tomber dans le rébarbatif. C’est bien adapté au jeune public visé.

Si ce livre sort à cette période de l’année, ce n’est pas anodin. Commencée au début de l’automne, l’histoire se finit à Noël, tout en étant passée par Halloween au chapitre 3. Ce qui correspond à un peu plus de deux mois de lecture à raison d’un chapitre par semaine. Il est rare de trouver des BD qui suivent les saisons comme cela.

En fin d’ouvrage, en plus du lexique déjà évoqué, on retrouve une galerie de personnages, un jeu à mon goût bien trop compliqué, et les crayonnés du premier chapitre.

Les dessins sont particulièrement agréables. Très propre, le trait fin est tout en rondeur. C’est mignon et extrêmement coloré, sans être trop bigarré. Les jeunes filles sont particulièrement expressives et leur petite taille contraste bien avec l’imposante stature de ce panda noir et blanc simplement habillé d’un foulard. Malgré son absence de pupille, son visage, animal, est lui aussi très expressif sans être agressif. L’éditeur n’hésite pas à comparer ce manga au merveilleux film « Totoro ». C’est indéniablement un cran en dessous. C’est vrai que c’est mignon, que ça se laisse lire avec douceur, mais la construction scénaristique plus terre à terre et anecdotique ne peut rivaliser avec la magie du chef d’oeuvre de Miyazaki.

L’univers de cette résidence est inhabituel pour des enfants, mais offre un grand éventail d’histoires possibles. Les plus jeunes ne peuvent qu’être conquis par la frimousse de cet adorable Panda et sa non moins adorable Praline. Bref, voici un premier manga tout mignon, publié par une maison d’édition qui nous a toujours habitué à la qualité de ses choix éditoriaux.

Gwenaël JACQUET

« Pan’pan panda » T1 par Horokura Sato
Éditions Nobi Nobi (9,45 €) – ISBN : 978-2-918857-35-8

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