Le Casse T.3

Décidément, la collection « Le Casse », orchestrée par David Chauvel, est vraiment originale car, censée tourner autour de la préparation ou l’exécution de divers cambriolages de haute volée, deux albums sur les trois déjà parus ne montrent aucune action de ce genre !

Déjà, l’excellent « Le Troisième jour » de Richard Guérineau et Henri Meunier provoquait une première surprise avec sa subtile approche d’une opération se déroulant le 6 avril de l’an 30 (Marie-Madeleine se retrouvant chef d’un gang devant sauver Jésus) et voici que, dans cet insolite et haletant polar, le casse a déjà eu lieu !

En 1964, cinquante millions de dollars, appartenant aux cinq familles de la mafia de New York qui voulaient alors changer leur fusil d’épaule en investissant dans les casinos, ont été détournés avant d’arriver à leur destination finale : Las Vegas. Quarante ans plus tard, un frêle jeune homme blond, à la gueule d’ange et au regard timide, se retrouve dans le centre correctionnel d’Alcatra, dans la cellule d’une brute épaisse. Surnommé Soul Man, rapport à sa passion pour la musique soul, ce prisonnier black est réputé pour ne pas laisser, très longtemps, ses colocataires en vie. On peut alors commencer à se demander pourquoi la direction du pénitencier lui a envoyé ce blanc-bec sans défense ?

En s’accordant une petite place dans cette série-concept qu’il a imaginée, le dynamique directeur de collection retrouve enfin la verve et l’efficacité narrative de ses premiers scénarios : « Rails », « Les Enragés » ou « Nuit Noire » ! On sent qu’il s’est énormément amusé à mettre en scène l’affrontement de ces deux hommes que tout sépare et qui vont jouer au chat et à la souris dans ce huis clos carcéral… Sans parler que les diverses possibilités de remettre la main sur tout cet argent disparu lui permettent de multiplier les rebondissements totalement inattendus, sans jamais céder à la facilité.

Enfin, ce scénario machiavélique est parfaitement mis en images par le trait cinématographique et très réaliste de Denys Quistrebert (« Comptine d’Halloween », « Dans la nuit » ou « District 77 »), lequel se rapproche du style de certains comics américains : prolongeant ainsi les références du récit qui, lui, s’inspire des meilleurs thrillers télévisés « made in USA » !

Gilles RATIER

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